lundi 9 décembre 2019

L’Immaculée Conception, c’est le 8 ou le 9 décembre ?

Je suis l'Immaculée Conception
Le dimanche 8 décembre, deuxième dimanche de l’Avent, la prière d’ouverture nous invite à “éveiller en nous l’intelligence du cœur”. Julie, experte en intelligence du cœur, est troublée car le 8 décembre c’est pour elle la solennité de l’Immaculée Conception ; pourquoi ne fête-t-on pas Marie le jour dit, mais avec un jour de retard ? « Le 9, c’est trop tard !» me dit-elle.Que répondre ? Que le dimanche est, pour les chrétiens, le jour mémorial de la Résurrection qu’ils célèbrent dans la foi, et que, du coup, il a préséance sur toute autre fête ou solennité ? Non, rien à faire, le 8, c’est le 8 et pas le 9 !Écoutons la prière d’ouverture de la solennité de l’Immaculée Conception : “Tu as préservé la Vierge de tout péché par une grâce venant déjà de la mort de ton Fils”. Waoow, c’est “Retour vers le futur” épisode 0 ! Marie bénéficie donc d’une grâce provenant d’un événement qui n’arrivera que 33 ans plus tard… Si Dieu se rit de la concordance des temps, si L’Eucharistie est source et sommet de toute la vie chrétienne (LG 11), pourquoi ne pas considérer que le 8 décembre, que ça soit un dimanche ou pas, on puisse faire mémoire à la fois de la Passion et de la Résurrection du Christ et de la grâce qui en est résultée pour Marie ? 
Merci Julie de m’avoir poussé à cette réflexion, je trouve que tu n’as pas vraiment tort de nous questionner ainsi avec ton intelligence du cœur.

mercredi 27 novembre 2019

rencontre avec Imad Saleem (Amour et Joie)



Imad Saleem rue du Laos
Le mardi 26 novembre, Imad Saleem, fondateur du mouvement Amour et Joie, de passage à Paris, est passé par le secrétariat de Foi et Lumière international. Avec l’aide de Nadia, éducatrice spécialisée près de Paris pour la traduction, nous l’avons rencontré avec Corinne et nous avons passé une bonne heure à échanger, partager et nous avons commencé à tisser des liens solides.
Amour et Joie est né en Irak après la guerre contre l’Iran au début des années 90. Imad avait été mobilisé dans l’armée pendant 10 ans et il a eu beaucoup de temps pour réfléchir et prier ; il a eu un jour cette intuition que les personnes les plus fragiles pouvaient apporter bien plus que ce qu’on pouvait leur donner. Après en avoir parlé avec son directeur spirituel, il a commencé à convaincre les parents que leurs enfants ne devaient pas être cachés et avec l’aide de l’Église assyro-chaldéenne, Amour et Joie est né. Ça ressemble beaucoup aux communautés Foi et Lumière et ils parlent de leurs trinités : personnes ayant un handicap mental, les familles et les éducateurs. Le nom de trinité est lié à la Sainte Trinité. Jean Vanier est allé en Irak les rencontrer et il n’a pas cherché à les intégrer dans Foi et Lumière ni dans l’Arche pour qu’ils puissent garder leur identité propre et leur spiritualité.
Il y avait près de 40 communautés dans le pays avant les tragiques événements de 2014, maintenant, il en reste encore quelques-unes, mais la population chrétienne est passée de 300000 à 3000 ! Il y a eu beaucoup d’émigration vers les USA, l’Australie, le Liban, le Kurdistan irakien… et des communautés Amour et Joie sont nées un peu partout, aux USA (San Diego, Michigan), en Suède et Emad est allée faire une tournée de ces communautés qui l’a amené à visiter la France.
Mirna à Qaraqosh en 2011
Nous avons beaucoup en commun et ces communautés qui sont nées dans la diaspora irakienne seraient heureuses de ne pas rester isolées et pourraient rencontrer des communautés Foi et Lumière, à l’occasion par exemple de la fête de la Lumière.
J’ai le souvenir que Mirna avait été invitée à participer à une grande rencontre à Qaraqosh en 2011. A son retour, elle m’avait raconté combien la vie dans ce grand pays était difficile et combien il avait fallu beaucoup de courage aux 350 participants pour traverser le pays qui – déjà – était très dangereux (c'était moins d'un an après l'attentat de la cathédrale Notre-Dame-de-l'Intercession de Bagdad)
Il faut poursuivre et continuer à tisser des liens avec nos amis d’Amour et Joie, leur foi est si forte qu’ils peuvent nous apporter beaucoup et ils ont besoin de rencontrer des amis dont la foi (et la lumière) peut les réconforter, car ce qu’ils voient dans les pays occidentaux où ils ont pu trouver refuge n’est pas une grande ferveur et cela les incite plutôt à rester dans leurs communautés… Nous avons tant à nous apporter les uns aux autres !

mercredi 10 juillet 2019

Marie-Hélène a fêté son 90ème anniversaire


À Foi et Lumière, le 4 juillet est une grande date ! C’est en effet le jour de l’anniversaire de Marie-Hélène, une grande dame.
Messe d'action de grâce
Cette année, la fête était un peu spéciale car l’anniversaire était celui des 90 ans, et quand on change de dizaine, la fête est toujours plus éclatante. Mais cela se passait à peine deux mois après la mort de Jean Vanier, et nous ne pouvions pas l’oublier…
Nous fûmes nombreux, de Foi et Lumière, de l’OCH, de l’Arche, de sa famille, de ses amis à nous retrouver chez les Petites Sœurs de Pauvres, avenue de Breteuil, là où Marie-Hélène habite désormais, dans une résidence qui s’appelle "Ma Maison". Tout a commencé par une messe célébrée par le Père Christian Mahéas, aumônier de l’OCH et de l’Arche en France, et par le Père Jacques Cuche qui a fondé plusieurs communautés Foi et Lumière. Dans son homélie, le Père Christian a retracé l’aventure de Marie-Hélène, depuis la rencontre décisive de Suzanne en classe de cinquième jusqu’à ce jour anniversaire où elle mérite bien de prendre un peu de repos et de recul pour contempler et rendre grâce pour ce beau chemin parcouru et faire confiance à ceux qui ont pris la suite…



Photo de famille
Marie-Hélène et Pierre-Louis soufflent les bougies
Puis, par un chaud soleil d’été, nous nous sommes rendus dans le grand jardin des sœurs ou un buffet nous attendait. Nous étions comme une famille réunie autour de celle qui fêtait, dans la joie, une nouvelle étape de sa vie. Chacun retrouvait avec joie des amis qu’il n’avait pas revus depuis longtemps, on faisait la queue pour aller embrasser Marie-Hélène, se faire prendre en photo avec elle, lui dire quelques mots d’amitié…
Le cadeau
Et puis est venu le temps du gâteau et des bougies à souffler ; Pierre-Louis est venu aider Marie-Hélène et plusieurs discours ont permis de lui témoigner notre amitié et notre affection. Un beau cadeau lui a été remis : une mosaïque, faite par les ateliers de l’Arche à Trosly-Breuil, représentant l’emblème de Foi et Lumière. Une prière et un Notre Père dit en commun est venu clore cette belle soirée. Il était d’aller se reposer et rendre grâce pour la vie de Marie-Hélène.

mardi 7 mai 2019

À Dieu Jean !



Cher Jean, depuis très longtemps, j’ai toujours pensé que Dieu avait un plan pour moi… depuis au moins 35 ans.

Dans ce plan, je devais suivre une retraite à Tressaint : nous y sommes allés avec Isabelle début octobre 1983 et c’était toi qui prêchais cette retraite dont le thème était : "Jésus est le pauvre". Nous avons failli ne pas rester quand nous avons découvert que de nombreuses personnes ayant un handicap étaient présentes. Heureusement, nous sommes restés jusqu’au bout.


Dans ce plan, je devais être un de ceux, appelés anawim, qui allaient animer les groupes de partage pendant la retraite. Cela m’a valu de participer chaque matin à un temps de prière avec toi, et je me souviens très bien de ce jour où, pour dire le Notre Père, j'ai mis ma main dans la tienne.


Dans ce plan, il y avait l’accueil de Julie, née 4 ans et demi après cette retraite. Nous avons compris avec Isabelle que, au cours de cette retraite, tu avais préparé nos cœurs en nous parlant de Foi et Lumière.


Dans ce plan, il y avait une communauté Foi et Lumière qui nous attendait à Chaville, et nous avons rejoint la communauté "A Dieu Vat" quand Julie avait tout juste un an.
Dans ce plan, il y avait l’appel reçu pour fonder avec d’autres parents, une communauté de jeunes enfants ; ce fut fait en février 1991 et la jeune communauté "Graines de Moutarde" est partie joyeusement quelques semaines plus tard pour le pèlerinage du 20ème anniversaire à Lourdes. Une grande foule venue des quatre coins du monde m’a fait découvrir l’universalité du mouvement et la joie qui est le fruit de si belles rencontres.

Dans ce plan, il y a eu une deuxième retraite à Tressaint avec d’autres parents de notre communauté et notre premier entretien : j’avais demandé à te voir pour te dire mon histoire et te remercier. Dans mon enthousiasme, je t’avais dit combien j’aimais Foi et Lumière et que j’étais prêt à faire "plein de choses". Tu m’as répondu : « ça viendra, ça viendra ».

Dans ce plan, il y a eu cette invitation à participer à la rencontre internationale de Varsovie en 1994 ; j’y suis allé avec empressement et j’ai été émerveillé de découvrir des gens tous extraordinaires venus de tous les pays où Foi et Lumière était présent.

Dans ce plan, il y a eu en 1995 une proposition des responsables de ma province pour aller participer à une session de formation dans la province jumelle d’Afrique de l’Est, à Nairobi, avec des participants venus du Kenya, d’Ouganda, du Rwanda, du Burundi et du Zaïre. Je parlais anglais et c’était la seule condition… Cette proposition a été suivie par une deuxième l’année suivante : il s’agissait d’accompagner Marie-Hélène Mathieu pour une session de formation à Kigali (Rwanda). Un an plus tard, il fallait y retourner pour s’assurer que ces formations avaient donné de beaux fruits.

Dans ce plan, il y a eu cet appel à laisser mon nom pour des élections de zone. Ma famille était d’accord à condition que j’aie quelques vacances supplémentaires… Tremblant, je suis allé voir mon supérieur hiérarchique pour lui faire cette demande dont je devinais l’issue défavorable. Mais j’ai été surpris de l’entendre dire : « tu as besoin de combien de jours ? ». Dix, ai-je répondu, et il m’a donné son accord en me prévenant que je n’aurais pas moins de travail et que je devrais m’organiser en conséquence. Et en juillet 1998, à Québec, pendant la rencontre internationale, je suis devenu coordinateur de la zone Europe Atlantique Nord.

Dans ce plan, il y a eu de nombreuses réunions du conseil international, deux par an, où nous avons travaillé ensemble, depuis la première en 1999, au Liban, jusqu’à ce que tu nous dises un jour que tu allais bientôt avoir 75 ans et que nous ne te verrions plus. C’était il y a 15 ans et ces cinq années où nous avons passé beaucoup de temps à travailler ensemble m’ont laissé un souvenir impérissable. Ton calme mêlé à une énergie incroyable, ta douceur mêlée à une autorité sans pareil m’ont énormément marqué.

Dans ce plan, il y encore eu des appels pour accompagner Foi et Lumière dans d’autres continents. En 2003, je me souviens bien avoir été prier un matin à l’oratoire de la Ferme et j’ai demandé : « Envoie-moi là où tu veux que je serve ». L’après-midi même, Viviane et Roy me demandaient si je voulais bien devenir coordinateur de l’Afrique ! Et j’ai passé 5 ans à découvrir que Foi et Lumière en Afrique était un modèle pour tout le mouvement ; la joie, la prière, l’amitié, les grandes valeurs dont nous vivons tous étaient très vivantes dans tous ces pays.

Dans ce plan, il y a eu finalement cet appel à être le coordinateur international. C’était à Lourdes en 2008 ; tu n’étais pas présent, mais tu es arrivé le soir même et je me souviens très bien de tes encouragements qui avaient suivi ceux de Marie-Hélène. J’ai vécu dix années merveilleuses et je rends grâce à Dieu pour tout ce que j’ai vécu à Foi et Lumière dans ces années de responsabilité. Je ne quitte pas ma communauté et nous allons continuer avec Isabelle et Julie.
Merci Julie, je rends grâce à Dieu aussi pour toi. Je me souviens de ce que tu as dit un jour à Trosly alors que tout un groupe des Amériques était venu pour une retraite : « Quand Dieu m’a envoyée dans ma famille, j’étais comme un cadeau pour eux ». J’en ai été très ému.

Cher Jean, je te suis reconnaissant pour tout ce que j’ai reçu de toi pendant toutes ces années. Je rends grâce pour tout ce que j'ai reçu de Jésus et de Marie par ton intermédiaire. Je suis sûr que tu vas continuer - de là-haut - à veiller sur nous, à nous porter dans ta prière, à continuer à nous donner l’envie de mieux connaître Jésus à travers les plus petits. Je continuerai pour ma part à tenter de suivre fidèlement le plan de Dieu pour moi.

samedi 2 février 2019

Bonne fête de la Lumière


Ce matin-là, comme tous les jours, Syméon s’est mis à l’écoute de sa petite voix : "Seigneur, serait-ce aujourd’hui ?". Syméon a eu autrefois ce songe qu’il ne mourrait pas avant d’avoir rencontré le Messie du Seigneur, que ses yeux verraient le salut préparé pour les peuples, la lumière qui allait se révéler aux nations et donner gloire à son peuple ; malgré son grand âge, il attend dans l’espérance l’accomplissement de cette promesse. Chaque matin, sa demande reste sans réponse, mais ce jour-là, ô joie !, il entend qu’il doit partir avec empressement vers le Temple de Jérusalem.
Sur le chemin, il se pose bien des questions sur ce qui l’attend : verra-t-il une nuée recouvrir le Temple, une colonne de feu illuminer toute la ville de Jérusalem, et dans des éclairs et le tonnerre entendre la voix du Seigneur annoncer Son retour ? Il se rappelle que Moïse avait eu cet avertissement, en réponse à sa requête Je t’en prie, laisse-moi contempler ta gloire (Ex 33, 18) : un être humain ne peut pas me voir et rester en vie (Ex 33, 20). Il se dit alors que ce jour est sans doute le dernier de sa vie…
En arrivant dans le Temple, tout est calme et il cherche du regard vers qui aller ? Il aperçoit un jeune couple venu présenter son premier-né comme le veut la Loi du Seigneur, mais se dit en voyant qu’ils avaient préparé pour le sacrifice un couple de petites colombes : ce n’est pas vers cette famille que je dois aller, ce sont des pauvres. Mais, irrésistiblement, il se sent attiré vers ce petit enfant, né il y a 40 jours. Et l’Esprit-Saint, présent dans les colombes, lui dit : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie (Mt 3, 17). Alors il comprend et demande à Marie de prendre l’enfant dans ses bras et s’écrie d’une voix forte : Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples, lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël (Lc 2, 29-32).
La lumière attendue n'était pas une colonne de feu, mais une petite flamme vacillante vers laquelle on vient se réchauffer en famille, le salut espéré ne pouvait pas venir d’une force toute puissante, mais de cette fragilité que Syméon trouve à la fois en lui et dans ce petit enfant, faible et dépendant, la gloire de Dieu ne pouvait pas se manifester de manière triomphante, mais dans la petitesse. Il revivait l'histoire du prophète Elie sur l'Horeb : le Seigneur était présent comme dans le murmure d'une brise légère (1R 19, 12). Conscient que cette révélation, dont il venait d’être le bénéficiaire privilégié, allait à l’encontre de ce que le peuple d’Israël attendait, il ajouta des paroles plus dures à l’attention de Marie : cet enfant sera signe de contradiction et toi, ton âme sera traversée d’un glaive (Lc 2, 34-35).
Quand les communautés Foi et Lumière célèbrent cet événement que nous appelons la Fête de la Lumière, que célébrons-nous ? Nous nous rappelons la joie de la rencontre entre Marie, Joseph, Syméon et Anne autour de Jésus, qui étaient déjà comme une petite communauté. Nous nous réchauffons autour de la lumière qui se révèle aux nations au travers des plus petits d’entre nous, nous témoignons du salut que nous recevons de manière privilégiée quand nous reconnaissons que Jésus nous attend dans la fragilité. Notre prière le dit bien : apprends-nous à découvrir ton visage et ta présence en tous nos frères et sœurs, spécialement les plus faibles.
Nous devons témoigner sans relâche autour de nous que cette révélation faite à Syméon est destinée à tous. Dieu n’attend pas de nous que nous recherchions ce qui est grand et fort pour aller à sa rencontre, Il n’attend pas de nous que nous devenions des surhommes pour nous faire proches de lui, Il attend que nous nous mettions à son écoute, il nous apprendra alors à accueillir nos blessures et nos faiblesses, c’est par elles que se déploiera sa puissance. Cela ne nous évitera pas les épreuves, nos enfants ayant un handicap seront appelés également à être signes de contradiction, les parents auront eux aussi l’âme transpercée d’un glaive, mais ça ils le savent depuis longtemps…

mercredi 10 octobre 2018

Jean Vanier : le sacrement de la tendresse


Le projet est devenu réalité, le film sur Jean Vanier, réalisé par Frédérique Bedos, a été projeté en avant-première le 9 octobre !
Cette séance qui devait être unique a dû être dédoublée car la demande a explosé ! La salle pour la première séance était pleine à craquer, avec quelques têtes connues, mais aussi, signe très encourageant, de personnes qui ne connaissaient qu’à peine Jean Vanier. Un petit message personnel de Jean a été présenté avant le film : il nous encourage à parler du film autour de nous, pas tellement pour le messager, mais pour faire mieux connaître ce sacrement de la tendresse que nous proposent les personnes ayant un handicap mental.
Le film commence par une animation qui rappelle la vie de Jean depuis sa naissance à Genève en 1928 jusqu’à son installation définitive à Trosly-Breuil, en passant par les étapes de la Marine et de la philosophie. Il a été véritablement conquis par la simplicité, la bonté et même la beauté des personnes qui, il n’y a pas si longtemps encore –et même dans l’Église – étaient considérées comme le rebut de la société et enfermées dans des hôpitaux psychiatriques.
Pour ce qui concerne la beauté des amis de Jean Vanier qui se manifeste le plus souvent par le regard, il faut citer François Cheng qui écrit dans le livre "Cinq méditations sur la beauté" : la vraie beauté est justement conscience de la beauté et élan vers la beauté […]. La beauté du regard vient d’une lumière qui sourd de la profondeur de l’Être. Elle peut aussi venir d’une lumière venant de l’extérieur et qui l’éclaire, notamment lorsque le regard capte dans l’instant quelque chose de beau, ou qu’il rencontre un autre regard d’amour et de beauté. J’aime penser que le premier regard entre Jean et Raphaël ou Philippe a été de cette nature.
Le film montre de touchantes images d’archive, photos ou vidéos, où l’on voit Jean – avec quelques années de moins - dire avec force ses convictions de la valeur, de la grandeur et de la beauté de ceux qui viennent nous libérer de nos tentations de toute-puissance. Nous avons tous en nous cette soif d’être performant, meilleur que le voisin pour mieux réussir, ce qu’il dénonce comme étant le terrorisme de la normalité qui a pour conséquence logique, la mise à l’écart de ceux qui ne peuvent rentrer dans cette course.
Frédérique Bedos mêle des séquences de dialogue avec Jean où il redit le témoignage de sa vie, un éloge de la faiblesse, et des reportages filmés dans trois lieux emblématiques de l’Arche : Trosly-Breuil, Bethléem et Calcutta. On y voit des témoignages de personnes accueillies, toutes rayonnantes de joie, et d’assistants qui disent tous ce qu’on connaît bien, à l’Arche ou à Foi et Lumière : je suis venu pour aider, mais je réalise que je reçois bien plus que ce que tout ce que je peux donner. Ils apprennent aussi à faire confiance à ceux qu’ils accompagnent, à bien vérifier que ce qu’ils peuvent proposer est conforme aux attentes de l’autre. Les personnes ayant un handicap le disent très bien : je pense comme toi, mais différemment.
Dans la dernière partie, Jean se confie sur sa vie de personne de 90 ans. Il va lui aussi vers des situations de faiblesse et de fragilité, et il semble prêt pour cette grande rencontre qu’il dit toute proche : ce n’est juste qu’un voile qui nous sépare, et ce voile est très mince. Et on le voit marcher dans la forêt et s’éloigner petit à petit… Le livre qu’il a écrit avec François-Xavier Maigre "Un cri se fait entendre" fait écho à cette séquence par son dernier chapitre, Au bout du chemin… une attente, une promesse, qui se termine par une prière dont les derniers mots sont "viens Seigneur Jésus, viens !" Ce film confirme ce qu’on pouvait se dire à la lecture de ce livre : Jean a encore des choses à nous dire et il veut nous confier son testament spirituel ! Allez tous voir ce film, Jean a quelque chose d’important à vous dire !
Au passage d’une séquence, nous avons eu la joie de reconnaître Loïc Proffit, résident d’un foyer à Trosly, et qui fut avec son frère Thaddée et ses parents Gérard et Camille à l’origine de Foi et Lumière.
Vive l’Arche ! Vive Foi et Lumière ! Merci Jean et à la grâce de Dieu !

PS : le film sortira au cinéma en France à compter du 9 janvier 2019.
Toute personne ou organisme souhaitant soutenir la sortie du film dans le cinéma de sa ville, recevoir des dépliants, flyers et affiches du film, voire même intervenir lors d'un ciné-débat, peut contacter le distributeur, Jupiter Films, sur leur site internet : Jupiter-Films.com

Les intéressés peuvent aussi s'inscrire à la Newsletter de Jupiter Films pour être informés de la sortie au cinéma : https://www.jupiter-films.com/newsletter.php


mardi 11 septembre 2018

90 ans !


Cher Jean, depuis très longtemps, j’ai toujours pensé que Dieu avait un plan pour moi… depuis au moins 35 ans.
Dans ce plan, je devais suivre une retraite à Tressaint : nous y sommes allés avec Isabelle début octobre 1983 et c’était toi qui prêchais cette retraite dont le thème était : "Jésus est le pauvre". Nous avons failli ne pas rester quand nous avons découvert que de nombreuses personnes ayant un handicap étaient présentes. Heureusement, nous sommes restés jusqu’au bout.
Dans ce plan, je devais être un de ceux, appelés anawim, qui allaient animer les groupes de partage pendant la retraite. Cela m’a valu de participer chaque matin à un temps de prière avec toi, et je me souviens très bien de ce jour où, pour dire le Notre Père, j'ai mis ma main dans la tienne.

Dans ce plan, il y avait l’accueil de Julie, née 4 ans et demi après cette retraite. Nous avons compris avec Isabelle que, au cours de cette retraite, tu avais préparé nos cœurs en nous parlant de Foi et Lumière.
Dans ce plan, il y avait une communauté Foi et Lumière qui nous attendait à Chaville, et nous avons rejoint la communauté "A Dieu Vat" quand Julie avait tout juste un an.
Dans ce plan, il y avait l’appel reçu pour fonder avec d’autres parents, une communauté de jeunes enfants ; ce fut fait en février 1991 et la jeune communauté "Graines de Moutarde" est partie joyeusement quelques semaines plus tard pour le pèlerinage du 20ème anniversaire à Lourdes. Une grande foule venue des quatre coins du monde m’a fait découvrir l’universalité du mouvement et la joie qui est le fruit de si belles rencontres.
Dans ce plan, il y a eu une deuxième retraite à Tressaint avec d’autres parents de notre communauté et notre premier entretien : j’avais demandé à te voir pour te dire mon histoire et te remercier. Dans mon enthousiasme, je t’avais dit combien j’aimais Foi et Lumière et que j’étais prêt à faire "plein de choses". Tu m’as répondu : « ça viendra, ça viendra ».
Dans ce plan, il y a eu cette invitation à participer à la rencontre internationale de Varsovie en 1994 ; j’y suis allé avec empressement et j’ai été émerveillé de découvrir des gens tous extraordinaires venus de tous les pays où Foi et Lumière était présent.
Dans ce plan, il y a eu en 1995 une proposition des responsables de ma province pour aller participer à une session de formation dans la province jumelle d’Afrique de l’Est, à Nairobi, avec des participants venus du Kenya, d’Ouganda, du Rwanda, du Burundi et du Zaïre. Je parlais anglais et c’était la seule condition… Cette proposition a été suivie par une deuxième l’année suivante : il s’agissait d’accompagner Marie-Hélène Mathieu pour une session de formation à Kigali (Rwanda). Un an plus tard, il fallait y retourner pour s’assurer que ces formations avaient donné de beaux fruits.
Dans ce plan, il y a eu cet appel à laisser mon nom pour des élections de zone. Ma famille était d’accord à condition que j’aie quelques vacances supplémentaires… Tremblant, je suis allé voir mon supérieur hiérarchique pour lui faire cette demande dont je devinais l’issue défavorable. Mais j’ai été surpris de l’entendre dire : « tu as besoin de combien de jours ? ». Dix, ai-je répondu, et il m’a donné son accord en me prévenant que je n’aurais pas moins de travail et que je devrais m’organiser en conséquence. Et en juillet 1998, à Québec, pendant la rencontre internationale, je suis devenu coordinateur de la zone Europe Atlantique Nord.
Dans ce plan, il y a eu de nombreuses réunions du conseil international, deux par an, où nous avons travaillé ensemble, depuis la première en 1999, au Liban, jusqu’à ce que tu nous dises un jour que tu allais bientôt avoir 75 ans et que nous ne te verrions plus. C’était il y a 15 ans et ces cinq années où nous avons passé beaucoup de temps à travailler ensemble m’ont laissé un souvenir impérissable. Ton calme mêlé à une énergie incroyable, ta douceur mêlée à une autorité sans pareil m’ont énormément marqué.
Dans ce plan, il y encore eu des appels pour accompagner Foi et Lumière dans d’autres continents. En 2003, je me souviens bien avoir été prier un matin à l’oratoire de la Ferme et j’ai demandé : « Envoie-moi là où tu veux que je serve ». L’après-midi même, Viviane et Roy me demandaient si je voulais bien devenir coordinateur de l’Afrique ! Et j’ai passé 5 ans à découvrir que Foi et Lumière en Afrique était un modèle pour tout le mouvement ; la joie, la prière, l’amitié, les grandes valeurs dont nous vivons tous étaient très vivantes dans tous ces pays.
Dans ce plan, il y a eu finalement cet appel à être le coordinateur international. C’était à Lourdes en 2008 ; tu n’étais pas présent, mais tu es arrivé le soir même et je me souviens très bien de tes encouragements qui avaient suivi ceux de Marie-Hélène. J’ai vécu dix années merveilleuses et je rends grâce à Dieu pour tout ce que j’ai vécu à Foi et Lumière dans ces années de responsabilité. Je ne quitte pas ma communauté et nous allons continuer avec Isabelle et Julie.
Merci Julie, je rends grâce à Dieu aussi pour toi. Je me souviens de ce que tu as dit un jour à Trosly alors que tout un groupe des Amériques était venu pour une retraite : « Quand Dieu m’a envoyée dans ma famille, j’étais comme un cadeau pour eux ». J’en ai été très ému.
Bon anniversaire Jean ! Je te suis reconnaissant pour tout ce que j’ai reçu de toi pendant toutes ces années. J’espère que j’ai bien retenu tout ce que tu m’as appris, car dans un de ses derniers numéros, Famille Chrétienne m’a présenté (avec d’autres) comme un de tes enfants spirituels. Continue à nous porter dans ta prière, continue à nous donner l’envie de mieux connaître Jésus à travers les plus petits. Je continuerai pour ma part à tenter de suivre fidèlement le plan de Dieu pour moi.