dimanche 24 juillet 2016

Qu'êtes-vous allés voir à Konstancin ?

Danse polonaise
Pendant quatre jours, les coordinateurs provinciaux de Foi et Lumière se sont retrouvés près de Varsovie pour le conseil des coordinateurs. Cette rencontre, prévue dans notre constitution, est une étape importante entre deux rencontres internationales ; il n’y a pas d’élections, pas de grandes décisions, on y fait des choses toutes simples, c’est un temps où se crée une véritable communauté internationale (Constitution IV, 65). Et j’ai constaté combien ce temps est important pour que chacun se retrouve pour partager, pour célébrer, pour prier ensemble ! La configuration des lieux avec un grand hall a permis de nombreuses rencontres, toutes très riches ; elle a permis de faire de très belles fêtes, toutes très joyeuses ; elle a permis également de nous retrouver devant la grande croix de Jérusalem pour des temps de prière pendant lesquels un esprit de communion était très sensible. 
Grande fête égyptienne !
Pour résumer, nous étions comme une grande communauté Foi et Lumière vivant un temps de rencontre exceptionnel pendant quatre jours ! Pour ne citer qu’un seul exemple, le plus fort peut-être, l’accueil réservé à Christine, venue de Syrie fut vraiment extraordinaire : elle a pu témoigner, un matin pendant la prière, de la vie des communautés Foi et Lumière de son pays, et nous avons pu réaliser combien est fort et solide ce que nous bâtissons dans nos "petites" communautés ; nous construisons sur le roc !
Si la constitution ne dit rien sur la présence des personnes ayant un handicap mental à cette rencontre, l’équipe locale polonaise avait pris soin d’en inviter une dizaine, une rencontre de communauté sans nos amis handicapés, c’est comme un orchestre sans instruments.
Il y avait aussi un orchestre, bien sûr, qui a animé beaucoup de temps forts de notre rencontre ; Kirt, qui en était le responsable, avait tout bien préparé mais, au dernier moment, il n’a pas pu venir… mais, mis à part son banjo que nous n’avons pas entendu, tout s’est bien passé !
Célébration œcuménique
Il y avait aussi des aumôniers, une dizaine ; ce sont eux qui nous ont montré la diversité œcuménique de notre mouvement ; des liturgies étaient proposées chaque matin dans différentes traditions ; une grande célébration œcuménique, un lavement des pieds et la messe d’envoi nous ont réunis dans une même ferveur autour de Jésus, celui à qui nous disons : Jésus, tu nous as invités à te suivre dans une communauté Foi et Lumière, nous voulons te dire oui. 
Il n’y aurait pas de rencontre Foi et Lumière sans un mime d’Évangile, et il y en a eu chaque matin pendant le temps de prière et un pendant la messe d'envoi !
Il y a eu aussi des temps de partage qui étaient la conclusion de ce qui s’était vécu pendant l’année avec les propositions du carnet de route. Nous avons donc, comme le veut la Constitution, cherché ensemble la volonté de Dieu pour le mouvement, et été au service des personnes ayant un handicap mental et des communautés Foi et Lumière dans l’esprit de la Charte. A partir du même schéma, chaque jour (prière du matin, mime et réflexion ; temps de réflexion personnel en silence, partage en petits groupes), nous avons essayé de discerner cette volonté de Dieu pour Foi et Lumière. Les principales conclusions ont montré plusieurs choses :
-          - rien de bien nouveau : quasiment tout de ce qui a été remonté des groupes de partage se retrouve dans notre prière ou dans le livret "Vous brillerez dans le ciel comme les étoiles de l’univers".
-          - une volonté d’approfondir notre spiritualité : le carnet de route 2017-2018 nous servira donc de guide pour méditer notre belle prière.
-          - si notre identité n’a pas évolué, le monde qui nous entoure a bien changé depuis 1971 : il faut donc être attentif aux appels de Dieu pour notre mouvement aujourd’hui. L’équipe de coordination internationale va travailler sur ce sujet dans les mois qui viennent.
L'Évangile du Bon Samaritain
Ce conseil des coordinateurs est également à mi-parcours entre deux rencontres internationales et les coordinateurs provinciaux ont pu connaître l’état d’avancement des chantiers lancés suite à la définition à Leeds des priorités 2013-2018 ; cela a permis de mieux prendre en compte les réactions et commentaires de chacun. Le grand rassemblement de jeunes, qui aura lieu en Espagne début août 2017, a été annoncé et présenté ; le projet de révision de la constitution a fait l’objet d’une présentation détaillée par l’équipe en charge.
Alors, qu’avons-nous été voir à Konstancin ? Un roseau agité par le vent ? Des personnes habillées de vêtements raffinés ? Rien de tout cela, nous avons à la fois été :
-          - dans un lieu de repos pour tous ceux qui peinent sous le poids du fardeau, un fardeau bien léger quand on est plusieurs à le porter ensemble,
- dans un atelier où se prépare le mouvement Foi et Lumière du futur…
Bon retour à chacun, ce conseil des coordinateurs fut un événement merveilleux, un moment où le temps s’arrête et tous repartent ensuite avec joie et énergie pour transmettre notre bonne nouvelle à tous dans les provinces !

Soeur Anawimel
Le jour de notre départ, Kristina recevait son habit monastique des mains de sa supérieure générale au monastère de Poligny en France et devenait sœur Anawimel, la pauvre de Dieu. Je l'ai vue à mon retour : elle rayonnait de joie et ses prières ainsi que celles des sœurs de son monastère nous ont portées pendant toute notre rencontre. O Bonitas !

Un remerciement tout spécial à Joanna et à son équipe pour avoir tout organisé ; chacun a été accueilli merveilleusement, et nous étions comme chez nous dans cette belle maison des Pères Pallotins. Dziękuje bardzo! 
Merci aussi au secrétariat international, nos trois super mousquetaires : Une pour toutes, toutes pour une !

mardi 19 juillet 2016

Passage de témoin à Szeged

L'affiche de bienvenue à Szeged
Après une douzaine de visites (conseils, assemblées, formations, pèlerinage…) dans la zone puis la province Danube, j’y ai maintenant beaucoup de bons amis. En juin, j’y suis retourné avec Uliana, venue de l’Ukraine voisine : c’est elle qui maintenant va accompagner cette province. Ça se  passait à Szeged, en Hongrie : l'arrivée a été un peu compliquée car notre voiture a eu une panne sur l'autoroute, mais nous sommes bien arrivés pour une bonne soirée dans cette ville arrosée par la rivière Tisza : cette rivière, affluent du Danube, est un symbole de la grandeur passée de la Hongrie ; autrefois, cette rivière prenait sa source et se jetait dans le Danube en Hongrie. Maintenant, elle ne fait qu'y passer entre l'Ukraine et la Serbie.
Les quatre coordinatrices de la Roumanie de langue hongroise
La situation que je laisse n’est pas simple, car personne n’a accepté de prendre la responsabilité de coordonner cette belle province. En octobre 2015, les communautés s’étaient bien prises en main et avaient organisé leur accompagnement sur une base de proximité géographique ; cette année, après six mois, un bilan a été fait. Blanka, qui avait accepté d’être la correspondante pour la province, a déménagé et se trouve maintenant très excentrée et ne souhaite pas poursuivre au niveau provincial : elle sera vice-coordinatrice pour les communautés magyarophones de Roumanie (la quatrième après Edit, Hajni et Agi). Puis les autres vice-coordinateurs sont venus faire leur rapport. A l’issue de ces présentations, plusieurs décisions furent prises :
-          - six régions ont été créées : trois en Hongrie (Réka et Gábor, Péter et Gábor, Zsofi), une en Serbie (Etelka), deux en Roumanie avec Blanka (magyarophone) et une personne à désigner pour les communautés de langue roumaine. Le père Csaba sera l’aumônier national des communautés de langue hongroise.
Les responsables de la province (anciens et nouveaux) avec Uliana
-         -  une organisation nationale pour la Hongrie avec un correspondant (Endre) et un aumônier (père Gábor).
-          - Erika reste l'aumônier provincial.
-          - Zsofi représentera la province au conseil des coordinateurs de début juillet en Pologne.
- des priorités ont été définies pour les quatre années à venir : la formation et la mission.
Une veillée très belle a terminé cette belle assemblée dont tous les objectifs n’ont pas été atteints, mais il est bon de voir que des provinces sont suffisamment mûres pour se prendre en charge et mettre en première priorité un bon accompagnement des communautés. C’est bien ça le plus important !

Bonne chance, Uliana, je suis certain que tu auras beaucoup de bonheur à accompagner la province Danube !
L'album photo

Uliana avec Lagi



mardi 21 juin 2016

Urbi et orbi

Il s’est passé des choses assez extraordinaires à Rome les 11 et 12 juin à l’occasion du jubilé des malades et des personnes handicapées qui se tenait dans le cadre du jubilé extraordinaire de la Miséricorde. Foi et Lumière a été acteur et témoin de ces événements exceptionnels.
Acteur, car cela faisait déjà un an que ces journées se préparaient avec le conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation ; son président, Monseigneur Rino Fisichella, avait tenu à associer quelques mouvements à son organisation. C’est ainsi que Foi et Lumière et l’Arche ont participé à de nombreuses réunions de travail pour mettre sur pied le programme de ces deux jours.
Julie intervient pendant la catéchèse
Témoin, car outre une importante délégation d’Italiens (qui se sont encore une fois fortement mobilisés un an seulement après leur grand pèlerinage des 40 ans), il y avait de petites délégations venues de France (j’étais venu avec Isabelle et Julie), des USA et de Slovénie ; le père Isaac était présent également. Plusieurs catéchèses spécialisées ont été proposées en différentes langues et même en langage des signes : pour Foi et Lumière et l’Arche, nous nous sommes retrouvés dans l’église Sant’Andrea della Valle dans le vieux Rome avec Monseigneur Gérard Daucourt, évêque émérite de Nanterre (France). Le Père Gérard, comme il aime être appelé, passe une semaine par mois à Trosly pour des retraites ; il a déjà animé à plusieurs reprises des catéchèses lors de JMJ (Paris, Rome et bientôt à Cracovie) et il aime donner la parole aux personnes ayant un handicap car il dit que “ce sont elles qui nous évangélisent”. Après un très beau mime de l’Évangile du père miséricordieux préparé par l’Arche du Chicco, près de Rome, dans lequel les deux frères étaient représentés par des personnes handicapées en fauteuil, il y a eu la catéchèse proprement dite, un temps où tous ceux qui ont voulu s’exprimer ont pu le faire.
Au même moment, dans la salle Paul VI, le Pape François assistait au Congrès pour les personnes handicapées, organisé par la Conférence épiscopale italienne à l’occasion du 25ème anniversaire de la fondation de la catéchèse spécialisée en Italie. Et là, comme cela arrive souvent, le pape François a laissé de côté son discours officiel et a préféré réagir à des situations est des questions, comme celle de Serena, jeune fille trisomique qui a demandé pourquoi elle n’était pas accueillie dans sa paroisse. Il a qualifié cette attitude d’une manière très ferme : « c’est de la discrimination, une vraiment très mauvaise chose ! ». Il a beaucoup insisté sur l’accueil et l’accès aux sacrements qui devraient être proposés à tous sans exclusion. Son discours a été distribué aux participants et mérite d’êtrelu et diffusé largement.
Une actrice du mime
L’après-midi, c’était le temps de passer la porte sainte ; mais en même temps, il y avait la préparation du mime de l’Évangile de la messe du lendemain : un mime proposé par Foi et Lumière, c’est la première fois, de toute l’histoire, qu’un mime est prévu pendant une messe place Saint Pierre ! Et ce mime est préparé et réalisé par Foi et Lumière ! Julie a eu le grand honneur d'y participer. Nous avons cependant pu nous éclipser un moment pour rejoindre un groupe qui allait passer la porte sainte et Julie a très vite regagné son groupe. Je suis ensuite allé jusqu’aux studios de Radio Vatican pour une interview où je me suis exprimé sur le thème “Miséricorde et handicap”. La fin de l’après-midi était consacrée à un rassemblement des mouvements au château Saint Ange où le stand de l’Arche et de Foi et Lumière a été très fréquenté.
Tous à bord de la barque avec Isabelle et Julie
Julie et son laisser-passer d'artiste
Après un très bon dîner qui a rassemblé tous les participants de Foi et Lumière, il a fallu vite retourner dans nos logements car le départ pour la place Saint Pierre était programmé à 7h00 le lendemain matin. Nous sommes donc arrivés très tôt et avons pu rejoindre nos places : Julie avec son passe d’artiste est partie avec ceux qui allaient présenter le mime, d’autres sont allés sur les sièges à droite de l’autel, et quelques dix privilégiés, dont quatre personnes ayant un handicap étaient tout devant pour pouvoir saluer le pape François après la messe… La messe a été précédée d’un temps de témoignages dont celui de Jean Vanier qui avait été enregistré à Trosly. La messe a commencé et le grand moment tant attendu est enfin arrivé. Un mime d’Évangilesur la place Saint Pierre, du jamais-vu, et c’est Foi et Lumière qui le présente ! La synchronisation avec la lecture du diacre était parfaite, les acteurs tous excellents et on a très bien vu Marie-Madeleine mouiller les pieds de Jésus de ses larmes, les essuyer avec ses cheveux et y verser un parfum de grand prix ; l’indignation de Simon le pharisien était très visible et les explications de Jésus très claires ! L’homélie du pape qui a suivi était aussi très forte, il a proposé que nous utilisions, face à nos limites, la thérapie du sourire, « Jésus est le médecin qui guérit avec le médicament de l’amour ».
La messe
« Quelle illusion vit l’homme d’aujourd’hui lorsqu’il ferme les yeux face à la maladie et au handicap ! Il ne comprend pas le vrai sens de la vie, qui comporte aussi l’acceptation de la souffrance et de la limite. Le monde ne devient pas meilleur, parce que composé uniquement de personnes apparemment “parfaites”, pour ne pas dire “maquillées”, mais lorsque la solidarité entre les hommes, l’acceptation réciproque et le respect croissent. Comme sont vraies les paroles de l’apôtre : « Ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort » (1 Co 1, 27) ! ».
Bravo Foi et Lumière !
Après la messe, ce fut la joie de pouvoir saluer le pape, de voir avec quelle simplicité il embrassait les personnes handicapées. J’ai pu, en parlant très vite et en espagnol, lui dire combien ses paroles de la veille sur l’accès des personnes handicapées aux sacrements étaient belles et confirmaient notre mission ; il a levé le pouce en signe d’approbation !

Ces deux jours furent vraiment très beaux et riches de tout ce qui s’est passé. Il est très important, après avoir participé à la préparation de ces journées jubilaires et en avoir été les acteurs, après avoir assisté à tous ces beaux événements en tant que témoins, nous fassions largement écho des paroles dites par le pape François au sein de Foi et Lumière. Ce qui a été dit à Rome (urbi) doit être annoncé au monde (orbi).






Un petit tango place Saint Pierre

mercredi 8 juin 2016

Père Jacques Cuche, un infatigable aumônier

Une grande fête !
Ce n’est pas fréquent de pouvoir assister à la messe d’action de grâce d’un prêtre qui fête ses 70 ans de sacerdoce. De plus, quand c’est un aumônier qui a eu un rayonnement exceptionnel, c’est un événement qu’il ne fallait pas rater !
Le père Jacques Cuche a été ordonné prêtre le samedi saint 20 avril 1946 en la cathédrale Notre-Dame de Paris. Il a très vite rencontré des familles au sein desquelles la présence d’un enfant handicapé, outre la blessure que cela représente pour des parents, pour des frères et sœurs, génère des souffrances supplémentaires quand ils ne sont pas accueillis au sein de l’Église. Dès 1954, à Lourdes, il a rencontré ces familles qui vivaient les difficultés de se voir mal accompagnés dans ce grand site marial. En septembre 1961, par un heureux concours de circonstances, encore à Lourdes, il a célébré la messe au cours de laquelle Bertrand, un garçon lourdement handicapé a reçu la communion pour la première fois. Les autres pèlerins du diocèse avec qui il était venu à Lourdes (ses parents l’avaient abandonné) avaient refusé d’assister à cette célébration : « ça ne se fait pas ; il ne comprend rien ; on brade l’Eucharistie ! ». Le père Jacques Cuche, au contraire, ne se voyait pas "excommunier" Bertrand alors que son regard lumineux démontrait avec quelle intensité il accueillait Jésus Eucharistie en lui.


Dix ans plus tard, le premier pèlerinage Foi et Lumière avait lieu à Lourdes. Inutile de dire combien le père Jacques Cuche a été touché par cette démarche ! Il est devenu très vite un aumônier de communauté : il a été un infatigable promoteur des communautés Foi et Lumière, il en a fondé trois, a été aumônier de quatre (Notre-Dame de l’Assomption, le Sycomore, le Petit Prince, Cœur de Jésus et de Marie) et son plus grand bonheur était de préparer et d’amener les enfants handicapés à Jésus, prêt à déplacer les montagnes pour cela.
Des membres des quatre communautés étaient présents le dimanche 5 juin et la messe fut célébrée dans une grande joie. Nombreux étaient ceux qui avaient pu communier pour la première fois ou être confirmés grâce au père Cuche !


Merci père Cuche, Foi et Lumière vous doit beaucoup ! A votre suite, nous allons ouvrir les toits pour amener nos amis ayant un handicap mental aux pieds de Jésus et que cette démarche de foi issue de nos communautés fasse briller la lumière de notre bonne nouvelle le plus largement possible ! Magnificat, Alleluia ! 

lundi 23 mai 2016

Premier pèlerinage national au Koweït

Fadi, sa femme Nesreen et leur fils Namatalleh
envoyés en mission par Abou Angelos et Fr Johnson
Le vendredi 20 mai, les deux communautés du Koweït ont fait leur premier pèlerinage national. Ce sont deux belles communautés, l’une arabophone et l’autre anglophone, qui regroupent des personnes venus d’horizons très divers (Égypte, Liban, Syrie, Inde, Philippines…). Marie-Hélène Mathieu et moi-même leur avions envoyé un message de soutien leur disant que nos prières les accompagnaient dans leur démarche. Voici un récit de cette grande journée et quelques photos que j’ai reçus de Fadi Kobal, vice-coordinateur pour le Koweït. J'espère que la joie qui a pris sa source au cours de cette journée demeure longtemps !











 Notre pèlerinage dont le thème était “soyons ensemble” s’est déroulé en trois phases :
-          - la première, “soyons ensemble dans la famille”, s’est déroulée dans les cercles familiaux pour un lavement des pieds des enfants par leur père puis par leur mère. Cela a permis de montrer qu’une manière d’être ensemble dans la famille (même si nous habitons sous le même toit, cela ne signifie pas nécessairement qu’il y a l’unité entre chacun) est de se sentir humble et serviteur, cela nous rappelle et nous fait comprendre ce que Jésus a fait ce soir-là… et Jésus sera certainement présent avec nous pour nous apporter la joie et la paix. Dans chaque cercle, une chaise vide avait été installée pour nous rappeler tous ceux qui manquaient. La cuvette en argile qui a servi pour ce lavement des pieds a été conservée pour la troisième phase.
-       - la deuxième phase a été “soyons ensemble dans notre communauté”. De fait, Foi et Lumière au Koweït rassemble des membres provenant de plusieurs pays et de plusieurs Églises. Aussi, nous nous sommes rappelé ce qui nous rassemble avec l’histoire des débuts de Foi et Lumière à Lourdes en 1971 et avec la manière dont la lumière s’est répandue à travers le monde. Nous sommes ensemble à travers l’esprit de notre charte. Nous avons prié tous ensemble Marie devant la grotte de Lourdes. Là, nous avons allumé une bougie par famille, qui a été conservée jusqu’à la troisième et dernière phase de notre pèlerinage.
        - la troisième phase a été “soyons ensemble dans l’Église”. Pour signifier cela, nos aumôniers ont concélébré une messe en arabe et en anglais et nous avons été tous ensemble en communion. Pendant la célébration, les messages de Marie-Hélène et de Ghislain ont été lus dans les deux langues. Nous avons vécu la joie de la résurrection qui ne se conçoit pas sans la croix. Aussi, une croix a été ajoutée sur les bougies apportées par les familles. A la fin, chaque famille a reçu la cuvette, la bougie et la croix et les aumôniers ont béni et envoyé les familles pour qu’elles soient signes d’unité pour leur famille, pour leur communauté, pour l’Église et pour la société.

La phase du lavement des pieds a vu des choses extraordinaires se passer.
Des personnes handicapées sont venues sans leur famille, mais elles ne sont pas restées seules, les amis étaient présents pour leur laver les pieds. 
Des tensions à l'intérieur de certaines familles se sont apaisées.
Des familles qui viennent à Foi et Lumière avec les personnes qui les aident pour les soins de leurs enfants ayant un handicap ont pu laver les pieds de ces assistantes.
Le papa de Nanoor, une jeune fille sévèrement handicapée, a imaginé que Jésus était assis sur la chaise vide : il aurait bien voulu pouvoir lui laver les pieds.


Mina et Abanoob
Et voici le témoignage du papa d’Emmanuel : j’ai été ému de voir cette chaise vide. Je n’ai jamais été très proche de mon père, et cela m’a donné l’occasion de me mettre en position d’humilité devant lui. Ma femme et moi avons eu l’opportunité de demander pardon pour notre cinquième enfant qui n’est jamais né à cause de notre faiblesse… J’ai aussi été touché par cette cuvette en argile qui a absorbé toute l’eau que nous avons utilisée pour le lavement des pieds ; je ne voulais pas la jeter, et maintenant elle est conservée dans l’argile.
Andrew et sa maman Nadia sont envoyés à leur tour

mercredi 4 mai 2016

Premier pèlerinage national au Cameroun

A la suite de la formation qui a eu lieu au Bénin début septembre 2015, les Camerounais, qui n’avaient pas pu venir aussi nombreux qu’ils auraient voulu à cause de la défaillance d’une compagnie aérienne, ont décidé de lancer un projet de pèlerinage national à Nkongsamba et de tenir, à cette occasion, un temps de formation reprenant les enseignements donnés au Bénin. Je suis très heureux que cet événement, une première pour ce pays, ait pu avoir lieu, car cela montre que les communautés d’un pays ont besoin de se retrouver, de se rencontrer régulièrement pour des fêtes, des pèlerinages, des formations… Les autres pays présents à la session de formation en septembre dernier (Nigeria, Bénin, Togo, Burkina Faso, Côte d’Ivoire) devraient bénéficier de l’élan donné et développer le tissu des communautés trop isolés (une seule par pays) pour pouvoir lancer à leur tour de tels projets ! Le Ghana, où une communauté a démarré il y a quelques semaines, devrait également se joindre à ce mouvement ! La sœur Anne-Marie Ngono, qui coordonne les activités de Foi et Lumière au Cameroun, et l’abbé Bertrand Ngaleu, aumônier national, ont lancé ce projet ; c’est la sœur Anne-Marie qui raconte ce bel événement !

Les participants au pèlerinage 

Il s'est tenu à N'kongsamba (Camerou) du 07 au 10 Avril 2016 un temps de formation et le premier pèlerinage national de Foi et Lumière, ayant pour thème "Jésus tu nous as appelés à te suivre dans une communauté Foi et Lumière".
Nous reprenions là la formation que le Foi et Lumière International était venu nous donner au Bénin en Septembre 2015.
Le Cameroun compte sept communautés Foi et Lumière, six ont été présentes à ce grand rendez-vous national, la communauté de Bafoussam a encore eu des empêchements.
Toutes les communautés présentes arrivent dans la soirée du 7 Avril 2016 et sont chaleureusement accueillies par l'Abbé Bertrand NGALEU, aumônier diocésain et par les deux communautés Foi et Lumière de N'kongsamba.
Chacun s'installe et c'est la joie des retrouvailles pour les anciens. La soirée s'achève telle que le programme prévoit.
Le lendemain 08 Avril, nous commençons la journée par une messe célébrée par Mgr Lambert NGAMO pour offrir tous nos travaux et réflexions au Seigneur.
Le premier exposé a pour thème : l'Histoire de Foi et Lumière présenté par Soeur Anne-Marie NGONO.
Elle fait comprendre aux sessionnistes comment Foi et Lumière est né, quelle a été la source d'inspiration des fondateurs que sont Jean Vanier et Marie Hélène Mathieu, se souvenir et rendre grâce de ce qu'ils ont fait ; et quel est notre rôle à jouer aujourd'hui et la place de Foi et Lumière 45 ans après sa fondation, se projeter vers l'avenir, à quoi Foi et Lumière ressemblera en 2025.
Le deuxième enseignement est celui de l'Abbé Bertrand NGALEU sur le lavement des pieds, signification et sens.
C'est une grande spiritualité dans Foi et Lumière, nous laver les pieds les uns les autres.
Il en ressort de cet enseignement que nous devons savoir quitter nos titres, nous abaisser, nous rendre tout petits pour nous mettre au service des autres et surtout au service de ceux qui sont rejetés par la société telles que nos personnes vivant avec un handicap, s'occuper d'eux, les soigner, les encadrer, veiller à ce qu'ils soient bien.
Les pèlerins récitent le chapelet
Le troisième enseignement dans l'après-midi est présenté par Mgr Lambert NGAMO, vicaire général du diocèse de Bafang, sur le thème : "Marie, Mère de Dieu et de l'Eglise" ; c'est un moment que nous passons avec Marie la nouvelle Eve, elle est au centre de nos vies familiales.
Marie a une grande place dans le mouvement Foi et Lumière, car c'est à Lourdes que le couple Gérard et Camille Profit confièrent leurs enfants Loïc et Thaddée, très handicapés, à Marie.
Pendant ce troisième enseignement, les personnes vivant avec un handicap sont en atelier de travail sous la coordination de Mme Marie MANDIESSE.
Il ressort de cet atelier de travail la réalisation des objets confectionnés très magnifiques. Nos enfants ont du talent ! Il suffit juste de motiver leurs sens.
Toujours en présence et à la suite de Marie, nous méditons en procession les mystères de Foi et Lumière.
Cette journée bien chargée et bien riche s'achève par la belle prière de Foi et Lumière et le Regina Caeli.
La journée du 09 Avril est le jour du pèlerinage, ce pèlerinage tant attendu, car il est le premier au niveau national.
La procession s'ébranle à 8 h vers le sanctuaire des prêtres du Sacré-Cœur, rythmée par les chants et la récitation du chapelet jumelé aux mystères de Foi et Lumière.
Arrivés sur les lieux au sanctuaire, l'animation continue par nos personnes en situation de handicap et leurs encadreurs avant la messe célébrée par le Père Innocent FEUGNA de la congrégation des Pères du Sacré-Coeur et vicaire général du diocèse de N'kongsamba et par l'Abbé Bertrand notre aumônier national.
Une messe où Mgr le vicaire général a beaucoup apprécié l'initiative de ce pèlerinage et de cette rencontre. Il a beaucoup encouragé tout le travail que les uns et les autres assument sur le terrain pour le bonheur de nos enfants.
Dans l'après-midi, n'étant pas en possession d'un documentaire à projeter sur Foi et Lumière, nous procédons à la visite des lieux : l'évêché, la cathédrale, la procure, le centre de formation Mgr Watio, le centre justice et paix etc...
Dans la soirée, quelques saynètes et pièces théâtrales nous sont présentées par les deux communautés d'accueil de N'kongsamba. Une belle soirée à rire et instructive !
La dernière journée du dimanche 10 Avril se clôture par la messe dominicale en la cathédrale de N'kongsamba, présidée par l'Abbé recteur de ladite cathédrale.
Du retour de la messe un petit déjeuner copieux (avec la générosité de la maman de NANOU) nous est offert avant de prendre le chemin du retour.
Ce fut un bon temps d'échanges et de partage d'expériences les uns les autres qui a redonné le courage d'aller en mission, s'occuper de nos enfants et les aimer d'avantage malgré les difficultés qu'on rencontre :
- le manque de moyens pour subvenir à leurs besoins ;
- l'incompréhension du clergé et de la société ;
- le rejet du mouvement par les parents ;
- le manque de structures pour leur formation ;
- les injures...
Les souhaits pour l'avenir :
- nous retrouver régulièrement au moins une fois l'an ;
- espoir de beaucoup plus d'engagement sur le terrain afin d'aboutir à la naissance    des communautés nouvelles.

Notre week-end de formation et de pèlerinage s'achève sous la satisfaction de tous les participants.
Tous heureux d'avoir participé !
L'album photo 
La vidéo du pèlerinage

mercredi 27 avril 2016

Ambiance des îles

La province Arc-en-Ciel à Port Victoria
Début avril, des représentants de la province Arc-en-Ciel (Madagascar, Maurice, Rodrigues, la Réunion et les Seychelles) se sont retrouvés à la Misère dans l’île de Mahé des Seychelles pour une assemblée provinciale. Le choix de ce lieu était lié au fait que cette année, les Seychelles fêtent leur quinzième anniversaire !
C’est un peu compliqué de rejoindre Port Victoria depuis Paris, surtout quand les réservations sont modifiées à plusieurs reprises. On m’a changé plusieurs fois des horaires jusqu’à ce que le vol retour soit annulé ! En conséquence, je suis parti un peu plus tôt en passant par… la Réunion (ce qui n’est pas vraiment le chemin le plus direct). Ça m’a permis de rencontrer quelques personnes des communautés du Chaudron (une très grande communauté et de Sainte Suzanne) chez Sylvie Pelletier qui avait eu la gentillesse de venir me chercher à l’aéroport le 7 avril au matin après une bonne nuit dans l’avion. J’ai pu ainsi revoir des amis réunionnais et parler de la vie des communautés réunionnaises. Je n’ai malheureusement pas pu voir beaucoup des paysages magnifiques de cette si belle île !
Ensuite, avec tout le groupe des Réunionnais retrouvés à l’aéroport, j'ai repris un avion pour Port Victoria où nous avons été très bien accueillis par ceux qui étaient déjà arrivés et avaient préparé cette assemblée avec Judex Violette, le vice-coordinateur international qui accompagne cette province. Dès le lendemain matin, vendredi 8 avril, nous avons démarré la rencontre avec une soixantaine de participants (en comptant les Malgaches arrivés le 8 au soir). Le thème choisi pour ces quelques jours était : "Avec Jésus le Miséricordieux, Marchons main dans la main". Tout de suite, ce fut une ambiance extraordinaire avec de la musique et des chants très enjoués ; il faut dire qu’il y avait une animatrice extraordinaire, Marie-Claire, qui a mis une ambiance du tonnerre ! 
repas festif !
La journée fut un parfait exemple de ce qui se vit à Foi et Lumière : temps de célébrations et de fêtes, temps de prière et de louange, temps de partage, temps d’amitié. J’ai été très heureux de retrouver mes amis Lucas et Christye que je connais depuis une rencontre de zone à Maurice en 2007 ; j’ai été très touché qu’ils ne m’aient pas oublié !
Avec mes amis Lucas et Christye
Nous avons commencé par des mimes : la fondation de Foi et Lumière avec la famille Proffit, Jean Vanier et Marie-Hélène Mathieu, et le mime de la parabole du fils prodigue en cette année jubilaire de la Miséricorde. Puis il y a eu des temps de réflexion sur la charte, sur l’identité et la mission, entrecoupés de temps de partages. Nous avons pu goûter pendant les repas quelques échantillons de la cuisine locale, dont du requin ! La première journée s’est achevée par le lavement des pieds, une première pour beaucoup de personnes ; mais comme toujours, cela s’est passé dans un grand recueillement et une grande communion.
Marie-France revêt le tablier de service

Le deuxième jour était consacré à l’assemblée proprement dite ; nous avons pris le temps de bien discerner quels étaient les priorités ou les rêves de chacun pour la province, quelles devaient être les qualités de celui ou celle qui serait appelé(e) à réaliser ces rêves. Après un temps de discernement et de prière à l’Esprit Saint, les délégués de la province ont élu Marie-France pour un troisième et dernier mandat ; celle-ci a accepté, mais a demandé que chacun la soutienne dans sa mission et que l’équipe provinciale puisse inclure quelques personnes en charge de certains projets. Marie-Claire, à qui il a été proposé de prendre en charge la communication, a accepté avec joie ! Une page Facebook pour la province a déjà été mise en places et on y retrouve toutes les photos prises pendant ces quelques jours ! Les vice-coordinateurs de province sont encore tous en poste et seront renouvelés au fur et à mesure de leur fin de mandat. 
Christiane et Christye dans leurs belles robes
Et tout cela s’est terminé par une grande fiesta, très colorée avec les costumes de chacune des îles, très animée avec les danses traditionnelles, très savoureuse avec les spécialités culinaires… 
Vue depuis le site de la rencontre (la Misère)
La grosse pluie qui avait béni ce temps d’élections a vite fait place à de belles éclaircies et le coucher de soleil laissait augurer une belle journée pour le lendemain.
Les 15 ans de Foi et Lumière aux Seychelles
Le dimanche 10 avril, ce fut le jour choisi pour fêter les 15 ans de Foi et Lumière aux Seychelles. Nous nous sommes retrouvés à la cathédrale de l’Immaculée Conception de Port Victoria où des délégations des cinq communautés venues des trois îles habitées du pays nous attendaient : trois de Mahé (Rozanmer dans pou Bondye - danse pour le bon Dieu, la plus ancienne, Gard sa lalimyer alimen – garde la lumière allumée et Lys des champs), une de Praslin (Rose-Anne) et une de La Digue (Roche Divine). Il y eut une très belle messe présidée par Monseigneur Denis Wiehe et animée avec des chants de Foi et Lumière ("Amis chantons notre joie" était le chant d’entrée et "le chant de la communauté" le chant de sortie). L’évêque, dans une très belle homélie, nous a dit que l’existence du mouvement Foi et Lumière était un signe puissant de la Miséricorde Divine. J’ai aussi été très touché d’entendre chanter le Gloria en créole ; dans les paroles, j’ai entendu l’assemblée chanter Bondye Papa ! Cela m’a paru être l’expression d’une telle confiance en la bonté de Dieu qui est comme celle d’un papa que je me suis dit que ça valait bien tous les sommes théologiques sur la personne du Père ; c’est comme Jésus qui disait "Abba" !
Monseigneur Wiehe avec Adeline et Madeleine (Madagascar)
Frère Thomas bénit la coupe de beach soccer !
Puis nous avons dignement fêté cet anniversaire dans les jardins de l’évêché dans une ambiance aussi festive que possible dans cette culture des îles de l’Océan Indien ! Avec Judex et frère Thomas de Gabory (dominicain, aumônier de La Réunion), nous sommes allés faire une courte visite de cette île paradisiaque. Nous avons marché sur la plage de Beau Vallon et se promener ainsi avec un prêtre dominicain portant sa belle soutane blanche nous a fait faire de belles rencontres, comme ce groupe de jeunes qui venaient de gagner la coupe de "beach soccer" et qui lui ont demandé de bénir leur coupe ! Et nous sommes allés admirer la belle vue depuis un des sommets de l’île, Mission Lodge ; il y avait encore un peu d’humidité des pluies de la veille et un arc-en-ciel nous y attendait, joli clin d’œil après ce temps passé avec la province du même nom ! Et puis, c’était déjà le temps de dire au revoir à chacun, l’avion du retour devait décoller le soir même.
Merci à tous pour ce temps merveilleux passé dans une ambiance extraordinaire, l’ambiance des îles ! Merci à Marie-France pour avoir accepté de continuer à accompagner les communautés de l’Océan Indien, encore bon anniversaire aux Seychellois, et bonne route à Madagascar, La Réunion, Maurice, Rodrigues, vous étiez tous si beaux et colorés.

Que Bondye Papa, Zezi Kri et Lespri Sen vous bénisse tous !


Vive la province Arc-en-Ciel !