vendredi 23 septembre 2016

Un pèlerinage peu banal

En route ??
Sorti en 1999, le film "Une histoire vraie" de David Lynch raconte l’histoire d’Alvin Straight qui, à 73 ans, décide d’aller voir son frère Lyle qui vient d’avoir une attaque. Cela faisait dix ans qu’ils ne s’étaient pas revus ni parlé à cause d’une dispute. Et il part sur sa vieille tondeuse à gazon tractant une remorque pour un périple de plus de 500 kilomètres… C’est le seul engin qu’il a le droit de conduire, et cette route, il doit la faire tout seul !
Une des trois remorques richement décorée
Le père Mirosław Tosza, ancien aumônier de Foi et Lumière, a fondé – à Jaworzno - une communauté Betlejem où il vit avec des pauvres. L’histoire de la majorité d’entre eux est tissée de chutes et de relèvements, de désespoir, d’espérance… Inspirés par la belle histoire du film, ils sont partis à huit (trois sur des tracteurs tirant des petites caravanes, deux à bicyclette et trois à pied), pour un parcours de 1700 kilomètres jusqu’à Lisieux, Sainte Thérèse étant la patronne de leur communauté. Les piétons sont partis un mois avant les autres et ils se sont rejoints en France pour effectuer ensemble les dernières étapes. Le 22 septembre, ils ont fait escale à Trosly et ce fut une rencontre vraiment extraordinaire ! Il y avait là un groupe de Libanais, de Foi et Lumière, qui terminaient une retraite avec Jean, il y avait les Polonais de l’Arche et nous avons partagé, prié et ri ensemble ! Pendant la messe qu'a célébrée le père Mirek, nous avons prié les uns pour les autres et il a dit : je rends grâce d'être ici parmi vous, car sans l'Arche, il n'y aurait pas eu Foi et Lumière et sans Foi et Lumière, il n'y aurait pas eu Betlejem.
Leur pèlerinage s’inscrit dans la démarche de l’année jubilaire de la Miséricorde. Ils ont choisi d’aller jusqu’à Lisieux pour y passer la porte sainte ; ils ont voulu qu'il soit aussi le signe extérieur d’un pèlerinage intérieur avec comme étapes la suspension des jugements, le pardon et le don généreux. Chaque soir, ils ont un temps de méditation silencieuse auquel ils invitent le plus de monde possible. C’est à partir du silence de la méditation que pousse l’arbre aux fruits du pardon et de la réconciliation. Nous nous sommes bénis mutuellement, emportant chacun de son côté les intentions de prière des uns et des autres. Père Mirek, priez pour nous à Lisieux !
Un grand merci à Asia Koczot (aussi de Jaworzno) pour m'avoir incité à rencontrer ses amis de la communauté Betlejem.
Une video sur ce pèlerinage (en anglais à partir de 4:15)
Une autre
Avant le départ



mercredi 31 août 2016

Venez à l’écart dans un endroit désert et reposez-vous un peu !

Les participants de la province USA Ouest
Les participants de Canada Ouest
Quand, avec Kirt Bromley, le vice-coordinateur international qui accompagne les quatre provinces des USA et du Canada, nous avons planifié ma participation à la rencontre provinciale de USA Ouest fin juillet (à laquelle des participants de la province Canda Ouest étaient également invités), il n’était pas prévu qu’il ne viendrait pas au Conseil des Coordinateurs de Konstancin (Pologne) début juillet. Il n’était pas prévu non plus que Michael Brault, coordinateur de la province USA Ouest, ne pourrait pas embarquer dans l’avion pour la Pologne… La province Canada Ouest, quant à elle, n’avait pas pu envoyer de délégué… Ainsi, aucun des participants à cette rencontre au centre Treacy Levine à Mount Vernon, Washington, ne pouvait parler de ce qui s’était passé quelques semaines plus tôt en Pologne, sinon moi. J’y ai vu un signe de la Providence !
Le jeudi 28 juillet, après une dizaine d’heures de vol, je suis arrivé à l’aéroport de Seattle où j’ai retrouvé Michael et Kathy Brault. Nous avons pris ensemble la navette qui allait nous emmener jusqu’au nord de l’état de Washington, dans un domaine de 80 hectares, très à l’écart et où règne un calme absolu (il paraît qu’on peut y rencontrer, au lever ou au coucher du soleil, des ours, des pumas ou des lynx, attirés par les mûres très nombreuses en cette saison). Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu (Mc 6, 31) : c’est ce que nous avons fait pendant trois jours, dans une ambiance très détendue et amicale. Nous étions une cinquantaine de participants venus des deux provinces de l’ouest de l’Amérique du Nord : du Texas, de Californie, du Kansas, du Missouri et de Washington pour les États-Unis, de Winnipeg, de Saint Albert et de Vancouver pour le Canada.
Le père William Treacy
Il y a eu bien entendu quelques moments plus studieux : des temps de formation (accompagnement, discernement…), un temps où j’ai pu dire ce qui s’était passé pendant le conseil des coordinateurs de Konstancin. Il y a eu aussi des activités spirituelles comme un lavement des pieds, un mime d’Évangile et la messe du dimanche qui a été célébrée par le père William Treacy (97 ans et 72 ans de sacerdoce), le fondateur du centre qui nous accueillait (après 50 années passées dans ce lieu magnifique, il va bientôt devoir le quitter car le centre vient d’être vendu). Une messe d’action de grâce, riche en émotions pour tous ! Et il y a eu - bien sûr - une très belle fête.

A mon retour, après ces journées si remplies de partages, d’échanges, je remercie tous ceux qui ont préparé cette belle rencontre ; ce fut réellement une session très riche en événements vécus dans l’amitié et la communion ! Je retiens que ces deux provinces, marquées par des difficultés de communication à cause de distances très importantes, peuvent avoir des possibilités de rencontres permettant de rompre cet isolement (Olympia et Bellingham, dans l’état de Washington, ne sont pas si éloignées de Vancouver au Canada ; et Winnipeg n’est pas très loin du Minnesota) ! L’année prochaine, début août, les deux provinces vont se retrouver pour un pèlerinage à Our Lady of the Snows, tout près de Saint Louis, Missouri. Ils seront tous très heureux de se retrouver !
On se prépare pour le pèlerinage de 2017 !



Album photo

dimanche 24 juillet 2016

Qu'êtes-vous allés voir à Konstancin ?

Danse polonaise
Pendant quatre jours, les coordinateurs provinciaux de Foi et Lumière se sont retrouvés près de Varsovie pour le conseil des coordinateurs. Cette rencontre, prévue dans notre constitution, est une étape importante entre deux rencontres internationales ; il n’y a pas d’élections, pas de grandes décisions, on y fait des choses toutes simples, c’est un temps où se crée une véritable communauté internationale (Constitution IV, 65). Et j’ai constaté combien ce temps est important pour que chacun se retrouve pour partager, pour célébrer, pour prier ensemble ! La configuration des lieux avec un grand hall a permis de nombreuses rencontres, toutes très riches ; elle a permis de faire de très belles fêtes, toutes très joyeuses ; elle a permis également de nous retrouver devant la grande croix de Jérusalem pour des temps de prière pendant lesquels un esprit de communion était très sensible. 
Grande fête égyptienne !
Pour résumer, nous étions comme une grande communauté Foi et Lumière vivant un temps de rencontre exceptionnel pendant quatre jours ! Pour ne citer qu’un seul exemple, le plus fort peut-être, l’accueil réservé à Christine, venue de Syrie fut vraiment extraordinaire : elle a pu témoigner, un matin pendant la prière, de la vie des communautés Foi et Lumière de son pays, et nous avons pu réaliser combien est fort et solide ce que nous bâtissons dans nos "petites" communautés ; nous construisons sur le roc !
Si la constitution ne dit rien sur la présence des personnes ayant un handicap mental à cette rencontre, l’équipe locale polonaise avait pris soin d’en inviter une dizaine, une rencontre de communauté sans nos amis handicapés, c’est comme un orchestre sans instruments.
Il y avait aussi un orchestre, bien sûr, qui a animé beaucoup de temps forts de notre rencontre ; Kirt, qui en était le responsable, avait tout bien préparé mais, au dernier moment, il n’a pas pu venir… mais, mis à part son banjo que nous n’avons pas entendu, tout s’est bien passé !
Célébration œcuménique
Il y avait aussi des aumôniers, une dizaine ; ce sont eux qui nous ont montré la diversité œcuménique de notre mouvement ; des liturgies étaient proposées chaque matin dans différentes traditions ; une grande célébration œcuménique, un lavement des pieds et la messe d’envoi nous ont réunis dans une même ferveur autour de Jésus, celui à qui nous disons : Jésus, tu nous as invités à te suivre dans une communauté Foi et Lumière, nous voulons te dire oui. 
Il n’y aurait pas de rencontre Foi et Lumière sans un mime d’Évangile, et il y en a eu chaque matin pendant le temps de prière et un pendant la messe d'envoi !
Il y a eu aussi des temps de partage qui étaient la conclusion de ce qui s’était vécu pendant l’année avec les propositions du carnet de route. Nous avons donc, comme le veut la Constitution, cherché ensemble la volonté de Dieu pour le mouvement, et été au service des personnes ayant un handicap mental et des communautés Foi et Lumière dans l’esprit de la Charte. A partir du même schéma, chaque jour (prière du matin, mime et réflexion ; temps de réflexion personnel en silence, partage en petits groupes), nous avons essayé de discerner cette volonté de Dieu pour Foi et Lumière. Les principales conclusions ont montré plusieurs choses :
-          - rien de bien nouveau : quasiment tout de ce qui a été remonté des groupes de partage se retrouve dans notre prière ou dans le livret "Vous brillerez dans le ciel comme les étoiles de l’univers".
-          - une volonté d’approfondir notre spiritualité : le carnet de route 2017-2018 nous servira donc de guide pour méditer notre belle prière.
-          - si notre identité n’a pas évolué, le monde qui nous entoure a bien changé depuis 1971 : il faut donc être attentif aux appels de Dieu pour notre mouvement aujourd’hui. L’équipe de coordination internationale va travailler sur ce sujet dans les mois qui viennent.
L'Évangile du Bon Samaritain
Ce conseil des coordinateurs est également à mi-parcours entre deux rencontres internationales et les coordinateurs provinciaux ont pu connaître l’état d’avancement des chantiers lancés suite à la définition à Leeds des priorités 2013-2018 ; cela a permis de mieux prendre en compte les réactions et commentaires de chacun. Le grand rassemblement de jeunes, qui aura lieu en Espagne début août 2017, a été annoncé et présenté ; le projet de révision de la constitution a fait l’objet d’une présentation détaillée par l’équipe en charge.
Alors, qu’avons-nous été voir à Konstancin ? Un roseau agité par le vent ? Des personnes habillées de vêtements raffinés ? Rien de tout cela, nous avons à la fois été :
-          - dans un lieu de repos pour tous ceux qui peinent sous le poids du fardeau, un fardeau bien léger quand on est plusieurs à le porter ensemble,
- dans un atelier où se prépare le mouvement Foi et Lumière du futur…
Bon retour à chacun, ce conseil des coordinateurs fut un événement merveilleux, un moment où le temps s’arrête et tous repartent ensuite avec joie et énergie pour transmettre notre bonne nouvelle à tous dans les provinces !

Soeur Anawimel
Le jour de notre départ, Kristina recevait son habit monastique des mains de sa supérieure générale au monastère de Poligny en France et devenait sœur Anawimel, la pauvre de Dieu. Je l'ai vue à mon retour : elle rayonnait de joie et ses prières ainsi que celles des sœurs de son monastère nous ont portées pendant toute notre rencontre. O Bonitas !

Un remerciement tout spécial à Joanna et à son équipe pour avoir tout organisé ; chacun a été accueilli merveilleusement, et nous étions comme chez nous dans cette belle maison des Pères Pallotins. Dziękuje bardzo! 
Merci aussi au secrétariat international, nos trois super mousquetaires : Une pour toutes, toutes pour une !

mardi 19 juillet 2016

Passage de témoin à Szeged

L'affiche de bienvenue à Szeged
Après une douzaine de visites (conseils, assemblées, formations, pèlerinage…) dans la zone puis la province Danube, j’y ai maintenant beaucoup de bons amis. En juin, j’y suis retourné avec Uliana, venue de l’Ukraine voisine : c’est elle qui maintenant va accompagner cette province. Ça se  passait à Szeged, en Hongrie : l'arrivée a été un peu compliquée car notre voiture a eu une panne sur l'autoroute, mais nous sommes bien arrivés pour une bonne soirée dans cette ville arrosée par la rivière Tisza : cette rivière, affluent du Danube, est un symbole de la grandeur passée de la Hongrie ; autrefois, cette rivière prenait sa source et se jetait dans le Danube en Hongrie. Maintenant, elle ne fait qu'y passer entre l'Ukraine et la Serbie.
Les quatre coordinatrices de la Roumanie de langue hongroise
La situation que je laisse n’est pas simple, car personne n’a accepté de prendre la responsabilité de coordonner cette belle province. En octobre 2015, les communautés s’étaient bien prises en main et avaient organisé leur accompagnement sur une base de proximité géographique ; cette année, après six mois, un bilan a été fait. Blanka, qui avait accepté d’être la correspondante pour la province, a déménagé et se trouve maintenant très excentrée et ne souhaite pas poursuivre au niveau provincial : elle sera vice-coordinatrice pour les communautés magyarophones de Roumanie (la quatrième après Edit, Hajni et Agi). Puis les autres vice-coordinateurs sont venus faire leur rapport. A l’issue de ces présentations, plusieurs décisions furent prises :
-          - six régions ont été créées : trois en Hongrie (Réka et Gábor, Péter et Gábor, Zsofi), une en Serbie (Etelka), deux en Roumanie avec Blanka (magyarophone) et une personne à désigner pour les communautés de langue roumaine. Le père Csaba sera l’aumônier national des communautés de langue hongroise.
Les responsables de la province (anciens et nouveaux) avec Uliana
-         -  une organisation nationale pour la Hongrie avec un correspondant (Endre) et un aumônier (père Gábor).
-          - Erika reste l'aumônier provincial.
-          - Zsofi représentera la province au conseil des coordinateurs de début juillet en Pologne.
- des priorités ont été définies pour les quatre années à venir : la formation et la mission.
Une veillée très belle a terminé cette belle assemblée dont tous les objectifs n’ont pas été atteints, mais il est bon de voir que des provinces sont suffisamment mûres pour se prendre en charge et mettre en première priorité un bon accompagnement des communautés. C’est bien ça le plus important !

Bonne chance, Uliana, je suis certain que tu auras beaucoup de bonheur à accompagner la province Danube !
L'album photo

Uliana avec Lagi



mardi 21 juin 2016

Urbi et orbi

Il s’est passé des choses assez extraordinaires à Rome les 11 et 12 juin à l’occasion du jubilé des malades et des personnes handicapées qui se tenait dans le cadre du jubilé extraordinaire de la Miséricorde. Foi et Lumière a été acteur et témoin de ces événements exceptionnels.
Acteur, car cela faisait déjà un an que ces journées se préparaient avec le conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation ; son président, Monseigneur Rino Fisichella, avait tenu à associer quelques mouvements à son organisation. C’est ainsi que Foi et Lumière et l’Arche ont participé à de nombreuses réunions de travail pour mettre sur pied le programme de ces deux jours.
Julie intervient pendant la catéchèse
Témoin, car outre une importante délégation d’Italiens (qui se sont encore une fois fortement mobilisés un an seulement après leur grand pèlerinage des 40 ans), il y avait de petites délégations venues de France (j’étais venu avec Isabelle et Julie), des USA et de Slovénie ; le père Isaac était présent également. Plusieurs catéchèses spécialisées ont été proposées en différentes langues et même en langage des signes : pour Foi et Lumière et l’Arche, nous nous sommes retrouvés dans l’église Sant’Andrea della Valle dans le vieux Rome avec Monseigneur Gérard Daucourt, évêque émérite de Nanterre (France). Le Père Gérard, comme il aime être appelé, passe une semaine par mois à Trosly pour des retraites ; il a déjà animé à plusieurs reprises des catéchèses lors de JMJ (Paris, Rome et bientôt à Cracovie) et il aime donner la parole aux personnes ayant un handicap car il dit que “ce sont elles qui nous évangélisent”. Après un très beau mime de l’Évangile du père miséricordieux préparé par l’Arche du Chicco, près de Rome, dans lequel les deux frères étaient représentés par des personnes handicapées en fauteuil, il y a eu la catéchèse proprement dite, un temps où tous ceux qui ont voulu s’exprimer ont pu le faire.
Au même moment, dans la salle Paul VI, le Pape François assistait au Congrès pour les personnes handicapées, organisé par la Conférence épiscopale italienne à l’occasion du 25ème anniversaire de la fondation de la catéchèse spécialisée en Italie. Et là, comme cela arrive souvent, le pape François a laissé de côté son discours officiel et a préféré réagir à des situations est des questions, comme celle de Serena, jeune fille trisomique qui a demandé pourquoi elle n’était pas accueillie dans sa paroisse. Il a qualifié cette attitude d’une manière très ferme : « c’est de la discrimination, une vraiment très mauvaise chose ! ». Il a beaucoup insisté sur l’accueil et l’accès aux sacrements qui devraient être proposés à tous sans exclusion. Son discours a été distribué aux participants et mérite d’êtrelu et diffusé largement.
Une actrice du mime
L’après-midi, c’était le temps de passer la porte sainte ; mais en même temps, il y avait la préparation du mime de l’Évangile de la messe du lendemain : un mime proposé par Foi et Lumière, c’est la première fois, de toute l’histoire, qu’un mime est prévu pendant une messe place Saint Pierre ! Et ce mime est préparé et réalisé par Foi et Lumière ! Julie a eu le grand honneur d'y participer. Nous avons cependant pu nous éclipser un moment pour rejoindre un groupe qui allait passer la porte sainte et Julie a très vite regagné son groupe. Je suis ensuite allé jusqu’aux studios de Radio Vatican pour une interview où je me suis exprimé sur le thème “Miséricorde et handicap”. La fin de l’après-midi était consacrée à un rassemblement des mouvements au château Saint Ange où le stand de l’Arche et de Foi et Lumière a été très fréquenté.
Tous à bord de la barque avec Isabelle et Julie
Julie et son laisser-passer d'artiste
Après un très bon dîner qui a rassemblé tous les participants de Foi et Lumière, il a fallu vite retourner dans nos logements car le départ pour la place Saint Pierre était programmé à 7h00 le lendemain matin. Nous sommes donc arrivés très tôt et avons pu rejoindre nos places : Julie avec son passe d’artiste est partie avec ceux qui allaient présenter le mime, d’autres sont allés sur les sièges à droite de l’autel, et quelques dix privilégiés, dont quatre personnes ayant un handicap étaient tout devant pour pouvoir saluer le pape François après la messe… La messe a été précédée d’un temps de témoignages dont celui de Jean Vanier qui avait été enregistré à Trosly. La messe a commencé et le grand moment tant attendu est enfin arrivé. Un mime d’Évangilesur la place Saint Pierre, du jamais-vu, et c’est Foi et Lumière qui le présente ! La synchronisation avec la lecture du diacre était parfaite, les acteurs tous excellents et on a très bien vu Marie-Madeleine mouiller les pieds de Jésus de ses larmes, les essuyer avec ses cheveux et y verser un parfum de grand prix ; l’indignation de Simon le pharisien était très visible et les explications de Jésus très claires ! L’homélie du pape qui a suivi était aussi très forte, il a proposé que nous utilisions, face à nos limites, la thérapie du sourire, « Jésus est le médecin qui guérit avec le médicament de l’amour ».
La messe
« Quelle illusion vit l’homme d’aujourd’hui lorsqu’il ferme les yeux face à la maladie et au handicap ! Il ne comprend pas le vrai sens de la vie, qui comporte aussi l’acceptation de la souffrance et de la limite. Le monde ne devient pas meilleur, parce que composé uniquement de personnes apparemment “parfaites”, pour ne pas dire “maquillées”, mais lorsque la solidarité entre les hommes, l’acceptation réciproque et le respect croissent. Comme sont vraies les paroles de l’apôtre : « Ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort » (1 Co 1, 27) ! ».
Bravo Foi et Lumière !
Après la messe, ce fut la joie de pouvoir saluer le pape, de voir avec quelle simplicité il embrassait les personnes handicapées. J’ai pu, en parlant très vite et en espagnol, lui dire combien ses paroles de la veille sur l’accès des personnes handicapées aux sacrements étaient belles et confirmaient notre mission ; il a levé le pouce en signe d’approbation !

Ces deux jours furent vraiment très beaux et riches de tout ce qui s’est passé. Il est très important, après avoir participé à la préparation de ces journées jubilaires et en avoir été les acteurs, après avoir assisté à tous ces beaux événements en tant que témoins, nous fassions largement écho des paroles dites par le pape François au sein de Foi et Lumière. Ce qui a été dit à Rome (urbi) doit être annoncé au monde (orbi).






Un petit tango place Saint Pierre

mercredi 8 juin 2016

Père Jacques Cuche, un infatigable aumônier

Une grande fête !
Ce n’est pas fréquent de pouvoir assister à la messe d’action de grâce d’un prêtre qui fête ses 70 ans de sacerdoce. De plus, quand c’est un aumônier qui a eu un rayonnement exceptionnel, c’est un événement qu’il ne fallait pas rater !
Le père Jacques Cuche a été ordonné prêtre le samedi saint 20 avril 1946 en la cathédrale Notre-Dame de Paris. Il a très vite rencontré des familles au sein desquelles la présence d’un enfant handicapé, outre la blessure que cela représente pour des parents, pour des frères et sœurs, génère des souffrances supplémentaires quand ils ne sont pas accueillis au sein de l’Église. Dès 1954, à Lourdes, il a rencontré ces familles qui vivaient les difficultés de se voir mal accompagnés dans ce grand site marial. En septembre 1961, par un heureux concours de circonstances, encore à Lourdes, il a célébré la messe au cours de laquelle Bertrand, un garçon lourdement handicapé a reçu la communion pour la première fois. Les autres pèlerins du diocèse avec qui il était venu à Lourdes (ses parents l’avaient abandonné) avaient refusé d’assister à cette célébration : « ça ne se fait pas ; il ne comprend rien ; on brade l’Eucharistie ! ». Le père Jacques Cuche, au contraire, ne se voyait pas "excommunier" Bertrand alors que son regard lumineux démontrait avec quelle intensité il accueillait Jésus Eucharistie en lui.


Dix ans plus tard, le premier pèlerinage Foi et Lumière avait lieu à Lourdes. Inutile de dire combien le père Jacques Cuche a été touché par cette démarche ! Il est devenu très vite un aumônier de communauté : il a été un infatigable promoteur des communautés Foi et Lumière, il en a fondé trois, a été aumônier de quatre (Notre-Dame de l’Assomption, le Sycomore, le Petit Prince, Cœur de Jésus et de Marie) et son plus grand bonheur était de préparer et d’amener les enfants handicapés à Jésus, prêt à déplacer les montagnes pour cela.
Des membres des quatre communautés étaient présents le dimanche 5 juin et la messe fut célébrée dans une grande joie. Nombreux étaient ceux qui avaient pu communier pour la première fois ou être confirmés grâce au père Cuche !


Merci père Cuche, Foi et Lumière vous doit beaucoup ! A votre suite, nous allons ouvrir les toits pour amener nos amis ayant un handicap mental aux pieds de Jésus et que cette démarche de foi issue de nos communautés fasse briller la lumière de notre bonne nouvelle le plus largement possible ! Magnificat, Alleluia ! 

lundi 23 mai 2016

Premier pèlerinage national au Koweït

Fadi, sa femme Nesreen et leur fils Namatalleh
envoyés en mission par Abou Angelos et Fr Johnson
Le vendredi 20 mai, les deux communautés du Koweït ont fait leur premier pèlerinage national. Ce sont deux belles communautés, l’une arabophone et l’autre anglophone, qui regroupent des personnes venus d’horizons très divers (Égypte, Liban, Syrie, Inde, Philippines…). Marie-Hélène Mathieu et moi-même leur avions envoyé un message de soutien leur disant que nos prières les accompagnaient dans leur démarche. Voici un récit de cette grande journée et quelques photos que j’ai reçus de Fadi Kobal, vice-coordinateur pour le Koweït. J'espère que la joie qui a pris sa source au cours de cette journée demeure longtemps !











 Notre pèlerinage dont le thème était “soyons ensemble” s’est déroulé en trois phases :
-          - la première, “soyons ensemble dans la famille”, s’est déroulée dans les cercles familiaux pour un lavement des pieds des enfants par leur père puis par leur mère. Cela a permis de montrer qu’une manière d’être ensemble dans la famille (même si nous habitons sous le même toit, cela ne signifie pas nécessairement qu’il y a l’unité entre chacun) est de se sentir humble et serviteur, cela nous rappelle et nous fait comprendre ce que Jésus a fait ce soir-là… et Jésus sera certainement présent avec nous pour nous apporter la joie et la paix. Dans chaque cercle, une chaise vide avait été installée pour nous rappeler tous ceux qui manquaient. La cuvette en argile qui a servi pour ce lavement des pieds a été conservée pour la troisième phase.
-       - la deuxième phase a été “soyons ensemble dans notre communauté”. De fait, Foi et Lumière au Koweït rassemble des membres provenant de plusieurs pays et de plusieurs Églises. Aussi, nous nous sommes rappelé ce qui nous rassemble avec l’histoire des débuts de Foi et Lumière à Lourdes en 1971 et avec la manière dont la lumière s’est répandue à travers le monde. Nous sommes ensemble à travers l’esprit de notre charte. Nous avons prié tous ensemble Marie devant la grotte de Lourdes. Là, nous avons allumé une bougie par famille, qui a été conservée jusqu’à la troisième et dernière phase de notre pèlerinage.
        - la troisième phase a été “soyons ensemble dans l’Église”. Pour signifier cela, nos aumôniers ont concélébré une messe en arabe et en anglais et nous avons été tous ensemble en communion. Pendant la célébration, les messages de Marie-Hélène et de Ghislain ont été lus dans les deux langues. Nous avons vécu la joie de la résurrection qui ne se conçoit pas sans la croix. Aussi, une croix a été ajoutée sur les bougies apportées par les familles. A la fin, chaque famille a reçu la cuvette, la bougie et la croix et les aumôniers ont béni et envoyé les familles pour qu’elles soient signes d’unité pour leur famille, pour leur communauté, pour l’Église et pour la société.

La phase du lavement des pieds a vu des choses extraordinaires se passer.
Des personnes handicapées sont venues sans leur famille, mais elles ne sont pas restées seules, les amis étaient présents pour leur laver les pieds. 
Des tensions à l'intérieur de certaines familles se sont apaisées.
Des familles qui viennent à Foi et Lumière avec les personnes qui les aident pour les soins de leurs enfants ayant un handicap ont pu laver les pieds de ces assistantes.
Le papa de Nanoor, une jeune fille sévèrement handicapée, a imaginé que Jésus était assis sur la chaise vide : il aurait bien voulu pouvoir lui laver les pieds.


Mina et Abanoob
Et voici le témoignage du papa d’Emmanuel : j’ai été ému de voir cette chaise vide. Je n’ai jamais été très proche de mon père, et cela m’a donné l’occasion de me mettre en position d’humilité devant lui. Ma femme et moi avons eu l’opportunité de demander pardon pour notre cinquième enfant qui n’est jamais né à cause de notre faiblesse… J’ai aussi été touché par cette cuvette en argile qui a absorbé toute l’eau que nous avons utilisée pour le lavement des pieds ; je ne voulais pas la jeter, et maintenant elle est conservée dans l’argile.
Andrew et sa maman Nadia sont envoyés à leur tour