Foi et Lumière est constitué de communautés de rencontre formées de personnes ayant un handicap mental, de leurs familles et d'amis, spécialement des jeunes, qui se retrouvent régulièrement dans un esprit chrétien, pour partager leur amitié, prier ensemble, fêter et célébrer la vie.

mercredi 1 février 2012

Ecoute dans la nuit.

A la veille de la fête de la Lumière, Foi et Lumière était à l’honneur sur les ondes de Radio Notre-Dame ! De 10 heures à minuit, j’étais avec Corinne Chatain dans le studio de la radio chrétienne avec Chantal Bally, l’infatigable animatrice des soirées de cette station devenue indispensable dans le paysage médiatique, tellement elle apporte un air pur et vivifiant ! Chantal éclaire chaque soir les nuits de ceux qui écoutent sur les ondes (en région parisienne mais aussi dans de nombreux pays francophones) ou sur internet. Comme elle le dit : "il s’agit d’être témoin des merveilles de Dieu".

Ce soir là, les merveilles de Dieu, c’était la merveilleuse, l’improbable, la mystérieuse aventure de Foi et Lumière ! Marie-Hélène Mathieu est intervenue au téléphone pour redire les faits marquants des débuts du mouvement, pour reconnaître très humblement que tout ça n’est pas son œuvre ni celle de Jean Vanier, mais un don de Dieu, qui leur a été confié en 1971 à la grotte de Massabielle. Marie-Hélène ne le voyait pas, mais Chantal Bally avait sous la main le livre "Plus jamais seuls", plein de marque-pages, abondamment annoté, et de nombreuses pages de notes manuscrites… ses questions ont été très pertinentes et ont permis de bien mettre en valeur les points essentiels de notre "Histoire Sainte".

D’autres témoins sont aussi intervenus au téléphone :
Une amie : Aïnhoa, a dit combien elle était heureuse d’avoir rencontré Foi et Lumière et combien la vie de sa communauté lui faisait du bien, à elle et à toute sa famille.
Corinne, depuis le studio a également dit combien Foi et Lumière avait changé sa vie et l’avait orientée dans un sens qu’elle n’aurait pas imaginée, grâce à la lecture d'un exemplaire de la revue "Ombres et Lumière".
Un aumônier : le Père Xavier a donné un témoignage très émouvant, disant combien le souvenir d’une personne handicapée le prenant dans ses bras avait redonné force et vigueur à son sacerdoce !
J’ai été la voix des parents, à travers la présence de Julie dans notre famille : elle m’a fait, elle continue à me faire beaucoup de bien, à me transformer chaque jour.
Malheureusement, des problèmes techniques ont empêché Emmanuel, personne ayant un handicap mental, de donner son témoignage sur le livre de Marie-Hélène qu’il lit petit à petit : il le trouve très complet, et aime beaucoup retrouver Marie-Hélène dans sa communauté Foi et Lumière.

Et puis, nous avons pu illustrer la manière dont nous fêtons les 40 ans de Foi et Lumière par des pèlerinages à travers le monde : Dora, du Brésil, a témoigné de la beauté du pèlerinage qui a eu lieu à Aparecida, et qui a permis aux participants venus de tout le Brésil et d’autres pays d’Amérique du Sud de vivre la joie de Foi et Lumière à leur manière (et leur joie fut vraiment très spéciale !) ; Raymonde, de Reims, a dit toute la joie qu’elle a eu de vivre le pèlerinage des pays de l’Océan Indien à Madagascar, a exprimé son émotion devant la simplicité, la vérité des témoignages des mamans qui restent si attachées à leur enfant handicapé malgré la très grande pauvreté du pays ; j’ai aussi donné quelques nouvelles d’autres pèlerinages comme celui d’Egypte Sud qui a eu lieu malgré les difficultés immenses de ce pays ; et j’ai enfin pu dire ma joie de voir le Saint Père embrasser deux enfants handicapés de la communauté de Cotonou pendant son voyage au Bénin en novembre dernier (au son de ce beau chant : "Jubilez, criez de joie ! ")

Un grand merci à Denis Thomas, vice-coordinateur de province à Paris, qui a permis de faire le lien avec Radio Notre Dame, et maintenant préparons bien la fête de la Lumière !

lundi 23 janvier 2012

10 provinces à Paris

Pendant deux jours, les coordinateurs des provinces de France et de Belgique se sont retrouvés près de Paris avec Ludovic et Agathe, les vice-coordinateurs en charge d’accompagner ces provinces, le frère François-Marie, aumônier de la France, Francis Babeau et Chantal Hablot, président et secrétaire de l’association Foi et Lumière France. Jean-Régis et Andrée Boisdron n’étaient pas là, Andrée n’étant pas encore complètement rétablie de sa fracture du fémur, mais Christian et Mauricette les représentaient.
Ces deux jours furent riches et bien remplis : Assemblée Générale de l’association, temps de partage d’expérience, accueil de Marie-Hélène Mathieu, croisière sur la Seine (non pas avec la barque de Foi et Lumière, mais en bateau-mouche) !

L’Assemblée Générale a retravaillé les statuts de l’association Foi et Lumière France et j’ai pu constater que la création des associations provinciales était en bonne voie.

C’est avec une joie partagée que Marie-Hélène Mathieu a été accueillie : elle a présenté son livre et a fait partager son enthousiasme toujours intact, et toujours aussi communicatif ! Elle a donné un grand élan pour que cet ouvrage soit connu et aide les communautés à bien connaître et comprendre les origines de notre mouvement ; même si les défis de l’époque ne sont plus ceux d’aujourd’hui, il y a toujours des combats à mener pour soutenir les personnes ayant un handicap et leur famille…

J’ai pu donner un temps d’enseignement, et j’ai essayé de dire combien Foi et Lumière pouvait être une réponse forte à donner à notre monde, si empêtré dans des crises de sens… L’accueil et le souci du plus petit, du plus fragile, ne peut qu’apporter justice et paix aux hommes ; nous avons à rendre compte de l’espérance qui est en nous, avec douceur et respect (1P 3, 15-16), même si l’on doit dire de nous : "ils ont perdu la tête ! " (Mc 3, 21 : c’était l’Evangile du jour...).

Les temps d'échange avec les coordinateurs de province sont toujours très intéressants, car on y partage tant de choses concernant la vie des communautés avec leurs joies, leurs difficultés. La préparation des pèlerinages ou des délégations à des pèlerinages d’autres provinces a occupé une grande place. La question des retraites Foi et Lumière a été posée, car peu de provinces ont maintenu le rythme de ces temps forts pour les provinces. Je pense qu’il faudra y revenir, une fois que les fêtes du 40ème anniversaire seront terminées : on aura besoin de rendre grâce pour tout ce qui aura été vécu pendant les pèlerinages et de repartir avec ce message de joie qu’il va falloir continuer à diffuser !

Et le soir, petite virée en bateau-mouche… Paris est toujours une belle ville et la découvrir ou la revoir depuis la Seine est toujours un spectacle féérique ! Le bateau était plein de touristes étrangers, dont beaucoup de Chinois venus à Paris fêter le nouvel an et l’arrivée de l’année du dragon : Gong Xi Fa Cai!

Le dimanche, le frère François-Marie a célébré l’Eucharistie pour l’unité des chrétiens. En cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens, notre prière doit en effet être la source de nos actions en faveur de l'œcuménisme : notre responsabilité est grande pour promouvoir l’unité entre toutes les communautés Foi et Lumière qui sont enracinées dans leur tradition chrétienne et partagent toutes la même charte.

Merci à tous pour ces deux jours qui redonnent du souffle et de l’élan. Tous sont repartis et attendent avec impatience la prochaine rencontre de ce type !

vendredi 13 janvier 2012

Noël tropical


 Nous revenons d’un séjour de trois semaines (incluant Noël et le 1 janvier) en Nouvelle Calédonie ! Deux de nos fils nous ont accompagnés pour rendre visite à Nicolas, qui habite à Nouméa pour encore six mois. Julie était restée en métropole, ainsi que son frère Olivier et sa famille.
Ca fait tout drôle de vivre ce temps de fête en chemisette, bermuda et tongs ! Le Père Noël, très présent aussi dans l’hémisphère sud, n’a pas cette chance, car il doit revêtir son traditionnel grand manteau rouge à large capuchon, et sa barbe lui tient bien chaud !
Il y a quelques années, une communauté Foi et Lumière existait à Mont Dore, aux environs de Nouméa. Après s’être multipliée en trois communautés, le rythme des réunions a diminué jusqu’au jour où, en 2006, tout s’est arrêté. J’ai pu appeler Jacqueline, l’ancienne coordinatrice de la communauté d’origine, et nous nous sommes rencontrés, ce qui m’a permis de faire la connaissance de sa fille Aurélia. Jacqueline a été très heureuse de ce contact, car elle n’avait plus eu de nouvelles depuis 5 ans (il faut dire qu’elle n’est pas tout près, et qu’en plus elle n’a pas d’internet). Il y a eu pourtant de nombreuses visites : Marie-Hélène, le père Joseph, Elaine Swaine, Anne-Marie Pike et d’autres encore sont venus pour former, encourager cette petite pousse fragile…
J’ai pu également avoir un contact avec Mgr Michel Calvet, archevêque de Nouméa et Mgr Ghislain de Rasilly, évêque de Wallis et Futuna ; je leur ai remis à chacun un exemplaire dédicacé du livre de Marie-Hélène, des dépliants Foi et Lumière, leur disant combien les communautés pouvaient faire du bien partout où elles existaient. J’ai donc bon espoir que Foi et Lumière va pouvoir redémarrer en Nouvelle Calédonie, et démarrer à Wallis et Futuna (j’ai eu un contact avec une assistante de l’Arche à Toulouse qui est originaire de Wallis).
Rassurez-vous, ces trois semaines de vacances n’ont pas été consacrées qu’à Foi et Lumière ! Nous avons pu découvrir un pays extraordinaire avec des paysages magnifiques, des couleurs splendides, une flore luxuriante (comme les pins colonnaires ou les fougères arborescentes dont certaines mesurent 30 mètres de hauteur), une faune très variée, notamment dans les eaux du lagon (comme le fameux tricot rayé, dont le venin est dix fois plus puissant que celui du cobra royal !) et sur la terre (comme l’oiseau cagou, oiseau emblème de la Nouvelle Calédonie).

Bonne année 2012 à tous !

lundi 12 décembre 2011

Joyeux Noël !

Autrefois en France, quand le budget n’avait pas été voté avant la fin de l’année, on arrêtait symboliquement les pendules du Parlement jusqu’à ce que le vote soit acquis.
A Foi et Lumière, nous arrivons à la fin de 2011 et toutes les célébrations de notre 40ème anniversaire ne sont pas terminées… alors, nous aussi, nous allons arrêter les pendules ! Pas seulement pour quelques heures, mais pour plusieurs mois : jusqu’à la Toussaint 2012, nous serons encore en 2011 !!
Il fallait bien 21 mois pour fêter cet anniversaire !
Tout a commencé à Lourdes où nous étions rassemblés avec les coordinateurs de province : le jour de la fête de la Lumière, nous avons allumé un grand feu destiné à briller jusqu’aux extrémités de la terre et chaque coordinateur est reparti, avec une lanterne et une bannière toute neuve, en messager de la joie vers les communautés de sa province. Tout se terminera en novembre 2012 pour les deux derniers pèlerinages programmés à Banneux (Belgique) et à Ars (France). Au milieu de ces 21 mois de fête, il y a Noël qui doit avoir pour nous tous une saveur particulière car le 25 décembre 2011 sera le centre et le point culminant de nos fêtes d’anniversaire… Nous partirons pour un autre pèlerinage et irons fêter l’anniversaire de Jésus, qui est un anniversaire bien plus important que celui de Foi et Lumière, nous accueillerons Celui qui est venu s’incarner dans le cœur de chacun d’entre nous, pour nous révéler son humilité et nous manifester sa puissance et sa gloire à travers la pauvreté et la fragilité, pour que nous soyons, à sa suite, des princes de la Paix.

"Qui regarde vers lui resplendira, sans ombre ni trouble au visage." (Ps. 33, 6)
Comme action de grâces pour toutes les joies déjà vécues depuis février 2011, je voudrais que nous apportions au petit Jésus de la Crèche, enfant humain, nu, fragile et complètement dépendant de ses parents, tous les beaux cadeaux reçus cette année :
- les nombreux pèlerinages qui ont déjà eu lieu depuis Waikanae en Nouvelle Zélande jusqu’à Deir Dronka en Egypte, qui ont rassemblé au total plus de 7000 personnes. Ils ont eu lieu à Aparecida (Brésil), Lourdes (deux fois, à Pâques et en juillet), Paola (Italie), Loreto (Italie), Steyl (pays Bas), Paray-le-Monial (France), Loreto et Rome (Italie), Sumuleu Ciuc (Roumanie), Antananarivo et Antsirabe (Madagascar), Lady of the Snows (USA), Półczno/Sianowo (Pologne), Nara (Japon), Santiago (Espagne). Il y a eu également des pèlerinages de communauté au Soudan, au Cameroun, au Zimbabwe… Des pays ont fêté d’autres anniversaires comme les 20 ans de Tikėjimas ir Šviesa en Lituanie, les 25 ans de Fe y Luz au Honduras…
- le livre de Marie-Hélène, tant attendu, nous permet de revivre notre histoire sainte et de nous replonger dans les origines de notre mouvement. Il est indispensable de bien connaître l’intuition des origines et le travail de nos fondateurs pour bien vivre la mission qui nous est confiée.
- la participation à la rencontre d’Assise en octobre fut une confirmation de la mission prophétique de Foi et Lumière pour la paix. L’accueil de la personne fragile dans nos communautés est un signe que les différences sont un enrichissement quand elles sont vécues dans l’amitié et la fraternité, qu’elles ne doivent pas nous faire peur.

"Un pauvre crie ; le Seigneur entend : il le sauve de toutes ses angoisses." (Ps. 33, 7)
Je voudrais que nous présentions aussi à Jésus tout ce que nous avons vécu de plus difficile, car tout n’a pas été rose cette année…
- la création d’un nouveau pays, le Soudan Sud a vu beaucoup de familles engagées dans Foi et Lumière quitter leur maison pour aller dans ce nouveau pays. Les évêques et les paroisses ont été prévenus pour que des communautés puissent démarrer très vite.
- Il y a eu un gros tremblement de terre à Christchurch (Nouvelle Zélande) qui faisait suite à un autre en 2010 et beaucoup de membres des communautés locales ont subi des dégâts importants.
- Même si les communautés du Japon sont localisées à Tokyo ou au sud de Tokyo, le tremblement de terre, le tsunami et les accidents nucléaires ont durement frappé le pays. Deux aumôniers de Foi et Lumière ont passé plusieurs semaines dans une paroisse du nord du pays pour leur apporter soutien et réconfort.
- Les événements du Moyen Orient en Egypte et en Syrie ont obligé les provinces à reporter les pèlerinages programmés à Deir Dronka, sur les bords du Jourdain (Jordanie) et à Said Naya (Syrie). La province d’Egypte Sud a pu reprogrammer le pèlerinage en novembre qui fut très réussi ! Plus de 500 participants ont pu fêter et célébrer la joie des 40 ans de Foi et Lumière sur les lieux où la Sainte Famille s’est réfugiée.
Alors, en cette veille de la deuxième moitié de notre année d’anniversaire, je vous souhaite une très bonne année 2012 ! Poursuivons la fête ! Et pour conclure, je cite ce qu’a dit l’évêque de Minya (Egypte) à la fin du pèlerinage de Deir Dronka : « C’est dans les moments de souffrance, de peur, de précaution… que Jésus sème sa joie, sa paix dans les coeurs !... A travers ‘ses petits ‘, il crée l’unité entre tant de rites, de pays, de villages si différents !... »

jeudi 8 décembre 2011

Foi et Lumière il y a 100 000 ans !!

J’ai trouvé l’histoire de la première communauté Foi et Lumière dans un récit de Xavier Le Pichon, chercheur, professeur honoraire au Collège de France et membre de l'Arche. Cette histoire est très belle et nous rappelle combien la rencontre avec la personne faible, l’attention portée aux plus fragiles d’entre nous est constitutive de notre humanité.


Au cours de fouilles faites dans les années 50 dans une caverne in Iraq, une série de tombes de Néanderthaliens datant d’une centaine de milliers d’années a été découverte. L’un des squelettes était celui d’un homme d’une quarantaine d’années, appelé "homme de Shanidar", qui était si profondément handicapé qu’il n’aurait pas pu vivre sans le support du groupe auquel il appartenait. Ralph Solecki, auteur de cette découverte a écrit : « Cet homme manchot, borgne et estropié n’avait aucune possibilité de contribuer à acquérir sa propre nourriture par la chasse ou la cueillette. Qu’il ait survécu durant des années est un témoignage de la compassion et de l’humanité des Néanderthaliens ». 
Depuis, d’autres découvertes ont confirmé que l'homme de Shanidar n’était pas une exception et que les Néanderthaliens nourrissaient les membres de leur communauté trop handicapés pour contribuer à la recherche de leur propre nourriture et en prenaient soin de manière générale. Pour survivre, il avait fallu que ces personnes soient complètement prises en charge par leur communauté. Et quelles étaient ces communautés ? Elles ne devaient pas comprendre plus de quinze à vingt personnes vivant de la chasse et de la cueillette sans campement permanent. Chaque jour, il fallait se déplacer pour trouver de nouvelles ressources. Il est difficile d’imaginer les efforts déployés durant ces nombreuses années pour transporter ces personnes de camp en camp, pour les nourrir, et simplement pour leur permettre de survivre. Pourquoi ces petits groupes prirent-ils la décision qui nous apparaît complètement folle de complètement réorganiser leur vie autour de ces proches profondément handicapés pour qu’ils puissent survivre ? Que recevaient-ils en échange pour continuer à le faire pendant des années ? Pourquoi décidèrent-ils de l’enterrer ? Enterrer une personne était la marque d’un respect très particulier. L’homme de Shanidar nous montre que l’expérience de l’accueil d’une personne souffrante est au cœur de notre identité d’humain depuis notre toute première origine. De fait je pense que c’est dans cet accueil que nous nous faisons l’un à l’autre le don de notre humanité. Notre humanité est une potentialité que nous devons découvrir pour la faire grandir et cette découverte ne peut se faire qu’au cours de ces expériences de rencontre avec la personne souffrante. Et c’est ce don mutuel qui est à la fois le fruit et la récompense de la rencontre.

mercredi 30 novembre 2011

A Deir Dronka, ils sont tous des apôtres de la joie !

Après l’annulation du pèlerinage prévu en février 2011 à Deir Dronka par les deux provinces regroupant l’Égypte, le Soudan Nord, le Soudan Sud et le Koweït, Sahar Rephat, coordinatrice de la province Égypte Sud, aidée par la sœur Hoda ont remis le projet en route pour le mois de novembre. Un pèlerinage provincial est une grande aventure et demande une longue préparation, mais cela n’a pas arrêté Sahar, elle a tant d’énergie et aime tellement Foi et Lumière que pour elle, rien n’est impossible. Aussi, quand, début octobre, de nouveaux affrontements opposant des manifestants coptes aux forces de l'ordre dans le centre du Caire ont fait 24 morts, Sahar a failli renoncer une deuxième fois… Et puis, elle m’a écrit qu’elle était si fatiguée de cette préparation qu’elle ne se sentait pas le courage d’annuler encore une fois, et elle s’est confiée à la Providence et à nos prières pour que tout se passe bien !
 Et tout s’est merveilleusement bien passé ! Du 8 au 10 novembre, ils étaient 500 venus d’Égypte Sud, de Syrie et du Koweït ; il y avait aussi une délégation de l’Arche de El-Minya, des représentants de la Maison de l’Espérance d’Alexandrie (dirigée par Jeannette Gobran, ancienne coordinatrice de Foi et Lumière pour l’Égypte), et d’autres associations œuvrant dans le domaine du handicap mental.
Trois évêques coptes catholiques ont participé au pèlerinage : Mgr. Kyrillos William, évêque d’Assiout, Mgr. Youssef Abou El Kheir, évêque de Sohag et Mgr. Ibrahim Isaak, évêque de El-Minya, ainsi que 14 prêtres et 17 Religieuses de différents ordres.
Le thème général du pèlerinage était : "je suis un apôtre de la joie", et chaque jour, un sous-thème était proposé : "Dieu m’aime", "Je m’accepte et… j’aime l’autre" et "Moi, apôtre de joie".
Voici un compte rendu envoyé par Sahar

Jour 1 : "Dieu m’aime"
La fête commence. Mgr. Kyrillos allume la bougie du 40ème Anniversaire de "Foi et Lumière". Il orne la tête de nos frères et sœurs handicapés d’une couronne de fleurs. C’est le signe de reconnaissance de ces personnes comme membres du Corps Mystique. C’est aussi l’expression du respect que nous leur devons.
Puis, des chants composés pour l’occasion sont chantés par la Chorale de Ste Thérèse d’Assiout, accompagnée par un orchestre dirigé par Sr. Hoda Chebly, le tout dans une ambiance très joyeuse. Khalil, jeune personne aveugle joue de l’orgue.
L’Eucharistie, célébrée par Mgr. Kyrillos et Mgr. Youssef accompagnés par les prêtres et les servants d’autel, précède le repas.
La prière du soir, à la lumière des bougies, nous fait méditater cette parole : «Il est retourné vers son Père ». C’est la joie du pardon, de la réconciliation, le retour au Père qui m’aime et qui m’attend toujours. 

Jour 2 : "Je m’accepte et… j’aime l’autre"
Nous commençons notre journée par "la prière des doigts", prière toute simple qui nous apprend à prier. Elle nous ouvre à cette Présence de Dieu qui nous accompagne à tout instant.
Une fois le petit déjeuner terminé, nous entreprenons notre escalade de la montagne de Dronka (2km). D’autres personnes de la région (200 personnes) se joignent à nous pour la montée. Nous quittons notre tente pour marcher en procession. La statue de la Vierge est à la tête du groupe avec le drapeau égyptien. Chaque communauté suit avec sa bannière, et les évêques guident la procession. En avançant, nous prions et méditons les 5 mystères joyeux du rosaire avec des chants. Nous arrivons au couvent de la Vierge Marie. nous le visitons et nous confions le pèlerinage à Notre Mère.
Là, nous entendons avec une grande émotion cette parole forte dite par un moine orthodoxe : « Maintenant, je sens que nous sommes "un" et non de rites différents. Je sens que je suis au ciel et non sur la terre». Cette expression jaillie du cœur de ce moine ne nous rappelle-t-elle pas ce que Jean Vanier nous avait dit :  « La personne handicapé sera la raison de l’unité de l’Eglise ». 
le repas de midi et un temps de repos sont bien mérités. Ils sont suivis d’une assemblée. Les chants du Jubilé et les témoignages de vie se succèdent : témoignage d’une religieuse, de trois parents d’enfants handicapés, de cinq jeunes handicapés et celui d’un ami d’une communauté. Aussi, quelques projections nous montrent la vie des différentes communautés. Le témoignage de Jeannette Goubran présente quelques étapes de sa vie avec Foi et Lumière.
Une soirée récréative suit ; elle se clôture en soufflant les 40 bougies du Jubilé ; signe d’un « re - commencement », d’une nouvelle année dans la joie et la fête !...

Jour 3 : "Moi, apôtre de la joie"
A la prière du matin, nous faisons mémoire de Jean Vanier et Marie-Hélène Mathieu qui sont restés présents tout au long de ces 40 années.
La scène du lavement de pieds concrétise bien le thème du jour. Évêques, prêtres, religieuses et responsables collaborent pour actualiser cette page de l’Evangile et la rendre vivante.
Une Eucharistie d’action de grâces et d’envoi clôture notre pèlerinage. Au cours de cette célébration, une liturgie d’envoi nous lance pour aller de l’avant. La parole d’envoi est : « Allez chantez sur toutes les places, soyez Apôtres de joie ».
Ainsi, nous nous quittons pour aller proclamer la joie que nous avons recueillie à Dronka.

Et voici quelques témoignages de participants au pèlerinage :
L’histoire enregistrera cet évènement avec des lettres de lumière… Nous vous souhaitons de demeurer dans la joie parfaite pour le Jubilé d’Or !... (Mgr. Kyrillos William, évêque d’Assiout)

Ainsi, Jésus agit et il continue d’agir avec « ses petits » des communautés de Foi et Lumière. C’est vrai qu’ils sont petits et peu nombreux, comme le disait un des chants que nous avons entendu ces jours-ci, mais il accomplit par eux des miracles.
C’est dans les moments de souffrance, de peur, de précaution… qu’il sème sa joie, sa paix dans les cœurs !... (Mgr. Ibrahim Isaak, évêque de El-Minya)
 A vous tous, salut, paix, merci pour tout effort, toute fatigue que vous offrez pour donner le
sourire, la joie à nos enfants… C’est un service exigent mais noble ! (Mgr. Youssef Abou El Kheir, évêque de Sohag)

J’avais entendu parler de vous et aujourd’hui mes yeux vous ont vu !... Que Dieu bénisse toutes  les communautés Foi et Lumière. Qu’il les remplisse de joie !... (Père Youssef Anwar, diocèse de El-Minya)

Je rends grâces à Dieu pour nous avoir appelés dans Foi et Lumière ; une vocation de la joie malgré les difficultés… et que nous ne soyons pas seulement joyeux mais apôtres de joie pour les autres aussi !...  (Père Angélios, aumônier des communautés du Koweït)

Je suis vraiment surpris de cette joie qui brille dans vos yeux. Je croyais que toute la vie n’était que violence, guerre, exploitation… mais, j’ai découvert un monde différent que j’ignorais… Merci, pas d’autre commentaire… (un responsable de la sécurité, non-chrétien)

Et je termine par le beau témoignage de Sahar,
Maintenant, nous devons nous réjouir et être heureux parce que ce pèlerinage de Dronka était mort mais il est revenu à la vie … et il ne mourra pas ni de notre mémoire, ni de notre histoire !... J’ai vu les yeux rire avant les lèvres… alors, j’ai appris que nous sommes apôtres de joie au milieu des difficultés, des défis, de la violence, de la discrimination… Foi et Lumière, au moment où notre rassemblement se réalise et où nous annonçons que nous sommes Apôtres de joie… C’est là que j’ai pris conscience que Dieu a permis que le pèlerinage soit décalé… C’est un rêve que nous le vivions en ce temps !... L’expérience avec Jésus m’a appris que rien n’est impossible quand il y a l’amour !...


Merci Sahar, je ne sais comment te remercier pour tout ce que tu fais dans ta province, tellement dynamique ! Pensez qu’en un an seulement, 15 communautés nouvelles ont été reconnues dans la province Egypte Sud, peut-être la province la plus dynamique du monde ?

lundi 28 novembre 2011

Terra et Mare sont dans un bateau !

La province Terra et Mare regroupe les communautés situées dans le Nord-est de l’Espagne. Ils sont partis à plus de 300 pour rejoindre Saint Jacques de Compostelle où ils ont fêté les 40 ans de Foi et Lumière. Une petite délégation (Alice et 2 autres personnes) est venue du Portugal et Muski représentait la province voisine, Iberatlantique (Espagne et Gibraltar).
Je suis malheureusement arrivé tard à Saint Jacques (arrivant directement ou presque d’Italie après la réunion du Conseil d’Administration), et c’est toujours difficile de prendre un train de pèlerinage en route !
Ils avaient déjà fait leur grande célébration dans la basilique de Saint Jacques le dimanche 30 octobre, mais j’ai quand même assisté à d’autres belles animations :


- un chemin de lumière, qui nous a fait marcher avec les premiers témoins de la Résurrection. Un très beau texte et de très belles images nous ont bien aidés à nous mettre dans les pas de Marie-Madeleine, des pèlerins d’Emmaüs, de Saint Thomas...
- un temps en petits groupes où nous avons vécu comme dans une communauté des choses toutes simples pour mieux nous apprendre à nous connaître.
- un lavement des pieds nous a permis de nous remettre dans la grande perspective de la Tradition, en remontant, par un magnifique mime, au lavement des pieds originel du Jeudi Saint : si nous nous lavons aujourd’hui les pieds les uns les autres, c’est parce que Jésus nous l’a demandé. En particulier, c’est aux responsables à se mettre en premier au service des autres en se mettant à genoux devant eux.
- une très belle fête nous a plongés dans la culture locale de la Galice. La musique traditionnelle est très proche de celles des bretons, des gallois ou des irlandais (vidéo) ; la culture celtique est très présente en Europe, jusqu'en Pologne (Galicie), et aussi en Turquie (les Galates visités par Saint Paul étaient aussi des Celtes).
- une cérémonie d’envoi a permis d’envoyer chacun en mission afin de porter le message de joie auprès de ceux qui n’avaient pas pu venir et au-delà.
- la messe de la Toussaint fut la dernière activité avant que tous repartent, le cœur plein de la joie de s’être rencontrés, les yeux pétillants des souvenirs de tout ce qui s’est vécu pendant ces quelques jours.


Un grand merci à tous ceux qui ont organisé ce beau pèlerinage, et tout particulièrement à Nacho, coordinateur de la province, qui avait laissé sa femme et leur petit Pablo, né fin septembre, quelques semaines avant le pèlerinage. ¡Gracias a todos, y bienvenido a Pablo!

Les photos