mercredi 25 juillet 2018

Les 25 ans de Foi et Lumière en Ukraine

Le livret de la journée

Le 28 juin 2018, 700 personnes venues de toutes les communautés d’Ukraine se sont rassemblées à Kiev pour fêter leur 25ème anniversaire. En 1992, simultanément et sans concertation, Zénia (à Lviv) et Edith (à Tyachiv et Khust en Transcarpathie) démarraient les premières communautés Foi et Lumière. Aujourd’hui, il y en a 36 réparties dans 26 villes du pays. Kiev n’est pas vraiment le centre de gravité du mouvement dans le pays, mais ils ont choisi de venir là en pèlerinage, pour être visible et montrer à tout le pays combien l’amitié avec les personnes ayant un handicap mental peut changer les cœurs.
Foi et Lumière en Ukraine montre un grand dynamisme et je suis témoin de la vigueur et de l’enthousiasme de tous ceux qui sont venus jusqu’à la cathédrale patriarcale de l'Eglise de la Résurrection, sur les bords du Dniepr. Foi et Lumière a donné de l’espérance à beaucoup et est devenu un lieu où se vivent l’amitié et la joie. Les différentes activités – camps d’été, retraites, pèlerinages – ont permis de révéler de nombreux talents, spécialement chez les jeunes amis : chants, musiciens, artistes, organisateurs… mais par-dessus tout, ce sont les relations d’amitié avec les personnes ayant un handicap dans le cœur de Jésus qui reste le plus important.
La photo de groupe dans la Cathédrale
Une grande messe a été célébrée dans la cathédrale patriarcale des grecs catholiques ukrainiens. Le célébrant, le père Martin Chomiw, aumônier provincial, a lu un message de Sa Béatitude Sviatoslav qui a félicité le mouvement "Foi et Lumière" en Ukraine pour son 25ème anniversaire. Il s’est adressé à chacun :
-         - Aux personnes ayant un handicap : à vous mes chers amis, et amis du Seigneur “Foi et Lumière” est le lieu où nous rencontrons un Dieu qui nous comble de son affection, de sa miséricorde, le Dieu d’amour qui nous a aimés dès avant notre naissance, même avant la création du monde. Et Sa beauté se manifeste en tout homme comme une oeubvre de Dieu (Ep 2,10).
-          -  Aux parents : "Foi et Lumière" vous donne la joie que votre enfant soit aimé de Dieu et de l'Église ; il y a toujours une place pour vos enfants dans l'Église. Votre amour inconditionnel et votre attitude patiente avec votre croix que vous portez chaque jour sont un grand témoignage de foi pour l'Église.
-         -  Aux amis : "Foi et Lumière" enseigne le véritable amour, celui que nous désirons tous, l’amour qui ne méprise pas, n’humilie pas, n’envie pas, mais accepte et se donne, et se réjouit, car en fait il n’y a pas de plus grand bonheur ! La communauté aime les jeunes et les jeunes trouvent facilement leur place auprès des parents et des amis. Le désir d'être ensemble est l'affirmation de l'amour.
Le message du pape François
-        -  Aux aumôniers : Vous êtes des ministres qui représentez Jésus, avec un cœur doux et humble. La communauté a besoin d'une figure paternelle. Il faut un "bon berger". Amis, parents, jeunes aiment beaucoup leurs aumôniers. Un tel service est exigeant, mais il indique clairement la Bonne Nouvelle que le Seigneur est proche de chacun. C'est beau quand un aumônier témoigne de l’affection envers une personne ayant un handicap, parce qu'il croit en son progrès spirituel - la capacité d'être avec Dieu. C'est beau quand l'aumônier aide les parents qui se sentent parfois coupables ou souffrent à cause du handicap de leur enfant, en leur montrant que le Seigneur leur a confié cet enfant en particulier.
-          Enfin le patriarche a commenté la devise du rassemblement : "La joie dans le Seigneur est notre force" (Néhémie 8, 9-10). Oui ! On peut reconnaître de loin les parents, les amis, les jeunes et les aumôniers de "Foi et Lumière" - ils sont heureux et souriants. Ils n'ont plus peur des difficultés dans le pèlerinage de la vie ; ils ne font plus attention à leurs douleurs, car ils voient le Seigneur, qui est présent dans chacun, en particulier les plus faibles, ceux qui Lui sont les plus proches. C'est seulement dans la joie que nous pouvons suivre le Jésus des Évangiles. C'est cette grâce qui nous aide à accepter l'invitation à le suivre. Non seulement vous avez accepté cette invitation, mais aussi depuis 25 ans, vous marchez avec le Christ, vous êtes avec Lui dans sa souffrance et avec Lui dans la joie de sa résurrection.
La graine est devenue un arbre
Après cette très belle liturgie, un repas a permis à chacun de prendre quelques forces pour un après-midi de feu ! Dans le grand hall, là où a eu lieu le concours de l’Eurovision 2017, des chants, des danses, présentés par toutes les communautés ont permis de montrer le dynamisme et la créativité de Foi et Lumière en Ukraine ! Sur la scène, un grand arbre avec des photos de chacune des 36 communautés dans ses branches montrait que la petite graine semée il y a 25 ans était devenue un grand arbre !
Et puis chacun est reparti le cœur plein de souvenirs et d’énergie pour continuer à faire grandir ce bel arbre qu’est devenu Bipa i Cʙiтʌo !
Saint Michel au Dôme d’or
Place Maidan
Avec ceux qui ne repartaient que le lendemain (ou qui étaient des deux communautés locales), nous avons visité le centre de la capitale de l’Ukraine : le monastère orthodoxe Saint Michel au Dôme d’or,mais aussi la célèbre place de l’indépendance, la place Maidan. J’ai été touché de cette visite que j’avais souhaité après avoir lu ce que disait Monseigneur Borys Gudziak, Évêque de l’Éparchie St Volodymir-le-Grand de Paris des Gréco-Catholiques Ukrainiens pour la France, le Bénélux et la Suisse, un grand ami de Foi et Lumière : les gens en Occident s’interrogent sur ce qui a changé en Ukraine depuis le Maidan, après le sacrifice colossal de la Centurie Céleste. Qu’est-ce qui peut changer dans une Ukraine aux prises avec l’expérience cruelle de la guerre ? On observe de multiples changements, même s’ils semblent peu perceptibles encore. Le changement principal réside dans le fait que les Ukrainiens ont quitté le pays de la peur et se dirigent vers la terre promise de la dignité. (Bulletin de l’Oeuvre d’Orient n° 778).

Biba i Cbatлo est un signe très important, pour l’Ukraine, et pour toute la famille de Foi et Lumière, un signe pour le monde ! Je souhaite le meilleur à Biba i Cbatлo pour les 25 prochaines années. Alors, l’arbre sera devenu une forêt !

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lundi 14 mai 2018

Wiara i Światło fête ses 40 ans

Asia avec les quatre coordinatrices de province 
En 1978, dans deux villes de Pologne, Varsovie et Wrocław, deux communautés ont démarré. C’était il y a quarante ans, et le samedi 5 mai, près de 100 communautés réparties en quatre provinces, se sont retrouvées au sanctuaire de Kalwaria Zebrzydowska, à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Cracovie, très fréquenté par les Polonais, surtout pendant ce long week-end, le vendredi 3 mai étant la fête nationale de la Pologne. Officiellement, cela s’appelle la fête de la Constitution, mais les Polonais préfèrent faire mémoire ce jour-là de la consécration de leur pays à Marie, Reine de Pologne, prononcée par le cardinal Wyszynski, primat de Pologne à Jasna Gora le 3 mai 1966, pour la célébration du Millénaire.
Ils sont venus des quatre coins de la Pologne, des quatre provinces, Pologne Nord, Ouest, Sud et Centre-Est, et ils étaient environ 1500, pleins de joie de d’enthousiasme pour cette grande fête en préparation depuis plusieurs mois. La réussite fut à la hauteur des espérances et la manière dont cet anniversaire a été fêté a touché beaucoup de cœurs, ceux des participants de Foi et Lumière, mais aussi tous ceux qui étaient là, de passage pour un pèlerinage personnel ou ceux qui travaillent sur place : le restaurant du sanctuaire a fait des réductions substantielles, le maire de Kalwaria Zebrzydowska nous a offert la soupe pour le déjeuner !
Les quatre cierges des provinces
La journée a commencé par quelques mots de bienvenue de la part de Joanna Koczot, vice-coordinatrice internationale pour la Pologne, de Marcin Przeciszewski, un des fondateurs de Wiara i Światło, du père Isaac et de Monseigneur Henrik Ciereszko, évêque de référence pour Foi et Lumière : il est évêque auxiliaire de Białystok dans le nord de la Pologne, et ancien aumônier de communauté. Il a tenu à venir avec la communauté de sa ville, un pèlerin comme les autres. Il a allumé, pour les quatre provinces, un cierge pour chacune des plus anciennes communautés de ces provinces : Wrocław, Warszawa, Krakow et Szczecin. Ensuite, préparé et mimé par plusieurs communautés, un Chemin de Lumière nous a emmenés, en 14 tableaux, de Pâques à la Pentecôte, de la résurrection de Jésus jusqu’à l’envoi de l’Esprit Saint.
L'Esprit Saint s'envole
Une grande fête a succédé et les chants et les danses ont été nombreux !
L’après-midi, une grande célébration eucharistique, présidée par Monseigneur Henrik et concélébrée par 16 aumôniers a permis de rendre grâce pour cette belle journée, pour les quarante ans de Foi et Lumière en Pologne, pour Foi et Lumière dans le monde entier. A la fin de la messe, un envoi a été fait pour que chacun reparte en mission pour annoncer encore plus fort la bonne et joyeuse nouvelle de Foi et Lumière. 
Monseigneur Henrik Ciereszko
Messe souterraine





Le lendemain, presque tous étaient déjà repartis dans leur province, le cœur plein de beaux souvenirs à partager et de photos à échanger… Avec Joanna, Ula et Aneta (qui nous a rejoints l’après-midi), nous avons eu droit, avec le père Isaac, à des "prolongations". Le matin, nous sommes allés jusqu’à Wieliczka, une ville célèbre pour ses mines de sel. A 110 mètres sous terre, une chapelle a été creusée dans le sel, et nous avons pu assister à la messe, concélébrée par le père Isaac. Nous n’avons pas été transformés en statues de sel ! et nous avons pu ressortir pour prendre un petit déjeuner avant de partir pour la deuxième étape. Après avoir exploré les bas-fonds de la terre, nous avons pu explorer les bas-fonds de l’âme humaine en visitant les sites d’Auschwitz et Birkenau… très impressionnants. J’ai récité tout au long de cette longue visite la prière que l’ange avait invité les trois enfants de Fatima à prier en 1916 : Mon Dieu, je crois, j'adore, j'espère et je Vous aime ! Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n'espèrent pas et ne Vous aiment pas ! J’ai été tout particulièrement touché en voyant la cellule où Saint Maximilien Kolbe est mort le 14 août 1941.

Le sinistre camp de Birkenau

Puis nous avons rejoint Wadowice, la ville natale de Karol Wojtiła, où il y a une communauté Foi et Lumière qui nous a accueillis très chaleureusement. Cela faisait du bien de se retrouver dans une petite communauté, après avoir vécu une aussi grande et belle journée la veille. Nous avons ainsi pu prendre la vraie dimension de notre mouvement ; il est principalement basé sur des rencontres toutes simples, mais nous avons aussi besoin de faire de grandes fêtes pour célébrer cette joie que nous vivons à chaque rencontre dans une dimension encore plus grande ; nous avons besoin de proclamer cette joie et ne pas la garder pour nous !
Les voici : ils viennent de loin, les uns du nord [de la Pologne] et du couchant [Pologne Ouest], les autres des terres du sud [Pologne Sud], [et même de Pologne Centre-Est]. Cieux, criez de joie ! Terre, exulte ! Montagnes, éclatez en cris de joie ! Car le Seigneur console son peuple ; de ses pauvres, il a compassion (Is 49, 12-13).

Merci beaucoup, dziękuję bardzo! Kocham was !

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vendredi 26 janvier 2018

Deux nouvelles provinces prennent leur essor !

Le logo de la rencontre


Il m’aura fallu attendre la dernière assemblée provinciale, à quelques mois de la rencontre internationale au Liban, pour assister à l’une des plus belles que j’aurai pu voir ! Et cela malgré des conditions climatiques pas très favorables… il faisait anormalement froid la nuit et comme les maisons n’ont pas de chauffage, il fallait bravement affronter la rigueur de la température en restant bien au chaud sous les couvertures et en portant un bonnet de laine sur la tête !
Ça s’est passé au Mexique, en janvier 2018, à l’occasion de la multiplication de la province "Cœurs Ouverts". En octobre, le conseil d’administration avait approuvé cette demande, présentée par Maria Silvia, la vice-coordinatrice internationale qui accompagne les provinces d’Amérique Latine ; en effet, cette province regroupait une quarantaine de communautés dans quatre pays (Mexique, Honduras, Nicaragua et République Dominicaine). Désormais, ce sont deux provinces qui se sont choisi pour noms de baptême :
-        -  Santa María de Guadalupe (Mexique),
-        -  Corazón de América y el Caribe (Honduras, Nicaragua et République Dominicaine).
Nous étions une soixantaine de personnes venues des quatre pays de la province (malgré quelques problèmes de visa) et le logo de la rencontre représentait deux barques qui se séparent tout en conservant deux mains serrées, le tout sous l’œil bienveillant de la Vierge de Guadalupe, reprenant une phrase de Marie à Juan Diego : ¿ No estoy aquí, yo qué soy tu Madre ?
Dans le sanctuaire de Tepeyac

Les délégués étaient très heureux de se retrouver et avaient apporté avec fierté des spécialités de leur pays, toutes plus délicieuses les unes que les autres ! Et le travail a commencé : bilan des quatre années, définition des priorités, discernements pour les coordinateurs et vice-coordinateurs, le tout dans une ambiance très amicale et détendue. Claudia et Aleli, qui avaient participé à la rencontre des jeunes de Guardamar, ont eu l’occasion de présenter cet événement important pour l’avenir de Foi et Lumière. Il y avait une messe chaque jour présidée à tour de rôle par les trois aumôniers présents, nous chantions très régulièrement, entraînés par Leo, un refrain au Christ Roi (on sent très fort que l’épisode terrible des Cristeros a laissé des marques chez les Mexicains et qu’il y a toujours une grande ferveur populaire). Lorenzo, qui a été le coordinateur de la province, a laissé sa place à deux jeunes femmes, Florencia, de Chihuahua, pour la province Santa María de Guadalupe, et Monica, de la République Dominicaine, pour la province Corazón de América y el Caribe. Une grande fête a permis d’accueillir ces deux nouvelles coordinatrices de province avec une grande joie ! Pour confier ces deux provinces à Marie de Guadalupe, nous sommes partis pour le sanctuaire de Tepeyac : une messe y a été célébrée dans l’ancienne basilique et elle s’est terminée par l’envoi des coordinateurs et des communautés. Et puis, ce fut le départ ; les deux barques ont pris leur essor, chacune de son côté, mais avec beaucoup de promesses de continuer à naviguer proches l’une de l’autre. Et puis, il y aura deux délégations pour aller au Liban cet été, excellente occasion pour se revoir, mais aussi pour rencontrer les autres provinces.
Florencia, Lorenzo et Monica
Lorenzo, Gaby, Padre Tony, Alejandra, Ghislain, Florencia, Jorge et Corinne
Un petit groupe de la province Santa María de Guadalupe est resté avec nous (Corinne, secrétaire internationale, et Maria Silvia) pour démarrer le travail pour le carnet de route 2018-2019. Lorenzo, Jorge, Alejandra, Gaby, Florencia (la nouvelle coordinatrice provinciale) et Padre Tony (le nouvel aumônier provincial) se sont mis hardiment au travail pour préparer un beau carnet de route qui portera (l’auteur des 12 paroles du mois a parfois été très heureusement surpris de voir l’interprétation de ce qu’il avait préparé : il n’imaginait pas la portée de ses mots au moment où il les écrivait !) sur la manière créative et innovante de vivre Foi et Lumière. Le titre sera : Voici que je fais toutes choses nouvelles (Ap 21, 5) et le fil conducteur sera bien évidemment Notre-Dame de Guadalupe qui nous accompagnera chaque mois sur le chemin qui mène à Jésus par les plus fragiles comme elle l’a fait avec Saint Juan Diego Cuauhtlatoatzin. Ça sera certainement un beau carnet de route.
Merci à Lorenzo pour tout ce qu’il a fait pour la province Cœurs Ouverts, pour tout le travail de préparation de cette belle assemblée, merci à Florencia et à Monica d’avoir accepté la responsabilité des deux nouvelles provinces, merci à l’équipe du carnet de route et merci à Corinne d’avoir été là, je suis heureux qu’elle ait pu voir une si belle assemblée.
Un merci spécial au Padre Tony que j'ai retrouvé avec joie après le pèlerinage des 40 ans de Foi et Lumière à Aparecida (Brésil) en juin 2017 et à la rencontre des jeunes de Guardamar en août 2017. Padre Tony est de Chihuahua et il y a aujourd'hui autant de communautés Foi et Lumière que de paroisses dans lesquelles il a été nommé depuis son ordination ! A son retour dans son diocèse, il a rencontré son évêque qui a confirmé qu'il pouvait accepter la demande qui lui a été faite d'être l'aumônier de la province Santa Maria de Guadalupe ; de plus, Monseigneur Constancio Miranda Weckmann a acepté d'être l'évêque référence de cette nouvelle province !

Merci enfin à Maria Silvia pour le très bel accompagnement de ces deux provinces. Avant, elle était au Chili où elle a pu participer avec les communautés locales à la messe avec le Pape François ; après, elle allait au Pérou pour rencontrer les communautés du pays. Deux semaines de ses vacances consacrées à Foi et Lumière, c’est un grand service rendu au mouvement !

Une dernière pensée avant de repartir de Mexico : la communauté de Ciudad Victoria, dans l'état de Tamaulipas, a du s'arrêter il y a quelques années à cause de la dangerosité de la vie quotidienne. Que sont devenus tous ceux qui trouvaient dans cette communauté joie et amitié ? Si certains ont pu quitter la ville, tous ne sont pas partis. Portons les dans  notre prière.

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lundi 15 janvier 2018

Un après-midi à la maison éparchiale

Les Ukrainiens de tradition grecque-catholique sont très nombreux à vivre en dehors de leur pays et ils sont organisés en éparchies (équivalents aux diocèses), ce qui leur permet de maintenir leurs traditions culturelle, linguistique et liturgique. L’éparchie qui a sa cathédrale Saint Volodymir à Paris (Saint Volodymir nous a accompagnés dans le carnet de route en juillet 2017) a été créé il y a cinq ans et son éparque est Monseigneur Borys Gudziak, un ami de l’Arche et de Foi et Lumière. Quand je l’ai rencontré l’année dernière à Lviv (Ukraine), il m’a dit : "Je veux démarrer Foi et Lumière dans mon éparchie". Nous nous sommes rencontrés il y a quelque temps dans sa maison éparchiale de Vincennes et nous avons décidé d’organiser une rencontre chez lui avec une communauté des environs. La communauté Notre-Dame du Val à Fontenay-sous-Bois a accepté l’invitation et nous nous sommes retrouvés le dimanche 14 janvier après-midi pour mieux faire connaissance.
Mgr Borys derrière l'iconostatse
Monseigneur Borys nous a présenté la chapelle et son iconostase qui n’a pas encore toutes les icônes qui vont le décorer. Il nous a expliqué qu’une iconostase n’est pas un mur, mais une invitation à rencontrer Jésus qui ne se cache pas mais nous invite à le retrouver. Les grecs catholiques suivent le calendrier julien qui a un écart de treize jours avec le calendrier grégorien. Ils sont donc encore dans le temps de Noël, et Monseigneur Borys nous a présenté une icône de la Nativité qui représente tous les épisodes cités dans les Évangiles de Saint Luc et Saint Matthieu.
De notre côté, nous avons chanté quelques-uns de nos chants favoris : Messagers de la joie, le chant de la communauté…
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Un goûter de Noël avec quelques délicieuses spécialités ukrainiennes avait été préparé ce qui nous a donné l’occasion de découvrir quelques saveurs typiques ; pendant ce temps, un groupe de jeunes avait préparé une petite pièce de théâtre racontant une histoire de Noël. Trois jeunes gens se préparent à aller célébrer Noël, mais l’un d’entre eux est très hésitant et a du mal à se décider, d’autant plus que trois diables font tout leur possible pour l’en dissuader et ils sont diablement efficaces ! Mais tout se finit bien. Nous n’avons pas tout compris car tout n’était pas traduit, mais cela nous a permis de nous concentrer sur le jeu des acteurs qui étaient pleins de talents !
Il était alors temps de nous séparer ; nous attendons avec impatience maintenant de pouvoir accueillir des familles ukrainiennes dans nos communautés, dans la région parisienne, mais pas seulement, l’éparchie de Monseigneur Borys est très grande…




Je remercie Monseigneur Borys et Ségolène, sa secrétaire, pour l’accueil si chaleureux qui nous a été offert à Vincennes. Il y aura des suites, c’est sûr !

vendredi 8 décembre 2017

Dans les pas de Jésus

Pour aller jusqu’à Bethléem, Joseph et Marie ont fait un long trajet à pied, plus de 150 kilomètres. On peut imaginer Joseph marchant devant, suivi par l’âne qui portait Marie sur son dos ; et Marie portait elle-même Jésus en son sein. Quelques mois auparavant, Marie était déjà allée rendre visite à sa cousine Élisabeth. Jésus, avant sa naissance, a donc déjà parcouru beaucoup de chemin. Pendant les jours qui ont suivi sa naissance, ce sont d’autres qui se sont mis en route pour venir adorer ce nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire : des bergers et des mages venus d’Orient. Jésus était donc destiné à une vie d’errance qui a commencé très tôt par la fuite en Égypte : le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête (Mt 8, 20).
Nous sommes invités cette année à nous mettre en route pour suivre les pas de Jésus. Commençons par venir nous aussi à la rencontre de ce nouveau-né, faible, fragile et dépendant. Il a voulu que nous allions jusqu’à la crèche pour nous émerveiller devant notre Dieu qui a voulu se faire petit pour mieux nous rencontrer. Les anges ont chanté pour nous inviter à venir avec eux à la rencontre de Celui qui s’est fait chair, chantons à notre tour pour être ces messagers de la joie qui annoncent la naissance du Sauveur. Beaucoup de pays ont celle belle tradition de chants de Noël qui appellent tous ceux qui les entendent à venir rendre grâce pour la naissance de celui dont nous avons vu la lumière, une lumière qui resplendit sur les habitants du pays de l’ombre (cf. Is 9, 1) : Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie (Jn 8, 12).
Pendant l’année qui vient, portés par un carnet de route préparé par nos amis d’Égypte, qui célèbrent encore par leurs icônes la venue de la Sainte Famille dans leur pays, nous allons nous mettre en route pour la grande rencontre internationale qui aura lieu au Liban, un pays qu’a visité Jésus quand il est allé jusqu’à Tyr et Sidon. Nous allons tous ensemble définir les priorités pour les cinq prochaines années, des priorités qui seront certainement ambitieuses pour poursuivre notre mission, pour continuer à suivre Jésus sur les chemins de l’Évangile. Je prie déjà pour la nouvelle équipe qui sera élue en juillet, ils seront amenés à nous montrer le chemin à emprunter pour marcher dans les pas de Jésus.

Joyeux Noël à tous, bonne et sainte année 2018 !

lundi 23 octobre 2017

La force de la fragilité

J'ai eu une vie avant Foi et Lumière... J'ai notamment été ingénieur au ministère de la Défense en charge de programmes de réseaux de télécommunications. Il existe une amicale des ingénieurs de l'armement qui édite une revue (leur Hisse et Ho !) dont le dernier numéro traite du bénévolat. On m'a demandé d'y écrire un article sur Foi et Lumière. Il a été publié dans le numéro de ce magazine n° 113, octobre 2017 et je le publie ici avec l'aimable autorisation de la CAIA. La photo ci-dessous qui aurait dû illustrer l'article n'a pas été publiée, faute de place...


Julie avec Jean Vanier

Le handicap mental expose ceux qui en sont affectés à diverses formes de déficience, intellectuelles et cognitives. Mais leurs besoins en matière de relations, liés au départ à leur état, amènent ceux qui les côtoient à l'émerveillement devant leur simplicité, la manière dont ils appréhendent les situations, leur intelligence (au sens anglais du terme). Les rencontrer, devenir leur ami, permet de découvrir en soi une force incroyable. 

Deux événements marquants
Un soir d’octobre 1983, à la conférence introductive d’une retraite, j’ai entendu Jean Vanier dire : nous vivons dans un monde dangereux ; il y a dans les stocks d’armement nucléaire des pays qui en disposent, de quoi faire exploser plusieurs milliers de fois notre planète ! Ce furent les premiers mots que j’entendais de ce grand philosophe canadien, fondateur de l’Arche. Je fus tout d’abord, en tant que jeune IA, très surpris d’entendre cela dans un tel cadre. Mais le thème de la retraite (Jésus est le pauvre) m’a permis de mieux comprendre sa pensée. Les pauvres de Dieu, appelés anawim dans la Bible, sont ceux qui ne peuvent pas s’en sortir seuls, et qui accueillent, dans une attitude d’humilité, le soutien de Dieu et des hommes. Le Psaume 32 m’a aussi permis de comprendre ses premières paroles : Le salut d’un roi n’est pas dans son armée, ni la victoire d’un guerrier dans sa force. Illusion que des chevaux pour la victoire ; une armée ne donne pas le salut.
Un après-midi d’avril 1988, je suis allongé sur un lit et quelqu’un me tape sur la main et me demande si je veux prendre un café ? Je me souviens alors que je viens de tomber dans les pommes à l’annonce du handicap de Julie par le médecin qui l’a fait naître : Monsieur, il faut que je vous dise qu’il y a de fortes présomptions pour que Julie soit trisomique ; gardez cela pour vous, ne le dites pas à votre femme tant qu’un pédiatre n’est pas venu confirmer le diagnostic. Cela fut fait le soir même, mais ces quelques heures pendant lesquelles j’ai dû garder ce secret si douloureux ont été très difficiles à vivre. Les paroles de Jean Vanier sont vite remontées à la surface et nous ont permis de bien accueillir notre fille et nous avons compris que nous étions chargés d’une mission importante : faire en sorte que Julie soit heureuse tous les jours de sa vie et qu’elle puisse rayonner autour d’elle cette joie toute spéciale des pauvres de Dieu.

Foi et Lumière, un pays de merveilles
Très vite, dans une communauté Foi et Lumière, nous avons pu rencontrer d’autres parents avec qui nous avons pu partager en profondeur et découvrir la véritable amitié, celle qui fait que l’on ne fuit pas les difficultés des autres. Ceux qui, du jour au lendemain, sont gênés au point de changer de trottoir quand ils nous aperçoivent ne peuvent plus être de vrais amis. J’ai vraiment eu l’impression de rejoindre, comme Alice, le pays des merveilles : nous étions tombés dans un puits sans fond et nous avions traversé un océan de larmes avant de trouver la grande consolation de ne pas rester seuls.
J’ai très vite découvert que notre petite communauté de rencontre n’était pas la seule au monde, mais qu’il y en avait des centaines sur tous les continents ! J’ai réalisé que la question de la souffrance liée au handicap d’un enfant pouvait trouver sinon des réponses ou des explications, mais un grand réconfort et une amitié si solide qu’elle dépasse les frontières et les cultures. Une personne handicapée, qu’elle soit française, brésilienne, rwandaise, japonaise ou égyptienne, qu’elle soit catholique, orthodoxe, copte, anglicane, luthérienne ou méthodiste, a la même valeur et la même dignité, rayonne partout autour d’elle le visage de Jésus Christ souffrant. Et le partage de ces difficultés nous ramène à nos propres souffrances et nos propres handicaps, ceux que nous savons si bien cacher : cet accueil de nos fragilités, loin de nous abaisser, nous fait grandir en humanité, et tous ensemble, nous cheminons sur les chemins de l’Évangile. Je me suis très vite senti très bien au sein de ce mouvement : j’ai eu l’occasion de rencontrer à nouveau Jean Vanier que j’ai remercié pour ses enseignements et je lui ai dit combien j’appréciais Foi et Lumière. J’ai aussi rencontré Marie-Hélène Mathieu qui en est, avec Jean Vanier, la co-fondatrice. Elle m’a fait partager son enthousiasme et j’ai admiré son inlassable énergie à faire connaître les bienfaits que peut apporter à des familles le fait de ne pas rester seuls ; il y en a tant qui attendent de pouvoir partager, célébrer et prier avec d’autres.
J’ai été appelé à devenir responsable de ma communauté, puis de l’Afrique, et en 2008, j’ai été élu coordinateur international assurant, avec une équipe de douze vice-coordinateurs, l’accompagnement des 1400 communautés présentes dans 82 pays. J’ai été, pendant tout ce temps, au contact des pays et des provinces, essayant de me faire le plus proche de chacun, partageant leurs joies et leurs difficultés ; je garde présent dans mon cœur les amis handicapés qui m’ont fait l’honneur de leur amitié et qui débordent de joie quand nous nous rencontrons à nouveau… J’ai le souvenir de cette rencontre au Kenya où j’avais devant moi Kennedy, un jeune garçon allongé sur un carré de tissu ; j’ai été souvent distrait car il n’a pas cessé de me regarder avec un sourire si lumineux que je le lui rendais bien volontiers. A la fin de la rencontre, sa sœur a replié les quatre coins du carré de tissu et est repartie chez elle avec son frère sur le dos. Je l’ai regardée partir avec émotion, me demandant quelle pouvait être sa vie au quotidien… J’en ai eu une idée quand j’ai rencontré Patricia et sa maman qui vivaient dans une maison qui devait faire environ 15m² dans un quartier pauvre de Kampala (Ouganda). Tous mes amis handicapés à travers le monde m’ont indiqué que le meilleur chemin pour devenir grand et fort n’était pas de regarder vers le haut pour imiter les puissants de ce monde, mais de se pencher sur eux, de se mettre au niveau de leur regard et de leur sourire pour découvrir la sagesse de la simplicité. Ils ont bien compris ce que dit Saint Paul : Ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort (1Co 1, 27) ou Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort (2Co 12, 10).

Ingénierie et fragilité
Souvent, je me demande ce que je serais devenu sans ma fille Julie ; j’aurais peut-être mieux réussi dans ma vie professionnelle, mais ma vie aurait-elle été vraiment réussie ? Je me demande également si, sans que je m’en sois rendu compte, je n’avais pas été influencé par cette question de la fragilité ? L’ingénierie des réseaux de télécommunications comprend un aspect important, la prise en compte des SPF (single points of failure - points de panne unique) : il faut en effet porter une attention toute particulière à ces points faibles qu’il faut entourer de grands soins pour s’assurer du bon fonctionnement de l’ensemble.
Cette attention envers les plus faibles me fait aussi réagir à l’ostracisme dont font l’objet ceux que je considère comme mes amis ; je suis attristé devant cette recherche effrénée d’un bonheur trop artificiel que la société veut nous proposer, une vie augmentée par des technologies trompeuses, une descendance sans défaut grâce à des diagnostics anténataux dont l’issue est souvent fatale pour ceux qui ne sont pas conformes aux spécifications. Ne reproduit-on pas, dans les temps modernes, une volonté de toute-puissance où l’homme, comme à Babel, essaye pathétiquement de se transcender lui-même ?

Ghislain du Chéné (X70 – ENSTA 75) a eu une carrière consacrée à l’ingénierie des télécoms : à la DGA (directeur des programmes SYRACUSE 1 et 2), et à SFR où il a été directeur R&D. En parallèle, depuis 1993, il a été très engagé dans Foi et Lumière (communautés de rencontres formées de personnes ayant un handicap mental, de leurs familles et d’amis). Il en est le coordinateur international.

Moi, Marie, femme de Cléophas de Ghislain du Chéné – Éditions Fidélité
Marie, femme de Cléophas était présente au pied de la croix (cf. Jn 19, 25). Mère de Joseph, un enfant handicapé, elle va vivre des événements extraordinaires comme une rencontre improbable avec Jésus de Nazareth dans le Temple de Jérusalem, ou avec la pharisien Saul, grand persécuteur des premiers chrétiens. Avec Jésus et Marie, sa mère, avec Marthe, Marie et Lazare, ils vont être à l’origine d’une manière différente et positive de considérer les personnes handicapées.

 L’Arche et Foi et Lumière
Ces deux associations, fondées par Jean Vanier en 1963 (l’Arche) et en 1971 avec Marie-Hélène Mathieu (Foi et Lumière) ont pour vocation de faire connaître le don des personnes ayant un handicap mental et de témoigner que toute personne ayant un handicap est une personne à part entière et qu'elle en a tous les droits : droit à être aimée, reconnue et respectée dans son être et ses choix. L’Arche, présente dans 37 pays, ce sont des communautés et des établissements médico-sociaux à taille humaine où vivent et travaillent ensemble des personnes en situation de handicap mental et ceux qui les accompagnent. Foi et Lumière, présent dans 82 pays, ce sont des communautés de rencontre formées de personnes ayant un handicap mental, de leurs familles et d'amis, spécialement des jeunes, qui se retrouvent régulièrement dans un esprit chrétien, pour partager leur amitié, prier ensemble, fêter et célébrer la vie.
www.foietlumiere.org

lundi 25 septembre 2017

Merci pour votre héroïsme !

Ces dernières semaines, la nature s'est déchaînée : des cyclones et des tremblements de terre ont fait des dégâts considérables en terme de vies emportées, de maisons détruites, d'inondations... Parfois, c'est le travail de toute une vie qui a été emportée. Les Antilles (Saint Martin, Saint Barthélémy), Porto Rico, République Dominicaine, Cuba et le sud des Etats Unis ont été frappés par plusieurs cyclones répondant aux doux noms de Harvey, Irma, José ou même Maria... Le Mexique quant à lui a été secoué dans sa capitale fédérale par un fort tremblement de terre 32 ans jour pour jour après un autre séisme très meurtrier.
Dans la plupart des pays touchés, République Dominicaine, Etats Unis, Mexique, il y a des membres des communautés Foi et Lumière dont à ma connaissance, même s'ils ont eu à souffrir d'importants dégâts, personne n'a été tué...
Et au milieu de l'enfer, une vidéo montre que la solidarité envers les plus touchés, ça marche et j'ose espérer que parmi ces visages, ces efforts, cet héroïsme, cette détermination à vouloir aider les plus fragiles, il y a l'esprit de Foi et Lumière. Le Mexique et tous les autres, c'est beau de voir que vous n'abandonnez pas, que vous restez debout malgré tout !
L'Espérance reste une grande force dans l'adversité !