jeudi 13 juillet 2017

Dans les pas de Saint Patrick avec l’Arche




Queen's University
Fin juin, l’Assemblée de la Fédération de l’Arche internationale a eu lieu à Belfast. 500 personnes venues de presque toutes les communautés de l’Arche dans le monde (malheureusement, comme pour notre rencontre de Leeds, certains n’ont pas pu avoir le visa) se sont retrouvées dans la très belle Queen’s University pour six jours de rencontres, de fêtes et de réflexions, de retrouvailles ou de découvertes.
Avec Ann Emmott, nous avons été présents pendant toute cette belle rencontre, représentant Foi et Lumière : Ann au début et moi à la fin avec une soirée commune pendant laquelle nous avons pu échanger… dans un pub !
Patrick et Eileen ont rendu leur casquette
La Fédération de l’Arche a maintenant de nouveaux responsables, Stephan Posner etStacey Cates-Carney ; ils ont reçu chacun la casquette - symbolisant leur responsabilité - de leurs prédécesseurs, Patrick Fontaine et Eileen Glass. En plus de cette casquette, ils ont été très bien équipés pour la traversée qui les attend : une ancre, une boussole, une barre à roue, une longue-vue, une carte, une corde, des rames, un banc et... des gilets de sauvetage ! Patrick et Eileen ont été très chaleureusement remerciés ; Monique, la femme de Patrick, a été associée à cette célébration. Il est vrai qu’elle n’a pas beaucoup vu son mari pendant ces cinq dernières années et elle méritait largement d’être aussi remerciée…
Le conseil de surveillance a également été en partie renouvelé (Viviane le Polain a été réélue) et chaque membre a reçu la cravate qui représente le sérieux de leur engagement !
Le programme a été très "light", ce qui laissait beaucoup de temps pour les rencontres en dehors des séances officielles ; ces séances étaient toutes très animées par des chants, des mimes et peu de mots (les traducteurs m’ont dit qu’ils n’avaient pas trop de travail). Les rapports étaient présentés avec beaucoup d’images et il y a même eu une danse au milieu du rapport financier, et on a chanté, «quand je pense ‘finances’, j’entends de la musique dans l’air !», parce qu’il faut considérer "qu’à l'Arche, l’argent est notre ami".
La tombe de Saint Patrick
Le dimanche, nous sommes tous partis vers Downpatrick pour retrouver les traces de Saint Patrick qui a rythmé chaque journée de la semaine. Que ce soit à la cathédrale de la Sainte Trinité, à Slive Patrick, à Saul Church, chaque pierre respirait le souvenir de ce grand saint fêté dans le monde entier, car il a été à la source d’un grand mouvement d’évangélisation – et aussi parce qu’il y a une grande diaspora irlandaise.
Avec la communauté Al Safina de Damas
Avec  Ludovic Baudrand de l'Arche de Grenoble




Les ateliers permettaient de découvrir comment les communautés de l’Arche vivent dans plusieurs endroits du monde ; je suis allé à deux ateliers, l’un sur la communauté Al Safina de Damas et l’autre sur les liens avec le mouvement Joie et Charité en Iraq. Et j’ai pu retrouver des membres des communautés que j’avais pu visiter (Ukraine, Lituanie, Brésil, Argentine, Philippines) et des personnes ayant un handicap qui sont pour beaucoup également membres de Foi et Lumière, dont le fils d’un ancien coordinateur de province qui m’a pris pour un usurpateur car personne ne pouvait avoir de rôle plus important que son père !




La spiritualité tient une grande place à l’Arche et chaque journée commençait par un temps de prière avant le petit-déjeuner (avec menu à la carte : messe, méditation, chants, yoga…), puis chaque session le matin démarrait par un mime retraçant la vie de Saint Patrick et tous les après-midi se terminaient par un temps de prière commune d’une heure. Avec un grand respect des traditions de chacun, chrétien, hindou, musulman ou bouddhiste, des temps de silence, des chants, des lectures rythmaient cette heure.
J’ai pu rencontrer les délégués des Églises pour l’Arche, pas Monseigneur Pierre d’Ornellas, parti avant que j’arrive, mais Monseigneur Stephen Conway, de l’Église d’Angleterre, et la révérende Ruth Patterson, qui était également déléguée pour Foi et Lumière et qui souhaite arrêter. Ce furent des temps très forts, et je les remercie chacun pour ces temps de partage.
Au moment de repartir, on pouvait toucher du doigt tous les liens qui avaient pu se tisser pendant cette semaine et la fédération de l’Arche s’en trouve plus forte. Bonne chance à Stephan et Stacey, nous nous sommes promis de nous rencontrer bientôt !

Bonne mer à Stephan et Stacey





jeudi 6 juillet 2017

Fé e Luz a 40 ans !


Le logo des 40 ans et la grande basilique de Aparecida
En 1977, à Rio de Janeiro et à Sao Paulo, Maria-Cecilia et Zilda, sans concertation entre elles, ont démarré Foi et Lumière au Brésil. Qui fut la première ? Personne ne peut ou ne veut le dire, et ainsi, elles sont toutes les deux honorées pour avoir entendu l’appel de Jean Vanier et Marie-Hélène Mathieu, et y avoir répondu avec générosité.
L'imagem
En 2017, les Brésiliens ont voulu fêter comme il se doit cet anniversaire, mais aussi celui des 300 ans de Nossa Senhora de Aparecida. C’est en effet en 1717 que trois pêcheurs avaient retiré de leur filet une statuette représentant un corps de femme blessée, sans tête ; en relançant leur filet, ils ont trouvé la tête qui manquait. Ils avaient beaucoup prié pour que leur pêche soit bonne, pas pour une pêche miraculeuse ! Dieu répond à nos prières de manière étonnante, mais Il ne nous donne que des choses bonnes, pas forcément celles que nous attendions. Et cette statuette attire aujourd’hui des millions de pèlerins qui viennent prier Marie comme l’avaient fait avant eux les pêcheurs, avec humilité. Fé e Luz s’est donc joint à cette grande ferveur populaire et a voulu que la fête des 40 ans se passe au milieu d’une grande foule, pour pouvoir être visible et témoigner ainsi de la manière dont Jésus a un amour de prédilection pour les plus petits. La foule était grande en effet car cela s’est passé au cours du grand week-end de la Fête-Dieu. Et même si nous étions environ 400, nous n’étions qu’un petit nombre face à la foule des pèlerins venus en masse à Aparecida.
Pour que la fête soit encore plus belle, des délégués venus des pays des provinces d’Amérique Latine étaient venus du Paraguay, du Chili, du Pérou, du Nicaragua et du Mexique. Maria-Cecilia était venue avec Tim des États-Unis, mais Zilda n’a pas pu être des nôtres ; elle avait envoyé un message très en phase avec celui d’Aparecida : en toutes circonstances, il faut prier, prier, prier…
Depuis la célébration d’ouverture jusqu’à la célébration d’envoi, ce fut un véritable festival qu’il est impossible de raconter tellement tout était merveilleusement préparé et animé. Et puis, raconter une fête organisée par des Brésiliens, c’est quasiment impossible, il faut y être pour comprendre que tout est occasion de joie, de rires, d’émotions… Donc je ne peux que donner quelques flashes qui me restent dans le cœur après ces belles journées :
Les décorations d'Aparecida 
-         -  La Fête-Dieu, grande célébration populaire avec la très belle procession dans la vieille ville dont les rues étaient recouvertes de tapisseries superbes. Elles sont réalisées avec de la sciure de bois colorée, du marc de café, de la farine, des fleurs, du sable et quelques autres accessoires tels que des capsules de bouteilles... Chaque paroisse avait la charge d’une tapisserie et elles avaient rivalisé d'imagination et d'inspiration pour honorer le passage duSaint Sacrement !
-        -  La célébration d’ouverture avec un festival de bannières toutes plus belles les unes que les autres et de nombreux messages : de Zilda, Jean Vanier et Marie-Hélène en vidéo, mais aussi de Maria-Cecilia et bien d’autres. J’ai modestement essayé de répondre à la question qui m’avait été posée, quelle vision pour Foi et Lumière ? Je n’ai pas la vision de l’avenir, mais pour avancer, j'ai dit qu'il fallait trois outils, en lien avec l’appel, l’identité et la mission : écoute (l’attention au cri du pauvre), la fidélité (à sa communauté, c’est là qu’on trouve l’énergie) et l’audace (que nous donnent les personnes ayant un handicap).
Don Sergio distribue des marque-pages F&L
Célébration dans la grande basilique
-        -  La célébration eucharistique dans la grande basilique présidée par l’évêque d’Aparecida, Don Sergio Krzywy, évêque référence de Foi et Lumière au Brésil, et concélébrée par les 8 aumôniers présents. La basilique était pleine et les pèlerins présents à cette messe nous ont bien vus et ils ont beaucoup entendu parler de Foi et Lumière ! J’ai été très agréablement étonné en voyant, après la messe, sur le chemin du retour vers les lieux d’hébergement, don Sergio distribuer aux passants des marque-pages Foi et Lumière ; voilà un évêque référence qui fait honneur à sa mission !
-       -  La fête d’anniversaire dont je ne retiens qu’une seule image : Sainte Bernadette priant à genoux devant Notre-Dame d’Aparecida. Un beau raccourci pour que se rejoignent les anniversaires de Foi et Lumière (avec Bernadette) et d’Aparecida !
-      -   Les rencontres avec les uns et les autres ; là aussi, je ne retiens que celle avec un aumônier français, Philippe Roche (qui a écrit un témoignage dans Hisse et Ho ! n° 33 page 19). Il m’a raconté la vie au quotidien de sa communauté dans les favelas…
-      -   Les retrouvailles avec mes amis handicapés rencontrés au cours des visites précédentes ; ils ont tous une meilleure mémoire de moi et leur amitié n’a pas pris une ride. Je ne peux pas les citer tous, de peur d’en oublier, mais Vanessa, Ricardo, Rubencito, Thiago, Freddy, Jose Felipe et tous  les autres, je ne vous oublie pas ! Vous restez tous dans mon coeur e mes prières.
-      -   La célébration d’envoi, au bord de la rivière où les pêcheurs ont eu cette belle découverte de la statuette de Marie, présidée aussi par don Sergio, s’est terminée par une célébration d’envoi au cours de laquelle ont été associés les jeunes qui iront en Espagne début août : ils partent bien à cette rencontre non pas seulement pour se baigner dans la mer Méditerranée, mais aussi avec une mission à remplir !
Maria-Silvia avec Sabrina et Angelina
Pendant ces journées, les membres de la province Campo Belo se sont réunis pour une assemblée provinciale. Cela fait la deuxième assemblée à laquelle j’ai participé sur les trois qui ont eu lieu depuis 2009. Sabrina Nalon a été élue et remplace Angelina pour les quatre prochaines années. Merci à toutes les deux pour le service donné et à donner !

Ces quelques jours passés au Brésil furent une fête extraordinaire et je suis revenu même pas fatigué (alors que j’avais plein de bonnes raisons pour l’être !) car j’ai été sans arrêt porté par l’enthousiasme des amis d’Amérique Latine : une fête là-bas, ce n’est même pas fatigant !! Merci à tous ceux qui se sont donné beaucoup de mal pour que tout soit réussi, que Dieu bénisse Fé e Luz et que Nossa Senhora da Conceição Aparecida vous accompagne pour les 40 prochaines années !

Bon anniversaire !
L'album photo 










mercredi 5 juillet 2017

Ne craignez pas !


Le Vésuve et la baie de Naples depuis la château St Elme
Pour la fête de la Pentecôte 2017, j’ai bouclé la boucle des provinces Foi et Lumière ; la province Mers et Volcans (Sud de l’Italie) est en effet la 52ème province que j’ai visitée depuis 2008. Il est important pour le coordinateur d’aller à la rencontre de tous sans discrimination de distance, ce n’est pas parce que la province est éloignée qu’il ne faut pas y aller, au contraire ! Mais cette fois, pour aller à Naples, ce n'était pas trop loin !
Le Vésuve depuis Castellamare
En ce début du mois de juin, la province Mers et Volcans, la bien nommée, s’est réunie à Castellamare di Stabia (au bord de la mer Tyrrhénienne), et au pied d’un volcan, le fameux Vésuve. C’était le moment choisi pour l’assemblée de la province et toutes les communautés de Campanie, des Pouilles, de Basilicate et de Sicile étaient venues pour ce moment important de la vie de la province. Je suis arrivé la veille et j’ai été accueilli par Bruno Galante, de Naples, qui m’a fait les honneurs de sa belle ville, et de son centre historique. Nous avons vu l’église du Gesù Nuovo, la basilique Santa Chiara et son beau cloître, la cathédrale, il Duomo San Gennaro, le château Saint Elme qui domine toute la baie de Naples pour ne citer que les principaux lieux visités, sans oublier une dégustation de la grande spécialité napolitaine,  la pizza !
A Castellamare, pendant trois jours, des temps de réflexion, de prière, de discernement, mais aussi des temps de fête ont rythmé le programme. Chaque jour, un mot clé était donné en référence au thème de la rencontre "Ne craignez pas !" : avoir confiance (ce qui fait que les relations que nous avons entre nous sont solides, que nous pouvons compter les uns sur les autres), s’abandonner (laisser toute sa place à l’Esprit Saint pour nous accompagner) et être transformé (ne plus avoir peur de l’autre). 


Carlo et Vito
Concours de danse
Le discernement a trouvé très naturellement sa place dans cette trame et, Vito Giannulo a été élu coordinateur de la province pour succéder à Carlo ; un grand merci à tous les deux ! Vito est journaliste et est le fils de Vanna Rossani, ancienne coordinatrice nationale de l’Italie. Puis nous avons vécu la traditionnelle fête où, avec Vito et Lucia, comme membres du jury, nous avons dû départager les équipes en course pour le plus beau chant, la plus belle danse…
Vito reprend la bannière de la province
Cave canem
Sur le chemin du retour, nous avons visité les ruines de Pompéi : ce fut une relecture des livres d’histoire de ma jeunesse. J’y ai retrouvé toutes les images qui avaient marqué ma mémoire, les passages pour piétons, les mosaïques de chien (cave canem)…

Ce que je retiens surtout de ces trois jours, c’est la rencontre d’une maman de Sicile venue avec son fils, deux fois plus grand qu’elle, et très handicapé. La tendresse avec laquelle elle s’est occupée de lui, sa grande foi, son grand désir que Jésus vienne à la rencontre de son fils, m’ont énormément touché. Rien que pour elle, ça valait le coup de fonder Foi et Lumière ! Et j’ai compris qu’elle ne connaît Foi et Lumière que depuis peu de temps… Combien comme elle sont en attente de nous rencontrer ? Ne craignons pas d’aller à leur rencontre !

jeudi 29 juin 2017

En marche vers la paix avec Dorothée et Nicolas

Frère Nicolas
Le tableau de la roue
Il y a 600 ans naissait Nicolas de Flüe (ainsi nommé car né dans une ferme de Flüeli) dans le canton d’Obwald, au plein cœur de la Suisse. A 30 ans, il se maria avec Dorothée et ils eurent dix enfants, cinq garçons et cinq filles. Vingt ans plus tard, juste après la naissance de leur dixième enfant, il a tout quitté pour devenir ermite au Ranft. Sa spiritualité peut se résumer à la contemplation quotidienne de son livre de prière, le fameux tableau de la roue. Il a souvent été consulté par les uns et les autres pour résoudre des différends plus ou moins importants et les réponses lumineuses qu’il a données ont fait de lui un des principaux saints patrons de la Suisse car il a su ramener la paix et la communion entre tous. On peut juste regretter que sa femme Dorothée, qui avait compris que l’appel que son cher mari avait reçu le dépassait, la dépassait, et qu’ils avaient besoin tous les deux de s’abandonner à la Miséricorde divine, n’ait pas elle aussi été canonisée… Mais les communautés Foi et Lumière de Suisse et du Jura français les ont fêtés tous les deux ensemble, associant Dorothée à frère Nicolas, pour se mettre en marche vers la paix.
La célébration d'ouverture avec Mgr Jean-Marie Lovey, évêque de Sion
L'arbre de la paix
Nous étions environ 250 pèlerins à nous être mis en route pour rejoindre le pays de frère Nicolas, dans le petit village de Sankt Niklausen : le cadre était magnifique, au-dessus du lac de Sarnen, au-dessous de superbes sommets, au milieu des vaches… Nous avons pu aller visiter le Ranft et l’ermitage de frère Nicolas, célébrer la réconciliation par une très belle liturgie, concrète et priante, fêter la paix avec une très belle animation musicale, construire un arbre de la paix, danser, chanter, prier tous ensemble dans une grande amitié. Nous avons repris à notre compte les dix règles de la paix que chaque communauté a illustrées à sa manière.
Un groupe de scouts était venu apporter leur aide, des jeunes pleins d’énergie, et j’ai pu constater que, comme d’habitude dans de telles circonstances, ceux qui viennent aider finissent par réaliser qu’ils reçoivent plus que ce qu’ils ont pu donner.
La fête finale pleine de joie
Joséphine était venue de Chypre pour ne pas oublier que son pays est divisé et que tous y attendent aussi la paix.
Sur le chemin du retour, nous avons pu découvrir des paysages superbes de lacs, de montagnes et de vallées jusqu’à la maison de Gabrielle et Pierre-André, très accueillants et heureux de nous faire découvrir leur ville de Gruyères et les montagnes environnantes ! Merci !
Je n'oublie pas la prière de frère Nicolas que nous avons chantée si souvent... 



"Mon Seigneur et mon Dieu, prends-moi tout entier pour Toi, mon Seigneur et mon Dieu. Arrache de moi tout ce qui m'empêche d'être à toi ; Accorde-moi tout ce qui peut me rapprocher de Toi ; Délivre-moi de moi-même et prends-moi tout entier pour Toi."

Le père Klaus n'avait pas apporté son cor des Alpes, mais on a  pu en voir.
Isabelle, Joséphine et Gabrielle à plus de 2000 mètres (Moléson)

Album photo




vendredi 9 juin 2017

Marie, femme de Cléophas, continue sa route…

Conférence à Gap
Au cours des dernières semaines je suis allé présenter le livre "Moi, Marie, femme de Cléophas" au centre diocésain de Gap (Hautes Alpes), à la librairie UOPC de Bruxelles, puis à la Viale-Europe, une communauté d’environ 25 jeunes adultes venus à Bruxelles pour le travail ou leurs études. Entre temps, j’avais été invité à une séance de signature à la librairie de la Procure à Versailles. Enfin, au cours d'un pèlerinage en Suisse, j'ai été invité à présenter le livre aux communautés de la province "Monts et Vallées sans Frontière".
On me demande souvent quelle a été l’inspiration qui m’a poussé à écrire ce livre, quelles sont les origines de cette initiative. Je réalise de plus en plus, à force de répondre à toutes ces questions, combien ce travail d’écriture me dépasse. Cette femme, Marie, n’est mentionnée qu’une seule fois dans un verset des Évangiles (Jn 19, 25) : je suis allée la retrouver pour raconter, à travers elle, ma propre histoire. J’ai voulu, à travers ses aventures et ses tribulations, dire combien son amitié avec Jésus et Marie sa mère ont bouleversé sa vie. Pour cela, il m’a fallu faire trois exercices très périlleux : remonter le temps d’environ 2000 ans, voyager jusqu’en Terre Sainte (où je ne suis encore jamais allé), et surtout… me mettre dans la peau d’une femme !
Conférence à Bruxelles
J’ai si souvent entendu Jean Vanier parler de l’Évangile comme s’il avait véritablement été le témoin de ce qu’il raconte. Il est si familier de tous ces personnages qui peuvent nous paraître lointains que j’ai tenté à mon tour de pousser les portes qui existent - si on les cherche bien - pour entrer et aller me promener dans tous ces lieux dont parlent les évangélistes. Et ça marche ! Et j’ai réalisé que ce que disent Jean Vanier et Marie-Hélène Mathieu est vrai : ce ne sont pas eux qui ont fondé Foi et Lumière ou l’Arche, mais Jésus et Marie sa mère ! J’ai découvert combien Saint Pierre peut être d’un tempérament simple, chaleureux et coléreux ; j’ai imaginé Saint Paul dur avec les autres et avec lui-même, mais attentif aux autres et capable de se remettre en cause devant la simplicité d’un jeune garçon handicapé.
Présentation du livre en Suisse
Aujourd’hui, Marie, la femme de Cléophas a traversé les siècles et elle m’accompagne et me pousse à être attentif à chacun. Ces communautés de rencontre qu’elle a fondées à l’initiative de Jésus et de Marie à partir de Béthanie, elle a le souci de les voir continuer à se développer partout où cela est possible.
C’est ainsi que j’ai été touché par cette jeune femme, maman d’un enfant trisomique de trois ans : je n’ai pas pu lui conseiller de rejoindre la communauté Foi et Lumière de sa paroisse car ils sont bien plus âgés en moyenne qu’elle… Elle n’a comme seul secours et seul objectif de rejoindre d’autres parents comme elle à travers les réseaux sociaux pour échanger et partager ; elle y trouve pour le moment du réconfort et les informations nécessaires sur les prises en charge possibles pour son fils ; elle peut dire plus de choses à travers l’anonymat de son clavier et de son écran d’ordinateur… mais il faudra bien un jour qu’elle passe par de vraies rencontres et de vraies amitiés.
J’ai aussi rencontré une autre maman. Son fils handicapé est bien plus âgé et a une sociabilité quasiment nulle ; c’est un grand gaillard deux fois plus grand qu’elle et le seul réconfort qu’elle a (elle vit seule avec son fils depuis que son mari l’a quitté) est de venir à Foi et Lumière qu’elle a découvert depuis peu. Elle paraît toujours très tendue, anticipant tout ce que son fils peut imaginer, et ses larmes ne sont jamais très loin… Que faire pour l’aider et la soulager ? Comment rejoindre les autres familles qui sont comme elles ?

Foi et Lumière n’a peut-être pas qu’un seul modèle pour venir en aide aux familles qui ne s’en sortent pas toutes seules. Il faut se mettre à l’ouvrage pour trouver des solutions nouvelles, à l’intérieur du cadre défini pour l’appel, l’identité et la mission de Foi et Lumière que nous avons travaillé récemment. Marie, femme de Cléophas, veut nous inciter à faire comme elle, à faire comme Jean et Marie-Hélène l’ont fait à leur tour : nous sommes tous appelés à être fondateurs, à imaginer des solutions nouvelles pour soulager les familles qui ont tant de mal à vivre la solitude, la souffrance, le rejet à cause de leurs enfants ayant un handicap. Il faut y aller !

lundi 24 avril 2017

Dis, papa, pour qui on va voter ?

Au lendemain du premier tour, je me pose beaucoup de questions quant au deuxième tour du 7 mai prochain... Avec Julie, nous avons voté de manière identique, un vote de conviction ; voter, c'est voter pour quelqu'un, un programme, des idées, ce n'est pas voter, au terme de réflexions stratégiques plus ou moins fumeuses, contre quelqu'un de manière à favoriser l'élimination de tel ou tel adversaire pour la suite des élections.
Quel candidat présent au deuxième tour s'est clairement exprimé pour la défense de la vie, comme le demandent les évêques de France ? "La dignité de notre société se reconnaît au respect des plus faibles de ses membres depuis le début de leur vie jusqu'à leur fin naturelle". Quel candidat se prononce pour la défense de la famille, tissu nourricier de la société ? 
Je ne me vois pas expliquer à Julie des recommandations de vote que je ne saurais pas m'appliquer à moi-même.
Donc, j'en conclus qu'aucun des deux candidats n'aura notre voix. Et nous prierons pour notre pays.

jeudi 6 avril 2017

Aller à Lourdes, c’est comme revenir à la maison.

Aller à Lourdes pour une rencontre Foi et Lumière, c’est comme revenir à la maison ! On s’y sent toujours chez soi, mais c’est aussi à chaque fois une nouvelle te enrichissante expérience.
Les 11 et 12 mars, la province "Entre deux Mers" s’est retrouvée à la Cité saint Pierre, là où a eu lieu notamment la rencontre internationale d’octobre 2008, le conseil des coordinateurs de février 2011. Que de bons souvenirs ! Même avec un programme très chargé, j’ai pu prendre le temps de descendre jusqu’au sanctuaire pour y déposer toutes les intentions que j’avais reçues de ma famille de mes amis et de Foi et Lumière.

Cette assemblée provinciale a eu lieu selon les "canons" de Foi et Lumière : bilan des quatre années passées, choix des priorités pour les quatre prochaines années, présentation des personnes qui ont été nommées pour faire partie de la nouvelle équipe provinciale, discernement, élections, action de grâce… Rien de très original, semble-t-il, mais à l’intérieur de figures imposées, il peut y avoir beaucoup de libertés pour manifester de l’originalité dans l’attachement que nous portons à Foi et Lumière.
D’une manière symbolique, l’ensemble de l’ancienne équipe a déposé son tablier de service avant le début de l’assemblée et la nouvelle équipe a repris le tablier à la fin de l’assemblée. Même si Michel et Sabine Arduino, accompagnés par Sam, ont repris du service, ils ont été pendant le temps de l’assemblée des délégués presque comme les autres.
Le temps de discernement a été suivi par un temps d’adoration devant le Saint Sacrement, une manière de se placer dans les mains de Jésus, pour qu’il puisse indiquer à chacun qui Il avait choisi pour accompagner la province.
La veillée a été très joyeuse ; il fallait deviner quelques figures de Foi et Lumière de trois manières différentes, avec des explications, par un mime, par un seul mot… et comme d’habitude, notre célèbre esprit de compétition a fait que chacun a gagné !
Jean-Luc raconte le pèlerinage de 1975 à Rome
Pendant tout le temps de cette assemblée, nous avons pu admirer les talents d'artiste de Jean-Luc Chaigneau ; il habite à La Rochelle et a participé à tous les pèlerinages internationaux de Foi et Lumière depuis 1971 ! Il a notamment réalisé un album de dessins (plus de 150 planches) qui raconte les premiers pèlerinages avec talent et beaucoup d'humour ! Hisse et Ho a parlé de lui en juin 2010 (numéro 6).




La messe du dimanche fut célébrée par le père André Cabes, recteur des sanctuaires de Lourdes, et ancien aumônier de communauté. Quand Monseigneur Jacques Perrier nous disait que Foi et Lumière faisait partie du patrimoine génétique de Lourdes, il ne se trompait pas !

Bonne route à la nouvelle équipe, que Notre-Dame de Lourdes veille sur vous !
La nouvelle équipe provinciale