lundi 15 janvier 2018

Un après-midi à la maison éparchiale

Les Ukrainiens de tradition grecque-catholique sont très nombreux à vivre en dehors de leur pays et ils sont organisés en éparchies (équivalents aux diocèses), ce qui leur permet de maintenir leurs traditions culturelle, linguistique et liturgique. L’éparchie qui a sa cathédrale Saint Volodymir à Paris (Saint Volodymir nous a accompagnés dans le carnet de route en juillet 2017) a été créé il y a cinq ans et son éparque est Monseigneur Borys Gudziak, un ami de l’Arche et de Foi et Lumière. Quand je l’ai rencontré l’année dernière à Lviv (Ukraine), il m’a dit : "Je veux démarrer Foi et Lumière dans mon éparchie". Nous nous sommes rencontrés il y a quelque temps dans sa maison éparchiale de Vincennes et nous avons décidé d’organiser une rencontre chez lui avec une communauté des environs. La communauté Notre-Dame du Val à Fontenay-sous-Bois a accepté l’invitation et nous nous sommes retrouvés le dimanche 14 janvier après-midi pour mieux faire connaissance.
Mgr Borys derrière l'iconostatse
Monseigneur Borys nous a présenté la chapelle et son iconostase qui n’a pas encore toutes les icônes qui vont le décorer. Il nous a expliqué qu’une iconostase n’est pas un mur, mais une invitation à rencontrer Jésus qui ne se cache pas mais nous invite à le retrouver. Les grecs catholiques suivent le calendrier julien qui a un écart de treize jours avec le calendrier grégorien. Ils sont donc encore dans le temps de Noël, et Monseigneur Borys nous a présenté une icône de la Nativité qui représente tous les épisodes cités dans les Évangiles de Saint Luc et Saint Matthieu.
De notre côté, nous avons chanté quelques-uns de nos chants favoris : Messagers de la joie, le chant de la communauté…
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Un goûter de Noël avec quelques délicieuses spécialités ukrainiennes avait été préparé ce qui nous a donné l’occasion de découvrir quelques saveurs typiques ; pendant ce temps, un groupe de jeunes avait préparé une petite pièce de théâtre racontant une histoire de Noël. Trois jeunes gens se préparent à aller célébrer Noël, mais l’un d’entre eux est très hésitant et a du mal à se décider, d’autant plus que trois diables font tout leur possible pour l’en dissuader et ils sont diablement efficaces ! Mais tout se finit bien. Nous n’avons pas tout compris car tout n’était pas traduit, mais cela nous a permis de nous concentrer sur le jeu des acteurs qui étaient pleins de talents !
Il était alors temps de nous séparer ; nous attendons avec impatience maintenant de pouvoir accueillir des familles ukrainiennes dans nos communautés, dans la région parisienne, mais pas seulement, l’éparchie de Monseigneur Borys est très grande…




Je remercie Monseigneur Borys et Ségolène, sa secrétaire, pour l’accueil si chaleureux qui nous a été offert à Vincennes. Il y aura des suites, c’est sûr !

vendredi 8 décembre 2017

Dans les pas de Jésus

Pour aller jusqu’à Bethléem, Joseph et Marie ont fait un long trajet à pied, plus de 150 kilomètres. On peut imaginer Joseph marchant devant, suivi par l’âne qui portait Marie sur son dos ; et Marie portait elle-même Jésus en son sein. Quelques mois auparavant, Marie était déjà allée rendre visite à sa cousine Élisabeth. Jésus, avant sa naissance, a donc déjà parcouru beaucoup de chemin. Pendant les jours qui ont suivi sa naissance, ce sont d’autres qui se sont mis en route pour venir adorer ce nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire : des bergers et des mages venus d’Orient. Jésus était donc destiné à une vie d’errance qui a commencé très tôt par la fuite en Égypte : le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête (Mt 8, 20).
Nous sommes invités cette année à nous mettre en route pour suivre les pas de Jésus. Commençons par venir nous aussi à la rencontre de ce nouveau-né, faible, fragile et dépendant. Il a voulu que nous allions jusqu’à la crèche pour nous émerveiller devant notre Dieu qui a voulu se faire petit pour mieux nous rencontrer. Les anges ont chanté pour nous inviter à venir avec eux à la rencontre de Celui qui s’est fait chair, chantons à notre tour pour être ces messagers de la joie qui annoncent la naissance du Sauveur. Beaucoup de pays ont celle belle tradition de chants de Noël qui appellent tous ceux qui les entendent à venir rendre grâce pour la naissance de celui dont nous avons vu la lumière, une lumière qui resplendit sur les habitants du pays de l’ombre (cf. Is 9, 1) : Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie (Jn 8, 12).
Pendant l’année qui vient, portés par un carnet de route préparé par nos amis d’Égypte, qui célèbrent encore par leurs icônes la venue de la Sainte Famille dans leur pays, nous allons nous mettre en route pour la grande rencontre internationale qui aura lieu au Liban, un pays qu’a visité Jésus quand il est allé jusqu’à Tyr et Sidon. Nous allons tous ensemble définir les priorités pour les cinq prochaines années, des priorités qui seront certainement ambitieuses pour poursuivre notre mission, pour continuer à suivre Jésus sur les chemins de l’Évangile. Je prie déjà pour la nouvelle équipe qui sera élue en juillet, ils seront amenés à nous montrer le chemin à emprunter pour marcher dans les pas de Jésus.

Joyeux Noël à tous, bonne et sainte année 2018 !

lundi 23 octobre 2017

La force de la fragilité

J'ai eu une vie avant Foi et Lumière... J'ai notamment été ingénieur au ministère de la Défense en charge de programmes de réseaux de télécommunications. Il existe une amicale des ingénieurs de l'armement qui édite une revue (leur Hisse et Ho !) dont le dernier numéro traite du bénévolat. On m'a demandé d'y écrire un article sur Foi et Lumière. Il a été publié dans le numéro de ce magazine n° 113, octobre 2017 et je le publie ici avec l'aimable autorisation de la CAIA. La photo ci-dessous qui aurait dû illustrer l'article n'a pas été publiée, faute de place...


Julie avec Jean Vanier

Le handicap mental expose ceux qui en sont affectés à diverses formes de déficience, intellectuelles et cognitives. Mais leurs besoins en matière de relations, liés au départ à leur état, amènent ceux qui les côtoient à l'émerveillement devant leur simplicité, la manière dont ils appréhendent les situations, leur intelligence (au sens anglais du terme). Les rencontrer, devenir leur ami, permet de découvrir en soi une force incroyable. 

Deux événements marquants
Un soir d’octobre 1983, à la conférence introductive d’une retraite, j’ai entendu Jean Vanier dire : nous vivons dans un monde dangereux ; il y a dans les stocks d’armement nucléaire des pays qui en disposent, de quoi faire exploser plusieurs milliers de fois notre planète ! Ce furent les premiers mots que j’entendais de ce grand philosophe canadien, fondateur de l’Arche. Je fus tout d’abord, en tant que jeune IA, très surpris d’entendre cela dans un tel cadre. Mais le thème de la retraite (Jésus est le pauvre) m’a permis de mieux comprendre sa pensée. Les pauvres de Dieu, appelés anawim dans la Bible, sont ceux qui ne peuvent pas s’en sortir seuls, et qui accueillent, dans une attitude d’humilité, le soutien de Dieu et des hommes. Le Psaume 32 m’a aussi permis de comprendre ses premières paroles : Le salut d’un roi n’est pas dans son armée, ni la victoire d’un guerrier dans sa force. Illusion que des chevaux pour la victoire ; une armée ne donne pas le salut.
Un après-midi d’avril 1988, je suis allongé sur un lit et quelqu’un me tape sur la main et me demande si je veux prendre un café ? Je me souviens alors que je viens de tomber dans les pommes à l’annonce du handicap de Julie par le médecin qui l’a fait naître : Monsieur, il faut que je vous dise qu’il y a de fortes présomptions pour que Julie soit trisomique ; gardez cela pour vous, ne le dites pas à votre femme tant qu’un pédiatre n’est pas venu confirmer le diagnostic. Cela fut fait le soir même, mais ces quelques heures pendant lesquelles j’ai dû garder ce secret si douloureux ont été très difficiles à vivre. Les paroles de Jean Vanier sont vite remontées à la surface et nous ont permis de bien accueillir notre fille et nous avons compris que nous étions chargés d’une mission importante : faire en sorte que Julie soit heureuse tous les jours de sa vie et qu’elle puisse rayonner autour d’elle cette joie toute spéciale des pauvres de Dieu.

Foi et Lumière, un pays de merveilles
Très vite, dans une communauté Foi et Lumière, nous avons pu rencontrer d’autres parents avec qui nous avons pu partager en profondeur et découvrir la véritable amitié, celle qui fait que l’on ne fuit pas les difficultés des autres. Ceux qui, du jour au lendemain, sont gênés au point de changer de trottoir quand ils nous aperçoivent ne peuvent plus être de vrais amis. J’ai vraiment eu l’impression de rejoindre, comme Alice, le pays des merveilles : nous étions tombés dans un puits sans fond et nous avions traversé un océan de larmes avant de trouver la grande consolation de ne pas rester seuls.
J’ai très vite découvert que notre petite communauté de rencontre n’était pas la seule au monde, mais qu’il y en avait des centaines sur tous les continents ! J’ai réalisé que la question de la souffrance liée au handicap d’un enfant pouvait trouver sinon des réponses ou des explications, mais un grand réconfort et une amitié si solide qu’elle dépasse les frontières et les cultures. Une personne handicapée, qu’elle soit française, brésilienne, rwandaise, japonaise ou égyptienne, qu’elle soit catholique, orthodoxe, copte, anglicane, luthérienne ou méthodiste, a la même valeur et la même dignité, rayonne partout autour d’elle le visage de Jésus Christ souffrant. Et le partage de ces difficultés nous ramène à nos propres souffrances et nos propres handicaps, ceux que nous savons si bien cacher : cet accueil de nos fragilités, loin de nous abaisser, nous fait grandir en humanité, et tous ensemble, nous cheminons sur les chemins de l’Évangile. Je me suis très vite senti très bien au sein de ce mouvement : j’ai eu l’occasion de rencontrer à nouveau Jean Vanier que j’ai remercié pour ses enseignements et je lui ai dit combien j’appréciais Foi et Lumière. J’ai aussi rencontré Marie-Hélène Mathieu qui en est, avec Jean Vanier, la co-fondatrice. Elle m’a fait partager son enthousiasme et j’ai admiré son inlassable énergie à faire connaître les bienfaits que peut apporter à des familles le fait de ne pas rester seuls ; il y en a tant qui attendent de pouvoir partager, célébrer et prier avec d’autres.
J’ai été appelé à devenir responsable de ma communauté, puis de l’Afrique, et en 2008, j’ai été élu coordinateur international assurant, avec une équipe de douze vice-coordinateurs, l’accompagnement des 1400 communautés présentes dans 82 pays. J’ai été, pendant tout ce temps, au contact des pays et des provinces, essayant de me faire le plus proche de chacun, partageant leurs joies et leurs difficultés ; je garde présent dans mon cœur les amis handicapés qui m’ont fait l’honneur de leur amitié et qui débordent de joie quand nous nous rencontrons à nouveau… J’ai le souvenir de cette rencontre au Kenya où j’avais devant moi Kennedy, un jeune garçon allongé sur un carré de tissu ; j’ai été souvent distrait car il n’a pas cessé de me regarder avec un sourire si lumineux que je le lui rendais bien volontiers. A la fin de la rencontre, sa sœur a replié les quatre coins du carré de tissu et est repartie chez elle avec son frère sur le dos. Je l’ai regardée partir avec émotion, me demandant quelle pouvait être sa vie au quotidien… J’en ai eu une idée quand j’ai rencontré Patricia et sa maman qui vivaient dans une maison qui devait faire environ 15m² dans un quartier pauvre de Kampala (Ouganda). Tous mes amis handicapés à travers le monde m’ont indiqué que le meilleur chemin pour devenir grand et fort n’était pas de regarder vers le haut pour imiter les puissants de ce monde, mais de se pencher sur eux, de se mettre au niveau de leur regard et de leur sourire pour découvrir la sagesse de la simplicité. Ils ont bien compris ce que dit Saint Paul : Ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort (1Co 1, 27) ou Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort (2Co 12, 10).

Ingénierie et fragilité
Souvent, je me demande ce que je serais devenu sans ma fille Julie ; j’aurais peut-être mieux réussi dans ma vie professionnelle, mais ma vie aurait-elle été vraiment réussie ? Je me demande également si, sans que je m’en sois rendu compte, je n’avais pas été influencé par cette question de la fragilité ? L’ingénierie des réseaux de télécommunications comprend un aspect important, la prise en compte des SPF (single points of failure - points de panne unique) : il faut en effet porter une attention toute particulière à ces points faibles qu’il faut entourer de grands soins pour s’assurer du bon fonctionnement de l’ensemble.
Cette attention envers les plus faibles me fait aussi réagir à l’ostracisme dont font l’objet ceux que je considère comme mes amis ; je suis attristé devant cette recherche effrénée d’un bonheur trop artificiel que la société veut nous proposer, une vie augmentée par des technologies trompeuses, une descendance sans défaut grâce à des diagnostics anténataux dont l’issue est souvent fatale pour ceux qui ne sont pas conformes aux spécifications. Ne reproduit-on pas, dans les temps modernes, une volonté de toute-puissance où l’homme, comme à Babel, essaye pathétiquement de se transcender lui-même ?

Ghislain du Chéné (X70 – ENSTA 75) a eu une carrière consacrée à l’ingénierie des télécoms : à la DGA (directeur des programmes SYRACUSE 1 et 2), et à SFR où il a été directeur R&D. En parallèle, depuis 1993, il a été très engagé dans Foi et Lumière (communautés de rencontres formées de personnes ayant un handicap mental, de leurs familles et d’amis). Il en est le coordinateur international.

Moi, Marie, femme de Cléophas de Ghislain du Chéné – Éditions Fidélité
Marie, femme de Cléophas était présente au pied de la croix (cf. Jn 19, 25). Mère de Joseph, un enfant handicapé, elle va vivre des événements extraordinaires comme une rencontre improbable avec Jésus de Nazareth dans le Temple de Jérusalem, ou avec la pharisien Saul, grand persécuteur des premiers chrétiens. Avec Jésus et Marie, sa mère, avec Marthe, Marie et Lazare, ils vont être à l’origine d’une manière différente et positive de considérer les personnes handicapées.

 L’Arche et Foi et Lumière
Ces deux associations, fondées par Jean Vanier en 1963 (l’Arche) et en 1971 avec Marie-Hélène Mathieu (Foi et Lumière) ont pour vocation de faire connaître le don des personnes ayant un handicap mental et de témoigner que toute personne ayant un handicap est une personne à part entière et qu'elle en a tous les droits : droit à être aimée, reconnue et respectée dans son être et ses choix. L’Arche, présente dans 37 pays, ce sont des communautés et des établissements médico-sociaux à taille humaine où vivent et travaillent ensemble des personnes en situation de handicap mental et ceux qui les accompagnent. Foi et Lumière, présent dans 82 pays, ce sont des communautés de rencontre formées de personnes ayant un handicap mental, de leurs familles et d'amis, spécialement des jeunes, qui se retrouvent régulièrement dans un esprit chrétien, pour partager leur amitié, prier ensemble, fêter et célébrer la vie.
www.foietlumiere.org

lundi 25 septembre 2017

Merci pour votre héroïsme !

Ces dernières semaines, la nature s'est déchaînée : des cyclones et des tremblements de terre ont fait des dégâts considérables en terme de vies emportées, de maisons détruites, d'inondations... Parfois, c'est le travail de toute une vie qui a été emportée. Les Antilles (Saint Martin, Saint Barthélémy), Porto Rico, République Dominicaine, Cuba et le sud des Etats Unis ont été frappés par plusieurs cyclones répondant aux doux noms de Harvey, Irma, José ou même Maria... Le Mexique quant à lui a été secoué dans sa capitale fédérale par un fort tremblement de terre 32 ans jour pour jour après un autre séisme très meurtrier.
Dans la plupart des pays touchés, République Dominicaine, Etats Unis, Mexique, il y a des membres des communautés Foi et Lumière dont à ma connaissance, même s'ils ont eu à souffrir d'importants dégâts, personne n'a été tué...
Et au milieu de l'enfer, une vidéo montre que la solidarité envers les plus touchés, ça marche et j'ose espérer que parmi ces visages, ces efforts, cet héroïsme, cette détermination à vouloir aider les plus fragiles, il y a l'esprit de Foi et Lumière. Le Mexique et tous les autres, c'est beau de voir que vous n'abandonnez pas, que vous restez debout malgré tout !
L'Espérance reste une grande force dans l'adversité !

jeudi 14 septembre 2017

De ma communauté à la grande famille internationale

Au cours de la semaine passée en Espagne avec les jeunes de Foi et Lumière, j'ai été invité à parler de notre grande famille internationale et comment les liens se faisaient entre cette famille et les communautés. Voici le texte de ce que j'ai dit, ou à peu près...


Pendant la rencontre de Guardamar, plusieurs personnages de l’Évangile nous ont accompagnés chaque jour ; parmi eux, j’en retiens deux, la Samaritaine et Jean.
Le jour où Jésus rencontre la Samaritaine, il est fatigué et s’est assis au bord du puits de Jacob, en attendant que les disciples reviennent du village où ils sont allés faire des courses. Il a soif et n’a rien pour puiser de l’eau qu’il voit miroiter au fonds du puits ; a-t-il jeté un caillou, entendu le “plouf” et vu des ronds se former, d’abord au niveau de l’impact, puis se propager jusqu’à l’extrémité de la surface ? Cela lui a sans doute rappelé l’époque où ses parents l’emmenaient jusqu’au bord du lac de Tibériade où il s’amusait à lancer des cailloux pour faire des ricochets ; à chaque impact, ce phénomène d’ondes se reproduisait… Il y voyait certainement l’illustration du résultat de l’alliance faite par Dieu avec les hommes : les hommes, collaborateurs de son Père, répercutaient ce qu’ils avaient entendu en cercles concentriques et Dieu devait voir que cela était bon : ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission (cf. Is55, 11).
Jésus s’est rappelé alors de sa première rencontre avec Jean, au bord du Jourdain. Avec André, ils ont entendu Jean-Baptiste leur désigner Jésus en disant : Voici l’agneau de Dieu et aussitôt, après une première conversation avec Jésus où il leur dit ces mots (repris comme thème de notre rencontre, Venez et vous verrez), ils appellent Pierre, puis Philippe, puis Nathanaël. Le premier appel en a suscité d’autres, et la communauté des disciples s’élargit comme les cercles sur l’eau du lac de Tibériade ou dans le puits de Jacob…
Ce mouvement du centre vers l’extérieur peut se retrouver dans Foi et Lumière, de la communauté jusqu’à la grande famille internationale ; de la famille de Gérard et Camille Proffit jusqu’à une présence de plus de 1400 communautés dans 82 pays et le nombre de pays continue à grandir…
Ma communauté
La charte dit que Foi et Lumière est un mouvement communautaire, et la quasi-totalité de ce document est consacré à la communauté. Le mot même de mouvement dit bien que nous ne sommes pas quelque chose de statique, mais il y a une dynamique.
La charte de Foi et Lumière est très belle et mérite d’être lue et méditée. Il y a notamment - au tout début - tout ce qu’il faut savoir pour démarrer un mouvement comme Foi et Lumière : un projet (le désir d'aider la personne handicapée mentale et sa famille à trouver leur place dans l'Eglise et dans la société) qui s’est concrétisé par un pèlerinage à Lourdes, un souci de faire attention à chacun pour que personne ne se sente isolé dans ce grand rassemblement, et le maintien de liens d’amitié entre les communautés issues du pèlerinage.
Nous avons tous pour la plupart découvert Foi et Lumière par une communauté, même si c’était à l’occasion d’un pèlerinage ou d’un camp d’été. Notre prière dit bien que c’est Jésus qui nous appelle à le suivre dans une communauté. Dans la communauté, nous découvrons l’Évangile dans le bon sens, c’est-à-dire en prenant les choses et les personnes dans le bon ordre, à l’inverse de ce qui se passe dans le monde ; comme le pape François qui nous invite à ne pas être des "mondains". C’est le plus petit, le plus fragile, qui va nous apprendre à découvrir Jésus. Il nous amène à lui et nous apprend à comprendre que la volonté de toute-puissance est à l’opposé de ce que Jésus nous demande. Nous y découvrons la joie, la fidélité, l’amitié, la vérité…

Ma région, mon pays, ma province
Mais il y a d’autres communautés que la mienne, celles qui sont plus ou moins proches selon les provinces, de Minya en Egypte ou Rodrigues (Maurice) jusqu’aux pays d’Afrique de l’ouest dont certains ne possèdent qu’une seule communauté.
Quand on a la chance de connaître une communauté voisine et qu’on peut la rencontrer pour une fête de la lumière, pour un événement régional (pèlerinage, rencontre), c’est comme quand une famille va retrouver des cousins : on est presque pareils, mais un peu différents ! C’est une occasion de s’enrichir de nouvelles idées de jeux, de chants, de mimes… et d’avoir envie de se retrouver une nouvelle fois ! Au-delà de la région, il y a le pays ou la province qui permettent de découvrir encore d’autres "cousins", de créer des liens d’amitié solides…
La grande famille internationale
J’ai découvert cette grande famille en 1994 à Varsovie à l’occasion d’une grande rencontre internationale ; ce fut un moment inoubliable ! Voir des membres de communautés du monde entier rassemblés pendant une semaine, ce fut pour moi quelque chose d’extraordinaire. On peut être originaire des quatre coins du monde, et partager une identité commune, venir des quatre coins de l’horizon et devenir amis en cinq minutes, car nous avons quelque chose en commun d’inimaginable !
Un des points forts de Foi et Lumière, depuis le premier pèlerinage de 1971, c’est de ne jamais oublier les relations de proximité ; on peut se trouver dans une grande foule, mais on n’est jamais perdu car sa communauté n’est pas loin.
Une autre caractéristique de cette grande famille est que les liens sont très forts entre nous, nous construisons sur le roc. Nous ne restons jamais indifférents aux événements du monde car nous savons qu’il y a un peu partout des amis qui sont dans la joie ou la tristesse… Je ne suis l’actualité des événements de Syrie qu’à travers les communautés locales de Foi et Lumière ; je suis inquiet quand il y a un tremblement de terre en Nouvelle Zélande ou un ouragan à Madagascar…
Le grand mouvement de la communauté vers l’international fonctionne dans les deux sens. Avec l’équipe de coordination internationale (ECI), nous essayons de toujours écouter ce qui nous remonte des communautés : il nous paraît impossible de donner des directives sans avoir au préalable écouté ce qui se vit. Cette communication est à entretenir, c’est vital !

Foi et Lumière est un appel de Jésus à se découvrir frères et sœurs en humanité, quelles que soient nos apparences physiques, mentales, intellectuelles ; c’est un appel de Jésus à comprendre son désir de nous savoir unis, quelles que soient nos traditions chrétiennes ; c’est un appel à découvrir Jésus dans le plus petit et le plus fragile, quelle que soit sa race, sa langue, sa religion.

A Foi et Lumière, nous avons grandi en humanité. Allons dire à tous nos frères ce que nous avons vécu à Guardamar et continuons à lancer des cailloux pour faire des ricochets, c’est ainsi que Foi et Lumière va grandir !

Chers jeunes !

La chapelle
Chers jeunes ! c’était le titre du carnet de route pour ce mois d’août et on pouvait y lire :
Au moment où Foi et Lumière organise des rencontres de jeunes, il faut nous préparer à accueillir toutes ces personnes qui vont arriver pour des raisons très diverses ; l’important n’est pas de savoir pourquoi des jeunes se rapprochent de Foi et Lumière (pour être volontaire, pour aider…). Il faut en priorité ouvrir nos portes et notre cœur, et les laisser s’exprimer avec leur enthousiasme et leur fougue ! S’ils sont bien accueillis (et ils vont l’être, car nos amis ayant un handicap vont s’en charger), ils vont rester. Et ils vont découvrir l’amour de Dieu, le sens de la communauté, qu’ils sont "aidés"… Semons, semons, semons… avec audace, créativité et courage… mais laissons, avec confiance, à l’Esprit Saint le soin de faire germer les grains plantés en terre…

En fait, il n’y a eu qu’une seule rencontre et 165 jeunes de 42 pays (malheureusement, beaucoup sont restés chez eux, faute de visas…) se sont retrouvés à Guardamar del Segura, en Espagne pour une semaine de formation, de fête, de partage, de prière, un événement extraordinaire à plus d’un titre :
-          Malgré mon âge, j’ai été invité à participer avec Isabelle et Julie : Julie rentrait bien dans la fourchette, mais pas ses parents. Mais pour arriver jusqu’à Guardamar, il fallait le mériter… le vol de Paris à Alicante a eu 13 heures de retard et, avec Marielle et Anna qui prenaient le même vol, nous avons dû prendre notre mal en patience, et essayer de ne pas trop nous énerver… la police de l’aéroport a même d’intervenir pour calmer les esprits !
L'Italie, vainqueur du concours de chant
-          L’équipe organisatrice avec Raúl, Alvaro et Maitane, Beatriz, Céline et Xavi, pour ne nommer que les principaux, a fait un travail remarquable et a mené le rythme avec une douce rigueur… L’orchestre et le chant de la rencontre ont permis de battre le rappel. Respecter les horaires avec 165 jeunes est une grande gageure ! Chacun a joué le jeu, en participant à toutes les activités de bon cœur et avec une grande générosité ! La fatigue a été grande à la fin et les jours qui ont suivi la rencontre ont été sans doute très calmes !
La piscine, très fréquentée !
-          Le cadre, une maison de maristes, à deux pas de la mer, et équipée de terrains de sport et d’une piscine, a bien aidé à maintenir l’ambiance.
-          Le programme, alternant enseignements, prières, jeux, fêtes, partages a tenu en haleine chacun des participants jusqu’à la grande fête finale !

Venez et voyez ! c’est à cet appel que les jeunes ont répondu en venant à Guardamar ; Allez dire ! c’est ce qu’ils ont été invités à faire après être retournés dans leur pays et leur communauté. Pour avoir lu quelques premiers témoignages, je suis certain que cette rencontre va porter du fruit, beaucoup de fruit, et que Foi et Lumière va recevoir un grand coup de jeune !

 L'album photo
La plage de Guardamar

jeudi 13 juillet 2017

Dans les pas de Saint Patrick avec l’Arche




Queen's University
Fin juin, l’Assemblée de la Fédération de l’Arche internationale a eu lieu à Belfast. 500 personnes venues de presque toutes les communautés de l’Arche dans le monde (malheureusement, comme pour notre rencontre de Leeds, certains n’ont pas pu avoir le visa) se sont retrouvées dans la très belle Queen’s University pour six jours de rencontres, de fêtes et de réflexions, de retrouvailles ou de découvertes.
Avec Ann Emmott, nous avons été présents pendant toute cette belle rencontre, représentant Foi et Lumière : Ann au début et moi à la fin avec une soirée commune pendant laquelle nous avons pu échanger… dans un pub !
Patrick et Eileen ont rendu leur casquette
La Fédération de l’Arche a maintenant de nouveaux responsables, Stephan Posner etStacey Cates-Carney ; ils ont reçu chacun la casquette - symbolisant leur responsabilité - de leurs prédécesseurs, Patrick Fontaine et Eileen Glass. En plus de cette casquette, ils ont été très bien équipés pour la traversée qui les attend : une ancre, une boussole, une barre à roue, une longue-vue, une carte, une corde, des rames, un banc et... des gilets de sauvetage ! Patrick et Eileen ont été très chaleureusement remerciés ; Monique, la femme de Patrick, a été associée à cette célébration. Il est vrai qu’elle n’a pas beaucoup vu son mari pendant ces cinq dernières années et elle méritait largement d’être aussi remerciée…
Le conseil de surveillance a également été en partie renouvelé (Viviane le Polain a été réélue) et chaque membre a reçu la cravate qui représente le sérieux de leur engagement !
Le programme a été très "light", ce qui laissait beaucoup de temps pour les rencontres en dehors des séances officielles ; ces séances étaient toutes très animées par des chants, des mimes et peu de mots (les traducteurs m’ont dit qu’ils n’avaient pas trop de travail). Les rapports étaient présentés avec beaucoup d’images et il y a même eu une danse au milieu du rapport financier, et on a chanté, «quand je pense ‘finances’, j’entends de la musique dans l’air !», parce qu’il faut considérer "qu’à l'Arche, l’argent est notre ami".
La tombe de Saint Patrick
Le dimanche, nous sommes tous partis vers Downpatrick pour retrouver les traces de Saint Patrick qui a rythmé chaque journée de la semaine. Que ce soit à la cathédrale de la Sainte Trinité, à Slive Patrick, à Saul Church, chaque pierre respirait le souvenir de ce grand saint fêté dans le monde entier, car il a été à la source d’un grand mouvement d’évangélisation – et aussi parce qu’il y a une grande diaspora irlandaise.
Avec la communauté Al Safina de Damas
Avec  Ludovic Baudrand de l'Arche de Grenoble




Les ateliers permettaient de découvrir comment les communautés de l’Arche vivent dans plusieurs endroits du monde ; je suis allé à deux ateliers, l’un sur la communauté Al Safina de Damas et l’autre sur les liens avec le mouvement Joie et Charité en Iraq. Et j’ai pu retrouver des membres des communautés que j’avais pu visiter (Ukraine, Lituanie, Brésil, Argentine, Philippines) et des personnes ayant un handicap qui sont pour beaucoup également membres de Foi et Lumière, dont le fils d’un ancien coordinateur de province qui m’a pris pour un usurpateur car personne ne pouvait avoir de rôle plus important que son père !




La spiritualité tient une grande place à l’Arche et chaque journée commençait par un temps de prière avant le petit-déjeuner (avec menu à la carte : messe, méditation, chants, yoga…), puis chaque session le matin démarrait par un mime retraçant la vie de Saint Patrick et tous les après-midi se terminaient par un temps de prière commune d’une heure. Avec un grand respect des traditions de chacun, chrétien, hindou, musulman ou bouddhiste, des temps de silence, des chants, des lectures rythmaient cette heure.
J’ai pu rencontrer les délégués des Églises pour l’Arche, pas Monseigneur Pierre d’Ornellas, parti avant que j’arrive, mais Monseigneur Stephen Conway, de l’Église d’Angleterre, et la révérende Ruth Patterson, qui était également déléguée pour Foi et Lumière et qui souhaite arrêter. Ce furent des temps très forts, et je les remercie chacun pour ces temps de partage.
Au moment de repartir, on pouvait toucher du doigt tous les liens qui avaient pu se tisser pendant cette semaine et la fédération de l’Arche s’en trouve plus forte. Bonne chance à Stephan et Stacey, nous nous sommes promis de nous rencontrer bientôt !

Bonne mer à Stephan et Stacey