samedi 30 janvier 2016

Bientôt, un nouveau carnet de route !

L'équipe carnet de route

Cette année, c’est une équipe ukrainienne qui va préparer le carnet de route pour l’année 2016-2017 (Olga, Vira, Inna, Luybov Sophia et Père Martin). Quand on travaille sur le carnet de route, on vit un peu toujours par anticipation et se projeter dans l’avenir n’est pas toujours évident. De plus, il faut tenir compte au maximum des retours reçus sur les précédents carnets de route, et là aussi, c’est une gageure que de vouloir satisfaire des demandes pas toujours compatibles entre elles !
Après une année passée la main dans la main, nous allons parcourir l’année prochaine avec comme fil conducteur la jeunesse. Mois après mois, nous verrons que des choses extraordinaires ont été faites par des personnes dans la fleur de l’âge, depuis le jeune Samuel, avec qui nous dirons tout au long de l’année : Tu m’as appelé, me voici, jusqu’à frère Roger qui, même s’il est mort assassiné à 90 ans, a démarré l’œuvre de Taizé vers l’âge de 30 ans. Et puis, mi-2017, nous aurons peut-être un grand événement destiné aux jeunes de Foi et Lumière !!
L'arrivée à Lviv
Une belle crèche
C’est dans une ambiance de Noël (eu Ukraine, comme dans tous les pays qui suivent le calendrier julien, Noël se fête le 7 février) que nous sommes arrivés avec Corinne dans la ville de Lviv. Pour être pleinement dans l’ambiance, il y avait aussi le froid et la neige. Nous avons marché dans le centre historique de la ville où tout (crèches, marchés, illuminations, chants) rappelait la fête de la Nativité. Nous avons diné dans une famille où nous avons entendu de nombreux chants de Noël ukrainiens avant de rejoindre un séminaire polonais dans la banlieue de Lviv, à Bryukhovychi, où nous allions travailler pendant les deux jours suivants. 
Nous avons essayé de définir, mois après mois, à partir de chacune des paroles du mois, comment chaque communauté allait vivre un temps de rencontre adapté à ce thème. Ce carnet de route est le même pour tous, mais il faut que chaque communauté reste bien ancrée dans sa propre culture : l’unité dans la diversité, nous sommes-nous rappelés à plusieurs reprises.

En plein travail !

Comme nous avons bien travaillé, nous avons pu rejoindre une fête des communautés de Lviv qui fêtaient Noël dans une paroisse de la ville. Nous y avons retrouvé l’ambiance priante et festive de nos communautés ! Et dès le lendemain, il a fallu repartir chacun chez soi ; tous, nous avons récupéré notre part de travail et d’ici quelques mois, nous pourrons recevoir un nouveau carnet de route !
Super, nous avons bien travaillé !





Belle fête avec les communautés de Lviv

mercredi 6 janvier 2016

Quelques rayons de soleil de Syrie

J'ai reçu cette lettre de Mirna qui m'a beaucoup touché... Je suis ébloui par tant de courage. Elle remet bien les choses dans la bonne direction, la bonne perspective... et elle nous donne des conseils : comment construire sa maison sur le roc et pas sur le sable ; elle nous rappelle combien ce que nous vivons à Foi et Lumière est prophétique si nous comprenons bien la mission des personnes ayant un handicap.
Avec Mirna et Alaa en Syrie (2010)

Chers amis,
Je voudrais partager avec vous quelques instants de vie au milieu de la tension, des soucis et de la tristesse.
A Alep, nous vivons chaque jour en espérant que le jour d’après sera un peu meilleur. Nous ne comprenons pas ce qui nous arrive. Nous continuons à recevoir des missiles, des bombes et à entendre beaucoup de coups de feu provenant d’armes diverses. Chaque jour, nous apprenons la mort de nouveaux martyrs. Mais nous continuons à travailler, à nous rendre visite, à voyager vers d’autres villes.
Toutes sortes de nourriture, pain, fruits et légumes sont disponibles, mais nous continuons à subir des coupures d’eau et d’électricité. Les systèmes de distribution peuvent s’arrêter pendant plusieurs semaines ; les gens sont fatigués de devoir aller chercher de l’eau, de porter des bouteilles, des seaux provenant de puits récemment creusés pour que tous puissent avoir accès à l’eau. Le problème de l’électricité est résolu par des générateurs, mais seulement pour quelques-uns, les plus pauvres ne peuvent en profiter. La Syrie souffre aussi de perdre des jeunes, des familles… chaque semaine, nous disons au revoir à des amis, des parents, des voisins : les gens affrontent toutes sortes de dangers pour atteindre l’Europe. Et il n’y a toujours pas de signe de paix… mais nous continuons à entendre, voir et être les témoins de quelques lumières dans nos journées. Je peux vous en partager quelques-unes.
J’ai été très impressionnée par la puissance de vie d’une femme dont la maison a été très endommagée par une roquette Hawn. Elle m’a dit : "mon mari est allé enterrer notre fille et je suis restée pour nettoyer la maison et enlever les traces de sang, nos autres enfants vont bientôt arriver". Elle était si triste, elle pleurait, mais la porte de la vie restait ouverte, elle restait disponible pour la vie.
Une autre fille m’a raconté que sa vie était comme accélérée au milieu des nombreuses pertes qu’elle subissait. Elle me disait qu’elle n’avait pas le temps de faire le deuil de ses amis, parents et voisins : "une fois, quand j’ai ressenti qu’un de mes amis me manquait, j’ai essayé de l’appeler au téléphone, puis j’ai réalisé qu’il était mort depuis plusieurs semaines".
Les communautés interreligieuses sont si importantes ; pendant les crises, les personnes ayant un handicap sont les plus vulnérables, elles sont les dernières dont on va s’occuper, et la priorité est donnée aux autres enfants. Les familles ont tellement de soucis, d’angoisses, de peurs, qu’elles ont moins le temps de prendre soin de leur enfant handicapé, on l’écoute moins, on lui parle moins pour lui expliquer tout ce qui se passe. Au cours d’une réunion d’une communauté interreligieuse, une mère nous a dit toute sa fatigue, elle était proche de l’épuisement. Elle avait prévu d’aller voir un psychiatre, mais c’est alors qu’elle a été invitée à une rencontre de communauté interreligieuse (un rayon de lumière) et après quelques réunions, elle nous a dit : "maintenant, je ne ressens plus le besoin d’aller voir un psychiatre, je me sens plus à l’aise, je ne sais pas ce qui se passe, rien n’a changé, mais je me sens mieux ; j’ai vu que mon enfant était heureux, j’ai rencontré d’autres femmes comme moi, les amis de la communauté m’ont accueillie avec mon enfant, c’est une vraie famille dont je sens que je fais partie".
La semaine dernière, avec un autre ami, nous sommes allés voir Serjio (il est mon ami à Foi et Lumière) pour fêter son anniversaire : il était très heureux de nous voir, ce fut une fête très très simple avec juste un petit gâteau et une tasse de café, nous étions peu nombreux, nous avons bavardé, ri, chanté, nous nous sommes rappelés nos histoires communes, les moments joyeux, les moments tristes, et comme à son habitude, Serjio nous a invités à prier. Pour moi, ce fut un rayon de soleil, célébrer la vie au milieu de la mort, rencontrer des amis au milieu de la division, vivre des moments paisibles au milieu de la guerre, vivre des temps de paix intérieure au milieu du chaos.
J’ai aussi été invitée à la cérémonie de mariage de deux amis : c’était à trois heures de l’après-midi, une heure inhabituelle car à Alep, les mariages se célèbrent le soir et sont suivis d’une fête qui démarre à minuit et qui dure jusqu’au matin. J’étais heureuse de voir ce couple entouré par les amis qu’il leur restait. Nous avons fait moins d’efforts pour les habits, les cadeaux, la fête, mais nous étions là pour fêter avec eux leur engagement, pour les encourager. Ils ont pris une décision courageuse dans la situation présente, une décision fondée sur leur désir de continuer, sur leur foi dans la vie, sur leur espérance pour l’avenir, même s’il n’y a pas de signe d’un bon futur à court terme. Leur décision a allumé une grande lumière d’espérance au milieu d’une jeunesse désespérée. Les crises nous ont rappelé, à nous les témoins, le véritable mystère du mariage.
Il me semble que nous sommes comme l’homme insensé de l’Évangile : nous avons construit notre sentiment de sécurité (notre maison) sur des rêves virtuels, sur le sable (une belle maison, une bonne santé, de l’argent, des amis, des biens, un bon travail, des enfants, des parents, une éducation, une bonne position, une bonne réputation, même sur Dieu qui est derrière tout cela). Mais quand les crises sont arrivées (la pluie, les torrents, les vents), tout cela s’est écroulé dans un grand fracas, et tous sont terriblement déçus, perdus, déracinés. Ils pensent qu’il n’y a plus de sens à la vie, plus de futur, plus de Dieu. Pour moi, j’ai revu l’infrastructure de ma maison, l’infrastructure de mon sens de la sécurité : cela nécessite plus d’écoute et d’obéissance à la parole de Dieu. Quand mon sens de la sécurité proviendra de l’amour de Dieu, ma vision de la vie, de l’avenir, de moi-même, des autres, et même de mon ennemi sera très très différent… et rien ni personne ne pourra me l’enlever.
Une jeune réfugiée irakienne de dix ans a été interrogée à la télévision. Elle a expliqué combien sa vie avait changé, tout ce qu’elle avait perdu, son école, sa maison, des parents, des voisins, des jouets ; elle demandait qu’on l’aide à retrouver sa meilleure amie, elle ne sait pas où elle est. Le journaliste l’a aidée pour qu’elle puisse passer un appel à ses amis. Mais ce qui m’a le plus impressionnée, c’est qu’elle ne manifestait aucune haine à l’égard de ceux qui lui avaient causé tout cela, elle leur pardonne, prie pour eux et demande à Dieu de les guider.
S’il vous plait, priez pour les Syriens, pour la paix et pour moi. Merci

Mirna

samedi 19 décembre 2015

Kristina

L'église du monastère de Paparčiai
Quand en mai 2014, Kristina, qui était depuis six mois vice-coordinatrice internationale, m’a invité à aller passer 24 heures au monastère des sœurs de Bethléem à Paparčiai, au milieu des forêts de Lituanie, je n’imaginais pas vraiment tout ce qui allait se passer !
J’avais bien remarqué que Kristina était très à l’aise dans cette ambiance très particulière d’un ordre monastique sévère ; en effet, "la famille monastique de Bethléem de l’Assomption de la Vierge et de Saint Bruno" observe la règle de Saint Bruno, celle de l’ordre des Chartreux. J’ai pu en observer la rigueur dans mon petit ermitage dans lequel on venait m’apporter mes repas… Mais cela m’a permis de prier, de méditer et de me préparer intérieurement à la session de formation que j’allais animer dès le lendemain soir… Dans le train qui nous ramenait à Vilnius, j’ai demandé à Kristina si elle avait jamais entendu un appel à rejoindre cette communauté ? Elle m’a répondu que non, que le seul appel auquel elle avait répondu, c’était celui de Foi et Lumière. Et l’engagement qu’elle avait pris en acceptant de servir comme vice-coordinatrice internationale était porté dans la prière par les sœurs qui connaissent bien Foi et Lumière et sont de bons soutiens de Foi et Lumière en Lituanie et dans le monde.
A notre arrivée à Vilnius, nous avons retrouvé l’aumônier national de Foi et Lumière, et avant de rejoindre les participants à la formation, nous nous sommes arrêtés pour prier dans la maison où avait habité Sainte Faustine Kowalska. Nous y avons prié le chapelet à la Miséricorde Divine. C’est dans cette maison de la Congrégation de Notre-Dame de la Miséricorde, où elle a vécu dans les années 1933 – 1936, que le Seigneur Jésus lui avait dicté ce chapelet.
Trois mois plus tard, quand Kristina m’a appelé pour me dire l’appel radical qu’elle avait reçu et auquel, après un long discernement, elle voulait répondre « oui », j’ai été abasourdi et ma première réaction –après avoir raccroché- fut de me mettre en colère contre le Bon Dieu qui semblait me jouer un mauvais tour ! Puis, petit à petit, j’ai "digéré" cette nouvelle et j’ai pu passer à une autre étape qui était celle d’accompagner Kristina dans cette démarche. Fille unique d’une maman veuve, elle a mis du temps à lui annoncer cette nouvelle et j’ai le sentiment d’avoir un petit peu joué le rôle du papa de Kristina… Il faut dire que Kristina est née un 12 avril, elle a donc la même date d’anniversaire que ma fille Julie !
La vue sur le mont Blanc depuis les Monts Voirons
Avec soeur Deir Maria, Julie et Kristina
J’ai été très heureux de revoir Kristina l’été dernier au monastère Notre-Dame de la Gloire-Dieu des Monts Voirons, un superbe endroit au-dessus du lac Léman et face à la chaine du Mont-Blanc ! Ce plus ancien haut-lieu marial de Haute-Savoie a souvent vu Saint François de Sales y rejoindre le groupe des ermites d’alors. C’est là que Kristina, accompagnée de sœur Deir Maria, a passé le mois d’août en retraite. Avec Isabelle et Julie, nous avons passé un très bon moment plein de joie. Nous étions si bien ensemble que nous avons oublié l’heure des vêpres et nous sommes arrivés à la chapelle un peu en retard !
Et puis, le dimanche 11 octobre, Kristina a rejoint la clôture du monastère de Paparčiai. L’Évangile, ce jour-là, disait : nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple (Mc10, 29-30). Et les communautés du monde entier avaient pour thème de réflexion pour le mois d’octobre : main dans la main avec les communautés religieuses ! La communauté de Kristina a bien sur choisi de vivre cette union de prière avec le monastère de Paparčiai, un monastère qui est explicitement nommé dans le carnet de route…
L’Église catholique termine l’année de la vie consacrée et s’apprête à entrer dans l’année du jubilé de la Miséricorde. Je me rappelle cette journée de mai 2014, commencée au milieu de la communauté religieuse que Kristina a rejointe et qui s’est terminée dans la maison de Faustine Kowalska que nous avons remplie de notre prière : Par Sa douloureuse Passion, sois miséricordieux pour nous et pour le monde entier. Nous allons avoir beaucoup d’occasions dans l’année qui vient de vivre la main dans la main, remplis de cette grande Miséricorde Divine !

Kristina, je réalise maintenant que tu n’as pas vraiment quitté Foi et Lumière, nous avons gagné un soutien constant par la prière des sœurs de Bethléem de Paparčiai. Prie pour nous comme nous prions pour toi !

L'Équipe de coordination internationale s'est réunie en Pologne

Le CA et l'ECI au grand complet
Les rencontres en Pologne se suivent et ne se ressemblent pas toutes, heureusement. Début décembre, nous étions à Konstancin-Jeziorna, près de Varsovie, dans un centre d’animation missionnaire des pères Pallotins, pour deux réunions successives : le Conseil d’administration et l’Équipe de coordination internationale. Il y avait un jour de recouvrement pour avoir le temps de réfléchir tous ensemble, pour tenter de discerner l’appel de Dieu pour Foi et Lumière dans les années à venir. Ce fut un temps de partage à partir des messages que nous avaient donné nos fondateurs ; nous n’avons pas convergé vers la définition d’un horizon clair et limpide de ce qui nous attend sur le chemin qui va nous emmener vers 2025 et au-delà… Il faudra certainement laisser des possibilités au Saint Esprit de nous surprendre et nous étonner, comme il l’a fait en 1971.
Nous avons aussi commencé la réunion de l’Équipe de coordination internationale qui a suivi par une journée de réflexion sur l’identité et la mission de Foi et Lumière : c’était une manière de préparer le conseil des coordinateurs qui aura lieu dans les mêmes locaux en juillet 2016.
Nous avons accueilli très chaleureusement les deux nouveaux vice-coordinateurs internationaux, Kirt Bromley et Uliana Roy qui accompagnent respectivement les provinces du Canada et des USA (Kirt) et l’Ukraine, Between the Seas et Danube (Uliana). Tous deux se sont très vite intégrés dans cette équipe si belle et qui a à cœur le désir de faire rayonner Foi et Lumière partout dans le monde. Nous avons fait ainsi le tour des provinces, nous réjouissant des bonnes nouvelles et partageant les difficultés que vivent certaines communautés (comme au Burundi, à Capetown, en Syrie, en Ukraine…). Nous avons commencé à planifier les activités phares des mois à venir : le Jubilé des malades et des personnes handicapées à Rome en juin, le Conseil des coordinateurs de juillet, les JMJ de Cracovie, un grand rassemblement de jeunes de Foi et Lumière en 2017…
La viste de Saint Nicolas
Nous avons eu la joie de recevoir plusieurs visites : saint Nicolas nous a fait la surprise de venir nous voir le 6 décembre avec une hotte pleine de cadeaux ; Agnieszka, la coordinatrice de la province, et des membres des communautés de Varsovie sont venus nous retrouver pour dîner avec nous et passer une bonne soirée tous ensemble. Nous avons découvert Varsovie by night (le lieu où Saint Jean-Paul II avait dit la messe en 1979, la paroisse où une communauté de Varsovie se retrouve, un restaurant où Frédéric Chopin avait l’habitude de venir dîner… et où nous nous sommes bien amusés, comme dans une rencontre de communauté !).
Sur le plan spirituel, nous avons célébré le 7 décembre, pour la vigile de la solennité de l’Immaculée Conception, l’entrée dans l’année sainte de la Miséricorde Divine par une célébration du lavement des pieds.

Merci à vous tous, vous êtes super ! Un grand merci tout particulier à Asia qui a si bien préparé cette réunion ! Je suis toujours heureux de retrouver cette équipe au complet ! Je me rends compte à chaque fois combien vous êtes précieux et combien c’est plus facile de porter ce travail d’accompagnement des provinces dans la confiance et la communion. Kocham was (c'est du polonais...) !
Dans  le restaurant favori de Frédéric Chopin

lundi 30 novembre 2015

Fe y Luz en Argentine (et à São Paulo)


Pendant les quelques secondes pendant lesquelles j’ai pu parler au Pape François fin juin sur la place Saint Pierre, je lui ai dit que j’allais aller dans son pays pour rencontrer les communautés Foi et Lumière d’Argentine. J’ai pu tenir cette promesse en allant jusqu’à Buenos Aires du 20 au 22 novembre. J’y suis allé avec Maria-Silvia et les coordinateurs de la province Pont de l’Amitié, Marcia et Walter que j’avais retrouvés chez eux à São Paulo. Cette province regroupe les communautés du sud du Brésil, du Paraguay et de l’Argentine. Cela faisait quelques temps que Maria-Silvia me disait que Foi et Lumière en Argentine avait besoin d’être encouragé, dynamisé… et je me suis décidé à aller sur place pour tenter de redonner un peu de tonus à ce grand pays.
Avec Don Alberto Bochatey
Nous avons commencé cette visite en rencontrant celui par qui tout a commencé en Argentine, Monseigneur Alberto Bochatey, osa. Du temps où il était jeune prêtre dans une paroisse de Mendoza, il avait été à l’origine de plusieurs communautés. Aujourd’hui, il en reste une avec laquelle il a gardé des liens très forts et notre rencontre a permis de renouer le fil avec cette communauté "Saint Augustin" dont la province avait un peu perdu la trace. Don Alberto nous a montré des photos et donné les contacts des responsables. Dans le diocèse de La Plata, dont Don Alberto est évêque auxiliaire, à une heure de route de la capitale, il n’y a pas encore de communauté et pourtant il y a beaucoup de besoins… Nous sommes ressortis très heureux d’avoir pu renouer le contact avec une communauté et de penser qu’une nouvelle communauté allait démarrer !
Après une bonne journée de travail !
L’étape suivante fut de rejoindre la maison de Mariela Esponda, la responsable de la communauté Nuestra Señora de Esperanza de Haedo, dans la banlieue ouest de Buenos Aires. C’est là que nous ont rejoints trois personnes venues de la communauté San Francisco Solano de Rosario, ville distante de 300 kilomètres au nord, et deux de la communauté locale. Nous avons passé une journée ensemble à nous écouter, à rêver, à organiser… et le fruit de cette journée est que les communautés d’Argentine ont la volonté et la capacité de continuer à vivre la vie de Foi et Lumière, la volonté et la capacité de faire grandir Foi et Lumière dans le pays avec notamment l’aide de la catéchèse spécialisée ; celle-ci est prête à ouvrir les portes au cours des visites prévues dans les diocèses du pays pendant l'année prochaine. Une petite équipe va se mettre en place et préparera une rencontre qui aura lieu en septembre prochain avec la participation de Don Alberto. Des jeunes ayant participé aux JMJ seront invités à venir donner leur témoignage. L'élection d'un responsable chargé de coordonner Foi et Lumière en Argentine sera faite à ce moment-là.
Avec la communauté Nuestra Señora de esperanza
Le dimanche, nous avons assisté à la rencontre de la communauté Nuestra Señora de Esperanza ; c’est toujours merveilleux que de vivre un temps pareil : la joie, la convivialité, le partage, l’amitié sont toujours présents où que l’on soit dans le monde ! J’ai pu constater qu’il y avait dans le lieu de la réunion une feuille sur laquelle étaient affichés tous les rêves de la communauté, un exemple à suivre ?
Puis nous sommes allés rendre visite au foyer de l’Arche de Buenos Aires, puis à Maria-Luisa, la fondatrice de l’Arche en Argentine. C’est toujours bon de rencontrer nos frères et sœurs de l’Arche ; il y a là des amis solides sur lesquels on peut s’appuyer… Maria-Luisa est une femme exceptionnelle qui organise avec son mari des temps de retraite pour les parents autour de la spiritualité de Jean Vanier ; il y a là aussi des possibilités de rencontre avec Foi et Lumière…
Mais il était déjà temps de repartir ! Et je suis resté ensuite deux jours à São Paulo pendant lesquels j’ai pu rencontrer les responsables de l’association nationale de Foi et Lumière au Brésil (qui prépare les fêtes de leur quarantième anniversaire en 2017 à Aparecida, une quarantaine de membres des communautés de São Paulo à qui j’ai pu parler un moment de la mission de Foi et Lumière.
Communauté Santa Cecilia
Communauté Vila Guilherme
Et avant de repartir, j’ai là aussi pu rendre visite à l’Arche où se trouve actuellement Hélène Anctil, coordinatrice provinciale de Canada Est, venue aider la communauté locale dans son travail de re-fondation.
Cette visite fut très dense car j’ai l’impression d’avoir fait des multitudes de rencontres en très peu de temps, mais ce fut très riche et l’accueil si chaleureux de tous dans les deux pays m’ont permis de faire le maximum pour que la mission soit réussie et porte beaucoup de fruits ! Muchas gracias, obrigado !
L'album photo

dimanche 29 novembre 2015

Przykazanie nowe daję wam

La belle équipe provinciale
Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres (Jn 13, 34). C’était le thème choisi par l’équipe provinciale de Pologne Sud pour leur rencontre annuelle à Hałcnow, chez des religieuses séraphiques. Ce monastère est à une heure à l’ouest de Cracovie et je fus accueilli à l’aéroport par Agnieszka, coordinatrice de la province et Zbyszek, l’interprète fidèle de nos rencontres d’équipe de coordination. Cet aéroport, qui s’appelle Jean-Paul II, est en grands travaux d’agrandissement dans la perspective des JMJ de 2016 ; ce grand événement se prépare et on sent que les Polonais sont impatients d’accueillir les jeunes du monde entier dans leur si belle ville.
Mon ami Piotr
Nous avons déjeuné dans un petit restaurant, Lunch Bar Awokado, qui est un atelier protégé où travaille Ania, de la communauté d’Agnieszka. J’y ai retrouvé, avec une joie partagée, Piotr qui était à Leeds en 2013 !
Le sanctuaire de la divine miséricorde de Łagiewniki
Puis, sur la route de Hałcnow, nous nous sommes arrêtés au sanctuaire de la Divine Miséricorde à Łagiewniki : c’est là qu’a vécu Sainte Faustine Kowalska, là que le Pape Saint Jean-Paul II a confié le monde entier à la miséricorde Divine. Nous y étions à 15 heures et avons participé à la prière du chapelet de la Miséricorde dans la chapelle où est enterrée Sainte Faustine, nous préparant ainsi avec un peu d’avance à l’ouverture du Jubilé de la Miséricorde.
A mi-chemin, nous sommes passés par la petite ville de Wadowice, ville natale de Karol Wojtiła. Les travaux qui étaient en cours en 2012, quand nous y étions passés avec le pèlerinage de notre province, sont maintenant terminés et la maison natale du Saint Pape est très bien restaurée.
Dziękuję père Jarosław !
Nous avons retrouvé les participants au week-end et avons tout de suite commencé notre rencontre par la messe ; nous avons eu la chance d’avoir avec nous jusqu’à six aumôniers, un luxe ! L’ancien aumônier provincial, le père Jarosław Chlebda a passé le relai à son successeur, le père Maciej Ścibo, au cours d’une belle célébration.
J’ai parlé deux fois aux personnes présentes (environ soixante-dix) sur le thème de la rencontre et aussi pour leur parler de notre grande famille internationale. J’ai senti une grande écoute et une attention très active ! Il y a eu aussi comme dans toutes les rencontres des temps d’atelier, des temps de fête, des temps de prière. J’ai été très heureux de ce temps de rencontre, tous étaient bien dans le thème du week-end et la joie était présente à chaque instant !
Parmi toutes les choses vécues, je retiens deux choses qui m’ont le plus frappé :
-          -  Au cours de la présentation, quelques communautés sont venues témoigner de leurs activités et j’ai senti à travers les témoignages de camps d’été, de pèlerinages (une communauté est allée jusqu’à Lourdes !), une grande vitalité.


-          - Un des ateliers était consacré à constituer un petit orchestre avec les personnes handicapées présentes, et avec un temps de préparation extrêmement court, ils nous ont présenté la chanson Hallelujah de Leonard Cohen. Ils ont été très fortement applaudis !
Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés à Jaworzno chez Asia Koczot qui fêtait son anniversaire ! Nous nous sommes retrouvés nombreux chez elle pour cet événement très festif !


Un grand merci à Agnieszka et à toute l'équipe provinciale de Pologne Sud pour cette belle rencontre. Votre province est très belle et j'ai eu une grande joie à être parmi vous pendant cette rencontre ! Et comme à chaque fois, j'apprends quelques mots nouveaux en polonais, je vous dis :dziękuję bardzo, kocham Polska Wiara i Swiatło !

L'album photo

jeudi 5 novembre 2015

La province Danube se remet en marche !

La flamme continue à briller dans la province Danube !
La province Danube m’est très chère, c’est sans doute celle que j’ai le plus visitée ! J’y suis allé pour la première fois début 2002 pour la réunion du Conseil International ; et j’y suis retourné à de nombreuses reprises pour des formations, des réunions de conseil de zone ou de province, des pèlerinages… J’en connais tous les pays : Hongrie, Roumanie et Serbie… mais surtout j’y ai de nombreux amis que j’ai à chaque fois grand plaisir à retrouver !

Aussi, quand cette belle province a des soucis, j’en suis très affecté et j’essaie de faire tout mon possible pour lui venir en aide. En 2011, une assemblée provinciale a eu lieu au cours du pèlerinage provincial qui avait été organisé à Miercurea Ciuc… l’expérience a montré qu’il n’est pas bon de mélanger les genres… Quatre ans plus tard, et malgré des rencontres et au moins une formation, l’équipe provinciale, épuisée, n’avait plus qu’une seule envie, passer la main au plus vite ! C’est dans ces conditions que s’est tenue une assemblée provinciale à Budapest fin octobre 2015. J’y suis allé avec beaucoup d’appréhensions, car je ne savais pas bien comment procéder dans une telle situation. Heureusement, il y a dans cette province un noyau d’anciens coordinateurs très motivés : Péter, Csaba, Mircea ont été très précieux pour que tout se passe bien !

Les anciens et les nouveaux
Mon ami Levente !
Plus de la moitié des cinquante communautés étaient présentes et nous avons commencé par écouter les rapports de l’équipe provinciale ; puis chacune des communautés présentes a pu dire ce qu’elle avait vécu depuis quatre ans. J’ai été très heureusement surpris d’entendre que les soucis de l’équipe n’avaient pas beaucoup impacté la vie des communautés ! Elles ont continué à vivre leurs rencontres régulièrement avec l’aide du carnet de route, à faire leurs camps d’été… Du coup, plutôt que de revenir sur les problèmes et les solutions possibles, j’ai demandé aux personnes présentes de se mettre en petits groupes et d’exprimer leurs rêves pour les années à venir, sans omettre les obstacles sur la route, mais aussi tous les atouts à leur disposition… Chacun a bien joué le jeu et pendant ce temps, avec Péter, Csaba et Mircea, nous avons tenté de dessiner le contour des groupes de communautés qui pourraient être suffisamment proches les unes des autres pour bien se connaître et organiser des activités communes. Le lendemain, après avoir présenté (et affiné avec les commentaires de chacun) ces contours, les personnes présentes se sont rassemblées en groupes pour proposer le nom de la personne la plus à même de coordonner chacun de ces entités géographiques. Et ça a bien marché, car très vite, une petite équipe de neuf personnes s’est mise en place avec enthousiasme ! Il fallait enfin désigner une personne pour animer cette équipe et être le point de contact avec l’international. Un coup de téléphone a suffi et Blanca, de Cluj, a accepté cette mission ! Il reste encore à compléter cette équipe par un aumônier et un trésorier, mais c’est en bonne voie.
Le parlement de Budapest
La vue sur le beau Danube et le pont des chaînes
Tout cela, compte tenu des circonstances, est bien entendu à titre expérimental, et nous reviendrons l’été prochain avec Uliana, vice-coordinatrice internationale, pour faire un premier constat de la manière dont tout cela se sera mis en place et nous pourrons alors confirmer cette équipe. Je ne suis pas très inquiet car j’ai entendu, à la fin de l’assemblée, beaucoup de personnes s’exprimer pour proposer des projets, à tel point que je suis intervenu pour leur dire que ça serait difficile de faire tout ce qu’ils disaient et qu’ils devraient sans doute faire des choix ; mais ça faisait plaisir de les entendre se projeter ainsi ! Nous avons aussi eu la chance de pouvoir aller visiter, de jour comme de nuit, la très belle ville de Budapest, car nous étions logés dans une école toute proche du centre. 


Quand nous disons que l’Esprit Saint souffle sur les assemblées, je peux confirmer que, pendant cette assemblée, il était bien présent au milieu de nous !
Je remercie Amar et Mónika pour tout ce qu'ils ont fait pour la province pendant ces quatre années, certes un peu difficiles, mais ils n'ont jamais baissé les bras et si cette assemblée fut une réussite, c'est en grande partie grâce à eux et à l'équipe provinciale.