vendredi 24 décembre 2010

Noël dans un monde troublé - le SOUDAN

Le 9 janvier 2011, un référendum est organisé au Soudan : les Soudanais habitant le sud du pays vont avoir à choisir entre l’unité et la séparation du reste du pays.

Les communautés Foi et Lumière, dont la plupart des membres sont originaires du sud et sont aujourd’hui en train de se préparer à partir de Khartoum, ont voulu célébrer la fête de Noël le 17 décembre. L’esprit de cette fête me paraît très proche du véritable esprit de Noël et je vous invite à prier pour toutes ces familles qui sont en train de se poser des questions sur leur avenir ; rien n’est prévu pour les accueillir s’ils décident de partir, et ils risquent d’être très isolés dans le pays où ils ont toujours vécu s’ils décident de rester…

Le récit de cette fête m’a été envoyé par le Père Hans Putman, aumônier national, qui va lui aussi quitter le Soudan, mais pour une autre raison : il va prendre sa retraite… pour prêcher des retraites ! Merci, Père Hans pour tout ce que tu as fait pour Foi et Lumière au Soudan !


Introduction:

Comme Marie et Joseph ont dû se mettre en route pour le référendum demandé par César Auguste, - quittant la sécurité de Nazareth où tout avait été préparé pour bien accueillir l´enfant, - ainsi des milliers de soudanais sont sur le chemin du retour vers le sud, à cause du référendum qui aura lieu le 9 Janvier 2011 et où les Soudanais du Sud doivent se décider entre unité et séparation.

Nous avions hésité un moment sur la possibilité de faire notre célébration traditionnelle de Noël pour nos « frères » et « sœurs » handicapés, venant de huit paroisses de Khartoum. On disait : « Beaucoup sont partis ; d´autres se préparent à partir. L´ambiance y n’est pas ! ». Mais en solidarité avec Marie et Joseph, forcés de se mettre en route, nous aussi avons maintenu l´idée d´être en pèlerinage, pour les 40ième anniversaire de « Foi et Lumière ». Nous avons voulu suivre aussi les conseils donnés par nos Evêques dans leur « Message d´espérance et de guérison », dans lequel ils disent : « Tous ceux de bonne volonté sont appelés à respecter le choix des peuples du Sud… et de travailler pour un avenir juste et paisible ».

Récit de la Fête :

C´est l´emplacement de la Cathédrale St. Matthieu qui a vu arriver cette foule joyeuse de nos « trésors » (comme un des curés a voulu appeler les handicapés de Foi et Lumière). On voyait que même les chauffeurs des bus étaient heureux d´avoir pu transporter ces trésors.

A l´accueil chacun des frères et sœurs reçoit un chapeau rouge de Père Noël et tous s´habillent d´un foulard rouge. Foule en fête et comblée de la couleur de l´amour. Tous sont invités, - après le thé au lait et des biscuits, - de venir coller une image dans le grand cœur de Jésus, images symbolisant notre monde avec sa violence et son amour, sa recherche de pouvoir et son humble service, ceux qui naissent et ceux qui meurent, noirs et blancs.

Puis démarre le jeu scénique de l´annonce aux bergers, telle qu´elle est présentée dans le carnet de route « Tous Pèlerins ». Tous les joueurs sont les frères et sœurs, mais le commentaire est donné par une voix « off ». L´Empereur Auguste même y apparaît dans toute sa gloire, avec le Gouverneur de la Syrie Quirinius, et Marie et Joseph, qui se mettent en pèlerinage vers Bethlehem.

Les bergers, tristes et rejetés, deviennent les premiers invités ; les Anges (un grand et deux petits en habits éclatant de lumière) ont des ailes de mousse ; la joie de Marie et de Joseph à l´arrivée des bergers ; l´émerveillement du petit Rudolf, notre Jésus trisomique, à la vue des cadeaux.

En finale, voilà que les bergers partent au milieu de la foule comme « messagers de joie », annonçant cette extraordinaire nouvelle d´un Dieu Emmanuel, un Dieu avec son peuple en route et en déroute.


Tout cela aboutit à la messe, dans la cathédrale. César Auguste se trouve à coté de St. Joseph et l´Ange à coté des bergers, tous autour de l’autel. Dans mon homélie, je mets l´accent sur le fait que l´enfant est la seule force qui peut nous désarmer. Au moment de la prière des fidèles, frères et sœurs se précipitent. Les demandes de nos « trésors » se centrent sur la paix au Soudan et le retour sain et sauf de tant de « pèlerins » en route. « Assez de violence et de sang versé » dit l´un d´eux, «viens, Prince de la Paix ! ».

Au moment du repas qui suit la messe, le Nonce Apostolique, Mgr. Léo Boccardi nous fait une visite surprise. Il fait le tour de toutes les familles et nous apporte une « Panetone » monstre qui suffit pour que tous aient un morceau. Dans son mot, il dit qu´il a découvert sa place comme l´âne de la Sainte Famille. Il nous donne la bénédiction spéciale du Saint Père et nous quitte.

Nous poursuivons notre programme de fête avec une représentation de marionnettes et la distribution des cadeaux pour chaque frère et sœur, apportés par une école dont les enfants ont bien voulu contribuer à notre joie, en apportant leurs jouets ou habits, pour la joie des plus démunis des enfants de Dieu.

C´était un temps de joie sans souci, un oasis de paix au milieu d´une société en plein désarroi. Avec l´aide de nos frères et sœurs handicapés, le monde angoissé et dérouté a senti que notre Dieu marche avec son peuple : Emmanuel.

Bonne et heureuse fête de Noel à tous nos frères et sœurs dans le monde ! Priez pour nous et la paix au Soudan.

mercredi 22 décembre 2010

Les premiers messagers de la joie

En cette fin d’année 2010, les premiers pèlerinages se préparent, les communautés se mobilisent pour faire connaître autour d’elles ce que nous allons vivre à l’occasion de l’anniversaire de Foi et Lumière. Je sens l’enthousiasme et la joie que chacun met dans toutes ces activités.

Je voudrais vous donner deux exemples qui, je l’espère vont donner des idées à ceux qui en manqueraient, mais je pense qu’ils sont très peu nombreux !!

Les communautés des provinces d'Égypte Nord et Sud m’avaient demandé il y a quelques mois de pouvoir compléter leur budget de pèlerinage par de la solidarité. Le pèlerinage qu’ils organisent sera le premier de tous les pèlerinages puisqu’il a lieu début février à Deir Dronka, près d’Assiout : c’est là que, selon la tradition, la Sainte Famille est venue se réfugier. J’avais répondu à l’époque qu’il fallait vraiment faire le maximum d’efforts localement pour obtenir des financements avant de se tourner vers Foi et Lumière International. C’est ce qu’ils ont fait et j’ai été très heureux et ému en lisant hier le message suivant : "Je pense que nous n’aurons pas besoin de solidarité de Foi et Lumière International ; jusqu’à présent, nous avons reçu plus de la moitié de ce dont nous avions besoin. Mais le plus important, c’est que cela nous a donné l’occasion de nous faire connaître à beaucoup de gens en Égypte : évêques, prêtres, moines, religieuses, donateurs, organisations… et nous sommes maintenant mieux connus. Nous avons trouvé beaucoup de personnes désireuses de nous aider de différentes manières."

Une communauté que je connais bien… "Graines de Moutarde" a organisé une vente de Noël sur le parvis de l’église de Ville d’Avray samedi dernier. On y trouvait confitures, couronnes de bonbons, chocolats, cartes de vœux, décorations de Noël, livres… Mais la météo n’était pas très clémente ce jour là car il s’est mis à neiger au début de l’après-midi ! Mais la communauté était là, sauf ceux qui n’ont pas pu venir : les routes étant devenues très glissantes, certains avaient du faire demi-tour. Heureusement, le vin chaud était prévu ! et notre aumônier, diacre permanent dans notre paroisse a fait une belle annonce à la fin de la messe et beaucoup se sont pressés devant notre stand. Ce fut ensuite le temps de fêter Noël tous ensemble !

Je ne peux que vous encourager à devenir des messagers de la joie pour annoncer ce qui se vit dans nos communautés !

En ce temps de Noël, laissons-nous porter par ce beau chant : la nuit de Noël se remplit de lumière et de joie !

"Merveille que les anges
Dans la nuit ont annoncé !
Le cœur en fête, partons voir l'enfant
Qui nous est né.
Le ciel aux alentours rayonne de clarté.
Ô nuit de lumière et de joie, Jésus est né !
Ô nuit de lumière et de joie ! "

samedi 11 décembre 2010

Le bonheur d'être choisi




Malgré la météo, la conférence de l'OCH a pu se dérouler ! Mais beaucoup n'ont pas pu venir Alors, pour vous faire patienter en attendant CD et DVD, voici quelques-unes des idées que j'avais en tête en préparant mon intervention.



En cette fin d’année 2010, à la veille de fêter partout dans le monde le 40ème anniversaire de Foi et Lumière, réjouissons-nous et soyons dans la joie !

D’abord, nous allons fêter Noël et la naissance de Jésus, Dieu fait homme ! Réjouissons-nous du bonheur de Marie qui a été choisie pour être la mère du Christ, car son "oui" nous a tous mis sur le chemin du salut !

En 2011, 40 ans après la fondation de notre mouvement, réjouissons-nous d’avoir été appelés à suivre Jésus dans une communauté Foi et Lumière, partageons ce bonheur, cette joie que nous y avons trouvée. Que le oui que nous invite à dire la prière de Foi et Lumière, soit un oui spontané, enthousiaste, communicatif, attirant, un oui d’adhésion, un oui qui nous entraîne à devenir messagers de cette joie qui caractérise la vie des communautés, cette joie qui fait partie de notre identité !

Alors, cette joie, cette béatitude dont nous allons témoigner, c’est celle d’avoir été choisis dans notre pauvreté, dans notre folie, dans notre détresse, dans notre misère, pour être amis entre nous, mais aussi pour devenir des amis de Jésus. Ce sont les petits, les faibles, les fous qu’il a choisis pour confondre les grands, les forts et les sages.

Bienheureux êtes-vous, les pauvres en esprit, car c’est vous que Dieu a choisis pour posséder son Royaume !

Il ne faut pas dire que nous sommes bienheureux parce que nous sommes handicapés, parce que nous sommes les parents d’une personne ayant un handicap mental, ça serait un contresens ; je ne dirai jamais à une personne ayant un handicap mental : « tu dois être heureux d’être handicapé, rendons grâce à Dieu ! », non jamais ! Le handicap doit rester ce qu’il est : un scandale, une cause de colère, de détresse, de larmes.

Mais, c’est dans nos pauvretés que Jésus nous attend, pour nous réconforter ! Si nous savons être suffisamment humbles pour reconnaître nos blessures et ne pas les cacher, les refouler, alors nos appels à l’aide seront entendus et il y sera répondu. Jésus ne répondra peut-être pas directement, mais il le fera par l’intermédiaire de ses anges qui prennent parfois figure humaine !

Si l’ange Gabriel a rendu visite à Marie, c’est parce qu’elle avait certainement beaucoup prié et appelé, et Dieu est venu se pencher sur son humble servante !

Nous avons tous dans nos vies des rencontres avec des personnes qui sont venus nous apporter soutien et réconfort ; quand Gérard et Camille sont revenus de Lourdes avec beaucoup de peine et de souffrance de ne pas avoir été acceptés, comment croyez-vous que se soient trouvés sur leur route Jean Vanier et Marie-Hélène Mathieu ?

Alors, oui, soyons heureux d’avoir été choisis pour porter au monde le message de joie de Foi et Lumière !

jeudi 9 décembre 2010

Les tribulations d’un conférencier OCH


Il y a quelques mois, Philippe de Lachapelle m’a proposé de donner une conférence dans le cadre des conférences-rencontres de l’OCH. C’était en lien avec le prochain anniversaire des communautés Foi et Lumière, et ça devait permettre de lancer des invitations à participer aux pèlerinages organisés par les provinces à partir de février 2011. Je me suis senti très honoré, mais ça m’a fait un peu peur quand on connaît la qualité des conférences de l’OCH ! Et puis, ça devait se passer le 8 décembre : là, toutes mes résistances se sont envolées, car parler le jour d’une si grande et importante fête, une fête qui a tant de liens avec Foi et Lumière que j’ai accepté (l’Immaculée Conception, c’est le nom que s’est donnée la belle dame de Lourdes à Bernadette qui voulait savoir comment elle s’appelait ; et puis Lourdes, c’est là que Foi et Lumière a démarré en 1971).

Il y a un paramètre que nous ne pouvions pas maîtriser à l’époque, c’était la météo qui est parfois capricieuse et taquine ! Nous ne pouvions savoir qu’un épais manteau de couleur blanc immaculé allait recouvrir toute l’Ile de France, semant la pagaille sur les routes et dans les transports ! J’ai abandonné ma voiture sur mon lieu de travail et j’ai rejoint l’OCH où les préparatifs de la conférence se déroulaient comme si de rien n’était ! La sérénité de tous était rassurante et mes (presque) larmes de rage se sont dissipées. La traditionnelle prière qui précède le départ vers le lieu de conférence a été très fervente

Il me restait une grande inquiétude : Isabelle et Julie allaient-elles pouvoir venir ? Les coups de fil ne me rassuraient pas du tout, il y avait déjà 10 centimètres de neige dans notre résidence à Ville d’Avray, aucune voiture ne pouvait en sortir, le centre de Julie proposait de la garder pour la nuit, car là aussi, c’était devenu inaccessible ! Heureusement, il y a de bons anges ! et des anges qui roulent en 4x4 ! Julie a été ramenée jusqu’à Ville d’Avray et avec Isabelle, elles ont réussi à rejoindre la gare à pied, en marchant sur la chaussée car les trottoirs étaient impraticables et pleins de voitures abandonnées… de là, elles ont rejoint Paris, puis le lieu de la conférence en métro, serrées comme des sardines. J’en ai été très heureux car leur présence me paraissait indispensable pour tout ce que j'avais à dire ! Et puis Julie devait parler au début de la conférence, et ce témoignage aurait manqué !

Mais les tribulations ont continué, car après la conférence, il fallait rentrer et les nouvelles des trains n’étaient pas rassurantes ; de plus, je n’étais pas sur de pouvoir récupérer ma voiture à une heure aussi tardive… Heureusement, de bons amis, habitant tout près, nous ont gentiment proposé de nous loger… Et le lendemain matin, nous avons rejoint Ville d’Avray, devenue une petite station de sports d’hiver, recouverte de neige. Et le beau temps était revenu ! Le spectacle était vraiment superbe ! Mais que d’aventures pour cette conférence !

Pendant la messe qui précédait, je me suis rappelé ce que je devais dire pendant la conférence : "Le bonheur d’être choisi, c’est savoir que, quelle que soit la profondeur de ma détresse, c’est là que Dieu a choisi de se tenir pour m’apporter grâce, soutien et réconfort". Alors, je me suis dit qu’il fallait commencer à m’appliquer à moi-même ce que j’allais dire aux autres ! Et tout s’est très bien passé ! Et même s’il y a eu moins de participants qu’espéré, il y aura certainement d’autres voies que Dieu utilisera pour transmettre le message que je voulais faire passer !

jeudi 2 décembre 2010

…. et se ressemblent

Une semaine après Ciney, une sixième session de formation se mettait en place, près d’Alexandrie (Egypte). Le dépaysement était bien plus important, car les participants étaient égyptiens, soudanais, syriens, libanais, rwandais, burundais, zimbabwéens, sud-africains et venaient de sept provinces.

Les participants sont arrivés par Le Caire ou directement à Alexandrie. Comme il y a un peu plus de trois heures en car pour rejoindre le lieu où se passait la formation, ceux qui ont transité par Le Caire ont été hébergés dans un grand centre (orphelinat et foyer pour personnes ayant un handicap mental) tenu par l’Église copte catholique. J’ai été accueilli à l’aéroport par Ashraf, trésorier de la province Egypte Nord, qui m’a emmené jusqu’à ce centre où j’ai passé la nuit. Le réveil fut très matinal car c’était la fête de l’Aïd et la grande mosquée voisine avait attiré beaucoup de fidèles. Mais de toute manière, il fallait partir tôt avec les délégués de Syrie, du Soudan et du Burundi pour rejoindre Alexandrie. J’ai pu avoir un petit aperçu de cette mégalopole qu’est Le Caire : une urbanisation très importante, un système d’enlèvement des ordures très rudimentaire qui m’a fait me rappeler l’action de Sœur Emmanuelle, la traversée du Nil, et…. dans le lointain, cachées dans la brume et la pollution, les trois grandes pyramides !! La route passe à la limite entre le delta du Nil et le désert, c’est très plat, très vert avec beaucoup de palmiers, et la densité de population est très importante.

La session de formation se passait dans un très beau centre des Jésuites et les conditions d’hébergement (chambres, nourriture, salles de travail, chapelle, chapelle de verdure…) étaient excellentes.

Nous avons pu aller un après-midi à Alexandrie, voir la très belle bibliothèque, le port et le lieu où s’élevait autrefois le fameux phare.

Les participants ont été très assidus et ont montré beaucoup de joie et d’enthousiasme ! Les soirées ont été très animées avec des danses, des chants et des jeux.

La présence de Roy Moussalli a été très appréciée et ses interventions excellentes. Il a abordé le thème de l’œcuménisme, qui est très prégnant dans cette partie du monde, avec ses difficultés mais aussi ses richesses. Nous avons eu pendant la session, grâce à la présence de 6 aumôniers, une messe syriaque orthodoxe et des messes catholiques dont une de rite copte.

Si je ne devais retenir qu’une seule image de cette session, c’est celle de la messe d’envoi pendant laquelle l’évangile a été lu en arabe, sur la gauche de l’autel et en anglais sur la droite de l’autel. J’ai vu les deux fois les mots partir de l’autel pour rejoindre l’assemblée ! Quelle que soit les cultures, les écritures, c’est de l’autel que Jésus envoyait chacun, plus riche de tout ce qui s’était vécu dans la formation, porter le message de joie vers sa communauté, tels les pèlerins d’Emmaüs partis en hâte rejoindre leur communauté après la fraction du pain.

Merci à tous, ce fut une très bonne semaine, j’ai découvert beaucoup de nouveaux amis ; à bientôt !

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mardi 30 novembre 2010

Les sessions de formation se suivent…


Après Hong-Kong, Sao Paulo, Zembrzyce et Lima, une cinquième session de formation internationale a eu lieu à Ciney (Belgique) début novembre. Plus de 60 participants (représentant 19 provinces), venus de Belgique, de France, des Pays Bas, du Luxembourg, d’Autriche, de Slovénie, d’Italie, de Suisse, du Canada, mais aussi de Lubumbashi (RDC), de Madagascar, des Seychelles et de Maurice ont été très assidus, attentifs et studieux pendant plus de quatre jours.

Je n’ai pu venir que pour les deux derniers jours, mais j’ai vite compris, par l’ambiance, la cohésion du groupe, que tous appréciaient ces journées, que tous adhéraient à l’esprit de ce qui leur était proposé, que tous, imprégnés du souvenir des séances de travail allaient repartir pleins d’énergie vers leur province et leur communauté.

Les enseignements, les ateliers, les chants, les temps de prière se sont succédé avec beaucoup de fluidité. J’ai été touché par le témoignage de Viviane le Polain, venue dire tout ce qu’elle a vécu à Foi et Lumière, de beau, mais aussi de difficile pendant toutes les années où elle a exercé des responsabilités. J’ai aimé la veillée de prière avec toutes les lumières apportées par chacun, l’unité qui nous rassemblait était palpable. J’ai aimé marcher dans les couloirs à la suite des pèlerins d’Emmaüs. J’ai vu et apprécié le travail des nombreuses "petites mains" qui s’affairaient dans les coulisses pour que chacun ait tout ce qui lui fallait pour être bien, pour suivre et profiter au mieux de la formation.

J’ai pu prendre du temps avec les uns et les autres, parler de la préparation de plusieurs pèlerinages, et ce fut bon de voir combien l’élan des provinces était fort. L’envie de rassembler le maximum de monde à l’occasion de l’anniversaire de Foi et Lumière m’a beaucoup touché.

Je suis très reconnaissant à tous ceux qui sont venus parfois de très loin pour assister à cette formation, à tous ceux qui ont préparé et organisé ce grand projet, à l’équipe qui en a préparé le contenu. Mais cette session ne fut pas la dernière… une autre est encore à venir !

mardi 9 novembre 2010

Mini-retraite à Notre Dame de l’Atlas


"Tu nous as faits orientés vers toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu'il ne repose pas en toi" Cette phrase de Saint Augustin, grande figure chrétienne de l’Afrique du Nord résonne en moi après quatre jours passés chez les moines trappistes de l’Atlas, à Midelt (Maroc), à l’autre bout de l’Afrique du Nord.

Les moines sont peu nombreux, trois : le prieur Jean-Pierre Flachaire, le frère Jean-Pierre Schumacher, le dernier des moines de Tibhirine et le frère hôtelier, Jose-Luis. Mais leur vie de don, d’abandon, de présence précaire et fragile, leur volonté d’être avec, d’être des priants au milieu des priants révèle une puissance à déplacer les montagnes ! Des montagnes qui sont très présentes autour de Midelt et culminent à plus de 3000 mètres (déjà couvertes de neige en cette saison), le monastère étant lui à 1500 mètres d’altitude. La température est déjà fraîche et les couvertures sont très appréciées la nuit ! L’hôtellerie d’ailleurs ferme pendant l’hiver et je fus le dernier hôte à y séjourner cette année.

On trouve dans ce monastère plusieurs sources d’inspiration :

- celle de Tibhirine, bien sûr, par la présence du frère Jean-Pierre et par un mémorial où sont présentées les photos des sept moines assassinés et une copie du testament de frère Christian. La bibliothèque du monastère de Tibhirine a été transportée à Midelt,

- celle de Charles de Foucauld par la présence du Père Peyriguère, dont le corps a été transféré à Midelt l’été dernier ; son chemin de vie a été de réaliser au mieux l'idéal de la spiritualité de frère Charles.

- celle des sœurs franciscaines qui ont été les premières à occuper les lieux actuels du monastère où elles étaient chargées d’un orphelinat et d’un atelier de tissage ; elles sont maintenant plus haut dans la montagne, à Tatiouinne.

Voici le cadre dans lequel j’ai été accueilli très chaleureusement par les moines ; je rends grâce pour tout ce que j’ai vécu à leurs côtés

- un temps de prière par la participation aux offices (je n’ai jamais participé aux vigiles de 4 heures le matin…) et aux Eucharisties

- un temps de partage où j’ai été invité à dire aux moines, réunis en chapitre, qui je suis et ce qu’est Foi et Lumière. Le frère Jean-Pierre (prieur) m’a dit qu’il avait eu une sœur trisomique à laquelle il était très attaché. Les moines m’ont assuré de leurs prières pour Foi et Lumière et je leur ai confié plus particulièrement le travail de l'équipe de coordination internationale ; chaque communauté est invitée à un jumelage avec une communauté religieuse, l'ECI a maintenant la sienne.

- un temps d’amitié avec de nombreuses conversations dans la cour du monastère et des moments privilégiés comme ce rendez-vous quotidien de 10 heures où les ouvriers qui travaillent à la réfection d’un bâtiment (une extension de l’hôtellerie) invitent les moines et les gens de passage à partager le thé à la menthe et un sandwich à la sardine : c’est ce qu’on appelle là bas la communauté élargie.

- et un vrai temps de repos où j’ai pu prendre le temps de réfléchir au contenu de la conférence que l’OCH m’a invité à donner en décembre,

Tout cela fait que j’ai l’impression d’avoir vécu une mini-retraite et cela m’a fait beaucoup de bien !

Le jour de mon départ, il y avait beaucoup d’agitation dans la ville ! Et pour cause, c’était le jour de la visite du roi ! La ville pavoisait avec des drapeaux marocains flottant un peu partout et des milliers de personnes convergeaient vers la ville pour assister à ce grand événement. Le monastère pavoisait aussi avec un drapeau marocain et un portrait du roi au dessus de la porte d’entrée.

Je me suis déjà surpris à plusieurs reprises à penser au temps passé dans cette communauté en me disant "ils sont en ce moment dans la chapelle en train de chanter l'office" et je joins ma prière à la leur dans ce monastère invisible dont je me sens un peu partie prenante.

A très bientôt, inchAllah !