mercredi 4 mai 2016

Premier pèlerinage national au Cameroun

A la suite de la formation qui a eu lieu au Bénin début septembre 2015, les Camerounais, qui n’avaient pas pu venir aussi nombreux qu’ils auraient voulu à cause de la défaillance d’une compagnie aérienne, ont décidé de lancer un projet de pèlerinage national à Nkongsamba et de tenir, à cette occasion, un temps de formation reprenant les enseignements donnés au Bénin. Je suis très heureux que cet événement, une première pour ce pays, ait pu avoir lieu, car cela montre que les communautés d’un pays ont besoin de se retrouver, de se rencontrer régulièrement pour des fêtes, des pèlerinages, des formations… Les autres pays présents à la session de formation en septembre dernier (Nigeria, Bénin, Togo, Burkina Faso, Côte d’Ivoire) devraient bénéficier de l’élan donné et développer le tissu des communautés trop isolés (une seule par pays) pour pouvoir lancer à leur tour de tels projets ! Le Ghana, où une communauté a démarré il y a quelques semaines, devrait également se joindre à ce mouvement ! La sœur Anne-Marie Ngono, qui coordonne les activités de Foi et Lumière au Cameroun, et l’abbé Bertrand Ngaleu, aumônier national, ont lancé ce projet ; c’est la sœur Anne-Marie qui raconte ce bel événement !

Les participants au pèlerinage 

Il s'est tenu à N'kongsamba (Camerou) du 07 au 10 Avril 2016 un temps de formation et le premier pèlerinage national de Foi et Lumière, ayant pour thème "Jésus tu nous as appelés à te suivre dans une communauté Foi et Lumière".
Nous reprenions là la formation que le Foi et Lumière International était venu nous donner au Bénin en Septembre 2015.
Le Cameroun compte sept communautés Foi et Lumière, six ont été présentes à ce grand rendez-vous national, la communauté de Bafoussam a encore eu des empêchements.
Toutes les communautés présentes arrivent dans la soirée du 7 Avril 2016 et sont chaleureusement accueillies par l'Abbé Bertrand NGALEU, aumônier diocésain et par les deux communautés Foi et Lumière de N'kongsamba.
Chacun s'installe et c'est la joie des retrouvailles pour les anciens. La soirée s'achève telle que le programme prévoit.
Le lendemain 08 Avril, nous commençons la journée par une messe célébrée par Mgr Lambert NGAMO pour offrir tous nos travaux et réflexions au Seigneur.
Le premier exposé a pour thème : l'Histoire de Foi et Lumière présenté par Soeur Anne-Marie NGONO.
Elle fait comprendre aux sessionnistes comment Foi et Lumière est né, quelle a été la source d'inspiration des fondateurs que sont Jean Vanier et Marie Hélène Mathieu, se souvenir et rendre grâce de ce qu'ils ont fait ; et quel est notre rôle à jouer aujourd'hui et la place de Foi et Lumière 45 ans après sa fondation, se projeter vers l'avenir, à quoi Foi et Lumière ressemblera en 2025.
Le deuxième enseignement est celui de l'Abbé Bertrand NGALEU sur le lavement des pieds, signification et sens.
C'est une grande spiritualité dans Foi et Lumière, nous laver les pieds les uns les autres.
Il en ressort de cet enseignement que nous devons savoir quitter nos titres, nous abaisser, nous rendre tout petits pour nous mettre au service des autres et surtout au service de ceux qui sont rejetés par la société telles que nos personnes vivant avec un handicap, s'occuper d'eux, les soigner, les encadrer, veiller à ce qu'ils soient bien.
Les pèlerins récitent le chapelet
Le troisième enseignement dans l'après-midi est présenté par Mgr Lambert NGAMO, vicaire général du diocèse de Bafang, sur le thème : "Marie, Mère de Dieu et de l'Eglise" ; c'est un moment que nous passons avec Marie la nouvelle Eve, elle est au centre de nos vies familiales.
Marie a une grande place dans le mouvement Foi et Lumière, car c'est à Lourdes que le couple Gérard et Camille Profit confièrent leurs enfants Loïc et Thaddée, très handicapés, à Marie.
Pendant ce troisième enseignement, les personnes vivant avec un handicap sont en atelier de travail sous la coordination de Mme Marie MANDIESSE.
Il ressort de cet atelier de travail la réalisation des objets confectionnés très magnifiques. Nos enfants ont du talent ! Il suffit juste de motiver leurs sens.
Toujours en présence et à la suite de Marie, nous méditons en procession les mystères de Foi et Lumière.
Cette journée bien chargée et bien riche s'achève par la belle prière de Foi et Lumière et le Regina Caeli.
La journée du 09 Avril est le jour du pèlerinage, ce pèlerinage tant attendu, car il est le premier au niveau national.
La procession s'ébranle à 8 h vers le sanctuaire des prêtres du Sacré-Cœur, rythmée par les chants et la récitation du chapelet jumelé aux mystères de Foi et Lumière.
Arrivés sur les lieux au sanctuaire, l'animation continue par nos personnes en situation de handicap et leurs encadreurs avant la messe célébrée par le Père Innocent FEUGNA de la congrégation des Pères du Sacré-Coeur et vicaire général du diocèse de N'kongsamba et par l'Abbé Bertrand notre aumônier national.
Une messe où Mgr le vicaire général a beaucoup apprécié l'initiative de ce pèlerinage et de cette rencontre. Il a beaucoup encouragé tout le travail que les uns et les autres assument sur le terrain pour le bonheur de nos enfants.
Dans l'après-midi, n'étant pas en possession d'un documentaire à projeter sur Foi et Lumière, nous procédons à la visite des lieux : l'évêché, la cathédrale, la procure, le centre de formation Mgr Watio, le centre justice et paix etc...
Dans la soirée, quelques saynètes et pièces théâtrales nous sont présentées par les deux communautés d'accueil de N'kongsamba. Une belle soirée à rire et instructive !
La dernière journée du dimanche 10 Avril se clôture par la messe dominicale en la cathédrale de N'kongsamba, présidée par l'Abbé recteur de ladite cathédrale.
Du retour de la messe un petit déjeuner copieux (avec la générosité de la maman de NANOU) nous est offert avant de prendre le chemin du retour.
Ce fut un bon temps d'échanges et de partage d'expériences les uns les autres qui a redonné le courage d'aller en mission, s'occuper de nos enfants et les aimer d'avantage malgré les difficultés qu'on rencontre :
- le manque de moyens pour subvenir à leurs besoins ;
- l'incompréhension du clergé et de la société ;
- le rejet du mouvement par les parents ;
- le manque de structures pour leur formation ;
- les injures...
Les souhaits pour l'avenir :
- nous retrouver régulièrement au moins une fois l'an ;
- espoir de beaucoup plus d'engagement sur le terrain afin d'aboutir à la naissance    des communautés nouvelles.

Notre week-end de formation et de pèlerinage s'achève sous la satisfaction de tous les participants.
Tous heureux d'avoir participé !
L'album photo 
La vidéo du pèlerinage

mercredi 27 avril 2016

Ambiance des îles

La province Arc-en-Ciel à Port Victoria
Début avril, des représentants de la province Arc-en-Ciel (Madagascar, Maurice, Rodrigues, la Réunion et les Seychelles) se sont retrouvés à la Misère dans l’île de Mahé des Seychelles pour une assemblée provinciale. Le choix de ce lieu était lié au fait que cette année, les Seychelles fêtent leur quinzième anniversaire !
C’est un peu compliqué de rejoindre Port Victoria depuis Paris, surtout quand les réservations sont modifiées à plusieurs reprises. On m’a changé plusieurs fois des horaires jusqu’à ce que le vol retour soit annulé ! En conséquence, je suis parti un peu plus tôt en passant par… la Réunion (ce qui n’est pas vraiment le chemin le plus direct). Ça m’a permis de rencontrer quelques personnes des communautés du Chaudron (une très grande communauté et de Sainte Suzanne) chez Sylvie Pelletier qui avait eu la gentillesse de venir me chercher à l’aéroport le 7 avril au matin après une bonne nuit dans l’avion. J’ai pu ainsi revoir des amis réunionnais et parler de la vie des communautés réunionnaises. Je n’ai malheureusement pas pu voir beaucoup des paysages magnifiques de cette si belle île !
Ensuite, avec tout le groupe des Réunionnais retrouvés à l’aéroport, j'ai repris un avion pour Port Victoria où nous avons été très bien accueillis par ceux qui étaient déjà arrivés et avaient préparé cette assemblée avec Judex Violette, le vice-coordinateur international qui accompagne cette province. Dès le lendemain matin, vendredi 8 avril, nous avons démarré la rencontre avec une soixantaine de participants (en comptant les Malgaches arrivés le 8 au soir). Le thème choisi pour ces quelques jours était : "Avec Jésus le Miséricordieux, Marchons main dans la main". Tout de suite, ce fut une ambiance extraordinaire avec de la musique et des chants très enjoués ; il faut dire qu’il y avait une animatrice extraordinaire, Marie-Claire, qui a mis une ambiance du tonnerre ! 
repas festif !
La journée fut un parfait exemple de ce qui se vit à Foi et Lumière : temps de célébrations et de fêtes, temps de prière et de louange, temps de partage, temps d’amitié. J’ai été très heureux de retrouver mes amis Lucas et Christye que je connais depuis une rencontre de zone à Maurice en 2007 ; j’ai été très touché qu’ils ne m’aient pas oublié !
Avec mes amis Lucas et Christye
Nous avons commencé par des mimes : la fondation de Foi et Lumière avec la famille Proffit, Jean Vanier et Marie-Hélène Mathieu, et le mime de la parabole du fils prodigue en cette année jubilaire de la Miséricorde. Puis il y a eu des temps de réflexion sur la charte, sur l’identité et la mission, entrecoupés de temps de partages. Nous avons pu goûter pendant les repas quelques échantillons de la cuisine locale, dont du requin ! La première journée s’est achevée par le lavement des pieds, une première pour beaucoup de personnes ; mais comme toujours, cela s’est passé dans un grand recueillement et une grande communion.
Marie-France revêt le tablier de service

Le deuxième jour était consacré à l’assemblée proprement dite ; nous avons pris le temps de bien discerner quels étaient les priorités ou les rêves de chacun pour la province, quelles devaient être les qualités de celui ou celle qui serait appelé(e) à réaliser ces rêves. Après un temps de discernement et de prière à l’Esprit Saint, les délégués de la province ont élu Marie-France pour un troisième et dernier mandat ; celle-ci a accepté, mais a demandé que chacun la soutienne dans sa mission et que l’équipe provinciale puisse inclure quelques personnes en charge de certains projets. Marie-Claire, à qui il a été proposé de prendre en charge la communication, a accepté avec joie ! Une page Facebook pour la province a déjà été mise en places et on y retrouve toutes les photos prises pendant ces quelques jours ! Les vice-coordinateurs de province sont encore tous en poste et seront renouvelés au fur et à mesure de leur fin de mandat. 
Christiane et Christye dans leurs belles robes
Et tout cela s’est terminé par une grande fiesta, très colorée avec les costumes de chacune des îles, très animée avec les danses traditionnelles, très savoureuse avec les spécialités culinaires… 
Vue depuis le site de la rencontre (la Misère)
La grosse pluie qui avait béni ce temps d’élections a vite fait place à de belles éclaircies et le coucher de soleil laissait augurer une belle journée pour le lendemain.
Les 15 ans de Foi et Lumière aux Seychelles
Le dimanche 10 avril, ce fut le jour choisi pour fêter les 15 ans de Foi et Lumière aux Seychelles. Nous nous sommes retrouvés à la cathédrale de l’Immaculée Conception de Port Victoria où des délégations des cinq communautés venues des trois îles habitées du pays nous attendaient : trois de Mahé (Rozanmer dans pou Bondye - danse pour le bon Dieu, la plus ancienne, Gard sa lalimyer alimen – garde la lumière allumée et Lys des champs), une de Praslin (Rose-Anne) et une de La Digue (Roche Divine). Il y eut une très belle messe présidée par Monseigneur Denis Wiehe et animée avec des chants de Foi et Lumière ("Amis chantons notre joie" était le chant d’entrée et "le chant de la communauté" le chant de sortie). L’évêque, dans une très belle homélie, nous a dit que l’existence du mouvement Foi et Lumière était un signe puissant de la Miséricorde Divine. J’ai aussi été très touché d’entendre chanter le Gloria en créole ; dans les paroles, j’ai entendu l’assemblée chanter Bondye Papa ! Cela m’a paru être l’expression d’une telle confiance en la bonté de Dieu qui est comme celle d’un papa que je me suis dit que ça valait bien tous les sommes théologiques sur la personne du Père ; c’est comme Jésus qui disait "Abba" !
Monseigneur Wiehe avec Adeline et Madeleine (Madagascar)
Frère Thomas bénit la coupe de beach soccer !
Puis nous avons dignement fêté cet anniversaire dans les jardins de l’évêché dans une ambiance aussi festive que possible dans cette culture des îles de l’Océan Indien ! Avec Judex et frère Thomas de Gabory (dominicain, aumônier de La Réunion), nous sommes allés faire une courte visite de cette île paradisiaque. Nous avons marché sur la plage de Beau Vallon et se promener ainsi avec un prêtre dominicain portant sa belle soutane blanche nous a fait faire de belles rencontres, comme ce groupe de jeunes qui venaient de gagner la coupe de "beach soccer" et qui lui ont demandé de bénir leur coupe ! Et nous sommes allés admirer la belle vue depuis un des sommets de l’île, Mission Lodge ; il y avait encore un peu d’humidité des pluies de la veille et un arc-en-ciel nous y attendait, joli clin d’œil après ce temps passé avec la province du même nom ! Et puis, c’était déjà le temps de dire au revoir à chacun, l’avion du retour devait décoller le soir même.
Merci à tous pour ce temps merveilleux passé dans une ambiance extraordinaire, l’ambiance des îles ! Merci à Marie-France pour avoir accepté de continuer à accompagner les communautés de l’Océan Indien, encore bon anniversaire aux Seychellois, et bonne route à Madagascar, La Réunion, Maurice, Rodrigues, vous étiez tous si beaux et colorés.

Que Bondye Papa, Zezi Kri et Lespri Sen vous bénisse tous !


Vive la province Arc-en-Ciel !









samedi 16 avril 2016

Trois conférences pour annoncer Foi et Lumière

En pleine action !
En cette année sainte de la Miséricorde, j’ai été invité deux fois à parler des liens qui existent dans Foi et Lumière avec la Miséricorde divine : Foi et Lumière lieu de Miséricorde, vaste sujet ! 
L'affiche de la conférence à Saint Médard
La première fois, ce fut dans la paroisse Saint Médard à Paris, là où le père Albert Ganmbard, aumônier provincial de Paris et le Levant, est curé ; et la deuxième, c’était dans la paroisse de Montrevel-en-Bresse, tout près de ma ville natale, et j’y avais été invité par le père Pierre Le Bourgeois qui avait célébré la messe de funérailles de mon père il y a près de 21 ans…
En y réfléchissant bien, il y a beaucoup de choses qui relèvent de la Miséricorde Divine dans Foi et Lumière, à commencer par les paroles de la prière du Jubilé de la Miséricorde proposée par le pape François : Seigneur Jésus-Christ, toi qui nous a appris à être miséricordieux comme le Père céleste, et nous as dit que te voir, c’est Le voir, montre-nous ton visage et nous serons sauvés. Cela m’a rappelé ce que nous disons dans notre prière :
Apprends-nous à découvrir ton visage et ta présence en tous nos frères et sœurs, spécialement les plus faibles.
Apprends-nous à accueillir nos blessures, notre faiblesse pour qu’en elles se déploie ta puissance.

Apprends-nous à te suivre sur les chemins de l’Evangile.
Le visage de Jésus, nous le voyons dans celui de tous nos amis ayant un handicap mental, et par leur regard, c’est Jésus miséricordieux qui nous regarde et nous invite à accueillir nos blessures et nos faiblesses : nous pouvons alors nous lever pour répondre à son invitation à le suivre.
Je ne vais pas refaire ici ces conférences, peut-être les transcrirai-je un jour…
L'affiche de la conférence d'Orléans

Entre ces deux conférences, j’en ai donné une troisième au centre œcuménique d’Orléans ; c’était plutôt une introduction au mouvement Foi et Lumière, illustrée par des photos provenant des différentes rencontres auxquelles j’ai participé. Cette conférence avait été précédée d’une interview pour la radio chrétienne locale RCF45 avec Philippe et Nicole Popelin, les vice-coordinateurs de la province France Centre.

A chaque fois, les communautés locales ont bien été présentes et avaient battu le rappel pour que la salle ou l’église soient convenablement remplies.
J’espère que ces deux temps de parole auront pu toucher les cœurs, c’est la prière que je formule à l’Esprit Saint dans ces circonstances.
Pendant l'enregistrement pour RCF45




mardi 12 avril 2016

45 ans !

Gemmail de Foi et Lumière dans la basilique de Lourdes
Il y a beaucoup d'événements que nous pouvons fêter pour rendre grâce du cadeau de Foi et Lumière qui nous a été fait par Jean Vanier et Marie-Hélène Mathieu. Quand Foi et Lumière a-t-il démarré ?
Est-ce quand Jean et Marie-Hélène ont rencontré Gérard et Camille Proffit au retour de leur pèlerinage à Lourdes dont ils étaient revenus si meurtris ?
Est-ce quand Jean et Marie-Hélène ont décidé le lancement du pèlerinage de 1971 ?
Est-ce au moment de la première réunion de l'équipe internationale qui a eu lieu le 8 décembre 1968 ?
Est-ce le jour du lundi de Pâques 1971 quand un groupe de pèlerins a dit qu'il n'était pas possible de s'arrêter après un si beau pèlerinage ? Quand Jean Vanier a dit : soyez fidèles à l'Esprit Saint. Continuez de vous réunir en communautés de prière, d'amitié, d'entraide. Suscitez des fêtes, des pèlerinages... D'ici quelques mois, nous nous réunirons et nous ferons le point. (Livre "Plus jamais seuls" de Marie-Hélène Mathieu, page 155).
Puisque nous fêtons nos anniversaires en référence à l'année 1971 (pèlerinages de 1981, 1991, 2001, 2011), c'est cette date qu'il nous faut choisir comme référence pour notre fondation.
En 1971, le lundi de Pâques était un 12 avril.

En ce jour du 12 avril 2016, nous fêtons donc les 45 ans de Foi et Lumière ; rappelons-nous la phrase de Jean Vanier qui est comme une sorte d'envoi en mission pour que nous nous rencontrions dans nos communautés de base et qu'au niveau des pays ou des provinces, nous organisions des fêtes et des pèlerinages !
Joyeux anniversaire à nous tous !

jeudi 3 mars 2016

O Bonitas !

Kristina a écrit à plusieurs d’entre nous depuis sa nouvelle résidence, le monastère de Paparčiai en Lituanie. J’ai reçu pour ma part une longue lettre dans laquelle elle décrit comment se vit - de l’intérieur – le jumelage d’une communauté Foi et Lumière avec une communauté religieuse. Cela prouve, si c’était nécessaire, combien ces liens de prière et d’amitié sont importants pour chacun !
Quand, fin octobre 2015, toute ma communauté est venue au monastère pour sa rencontre mensuelle, nous avons toutes été remplies de l’esprit de Foi et Lumière : cette joie et cette liberté d’être telles que nous sommes, de célébrer la douce présence de Jésus et de se sentir tellement aimées ! Tous ont été très heureux et ont apprécié cette visite au monastère. A la fin de la journée, tous les membres de la communauté ont participé à la liturgie des vêpres et à la messe. Ce fut extraordinaire de voir comment tous sont restés dans le silence pendant tout le temps de la liturgie ! Sœur Marie-Reine (notre prieure) m’a demandé si la communauté pouvait chanter un chant à la fin de la messe avant de sortir de l’église, et ils ont chanté "Pierre, Jacques et Jean", ce fut une grande surprise pour tous ceux qui étaient là !
Avec sœur Deir-Maria, nous formons notre petite "branche" Foi et Lumière ici à Paparčiai. Je partage toujours avec elle les nouvelles que je reçois et à très souvent nos réunions se terminent par la prière de Foi et Lumière (dans plusieurs langues). Elle a toujours été très proche de Foi et Lumière et elle en ressent très profondément l’esprit et le cadeau que cela représente ! Comme elle est en charge du service d’accueil des invités, elle leur parle souvent de Foi et Lumière et leur suggère de rejoindre une communauté Foi et Lumière : « allez et voyez ! »
Il y a quelques jours, pendant un temps de rencontre fraternelle, j’ai lu à toutes les soeurs la lettre de Mirna, "quelques rayons de soleil de Syrie". Elles ont toutes été très profondément touchées… Merci pour Mirna !!! Merci au Seigneur pour la lumière et la foi dans son cœur ! Toutes ensemble, nous avons prié pour elle, pour la paix, pour le peuple syrien, le peuple ukrainien et tous ceux qui souffrent de la guerre. Comme pendant une réunion Foi et Lumière, nous nous sommes passées la bougie (avec l’emblème de Foi et Lumière !) de mains en mains, et nous avons terminé ce temps de prière en chantant : "Père unis-nous tous". Ce fut un moment exceptionnel !
Parfois, je partage des fioretti de Foi et Lumière avec les sœurs et je constate que le message de Foi et Lumière est important non seulement pour nous, mais pour toute personne, pour toute l’humanité. Je rends grâce à Dieu !

L'église du monastère de Paparčiai
Elle a passé la première étape de son engagement dans la communauté des sœurs de Bethléem juste avant Noël (le 23 décembre) en recevant une mélote, un vêtement bleu, qu’elle avait demandé à la mère supérieure de l’ordre, sœur Isabelle. Dans sa réponse, (en français) sœur Isabelle lui a dit :
Tout ce que tu as vécu auprès des personnes handicapées se prolonge maintenant dans l’amour pour toutes les personnes humaines connues ou inconnues, pour chacune de tes sœurs de Paparčiai et de cette petite Famille de Bethléem qui t’accueille. Ne sommes-nous pas tous handicapés de l’Amour, assoiffés de miséricorde, blessés de notre propre non-amour et blessant par notre ego envahissant ? Que pendant cette année de la Miséricorde, le Seigneur Jésus daigne faire de nous des "miséricordiés miséricordieux".


Elle me demande enfin de continuer à lui envoyer des nouvelles de notre Famille de Foi et Lumière, c’est important pour elle et également pour les sœurs du monastère. Cela les aide à prier pour des intentions concrètes, à rester "connectées" et d’expérimenter la bénédiction de rester unis main dans la main. Prions pour Kristina et pour toutes les sœurs qui partagent à leur manière la vie de nos communautés, elles sont des médiatrices essentielles pour nous garder dans l’amour de Jésus ! Et disons avec elles cette exclamation qu’elles tiennent de Saint Bruno dont elles suivent la règle : O BONITAS !

jeudi 25 février 2016

Le redémarrage de Foi et Lumière en Zambie

L'aéroport international de Ndola
Après le froid de l’Ukraine, voici la chaleur de la Zambie ! A peine revenu de la réunion de préparation du carnet de route, je suis reparti vers l’hémisphère sud et ce continent africain où je me sens toujours si bien ! Après un voyage assez long via Amsterdam, Nairobi et Lubumbashi, je suis arrivé à l’aéroport international de Ndola en Zambie. De là, accueilli par le père Jésuite en charge d’un centre de retraite tout neuf à Kitwe. Là nous avons passé trois jours de formation destiné à un groupe de personnes ayant connu Foi et Lumière et d’autres désireuses de mieux connaître notre mouvement pour démarrer des communautés. Tout cela a été organisé par une petite équipe dont la cheville ouvrière a été le Père David Harold Barry sj : il a été à l’origine du démarrage de Foi et Lumière au Zimbabwe, et maintenant, résidant à Lusaka, il est parti à la recherche des quelques braises encore fumantes des communautés de ce pays. Avec lui, Kathryn Morgan, coordinatrice de la province, était venu de Johannesburg et Time Baluwa de Harare. Tous les quatre, nous avons soufflé (avec l’aide du Saint Esprit) sur ces braises, et Foi et Lumière va sans doute redémarrer là où il y avait des communautés et sans doute au-delà jusqu’à Kolwezi, en République Démocratique du Congo ! Patrick Mulenga a été désigné comme point de contact : il coordonnera les promesses de redémarrage de communautés anciennes et de démarrage de nouvelles communautés.
Voici le compte rendu qu’a rédigé le Père David à son retour à Lusaka.

Le groupe rassemblé à Kitwe
Nous étions dix-huit, rassemblés au nouveau Centre de Retraite Jésuite de Kitwe – nous étions le premier groupe résident– du 21 au 24 janvier pour un temps de suivi des progrès de Foi et Lumière.
Pour ceux qui ne connaissent pas Foi et Lumière, nous sommes un mouvement œcuménique pour les personnes ayant un handicap mental et leurs familles. Notre objectif est de rejoindre des personnes souvent mises à l’écart – même parfois enfermées dans une chambre per leurs parents – et les aider ainsi que leurs familles à découvrir qu’elles sont comme nous tous, avec le besoin d’être aimées, d’aimer et d’être acceptées. Et qu’elles sont des personnes qui ont souvent des dons cachés en attente d’être révélés comme “un remède pour les nations” (Ap 22:2).
Le mouvement a démarré à Lourdes en 1971 par un pèlerinage organisé par Jean Vanier et Marie-Hélène Mathieu ; ils étaient 12000, personnes ayant un handicap, leurs familles et des amis. C’était la réponse au refus des organisateurs d’un pèlerinage diocésain d’accueillir une famille avec deux enfants handicapés parce qu’ils “vont faire trop de bruit et perturber les autres pèlerins.”
Notre réunion a rassemblé quatre personnes de la paroisse de Mandebvu de Lusaka, trois de la paroisse Saint Mary de Kabwe, cinq de Ndola, un de Chipata et une de Chinsali. Nous avons examiné la situation en Zambie depuis le démarrage dans les années 1980, la visite de Jean Vanier en 1996 et les développements qui ont suivi. Nous avons reconnu que le feu s’était réduit à des braises. Foi et Lumière a dépéri. Les parents ne comprennent pas et les coordinateurs qui avaient été choisis trop rapidement ont arrêté de communiquer.
Pendant ces trois jours, nous avons constitué une communauté, partageant nos expériences, apprenant à mieux connaître le mouvement, nous avons chanté et dansé. Nous avons pu réaliser que Foi et Lumière est un mouvement communautaire dont le but est de construire des relations et c’est ce qui se vit dans chacune de nos réunions mensuelles : nous y vivons ensemble un programme d’activités, partageons un petit repas, et prions ensemble. Nous essayons de créer une atmosphère où les personnes ayant un handicap se sentent libres, sortent de leur isolement et peuvent se réjouir.  
Tel l'oiseau tisserin, Foi et Lumière refait son nid en Zambie
Nous avons passé du temps sur le leadership, la préparation des réunions, l’engagement à construire une “communauté de rencontre”. Nous avons prié, seuls et en groupe pour découvrir en nous ce à quoi le Seigneur nous appelle pour cette reconstruction de Foi et Lumière. Et nous avons tous célébré notre oui”. Le moment est maintenant venu d’informer les prêtres de nos paroisses respectives et nos évêques de ce que nous voulons faire et leur demander leur bénédiction.


L'équipe de préparation avec Patrick Mulenga
Time Baluwa a également écrit ses réactions à son retour dans son pays sur son blog




mardi 2 février 2016

Kirt et Hilda Bromley, infatigables missionnaires au Ghana

Kirt Bromley est un nouveau vice-coordinateur international qui accompagne les quatre provinces du Canada et des États Unis, en remplacement de Fred Seagren. Kirt est marié avec Hilda, qui est originaire du Ghana. Tous les ans, ils passent quelques semaines dans ce pays où ils ont fondé de nombreuses bibliothèques rurales. Kirt est un homme extraordinaire (sa femme aussi certainement !) et il envoie régulièrement des nouvelles de leur séjour au pays. Cette année, il a une nouvelle mission, démarrer (ou plutôt redémarrer) Foi et Lumière dans ce beau pays ! Merci Kirt !

Le livre écrit par Kirt et Hilda

Comme j'avais promis à beaucoup d'entre vous de donner des nouvelles par e-mail, je vais me lancer. Notre voyage, à Hilda et moi, n’est pas seulement un voyage dans des paysages rudes, mais il est aussi, comme le vôtre, un voyage spirituel, et il me faut aussi vous partager une partie de cet autre paysage.

Les faits : nous sommes arrivés le 22 janvier, et comme d'habitude, à peine arrivés, nous avons dû courir. Hier, nous avons célébré le premier anniversaire de l'enterrement de Sam, le frère aîné de Hilda, qui était un grand soutien de notre "Books For Africa Library Project" : en effet, il a été le responsable de la construction de l'entrepôt pour nos livres. Nous avons utilisé une partie de l'héritage de ma mère pour construire quelques bâtiments, mais la patience et l'honnêteté de Sam nous ont permis d’épargner beaucoup d'argent...
Vous savez combien Hilda aime cuisiner ; vendredi, elle et dix cuisiniers ont préparé un repas pour une centaine de personnes dans le cadre de l’anniversaire de l'enterrement de Sam. Le lendemain, notre petit groupe familial, près de 30 personnes, a pu déjeuner en sortant de l'église.

Ce fut notre priorité pendant ces dix jours qui ont suivi notre arrivée, mais nous n’avons pas fait que ça : nous sommes allés à la capitale et avons commandé pour 2200 $ USD de livres à partager entre les bibliothèques que nous prévoyons de visiter cette année. À partir du 10 février, nous allons voyager jusqu’à l'extrême nord du Ghana, les régions Upper East et Upper West, où il y a 8 bibliothèques que nous avons mises en place. Cela fait des années que nous les avons démarrées, et nous avons entendu dire que certaines d'entre elles ne payaient pas leurs bibliothécaires. Notre plan est d’aller les voir avec leur conseil d'administration (et en établir de nouveaux si besoin), puis de les aider à revitaliser leur mission. Nous espérons que notre don de livres sera une bonne aide. Nous avons aussi une autre bibliothèque à mettre en place dans cette même région. Ce sera probablement la dernière pour nous.
Nous serons sur la route et vivrons dans les hôtels du 10 février au 17 mars. Gardez-nous dans la prière.

Nous avons commencé à distribuer des lunettes à Kukurantumi. J’avais remarqué qu'un homme, que je rencontrais à l'église le samedi, portait une paire de lunettes à laquelle il manquait la branche gauche ; il avait fixé une bande de caoutchouc qui allait de la monture sur le côté gauche jusqu’à l’extrémité de la branche droite en passant par l’arrière de la tête. Il en avait bien besoin, merci ! Aujourd'hui après la messe du matin, nous l’avons invité chez nous pour voir la collection de quelques centaines de verres que nous avons apportés dans notre valise.

J’ai eu la visite d'un jeune homme ayant une déficience intellectuelle à notre dîner de famille. L'année dernière, il traînait toujours autour de chez nous quand nous recevions plusieurs hommes en cure de désintoxication alcoolique. C’était bon de le revoir, et tout de suite, j’ai pensé à Foi et Lumière. L'année dernière, nous étions tellement occupés avec le programme de traitement à la maison, que je n’avais pas eu le temps pour Foi et Lumière, mais cette année je le ferai. J’ai parlé à cet homme de la merveilleuse communion de Foi et Lumière, et il reviendra aujourd’hui pour en entendre davantage.

La Miséricorde : Cela fait partie de ma vie spirituelle depuis plusieurs mois. Je suis profondément touché par l'appel du pape François à vivre une année centrée sur la miséricorde. Il y a tellement de choses à apprendre ! Hier, je suis allé à l'Église méthodiste de Kukurantumi, où Sam, le frère de Hilda, allait prier quand il était en ville. Ils ont eu une mention spéciale pour lui dans leur service. J'étais assis là avec une humeur plutôt négative. Lorsque le service a débuté à 09h00, avec Hilda et quelques parents, nous étions parmi les rares fidèles à rejoindre la douzaine de personnes qui étaient déjà présentes. "Quel genre d'église est-ce ?" ai-je demandé. Je n’aimais pas ça. Peu à peu, les gens sont arrivés. Après environ 15 minutes, le célébrant s’est arrêté et il a harangué les fidèles à cause de leur retard. Il y a eu beaucoup de chants et des prédications, mais je me trouvais dans une humeur négative. Miséricorde. Je ne veux pas être amer au sujet de ma foi.
La grâce de Dieu est arrivée de façon inattendue. Vers la fin du service, l'un des célébrants a demandé si quelqu'un de notre famille pourrait venir parler de Sam. Nana Asare est le fils aîné de Sam, alors il est venu et a dit quelques mots. Je me suis senti poussé par le Saint-Esprit à en dire plus. Comme Nana était en train de se rasseoir, j’ai bondi de mon banc et je me suis avancé. J’ai donné un court aperçu sur Sam ... sa fidélité dans l'étude de l'Écriture chaque jour (en effet, il fut le témoin qui m’a incité à commencer mon étude quotidienne de la Bible en 1976). J’ai aussi parlé de sa bonté, de sa générosité et de son esprit de pardon. J’ai précisé que la vie de Sam n’était pas que dans la parole, mais qu’elle se reflétait aussi dans ses actes. Eh bien, j’ai réalisé que j'avais fait un point qui était proche de la harangue que le prédicateur avait faite plus tôt, mais à la fin, j’étais très affecté. Qui suis-je pour juger ? Nous avons tous besoin de miséricorde. J’ai quitté l'église plus humble, et je n’étais plus troublé par ce nuage noir de jugement. Dieu est celui qui va changer la situation, pas moi. (Faire confiance à Dieu d'être Dieu est un grand défi !)

Je vois que j’ai couvert beaucoup de sujets...
Que le Seigneur bénisse votre voyage également.
Avec vous dans la grâce et la miséricorde du Christ,

Kirt et Hilda