samedi 2 février 2019

Bonne fête de la Lumière


Ce matin-là, comme tous les jours, Syméon s’est mis à l’écoute de sa petite voix : "Seigneur, serait-ce aujourd’hui ?". Syméon a eu autrefois ce songe qu’il ne mourrait pas avant d’avoir rencontré le Messie du Seigneur, que ses yeux verraient le salut préparé pour les peuples, la lumière qui allait se révéler aux nations et donner gloire à son peuple ; malgré son grand âge, il attend dans l’espérance l’accomplissement de cette promesse. Chaque matin, sa demande reste sans réponse, mais ce jour-là, ô joie !, il entend qu’il doit partir avec empressement vers le Temple de Jérusalem.
Sur le chemin, il se pose bien des questions sur ce qui l’attend : verra-t-il une nuée recouvrir le Temple, une colonne de feu illuminer toute la ville de Jérusalem, et dans des éclairs et le tonnerre entendre la voix du Seigneur annoncer Son retour ? Il se rappelle que Moïse avait eu cet avertissement, en réponse à sa requête Je t’en prie, laisse-moi contempler ta gloire (Ex 33, 18) : un être humain ne peut pas me voir et rester en vie (Ex 33, 20). Il se dit alors que ce jour est sans doute le dernier de sa vie…
En arrivant dans le Temple, tout est calme et il cherche du regard vers qui aller ? Il aperçoit un jeune couple venu présenter son premier-né comme le veut la Loi du Seigneur, mais se dit en voyant qu’ils avaient préparé pour le sacrifice un couple de petites colombes : ce n’est pas vers cette famille que je dois aller, ce sont des pauvres. Mais, irrésistiblement, il se sent attiré vers ce petit enfant, né il y a 40 jours. Et l’Esprit-Saint, présent dans les colombes, lui dit : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie (Mt 3, 17). Alors il comprend et demande à Marie de prendre l’enfant dans ses bras et s’écrie d’une voix forte : Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples, lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël (Lc 2, 29-32).
La lumière attendue n'était pas une colonne de feu, mais une petite flamme vacillante vers laquelle on vient se réchauffer en famille, le salut espéré ne pouvait pas venir d’une force toute puissante, mais de cette fragilité que Syméon trouve à la fois en lui et dans ce petit enfant, faible et dépendant, la gloire de Dieu ne pouvait pas se manifester de manière triomphante, mais dans la petitesse. Il revivait l'histoire du prophète Elie sur l'Horeb : le Seigneur était présent comme dans le murmure d'une brise légère (1R 19, 12). Conscient que cette révélation, dont il venait d’être le bénéficiaire privilégié, allait à l’encontre de ce que le peuple d’Israël attendait, il ajouta des paroles plus dures à l’attention de Marie : cet enfant sera signe de contradiction et toi, ton âme sera traversée d’un glaive (Lc 2, 34-35).
Quand les communautés Foi et Lumière célèbrent cet événement que nous appelons la Fête de la Lumière, que célébrons-nous ? Nous nous rappelons la joie de la rencontre entre Marie, Joseph, Syméon et Anne autour de Jésus, qui étaient déjà comme une petite communauté. Nous nous réchauffons autour de la lumière qui se révèle aux nations au travers des plus petits d’entre nous, nous témoignons du salut que nous recevons de manière privilégiée quand nous reconnaissons que Jésus nous attend dans la fragilité. Notre prière le dit bien : apprends-nous à découvrir ton visage et ta présence en tous nos frères et sœurs, spécialement les plus faibles.
Nous devons témoigner sans relâche autour de nous que cette révélation faite à Syméon est destinée à tous. Dieu n’attend pas de nous que nous recherchions ce qui est grand et fort pour aller à sa rencontre, Il n’attend pas de nous que nous devenions des surhommes pour nous faire proches de lui, Il attend que nous nous mettions à son écoute, il nous apprendra alors à accueillir nos blessures et nos faiblesses, c’est par elles que se déploiera sa puissance. Cela ne nous évitera pas les épreuves, nos enfants ayant un handicap seront appelés également à être signes de contradiction, les parents auront eux aussi l’âme transpercée d’un glaive, mais ça ils le savent depuis longtemps…

mercredi 10 octobre 2018

Jean Vanier : le sacrement de la tendresse


Le projet est devenu réalité, le film sur Jean Vanier, réalisé par Frédérique Bedos, a été projeté en avant-première le 9 octobre !
Cette séance qui devait être unique a dû être dédoublée car la demande a explosé ! La salle pour la première séance était pleine à craquer, avec quelques têtes connues, mais aussi, signe très encourageant, de personnes qui ne connaissaient qu’à peine Jean Vanier. Un petit message personnel de Jean a été présenté avant le film : il nous encourage à parler du film autour de nous, pas tellement pour le messager, mais pour faire mieux connaître ce sacrement de la tendresse que nous proposent les personnes ayant un handicap mental.
Le film commence par une animation qui rappelle la vie de Jean depuis sa naissance à Genève en 1928 jusqu’à son installation définitive à Trosly-Breuil, en passant par les étapes de la Marine et de la philosophie. Il a été véritablement conquis par la simplicité, la bonté et même la beauté des personnes qui, il n’y a pas si longtemps encore –et même dans l’Église – étaient considérées comme le rebut de la société et enfermées dans des hôpitaux psychiatriques.
Pour ce qui concerne la beauté des amis de Jean Vanier qui se manifeste le plus souvent par le regard, il faut citer François Cheng qui écrit dans le livre "Cinq méditations sur la beauté" : la vraie beauté est justement conscience de la beauté et élan vers la beauté […]. La beauté du regard vient d’une lumière qui sourd de la profondeur de l’Être. Elle peut aussi venir d’une lumière venant de l’extérieur et qui l’éclaire, notamment lorsque le regard capte dans l’instant quelque chose de beau, ou qu’il rencontre un autre regard d’amour et de beauté. J’aime penser que le premier regard entre Jean et Raphaël ou Philippe a été de cette nature.
Le film montre de touchantes images d’archive, photos ou vidéos, où l’on voit Jean – avec quelques années de moins - dire avec force ses convictions de la valeur, de la grandeur et de la beauté de ceux qui viennent nous libérer de nos tentations de toute-puissance. Nous avons tous en nous cette soif d’être performant, meilleur que le voisin pour mieux réussir, ce qu’il dénonce comme étant le terrorisme de la normalité qui a pour conséquence logique, la mise à l’écart de ceux qui ne peuvent rentrer dans cette course.
Frédérique Bedos mêle des séquences de dialogue avec Jean où il redit le témoignage de sa vie, un éloge de la faiblesse, et des reportages filmés dans trois lieux emblématiques de l’Arche : Trosly-Breuil, Bethléem et Calcutta. On y voit des témoignages de personnes accueillies, toutes rayonnantes de joie, et d’assistants qui disent tous ce qu’on connaît bien, à l’Arche ou à Foi et Lumière : je suis venu pour aider, mais je réalise que je reçois bien plus que ce que tout ce que je peux donner. Ils apprennent aussi à faire confiance à ceux qu’ils accompagnent, à bien vérifier que ce qu’ils peuvent proposer est conforme aux attentes de l’autre. Les personnes ayant un handicap le disent très bien : je pense comme toi, mais différemment.
Dans la dernière partie, Jean se confie sur sa vie de personne de 90 ans. Il va lui aussi vers des situations de faiblesse et de fragilité, et il semble prêt pour cette grande rencontre qu’il dit toute proche : ce n’est juste qu’un voile qui nous sépare, et ce voile est très mince. Et on le voit marcher dans la forêt et s’éloigner petit à petit… Le livre qu’il a écrit avec François-Xavier Maigre "Un cri se fait entendre" fait écho à cette séquence par son dernier chapitre, Au bout du chemin… une attente, une promesse, qui se termine par une prière dont les derniers mots sont "viens Seigneur Jésus, viens !" Ce film confirme ce qu’on pouvait se dire à la lecture de ce livre : Jean a encore des choses à nous dire et il veut nous confier son testament spirituel ! Allez tous voir ce film, Jean a quelque chose d’important à vous dire !
Au passage d’une séquence, nous avons eu la joie de reconnaître Loïc Proffit, résident d’un foyer à Trosly, et qui fut avec son frère Thaddée et ses parents Gérard et Camille à l’origine de Foi et Lumière.
Vive l’Arche ! Vive Foi et Lumière ! Merci Jean et à la grâce de Dieu !

PS : le film sortira au cinéma en France à compter du 9 janvier 2019.
Toute personne ou organisme souhaitant soutenir la sortie du film dans le cinéma de sa ville, recevoir des dépliants, flyers et affiches du film, voire même intervenir lors d'un ciné-débat, peut contacter le distributeur, Jupiter Films, sur leur site internet : Jupiter-Films.com

Les intéressés peuvent aussi s'inscrire à la Newsletter de Jupiter Films pour être informés de la sortie au cinéma : https://www.jupiter-films.com/newsletter.php


mardi 11 septembre 2018

90 ans !


Cher Jean, depuis très longtemps, j’ai toujours pensé que Dieu avait un plan pour moi… depuis au moins 35 ans.
Dans ce plan, je devais suivre une retraite à Tressaint : nous y sommes allés avec Isabelle début octobre 1983 et c’était toi qui prêchais cette retraite dont le thème était : "Jésus est le pauvre". Nous avons failli ne pas rester quand nous avons découvert que de nombreuses personnes ayant un handicap étaient présentes. Heureusement, nous sommes restés jusqu’au bout.
Dans ce plan, je devais être un de ceux, appelés anawim, qui allaient animer les groupes de partage pendant la retraite. Cela m’a valu de participer chaque matin à un temps de prière avec toi, et je me souviens très bien de ce jour où, pour dire le Notre Père, j'ai mis ma main dans la tienne.

Dans ce plan, il y avait l’accueil de Julie, née 4 ans et demi après cette retraite. Nous avons compris avec Isabelle que, au cours de cette retraite, tu avais préparé nos cœurs en nous parlant de Foi et Lumière.
Dans ce plan, il y avait une communauté Foi et Lumière qui nous attendait à Chaville, et nous avons rejoint la communauté "A Dieu Vat" quand Julie avait tout juste un an.
Dans ce plan, il y avait l’appel reçu pour fonder avec d’autres parents, une communauté de jeunes enfants ; ce fut fait en février 1991 et la jeune communauté "Graines de Moutarde" est partie joyeusement quelques semaines plus tard pour le pèlerinage du 20ème anniversaire à Lourdes. Une grande foule venue des quatre coins du monde m’a fait découvrir l’universalité du mouvement et la joie qui est le fruit de si belles rencontres.
Dans ce plan, il y a eu une deuxième retraite à Tressaint avec d’autres parents de notre communauté et notre premier entretien : j’avais demandé à te voir pour te dire mon histoire et te remercier. Dans mon enthousiasme, je t’avais dit combien j’aimais Foi et Lumière et que j’étais prêt à faire "plein de choses". Tu m’as répondu : « ça viendra, ça viendra ».
Dans ce plan, il y a eu cette invitation à participer à la rencontre internationale de Varsovie en 1994 ; j’y suis allé avec empressement et j’ai été émerveillé de découvrir des gens tous extraordinaires venus de tous les pays où Foi et Lumière était présent.
Dans ce plan, il y a eu en 1995 une proposition des responsables de ma province pour aller participer à une session de formation dans la province jumelle d’Afrique de l’Est, à Nairobi, avec des participants venus du Kenya, d’Ouganda, du Rwanda, du Burundi et du Zaïre. Je parlais anglais et c’était la seule condition… Cette proposition a été suivie par une deuxième l’année suivante : il s’agissait d’accompagner Marie-Hélène Mathieu pour une session de formation à Kigali (Rwanda). Un an plus tard, il fallait y retourner pour s’assurer que ces formations avaient donné de beaux fruits.
Dans ce plan, il y a eu cet appel à laisser mon nom pour des élections de zone. Ma famille était d’accord à condition que j’aie quelques vacances supplémentaires… Tremblant, je suis allé voir mon supérieur hiérarchique pour lui faire cette demande dont je devinais l’issue défavorable. Mais j’ai été surpris de l’entendre dire : « tu as besoin de combien de jours ? ». Dix, ai-je répondu, et il m’a donné son accord en me prévenant que je n’aurais pas moins de travail et que je devrais m’organiser en conséquence. Et en juillet 1998, à Québec, pendant la rencontre internationale, je suis devenu coordinateur de la zone Europe Atlantique Nord.
Dans ce plan, il y a eu de nombreuses réunions du conseil international, deux par an, où nous avons travaillé ensemble, depuis la première en 1999, au Liban, jusqu’à ce que tu nous dises un jour que tu allais bientôt avoir 75 ans et que nous ne te verrions plus. C’était il y a 15 ans et ces cinq années où nous avons passé beaucoup de temps à travailler ensemble m’ont laissé un souvenir impérissable. Ton calme mêlé à une énergie incroyable, ta douceur mêlée à une autorité sans pareil m’ont énormément marqué.
Dans ce plan, il y encore eu des appels pour accompagner Foi et Lumière dans d’autres continents. En 2003, je me souviens bien avoir été prier un matin à l’oratoire de la Ferme et j’ai demandé : « Envoie-moi là où tu veux que je serve ». L’après-midi même, Viviane et Roy me demandaient si je voulais bien devenir coordinateur de l’Afrique ! Et j’ai passé 5 ans à découvrir que Foi et Lumière en Afrique était un modèle pour tout le mouvement ; la joie, la prière, l’amitié, les grandes valeurs dont nous vivons tous étaient très vivantes dans tous ces pays.
Dans ce plan, il y a eu finalement cet appel à être le coordinateur international. C’était à Lourdes en 2008 ; tu n’étais pas présent, mais tu es arrivé le soir même et je me souviens très bien de tes encouragements qui avaient suivi ceux de Marie-Hélène. J’ai vécu dix années merveilleuses et je rends grâce à Dieu pour tout ce que j’ai vécu à Foi et Lumière dans ces années de responsabilité. Je ne quitte pas ma communauté et nous allons continuer avec Isabelle et Julie.
Merci Julie, je rends grâce à Dieu aussi pour toi. Je me souviens de ce que tu as dit un jour à Trosly alors que tout un groupe des Amériques était venu pour une retraite : « Quand Dieu m’a envoyée dans ma famille, j’étais comme un cadeau pour eux ». J’en ai été très ému.
Bon anniversaire Jean ! Je te suis reconnaissant pour tout ce que j’ai reçu de toi pendant toutes ces années. J’espère que j’ai bien retenu tout ce que tu m’as appris, car dans un de ses derniers numéros, Famille Chrétienne m’a présenté (avec d’autres) comme un de tes enfants spirituels. Continue à nous porter dans ta prière, continue à nous donner l’envie de mieux connaître Jésus à travers les plus petits. Je continuerai pour ma part à tenter de suivre fidèlement le plan de Dieu pour moi.

vendredi 7 septembre 2018

Les étoiles de la victoire


En juillet 1998, deux événements importants ont eu lieu de manière quasi simultanée. Le 12 juillet, la France gagnait sa première étoile en remportant la coupe du monde football ! En même temps démarrait la grande rencontre de Foi et Lumière à Québec. Le rapport entre ces deux événements n’est pas évident, il n’y en a même aucun !
J’ai pu mesurer que la joie des uns peut côtoyer la tristesse des autres… Chargé d’animer la soirée d’ouverture ce soir-là avec Corinne Chatain, j’avais organisé une grande ola parmi les participants, mais j’ai vite compris que Foi et Lumière international comprenait presque autant de Brésiliens que de Français ! Et j’ai été touché par les larmes d’un jeune Brésilien qui se voyait déjà arborant une cinquième étoile pour son pays. Il a été un peu consolé en repartant avec le maillot de l’équipe de France que je lui ai offert.
En 1998, deux jours plus tard, je démarrais mes activités de service pour Foi et Lumière international en devenant coordinateur de la zone "Europe Atlantique Nord" (nord de la France et le Bénélux).

Les deux étoiles de la France
20 ans plus tard, en juillet 2018, nouvelle coïncidence… Foi et Lumière organise une rencontre internationale au Liban et la Russie organise la coupe du monde de football. En 2018, la finale a eu lieu deux jours après la célébration de l’envoi, un envoi qui ne me concernait plus car je venais de rendre mon tablier de service après ces vingt années passées, dont les dix dernières comme coordinateur international. C’est au tour de Raul Izquierdo et de Maria-Silvia de Jesus Tavares de prendre les rênes et je suis heureux de leur avoir transmis cette responsabilité. Mais j’avais noté cette coïncidence en me disant : "qui sait, les mêmes causes pourraient bien produire les mêmes effets ?" et j’avais imaginé que mes 20 années de service à Foi et Lumière auraient pu être bien encadrées si jamais la France gagnait sa deuxième étoile en Russie !
Marie et ses 12 étoiles 
J’aurais dû miser gros ! J’ai perdu une belle occasion de contribuer au financement de la rencontre au Liban.

Mais ces questions d’étoiles ne sont pas si importantes quand on voit comment Foi et Lumière a grandi depuis le grand pèlerinage à Lourdes en 1971. Notre-Dame de Lourdes a veillé sur les débuts de notre mouvement et elle continue à le faire encore aujourd’hui. Je revois toujours cette belle statue qui se trouve en face de la basilique dans le sanctuaire : Marie a les mains jointes un vêtement blanc, une ceinture bleue et une couronne sur la tête, une couronne avec 12 étoiles. Le pays qui peut arborer le plus d’étoiles sur un maillot de football ne peut en montrer que 5 !
Soyons fiers de nos 12 étoiles ! Continuons à parier sur les futures grandes victoires de Foi et Lumière, les plus fragiles seront toujours présents pour nous aider à bien marcher dans les pas de Jésus !

mercredi 25 juillet 2018

Les 25 ans de Foi et Lumière en Ukraine

Le livret de la journée

Le 28 juin 2018, 700 personnes venues de toutes les communautés d’Ukraine se sont rassemblées à Kiev pour fêter leur 25ème anniversaire. En 1992, simultanément et sans concertation, Zénia (à Lviv) et Edith (à Tyachiv et Khust en Transcarpathie) démarraient les premières communautés Foi et Lumière. Aujourd’hui, il y en a 36 réparties dans 26 villes du pays. Kiev n’est pas vraiment le centre de gravité du mouvement dans le pays, mais ils ont choisi de venir là en pèlerinage, pour être visible et montrer à tout le pays combien l’amitié avec les personnes ayant un handicap mental peut changer les cœurs.
Foi et Lumière en Ukraine montre un grand dynamisme et je suis témoin de la vigueur et de l’enthousiasme de tous ceux qui sont venus jusqu’à la cathédrale patriarcale de l'Eglise de la Résurrection, sur les bords du Dniepr. Foi et Lumière a donné de l’espérance à beaucoup et est devenu un lieu où se vivent l’amitié et la joie. Les différentes activités – camps d’été, retraites, pèlerinages – ont permis de révéler de nombreux talents, spécialement chez les jeunes amis : chants, musiciens, artistes, organisateurs… mais par-dessus tout, ce sont les relations d’amitié avec les personnes ayant un handicap dans le cœur de Jésus qui reste le plus important.
La photo de groupe dans la Cathédrale
Une grande messe a été célébrée dans la cathédrale patriarcale des grecs catholiques ukrainiens. Le célébrant, le père Martin Chomiw, aumônier provincial, a lu un message de Sa Béatitude Sviatoslav qui a félicité le mouvement "Foi et Lumière" en Ukraine pour son 25ème anniversaire. Il s’est adressé à chacun :
-         - Aux personnes ayant un handicap : à vous mes chers amis, et amis du Seigneur “Foi et Lumière” est le lieu où nous rencontrons un Dieu qui nous comble de son affection, de sa miséricorde, le Dieu d’amour qui nous a aimés dès avant notre naissance, même avant la création du monde. Et Sa beauté se manifeste en tout homme comme une oeubvre de Dieu (Ep 2,10).
-          -  Aux parents : "Foi et Lumière" vous donne la joie que votre enfant soit aimé de Dieu et de l'Église ; il y a toujours une place pour vos enfants dans l'Église. Votre amour inconditionnel et votre attitude patiente avec votre croix que vous portez chaque jour sont un grand témoignage de foi pour l'Église.
-         -  Aux amis : "Foi et Lumière" enseigne le véritable amour, celui que nous désirons tous, l’amour qui ne méprise pas, n’humilie pas, n’envie pas, mais accepte et se donne, et se réjouit, car en fait il n’y a pas de plus grand bonheur ! La communauté aime les jeunes et les jeunes trouvent facilement leur place auprès des parents et des amis. Le désir d'être ensemble est l'affirmation de l'amour.
Le message du pape François
-        -  Aux aumôniers : Vous êtes des ministres qui représentez Jésus, avec un cœur doux et humble. La communauté a besoin d'une figure paternelle. Il faut un "bon berger". Amis, parents, jeunes aiment beaucoup leurs aumôniers. Un tel service est exigeant, mais il indique clairement la Bonne Nouvelle que le Seigneur est proche de chacun. C'est beau quand un aumônier témoigne de l’affection envers une personne ayant un handicap, parce qu'il croit en son progrès spirituel - la capacité d'être avec Dieu. C'est beau quand l'aumônier aide les parents qui se sentent parfois coupables ou souffrent à cause du handicap de leur enfant, en leur montrant que le Seigneur leur a confié cet enfant en particulier.
-          Enfin le patriarche a commenté la devise du rassemblement : "La joie dans le Seigneur est notre force" (Néhémie 8, 9-10). Oui ! On peut reconnaître de loin les parents, les amis, les jeunes et les aumôniers de "Foi et Lumière" - ils sont heureux et souriants. Ils n'ont plus peur des difficultés dans le pèlerinage de la vie ; ils ne font plus attention à leurs douleurs, car ils voient le Seigneur, qui est présent dans chacun, en particulier les plus faibles, ceux qui Lui sont les plus proches. C'est seulement dans la joie que nous pouvons suivre le Jésus des Évangiles. C'est cette grâce qui nous aide à accepter l'invitation à le suivre. Non seulement vous avez accepté cette invitation, mais aussi depuis 25 ans, vous marchez avec le Christ, vous êtes avec Lui dans sa souffrance et avec Lui dans la joie de sa résurrection.
La graine est devenue un arbre
Après cette très belle liturgie, un repas a permis à chacun de prendre quelques forces pour un après-midi de feu ! Dans le grand hall, là où a eu lieu le concours de l’Eurovision 2017, des chants, des danses, présentés par toutes les communautés ont permis de montrer le dynamisme et la créativité de Foi et Lumière en Ukraine ! Sur la scène, un grand arbre avec des photos de chacune des 36 communautés dans ses branches montrait que la petite graine semée il y a 25 ans était devenue un grand arbre !
Et puis chacun est reparti le cœur plein de souvenirs et d’énergie pour continuer à faire grandir ce bel arbre qu’est devenu Bipa i Cʙiтʌo !
Saint Michel au Dôme d’or
Place Maidan
Avec ceux qui ne repartaient que le lendemain (ou qui étaient des deux communautés locales), nous avons visité le centre de la capitale de l’Ukraine : le monastère orthodoxe Saint Michel au Dôme d’or,mais aussi la célèbre place de l’indépendance, la place Maidan. J’ai été touché de cette visite que j’avais souhaité après avoir lu ce que disait Monseigneur Borys Gudziak, Évêque de l’Éparchie St Volodymir-le-Grand de Paris des Gréco-Catholiques Ukrainiens pour la France, le Bénélux et la Suisse, un grand ami de Foi et Lumière : les gens en Occident s’interrogent sur ce qui a changé en Ukraine depuis le Maidan, après le sacrifice colossal de la Centurie Céleste. Qu’est-ce qui peut changer dans une Ukraine aux prises avec l’expérience cruelle de la guerre ? On observe de multiples changements, même s’ils semblent peu perceptibles encore. Le changement principal réside dans le fait que les Ukrainiens ont quitté le pays de la peur et se dirigent vers la terre promise de la dignité. (Bulletin de l’Oeuvre d’Orient n° 778).

Biba i Cbatлo est un signe très important, pour l’Ukraine, et pour toute la famille de Foi et Lumière, un signe pour le monde ! Je souhaite le meilleur à Biba i Cbatлo pour les 25 prochaines années. Alors, l’arbre sera devenu une forêt !

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lundi 14 mai 2018

Wiara i Światło fête ses 40 ans

Asia avec les quatre coordinatrices de province 
En 1978, dans deux villes de Pologne, Varsovie et Wrocław, deux communautés ont démarré. C’était il y a quarante ans, et le samedi 5 mai, près de 100 communautés réparties en quatre provinces, se sont retrouvées au sanctuaire de Kalwaria Zebrzydowska, à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Cracovie, très fréquenté par les Polonais, surtout pendant ce long week-end, le vendredi 3 mai étant la fête nationale de la Pologne. Officiellement, cela s’appelle la fête de la Constitution, mais les Polonais préfèrent faire mémoire ce jour-là de la consécration de leur pays à Marie, Reine de Pologne, prononcée par le cardinal Wyszynski, primat de Pologne à Jasna Gora le 3 mai 1966, pour la célébration du Millénaire.
Ils sont venus des quatre coins de la Pologne, des quatre provinces, Pologne Nord, Ouest, Sud et Centre-Est, et ils étaient environ 1500, pleins de joie de d’enthousiasme pour cette grande fête en préparation depuis plusieurs mois. La réussite fut à la hauteur des espérances et la manière dont cet anniversaire a été fêté a touché beaucoup de cœurs, ceux des participants de Foi et Lumière, mais aussi tous ceux qui étaient là, de passage pour un pèlerinage personnel ou ceux qui travaillent sur place : le restaurant du sanctuaire a fait des réductions substantielles, le maire de Kalwaria Zebrzydowska nous a offert la soupe pour le déjeuner !
Les quatre cierges des provinces
La journée a commencé par quelques mots de bienvenue de la part de Joanna Koczot, vice-coordinatrice internationale pour la Pologne, de Marcin Przeciszewski, un des fondateurs de Wiara i Światło, du père Isaac et de Monseigneur Henrik Ciereszko, évêque de référence pour Foi et Lumière : il est évêque auxiliaire de Białystok dans le nord de la Pologne, et ancien aumônier de communauté. Il a tenu à venir avec la communauté de sa ville, un pèlerin comme les autres. Il a allumé, pour les quatre provinces, un cierge pour chacune des plus anciennes communautés de ces provinces : Wrocław, Warszawa, Krakow et Szczecin. Ensuite, préparé et mimé par plusieurs communautés, un Chemin de Lumière nous a emmenés, en 14 tableaux, de Pâques à la Pentecôte, de la résurrection de Jésus jusqu’à l’envoi de l’Esprit Saint.
L'Esprit Saint s'envole
Une grande fête a succédé et les chants et les danses ont été nombreux !
L’après-midi, une grande célébration eucharistique, présidée par Monseigneur Henrik et concélébrée par 16 aumôniers a permis de rendre grâce pour cette belle journée, pour les quarante ans de Foi et Lumière en Pologne, pour Foi et Lumière dans le monde entier. A la fin de la messe, un envoi a été fait pour que chacun reparte en mission pour annoncer encore plus fort la bonne et joyeuse nouvelle de Foi et Lumière. 
Monseigneur Henrik Ciereszko
Messe souterraine





Le lendemain, presque tous étaient déjà repartis dans leur province, le cœur plein de beaux souvenirs à partager et de photos à échanger… Avec Joanna, Ula et Aneta (qui nous a rejoints l’après-midi), nous avons eu droit, avec le père Isaac, à des "prolongations". Le matin, nous sommes allés jusqu’à Wieliczka, une ville célèbre pour ses mines de sel. A 110 mètres sous terre, une chapelle a été creusée dans le sel, et nous avons pu assister à la messe, concélébrée par le père Isaac. Nous n’avons pas été transformés en statues de sel ! et nous avons pu ressortir pour prendre un petit déjeuner avant de partir pour la deuxième étape. Après avoir exploré les bas-fonds de la terre, nous avons pu explorer les bas-fonds de l’âme humaine en visitant les sites d’Auschwitz et Birkenau… très impressionnants. J’ai récité tout au long de cette longue visite la prière que l’ange avait invité les trois enfants de Fatima à prier en 1916 : Mon Dieu, je crois, j'adore, j'espère et je Vous aime ! Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n'espèrent pas et ne Vous aiment pas ! J’ai été tout particulièrement touché en voyant la cellule où Saint Maximilien Kolbe est mort le 14 août 1941.

Le sinistre camp de Birkenau

Puis nous avons rejoint Wadowice, la ville natale de Karol Wojtiła, où il y a une communauté Foi et Lumière qui nous a accueillis très chaleureusement. Cela faisait du bien de se retrouver dans une petite communauté, après avoir vécu une aussi grande et belle journée la veille. Nous avons ainsi pu prendre la vraie dimension de notre mouvement ; il est principalement basé sur des rencontres toutes simples, mais nous avons aussi besoin de faire de grandes fêtes pour célébrer cette joie que nous vivons à chaque rencontre dans une dimension encore plus grande ; nous avons besoin de proclamer cette joie et ne pas la garder pour nous !
Les voici : ils viennent de loin, les uns du nord [de la Pologne] et du couchant [Pologne Ouest], les autres des terres du sud [Pologne Sud], [et même de Pologne Centre-Est]. Cieux, criez de joie ! Terre, exulte ! Montagnes, éclatez en cris de joie ! Car le Seigneur console son peuple ; de ses pauvres, il a compassion (Is 49, 12-13).

Merci beaucoup, dziękuję bardzo! Kocham was !

L'album photo

vendredi 26 janvier 2018

Deux nouvelles provinces prennent leur essor !

Le logo de la rencontre


Il m’aura fallu attendre la dernière assemblée provinciale, à quelques mois de la rencontre internationale au Liban, pour assister à l’une des plus belles que j’aurai pu voir ! Et cela malgré des conditions climatiques pas très favorables… il faisait anormalement froid la nuit et comme les maisons n’ont pas de chauffage, il fallait bravement affronter la rigueur de la température en restant bien au chaud sous les couvertures et en portant un bonnet de laine sur la tête !
Ça s’est passé au Mexique, en janvier 2018, à l’occasion de la multiplication de la province "Cœurs Ouverts". En octobre, le conseil d’administration avait approuvé cette demande, présentée par Maria Silvia, la vice-coordinatrice internationale qui accompagne les provinces d’Amérique Latine ; en effet, cette province regroupait une quarantaine de communautés dans quatre pays (Mexique, Honduras, Nicaragua et République Dominicaine). Désormais, ce sont deux provinces qui se sont choisi pour noms de baptême :
-        -  Santa María de Guadalupe (Mexique),
-        -  Corazón de América y el Caribe (Honduras, Nicaragua et République Dominicaine).
Nous étions une soixantaine de personnes venues des quatre pays de la province (malgré quelques problèmes de visa) et le logo de la rencontre représentait deux barques qui se séparent tout en conservant deux mains serrées, le tout sous l’œil bienveillant de la Vierge de Guadalupe, reprenant une phrase de Marie à Juan Diego : ¿ No estoy aquí, yo qué soy tu Madre ?
Dans le sanctuaire de Tepeyac

Les délégués étaient très heureux de se retrouver et avaient apporté avec fierté des spécialités de leur pays, toutes plus délicieuses les unes que les autres ! Et le travail a commencé : bilan des quatre années, définition des priorités, discernements pour les coordinateurs et vice-coordinateurs, le tout dans une ambiance très amicale et détendue. Claudia et Aleli, qui avaient participé à la rencontre des jeunes de Guardamar, ont eu l’occasion de présenter cet événement important pour l’avenir de Foi et Lumière. Il y avait une messe chaque jour présidée à tour de rôle par les trois aumôniers présents, nous chantions très régulièrement, entraînés par Leo, un refrain au Christ Roi (on sent très fort que l’épisode terrible des Cristeros a laissé des marques chez les Mexicains et qu’il y a toujours une grande ferveur populaire). Lorenzo, qui a été le coordinateur de la province, a laissé sa place à deux jeunes femmes, Florencia, de Chihuahua, pour la province Santa María de Guadalupe, et Monica, de la République Dominicaine, pour la province Corazón de América y el Caribe. Une grande fête a permis d’accueillir ces deux nouvelles coordinatrices de province avec une grande joie ! Pour confier ces deux provinces à Marie de Guadalupe, nous sommes partis pour le sanctuaire de Tepeyac : une messe y a été célébrée dans l’ancienne basilique et elle s’est terminée par l’envoi des coordinateurs et des communautés. Et puis, ce fut le départ ; les deux barques ont pris leur essor, chacune de son côté, mais avec beaucoup de promesses de continuer à naviguer proches l’une de l’autre. Et puis, il y aura deux délégations pour aller au Liban cet été, excellente occasion pour se revoir, mais aussi pour rencontrer les autres provinces.
Florencia, Lorenzo et Monica
Lorenzo, Gaby, Padre Tony, Alejandra, Ghislain, Florencia, Jorge et Corinne
Un petit groupe de la province Santa María de Guadalupe est resté avec nous (Corinne, secrétaire internationale, et Maria Silvia) pour démarrer le travail pour le carnet de route 2018-2019. Lorenzo, Jorge, Alejandra, Gaby, Florencia (la nouvelle coordinatrice provinciale) et Padre Tony (le nouvel aumônier provincial) se sont mis hardiment au travail pour préparer un beau carnet de route qui portera (l’auteur des 12 paroles du mois a parfois été très heureusement surpris de voir l’interprétation de ce qu’il avait préparé : il n’imaginait pas la portée de ses mots au moment où il les écrivait !) sur la manière créative et innovante de vivre Foi et Lumière. Le titre sera : Voici que je fais toutes choses nouvelles (Ap 21, 5) et le fil conducteur sera bien évidemment Notre-Dame de Guadalupe qui nous accompagnera chaque mois sur le chemin qui mène à Jésus par les plus fragiles comme elle l’a fait avec Saint Juan Diego Cuauhtlatoatzin. Ça sera certainement un beau carnet de route.
Merci à Lorenzo pour tout ce qu’il a fait pour la province Cœurs Ouverts, pour tout le travail de préparation de cette belle assemblée, merci à Florencia et à Monica d’avoir accepté la responsabilité des deux nouvelles provinces, merci à l’équipe du carnet de route et merci à Corinne d’avoir été là, je suis heureux qu’elle ait pu voir une si belle assemblée.
Un merci spécial au Padre Tony que j'ai retrouvé avec joie après le pèlerinage des 40 ans de Foi et Lumière à Aparecida (Brésil) en juin 2017 et à la rencontre des jeunes de Guardamar en août 2017. Padre Tony est de Chihuahua et il y a aujourd'hui autant de communautés Foi et Lumière que de paroisses dans lesquelles il a été nommé depuis son ordination ! A son retour dans son diocèse, il a rencontré son évêque qui a confirmé qu'il pouvait accepter la demande qui lui a été faite d'être l'aumônier de la province Santa Maria de Guadalupe ; de plus, Monseigneur Constancio Miranda Weckmann a acepté d'être l'évêque référence de cette nouvelle province !

Merci enfin à Maria Silvia pour le très bel accompagnement de ces deux provinces. Avant, elle était au Chili où elle a pu participer avec les communautés locales à la messe avec le Pape François ; après, elle allait au Pérou pour rencontrer les communautés du pays. Deux semaines de ses vacances consacrées à Foi et Lumière, c’est un grand service rendu au mouvement !

Une dernière pensée avant de repartir de Mexico : la communauté de Ciudad Victoria, dans l'état de Tamaulipas, a du s'arrêter il y a quelques années à cause de la dangerosité de la vie quotidienne. Que sont devenus tous ceux qui trouvaient dans cette communauté joie et amitié ? Si certains ont pu quitter la ville, tous ne sont pas partis. Portons les dans  notre prière.

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