jeudi 24 septembre 2015

Le tour de Vendée en joëlettes pour les vingt ans de Foi et Lumière

En route vers les Essarts
Foi et Lumière a démarré en 1995 en Vendée et, pour fêter leur vingtième anniversaire, les cinq communautés de ce diocèse ont mis les petits plats dans les grands et ont mis la barre très haut ! Sur le modèle du tour de France de l’OCH en joëlettes, ils ont décidé d’organiser un tour de Vendée. L’objectif était de célébrer dignement cet anniversaire, mais cette fête ne devait pas être qu’un petit événement fermé sur les seules communautés locales. Il fallait que ça permette de redynamiser Foi et Lumière en Vendée ; il fallait que Foi et Lumière s’ouvre et soit visible ; il fallait que Foi et Lumière se mette en route pour aller à la rencontre de tous ceux qui attendent notre bonne et joyeuse nouvelle, de tous ceux qui restent trop seuls face au handicap et qui ont besoin de connaître la joie de l’amitié qui se vit au sein de nos communautés.
Quand j’ai entendu parler de ce projet en novembre 2014, ceux qui avaient le désir de se remuer pour que ça soit un beau succès avaient les yeux qui brillaient, et je leur ai promis de venir les rejoindre sur les routes de Vendée. J’étais donc là pour la dernière étape qui nous emmenés de Chauché aux Essarts, et le lendemain à une fête d’action de grâce à La Roche-sur-Yon.
L'arrivée aux Essarts
Ambiance de fête à l'arrivée
Cette dernière étape fut une expérience formidable, à l’image sans doute de toutes les autres étapes au cours de ces deux semaines de marche : il y avait beaucoup de joie sur les visages et dans les cœurs (et un peu de fatigue aussi pour ceux qui étaient de la fête depuis le début). Nous avons été accompagnés par un grouper de jeunes confirmands pour lesquels le contact avec les personnes ayant un handicap mental a certainement une excellente façon de se préparer à recevoir le sacrement de confirmation en janvier 2016 : j’ai vu un de ces jeunes, un peu fatigué par la marche, prendre appui sur un garçon trisomique, quelle belle image ! Nous avons été très bien accueillis aux Essarts au milieu d’une fête locale par le maire de la ville et par le curé de la paroisse (qui lui avait marché toute la journée).
Le lendemain, à La Roche-sur-Yon, une messe paroissiale a été animée par Foi et Lumière et, à la sortie de la messe, un temps d’échange avec les paroissiens a permis encore une fois de bien nous faire connaître.
Pour illustrer ce tour de Vendée, je voudrais partager le témoignage de Marie-France qui a marché une journée avec Foi et Lumière ; il montre bien combien Foi et Lumière peut toucher les cœurs !
Au milieu du parcours, je me trouve en fin de marche. Un vent violent souffle, au point de parfois, presque nous stopper ! Les glands tombent des arbres. Nous en recevons quelques-uns, ce qui nous oblige à nous protéger avec nos capes de pluie.
Puis, une petite accalmie. Je me trouve quelques instants seule en fin de marche. Je suis saisie. J'aperçois ce petit groupe avancer. Je me mets à pleurer. Ces larmes viennent de je ne sais où. Voir ce petit groupe avancer déterminé, simple, joyeux, malgré le vent, la pluie : n'est-ce pas cela la mission des croyants ? Dans ce monde en tempête, avancer, ensemble, joyeusement, déterminé. Annoncer par notre marche ensemble l'espérance ! Et le Seigneur lui-même était bouleversé par cette simplicité, cette joie, cette détermination, cette espérance contre toute espérance ? Merci à ces pèlerins de l'espérance que j'ai eu la joie de rejoindre pour quelques heures !

La télévision locale (TV Vendée) en a parlé dans son journal le 15 septembre

Oui, ce qu’ont fait les communautés de Vendée est exceptionnel ! Bravo et merci à Gilles, Patrick et tous les autres ! J’espère qu'il y aura beaucoup de fruits, que les communautés de Vendée seront bientôt très nombreuses et puis... que ça donne aussi des idées à l’extérieur !
D'autres marches vont suivre !

mercredi 16 septembre 2015

Une session de formation tant attendue

La photo des participants
Les communautés [Foi et Lumière] à travers le monde forment une grande famille internationale. Dans chaque province, chaque pays, on porte les fardeaux, les souffrances et les joies des uns et des autres (Charte III. 4). Quand des communautés sont trop éloignées les unes des autres, cet aspect de notre charte ne peut que difficilement s’appliquer : comment former une famille quand la communauté la plus proche de la mienne est à plusieurs centaines de kilomètres, comment partager, célébrer ensemble ? Si Foi et Lumière a pour ambition de ne laisser personne seul, pourquoi certaines communautés n’ont jamais rencontré personne d’autre que les seuls membres de leur propre communauté ?
J’ai toujours eu le souci de ces pays qui ne peuvent être rattachés à une province ; même s’ils sont voisins géographiquement, l’isolement des communautés les rend extrêmement fragiles. C’est pourquoi une session de formation destinée à ces communautés a été organisée au foyer de charité de Segbohoué (Bénin) début septembre. Un rêve a pu devenir réalité pour moi, mais aussi pour les onze communautés présentes dans ces six pays : Côte d’Ivoire (1 communauté à Korhogo), Burkina Faso (1 communauté à Ouagadougou), Togo (1 communauté à Dapaong), Bénin (1 communauté à Cotonou), Nigeria (1 communauté à Ekpoma), Cameroun (4 communautés à Nkongsamba, Douala et Yaoundé, et 2 en formation à Bafang et à Bafoussam).
Après plusieurs mois de longs et minutieux préparatifs gérés depuis le secrétariat international par Guénaël et depuis chaque pays, mais surtout par sœur Marie-Antoinette au Bénin, ce fut le moment du grand départ ! Avec trois grosses valises pleines de carnets de route et de nombreux documents, nous nous sommes envolés avec Guénaël pour Cotonou où nous étions attendus par sœur Marie-Antoinette et par Philippe (papa Corneille). Le premier jour fut consacré à des activités de sensibilisation à cette formation :
Interview pour la télévision
-          Enregistrement à l’ORTB d’une présentation de la formation : ce fut diffusé dans la journée sur la chaine principale de la télévision béninoise et a eu un impact très fort ; les téléphones des responsables de la communauté de Cotonou ont sérieusement chauffé ! Beaucoup semblaient très intéressés et ne pensaient pas que cet événement qui se préparait était aussi important qu’il justifie une émission télévisée ! J’ai même rencontré deux personnes venues jusqu’à Segbohoué pour me rencontrer et en savoir plus sur Foi et Lumière !
Soeur Marie-Antoinette avec le père Jean-Raphaël
-          Entretien sur la mission de Foi et Lumière pour la radio "Immaculée Conception" par son responsable, le père Jean-Raphaël Marie, de la congrégation des Frères Franciscains de l’Immaculée. Il a été touché par notre rencontre et a proposé de faire enregistrer les temps d’enseignement, pour que les participants puissent emporter avec eux le CD de l’ensemble des conférences et des échanges qui s’en sont suivis. Il fallait voir, le dernier jour, le gravage des CD qui se faisait (quatre par quatre) en trois minutes ! Il est venu lui-même deux fois jusqu’à Segbohoué.
-          Visite à l’archevêque de Cotonou, Monseigneur Antoine Ganyé, qui vient de célébrer ses 20 ans d’épiscopat (le 20 août au cours d’une messe présidée par le Cardinal Robert Sarah et en présence de M Boni Yayi, président de la république). Cet entretien fut très simple et chaleureux et a porté principalement sur la valeur humaine et spirituelle des personnes ayant un handicap mental, sur la nécessité pour l’Église de reconnaître en elles une lumière qui peut nous éclairer nous-mêmes… et sur la nécessité de leur faciliter l’accès aux sacrements. Monseigneur Ganyé m’a dit avoir été sensible à mes propos.
-          Visite à la Révérende Mère Emma Gbaguidi, Supérieure Générale des Sœurs de Saint Augustin. Cette rencontre fut aussi un moment extrêmement joyeux, nous avons même été invités à dîner dans une ambiance très familiale. La sœur Marie-Antoinette a une supérieure qui la soutient bien dans ses activités auprès de Foi et Lumière !
En parallèle, la journée fut ponctuée par les péripéties des Camerounais dont le vol d’arrivée le lendemain allait sans doute tomber à l’eau, la compagnie Camair Co ayant quelques soucis qui l’obligeaient à annuler de nombreux vols ! Finalement, après de nombreux coups de fil avec le secrétariat à Paris et avec les Camerounais, le problème put être résolu, mais cela a nécessité beaucoup de sacrifices et engendré pas mal de frustrations… Les Camerounais n’ont finalement pu venir qu’à 11 au lieu de 23 et sont arrivés avec un jour de retard (pour neuf d’entre eux et deux pour les deux autres)… On peut facilement imaginer que les onze qui sont venus ont été tout de même heureux de pouvoir participer… et que les 12 qui sont restés au pays ont été bien malheureux (certains s’étaient fait faire un passeport pour l’occasion, s’étaient fait vacciner et avaient dû demander un visa)…
Le deuxième jour, nous avons pu rejoindre le lieu de la rencontre, le foyer de charité de Segbohoué, à une heure de route de Cotonou. Sur le trajet, Philippe et son fils Corneille nous ont emmené à Ouidah, célèbre (une bien triste mémoire) pour son centre de départ des esclaves vers l’Amérique. Il y a sur la plage un monument commémoratif, la porte dite du "non-retour". Curieusement, juste à côté de cette sinistre porte, il y en a une autre qui a été élevée en mémoire de l’arrivée des premiers missionnaires en avril 1861 qui marqua le début de l’évangélisation du pays.
Le foyer de charité de Segbohoué
Une fois l’installation effectuée, il était temps de démarrer la formation qui a duré du mercredi au soir jusqu’au dimanche après le déjeuner. Ce fut merveilleux de voir ces 60 personnes avides de mieux connaître Foi et Lumière : les nombreuses questions posées après chaque temps de parole permettaient de bien éclaircir tout ce que je n’avais pas pu dire et montraient que tous avaient bien écouté et étaient très désireux de revenir à la maison avec le maximum de choses pour partager avec le reste de la communauté, pour rendre compte dans chaque diocèse, pour avoir les moyens d’annoncer notre bonne et joyeuse nouvelle et faire grandir Foi et Lumière dans cette région du monde. Il y a eu comme dans toute rencontre Foi et Lumière :
-          des temps de partage : il y a eu des groupes de partage qui ont permis d’échanger les expériences de chacun, il y a eu des ateliers qui ont porté sur la préparation de la prochaine rencontre de communauté avec le nouveau carnet de route, et à chaque instant il se passait toujours quelque chose et les échanges ont été nombreux pendant les repas ou pendant les pauses.
-          des temps de fête, notamment le dernier soir a été consacré à la traditionnelle "fiesta" et ce genre d’événement est particulièrement bien réussi quand ça se passe en Afrique : danses, sketches, mimes, cuisine locale… tout était fait pour que chacun se sente bien avec le groupe. Il était difficile d’imaginer que tout ce petit monde ne se connaissait pas la semaine précédente !
-          des temps de prière avec les membres du foyer, une célébration du lavement des pieds (une première pour la plupart des participants), le chapelet récité à l’aides des "mystères de Foi et Lumière", des messes dont la dernière, la messe du dimanche, fut particulièrement animée… deux chorales avec des chants traditionnels africains, des processions (entrée, offertoire, sortie) accompagnées en rythme par des danseuses. La messe a duré assez longtemps… mais nous n’avons pas vu le temps passer !
Les temps d’enseignement (deux par jour) suivaient le texte de la prière de Foi et Lumière. Notre prière est très belle et permet, en la suivant du début jusqu’à la fin, d’aborder tous les thèmes que je souhaitais traiter : le mystère de la fragilité, la personne handicapée source de paix et d’unité, l’appel reçu à rejoindre une communauté (et l’invitation à appeler les autres), la communauté Foi et Lumière où on partage, prie et célèbre, les membres des communautés, la nécessité de toujours se nourrir de la Parole et de l’Eucharistie, la passion et la résurrection de Jésus comme source et sommet de nos vies de communauté.
L'atelier organisé pour les personnes handicapées
Un moment particulièrement émouvant fut les témoignages d’une personne de chacun des pays. La situation des enfants handicapés qui nous été présentée par ceux et celles qui les ont vécues est loin d’être enviable… Rosemary, du Nigeria, qui était présente à la session, vivait cachée par ses parents pour qui elle était une malédiction ; des membres de la communauté Foi et Lumière n’ont pas hésité à la sortir de là : pendant la session, toujours bien habillée, toujours souriante, elle a montré, au cours d’un atelier pour les personnes handicapées présentes, qu’elle pouvait faire de belles réalisations en enfilant de toutes petites perles !
Avant de partir, après la traditionnelle photo de famille, nous étions nombreux à échanger des adresses. Maintenant que nous avons rompu l’isolement, il n’est plus question de rester seuls ! Il y a des promesses de se revoir, de s’organiser pour qu’un jour, Foi et Lumière ayant tellement grandi, tous se retrouvent dans une nouvelle province, une province dynamique, portant de nombreux fruits, une structure construite sur une pierre d’angle solide !

Je dois remercier chacun des participants pour leur attention bienveillante, pour leur engagement et leur détermination à faire grandir Foi et Lumière, chacune des personnes handicapées pour leur présence toujours fidèle : elles nous ont bien aidé à saisir la raison de notre présence à Segbohoué. Je remercie tout particulièrement la sœur Marie-Antoinette qui a beaucoup fait sur place pour que tout se passe bien et pour que chacun se sente bien accueilli. Je remercie enfin le père Denis, du foyer de charité, qui nous a si bien accueillis : je suis toujours heureux de passer du temps dans un foyer de charité, il y a tant de choses que nous partageons…
Perpétue
L'album photo







mercredi 2 septembre 2015

A la recherche de Foi et Lumière en Zambie

Le père David Harold Barry est un homme merveilleux et très précieux pour Foi et Lumière ! Il a été aux origines de Foi et Lumière au Zimbabwe (il m'a montré la maison où Jean Vanier est venu et l'a convaincu ainsi que Remedio Fernandes de démarrer une communauté), et il s'est fait une spécialité de souffler sur les braises refroidies pour redémarrer les communautés dont on n'avait plus de nouvelles depuis longtemps... En 2014, il est allé au Nigeria et a rencontré une communauté dont on n'avait plus de nouvelles depuis longtemps ! Quatre d'entre eux seront début du 9 au 13 septembre à une formation à Cotonou. Maintenant que David habite en Zambie, il s'est fixé comme objectif de partir à la recherche des communautés disparues, après avoir été sur place à plusieurs reprises depuis le Zimbabwe. Et comme dans toutes les belles histoires, il y a une fin heureuse ! Voici le récit de sa récente visite à Kabwe. Merci David !

Le Père David, inlassable missionnaire de Foi et Lumière
Le 27 Août, je suis allé en bus jusqu'à Kabwe et Patrick Mulenga est descendu de Ndola. C'était merveilleux de le revoir. Avec Andrew Phiri maintenant à Chipata, ils sont les seuls "survivants" des responsables de Foi et Lumière que j'ai pu retrouver en Zambie ! Nous nous sommes rencontrés au Makululu, une banlieue de Kabwe où le Père Sax nous a présenté la sœur Amalia, une Italienne, qui  
Patrick traduit en Bamba
travaille au sein de la communauté dans une nouvelle paroisse. Une quarantaine de parents et leurs enfants ayant un handicap étaient rassemblés dans une salle de l'école maternelle pour nous accueillir et j'ai longuement parlé de Foi et Lumière et Patrick traduisait en Bemba, en y ajoutant ses propres réflexions.

Je connais, pour en avoir été le témoin, de nombreuses manières dont les gens manifestent leur reconnaissance, mais la manière des Bemba semble être de se rouler sur le sol en chantant et tapant des mains ! C'était très émouvant car ils semblaient tous voir en Foi et Lumière quelque chose de nouveau et d'inédit. Et ils estimaient que c'était vraiment nécessaire pour leur communauté. Ils sont déterminés à démarrer et Patrick et moi allons rester en contact avec eux. La soeur Amalia apportera son soutien comme la soeur Lucie du Centre Pastoral, que ceux d'entre nous qui sont allés à Kabwe il y a deux ans se souviendront.

Je joins quelques photos, mais pas, je le regrette, de cette dame roulant sur le sol ! Comme nous le savons tous, dans nos pays d'Afrique australe, nous rencontrons souvent beaucoup d'enthousiasme et de joie quand nous commençons Foi et Lumière. Mais il arrive souvent que l'enthousiasme baisse lorsque les difficultés de persévérer semblent plus importantes que les résultats qui sont constatés et ressentis. Comment pouvons-nous soutenir nos communautés afin qu'elles restent fidèles aux personnes vivant avec un handicap et à leurs parents?

Les parents sont très intéressés
Patrick et moi, nous avons bien l'intention de souffler sur les braises du feu ici et repartir. Il y a toujours eu des gens à Ndola qui sont restés à Foi et Lumière et nous prévoyons d'avoir une réunion de formation avec eux et les responsables de Kabwe et d'autres que nous pourrons découvrir. Time a gentiment accepté de venir nous rejoindre pour cet événement.

Prions pour Foi et Lumière dans tous nos pays et continuons à chercher des moyens pour construire et  reconstruire ; ainsi, nous pourrons continuer à tendre la main aux plus pauvres et souvent les plus oubliées des personnes.





mardi 30 juin 2015

40 anni di Fede e Luce : "Coraggio, sono io".


La ville d'Assise
Foi et Lumière est né à Lourdes en 1971, mais les premières années furent assez difficiles et il a fallu un pèlerinage à Rome en 1975, au moment de l’année sainte, pour que le mouvement reprenne de l’élan ; ce fut le Bienheureux Paul VI qui confirma le mouvement né quatre ans auparavant. Il s’adressa aux pèlerins présents en leur disant ces mots improvisés : « Dans quelques instants, en passant au milieu de vous, je voudrais faire comprendre à chacun de vous : tu es aimé de Dieu, tel que tu es. Il habite ton cœur. Remercie-le. Aie confiance en Lui. Vois : Il te donne place parmi tous les autres chrétiens, dans son Eglise. Avec eux, tu es appelé à former une famille où l’on s’aime comme des frères ». C’est ce que Marie-Hélène Mathieu a rappelé au pape François quand il est venu vers nous à la fin de l’audience sur la place Saint Pierre ce mercredi 24 juin, premier jour du pèlerinage organisé par Foi et Lumière en Italie pour fêter ce quarantième anniversaire.
Le pape François rencontre Emanuela
Quelques instants auparavant, il avait rencontré Emanuela et ce contact aura été ce qui l’aura sans doute le plus touché. Emanuela est profondément handicapée et dépend totalement de ceux qui l’assistent pour tous les gestes de la vie quotidienne. J’étais présent un matin au petit déjeuner quand deux amies d’Emanuela sont arrivées avec elle ; j’avais terminé et j’étais prêt à m’en aller, mais j’ai résisté à la tentation de partir et je suis resté, faisant - maladroitement - de mon mieux pour les aider. Pendant un bon moment, elles ont essayé de lui donner à manger un petit verre de lait avec un complément alimentaire et un morceau de biscotte écrasé… Emanuela était encore tout ensommeillée et n’avait pas du tout envie d’avaler quoi que ce soit… J’ai été en admiration devant la délicatesse, la tendresse et la patience infinies avec lesquelles ces deux amies prenaient soin d’Emanuela, en lui parlant, en lui fredonnant de petits airs joyeux… La rencontre avec Emanuela fut pour moi le sommet de mon pèlerinage et sa présence parmi nous fut un rappel constant de la mission de Foi et Lumière dans l’Église telle que les papes nous l’ont dit : « tu es aimé de Dieu, tel que tu es » disait le Bienheureux Paul VI, « chers amis porteurs d’un handicap, vous êtes précieux pour l’Eglise. Par votre proximité avec Jésus et Marie, vous êtes des témoins privilégiés de l’amour de Dieu pour chacun de nous » nous a dit le pape François.
Après la place Saint Pierre, nous prîmes la direction d’Assise ; nous étions un millier de pèlerins venus de toute l’Italie, mais aussi de Croatie, de Grèce, de Chypre, de Galilée et de France (trois pèlerins avec Marie-Hélène Mathieu et Corinne Chatain). Nous avons passé trois jours merveilleux dans cette belle ville d’Ombrie, trois jours sur les pas de Saint François.
L'accueil très chaleureux de Don Domenico Sorrentino
Les organisateurs de ce pèlerinage avaient particulièrement bien soigné la préparation avec un thème général « Courage, c’est moi » (Mt 14, 27) qui se déclinait chaque jour avec des épisodes de la vie de Saint François. Des temps de réflexion, des temps de partage, des temps de prière, des temps de fête ont rythmé ces journées qui sont passées trop vite… Nous avons été très chaleureusement accueillis par Monseigneur Domenico Sorrentino, évêque d’Assise, dans la basilique majeure, nous avons assisté à des mimes merveilleux de poésie qui ont rendu vivants le cantique de la création de Saint François, nous avons été transportés dans les différents pays par de très beaux chants et de très belles danses…
Nous avons eu la joie de retrouver tous ceux que nous avions déjà rencontrés dans d’autres événements, la joie de découvrir de nouveaux visages et de se faire de nouveaux amis, la joie d’entendre Marie-Hélène raconter les débuts de Fede e Luce quarante ans auparavant et rappeler la figure charismatique de Mariangela que personne n’a oubliée…
Je me suis senti bien au milieu de cette foule, pèlerin parmi les pèlerins, et j’ai pu prendre le temps d’aller à la rencontre des uns et des autres, et de faire mon propre pèlerinage. Quand j’ai entendu Marie-Hélène raconter les débuts de Foi et Lumière, j’entendais l’appel de San Damiano à Saint François (« Va et répare ma maison », le thème du dernier jour du pèlerinage). En effet, Jésus a demandé aussi à Jean Vanier et à Marie-Hélène Mathieu de réparer l’Église qui s’écroulait de ne pas accueillir les plus petits dans ses paroisses et ses pèlerinages ; sans ces pierres angulaires, le bâtiment était comme construit sur du sable. Depuis 1971, à la suite de nos fondateurs, avec toute la chaîne de ceux qui ont accepté de prendre des responsabilités, nous avons tous été des bâtisseurs de la “cathédrale” de Foi et Lumière. Une cathédrale est un bâtiment baigné de lumière ; habituellement, ce sont les vitraux qui font entrer la lumière, mais pour notre cathédrale, ce sont nos fêlures qui laissent la lumière pénétrer notre cathédrale. 
Les communautés d'Italie sont toutes là
Les briques apportées par chaque communauté italienne représentaient bien ce premier mur, un mur un peu de guingois, un peu branlant, mais plein de trous et d’espaces vides. Et il était bien clair qu’il y avait encore beaucoup de travail pour achever la construction. Pendant une veillée, nous avons mis de côté nos peurs (manque d’énergie, anxiété, l’inattendu)  en les déposant au pied de la croix, tout en gardant précieusement, car cela fait partie de notre identité, notre fragilité car, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort (2Co 12, 10). S’il y a encore beaucoup de travail, ne nous décourageons pas, car si nous avons parfois du mal à rester fidèles à l’appel de Jésus à reconstruire sa maison, il ne nous abandonnera jamais, si nous manquons de foi, lui reste fidèle à sa parole, car il ne peut se rejeter lui-même (2Tm 2, 13).
Dans cette œuvre de bâtisseur qui est encore devant nous, n’oublions pas les murs qui se construisent dans les autres pays, en particulier ceux qui ont besoin de notre solidarité, car leurs murs sont aussi importants que les nôtres, sinon plus. Il a voulu ainsi qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les différents membres aient tous le souci les uns des autres. Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie.  (1Co 12, 25-26). En me recueillant devant les tombes de Saint François et de Sainte Claire, je pensais à tous ceux qui en Syrie, ne peuvent pas faire le deuil de leurs proches quand les cimetières se trouvent dans des zones dangereuses ou qu’il est devenu impossible de construire des stèles commémoratives…

La photo finale avec les 1000 pèlerins
Le dernier jour, on se dit toujours que c’était trop court quand c’est déjà le temps de se dire au revoir, mais il faut bien repartir pour poursuivre notre travail de bâtisseurs ; chacun est reparti avec une petite brique, signe de cette mission que nous avons reçu à Foi et Lumière de construire une grande cathédrale !
J’ai pu saluer Emanuela avant de partir : elle était plus éveillée que la première fois que nous nous étions rencontrés. Emanuela, j’ai été heureux de faire ta connaissance, tu m’as confirmé dans ma mission de coordinateur en me demandant non pas d’être avec toi pendant ce temps du petit déjeuner, mais de rester avec toi. Je suis heureux de l’avoir fait, continue à veiller sur moi.

L'album photo

jeudi 11 juin 2015

La Maison Départementale des Personnes Handicapées : "nous sommes là pour vous aider"

En décembre 2014, à quelques semaines d’intervalle, j’ai reçu deux courriers de la maison départementale des personnes handicapées des Hauts de Seine (MDPH 92) me disant que les décisions concernant le centre de jour (Perce-Neige à Sèvres) et le foyer (Maison Saint Joseph à Versailles) de Julie arrivaient à échéance le 31 juillet 2015.
Le traitement de ces dossiers demandant jusqu’à six mois (si on choisit la procédure simplifiée…), il fallait agir sans tarder. J’ai donc très vite commencé à préparer le dossier du centre de jour, le plus compliqué car il fallait des documents concernant le projet personnalisé de Julie que seul Perce-Neige pouvait renseigner. Il fallait aussi un dossier médical qui fut demandé au centre médical Jérôme Lejeune. Tout fut envoyé à la MDPH début mars par le centre Perce-Neige de Sèvres.

Pensant – très naïvement - que le deuxième dossier pouvait être traité dans la foulée du premier, j’ai essayé de contacter la MDPH par téléphone, mais en vain. Le 18 mars, j’ai donc rempli un formulaire sur leur site pour poser ma question :
Vous avez reçu (transmis par le CITL Perce-Neige de Sèvres) une demande de renouvellement de la décision concernant ma fille Julie - dont je suis le curateur - qui arrivait à échéance le 31 juillet 2015. Il se trouve qu'à la même date une autre décision arrive également à échéance : ETABLISSEMENT MEDICO SOCIAL (RENOUVELLEMENT) : Foyer d'Hébergement pour la période du 11/07/2010 au 31/07/2015 - LVA MAISONNEE SAINT JOSEPH - 107, avenue de Paris, 78000 Versailles
Dois-je faire un deuxième dossier de demande ou bien pouvez-vous inclure cette demande dans le dossier que vous avez reçu il y a quelques semaines ?
Merci beaucoup par avance.

J’ai fini par recevoir une réponse le 10 juin (après deux relances effectuées en mai) : oui, il faut faire un deuxième dossier ! Panique à bord ! Je me précipite pour remplir les huit pages du nouveau dossier en prenant grand soin de suivre les indications de la notice explicative de quatre pages. J'avais pris le soin de répondre en disant que je ne joindrai pas de dossier médical, compte tenu de la proximité de la date de dépôt du dossier précédent. Pour être sûr que tout sera traité au plus vite, je suis allé le 11 après-midi jusqu’à la MDPH avec mon dossier sous le bras… Une fois arrivé et après avoir attendu que les cinq personnes qui attendaient avant moi soient passées pour traiter leurs demandes (il faut bien attendre un peu, sinon, ça ne serait pas drôle et on pourrait avoir des doutes sur l’ampleur du travail de cette administration), j’ai pu enfin présenter mon dossier. Une dame très aimable m’a écouté attentivement, a consulté son écran - sur lequel tous les détails du dossier de Julie étaient apparus à l’énoncé de sa date de naissance et de son nom – puis elle a appelé une collègue au téléphone (le téléphone interne a l’air de mieux fonctionner que pour les appels extérieurs !). Elle m’a alors dit avec un grand sourire : « mais monsieur, les deux dossiers ont bien été traités, vous allez recevoir un accusé de réception ; il n’est donc pas nécessaire de refaire ce dossier ». Un large bureau nous séparait et je n’ai pas pu malheureusement lui sauter au cou pour la remercier.
En rentrant à la maison, j’ai ouvert la boite aux lettres (j’aurais sans doute mieux fait de le faire avant de partir…) et…. J’ai trouvé une lettre de la MDPH : l’accusé de réception des deux demandes ! De joie, j’ai déchiré le dossier si méticuleusement préparé le matin-même.


Ai-je bien fait ? Deux minutes plus tard, un mail arrivait, me confirmant qu’un nouveau dossier médical n’était pas nécessaire pour la deuxième demande. 

Kafka, sors de ce corps !

mercredi 3 juin 2015

Des nouvelles de Mirna à Alep

Jean Vanier a écrit à Mirna pour lui demander des nouvelles ; elle lui a longuement répondu et, avec leur autorisation à tous les deux, je vous fais part de cette lettre qui est très émouvante car elle décrit de l'intérieur ce que vivent les chrétiens de cette ville martyre. Elle dit aussi comment Foi et Lumière demeure source de joie et d'amitié au milieu des ruines et des décombres de la ville, comment Foi et Lumière peut allumer des lueurs d'espérance dans les ténèbres.
Nous vivons la plupart du temps nos rencontres de communauté dans l'insouciance ; il ne faut pas oublier que cette joyeuse nouvelle que nous avons à faire connaître est un fabuleux trésor, un trésor qui peut faire des miracles dans les circonstances les plus difficiles ou tragiques de notre monde. Soyons bien conscients de cette dimension de notre mouvement, et n'hésitons pas à continuer à annoncer Foi et Lumière, à proclamer la Parole, à intervenir à temps et à contretemps, à encourager avec patience et souci d'instruire (2 Tm 4, 2), c'est ce que font Mirna et les communautés d'Alep.


Cher Jean,
Merci beaucoup… Je vais bien, comme tous autour de moi. Il n’y a pas de réseau à Alep depuis mon dernier message… et maintenant, nous nous débrouillons pour trouver d’autres moyens pour pouvoir rester en contact.

Alep est une ville si meurtrie, la semaine de Pâques fut très difficile pour les habitants. De nombreux missiles sont tombés sur la ville à minuit, tout le monde dormait ; 7 bâtiments ont été totalement détruits, et beaucoup d’autres en partie détruits ; de nombreuses familles ont été tuées, les funérailles concernaient des familles entières, le père, la mère, les enfants étaient tous enterrés en même temps. La peine à Alep fut immense et engendra un nouveau flot de départs : des habitants, des familles ont quitté Alep pour un lieu plus sûr, ceux qui sont restés vivent des moments très difficiles, ils ont si peur, et c’est la peur qui guide leurs décisions, leur vision de la vie, leur vision de leur avenir.
Aujourd’hui encore, un obus de mortier est tombé. Depuis plus d’une semaine, nous n’avons plus ni eau ni électricité. Tout le reste est disponible, nourriture, produits ménagers… mais c’est très cher. La route principale qui relie les villes est devenue très longue à parcourir à cause des nombreux points de contrôle et avec de gros risques. Les dangers les plus grands aujourd’hui sont la division, la haine, la peur de l’autre, le manque d’espoir, le manque de sens.

Avec l’aide de Nabil, je peux voir quelques lumières au milieu des ténèbres. Nabil fait partie de ma communauté depuis 28 ans ; nous avons une longue histoire commune, beaucoup de souvenirs, des moments de joie, des moments de tension. Il travaille dans un atelier proche de mon bureau et quand il rentre chez lui, il nous rend visite pour quelques minutes, saluant chacun. Il demande souvent à mes collègues (il l’a même demandé une fois au directeur du secteur de l’éducation gouvernementale lors d’une visite officielle) : « qui es-tu ? Es-tu un membre de Foi et Lumière ? » Et quand ils répondent négativement… il dit : « ooooooooh nooooon, et pourquoi pas ? » Puis il se met à les inviter à nos rencontres de Foi et Lumière. Je constate le changement chez ceux qui au bureau sont en contact avec Nabil : ils sont plus ouverts, heureux de le rencontrer et de rire avec lui, même s’ils ne comprennent pas tout ce qu’il leur dit. Nabil appelle à ouvrir les portes, à faire tomber les barrières à une époque où, en Syrie, beaucoup d’autres essaient de construire des murs très épais et de fermer les portes.
Avec les communautés Foi et Lumière, nous pouvons encore vivre la joie et l’amitié. Nous avons célébré la fête des mères, toutes les communautés se sont retrouvées ensemble : nous avons commencé par apprendre un chant, nous avons parlé de la valeur des mamans, puis nous avons dansé, nous avons partagé un petit repas…

Félicitations pour le "prix Templeton" ! C’est pour notre monde une source d’espérance. Je trouve que c’est une très bonne nouvelle. C’est important, pour conserver de l’espoir, qu’il y ait des fondations et des personnes qui cherchent et encouragent la paix pour notre monde, et qui expriment ce besoin. Il faut que nous fassions connaître le chemin de la paix, encourager les gens à se rencontrer et à ne pas avoir peur les uns des autres.
Le temps de Pâques est très approprié à ce que nous sommes en train de vivre, nous avons besoin de la paix de Jésus ressuscité quand il dit à ses disciples "la paix soit avec vous" et nous avons aussi besoin de la "force du Saint Esprit". J’essaye de garder mes mains libres et ouvertes pour recevoir ce don en prenant du temps pour prier, du temps en silence pour demeurer proche de Dieu, pour vivre de sa paix, son amour et sa tendresse.

Je voudrais partager avec toi quelques histoires qui m’ont touchée. Au début de ce temps de crise, j’étais très proche d’une famille, une famille très pauvre, un papa, une maman et leurs quatre filles ; Rita, l’une d’entre elles est morte en tombant dans des escaliers. Son père n’a pas pu l’enterrer car le cimetière chrétien se trouve dans un quartier dangereux d’Alep. Il a dû louer pendant quatre jours une pièce de l’hôpital (jusqu’à ce que sa paroisse trouve un autre endroit pour une sépulture temporaire). Pour conserver le corps dans de bonnes conditions de température, il a loué un générateur et de l’essence. C’est très cher pour une famille pauvre, mais le père a dit que c’était la dernière chose qu’il pouvait offrir à sa fille et la mère a dit que son principal souci était de trouver un lieu pour enterrer sa fille et qu’elle puisse reposer dans l’éternité. Cette famille a vécu une semaine très difficile.
Ce temps de crise a impacté une tradition très importante pour notre peuple. Par exemple, la tradition du deuil et du respect que nous devons à une personne décédée. Les musulmans enterrent leurs proches le jour même de leur mort, c’est très important pour eux (pour montrer du respect à une personne morte, il faut l’enterrer rapidement). Donc la célébration de funérailles a lieu le jour même. Pour nous les chrétiens, nous pouvons attendre le jour suivant, en gardant le corps du défunt pendant une nuit à la maison. Seulement pour des occasions spéciales, nous pouvons attendre un peu plus (dans le cas où il faut attendre quelqu’un qui arrive de loin).
Nous avons aussi la coutume que la famille et les amis accompagnent le cercueil jusqu’au cimetière et ils y reviennent fréquemment pour prier pour les défunts ; ce n’est plus possible aujourd’hui, car il n’y a plus de pierres tombales et on ne sait plus retrouver les lieux des sépultures. Il y a aussi le fait qu’il y a un nombre croissant de morts, des dizaines chaque jour.
Quand un jeune garçon de douze ans a été tué par un obus de mortier, sa famille a fait imprimer une petite carte en mémoire de sa mort. Au dos de cette carte, ils ont mis la prière de Saint François d’Assise. J’ai été très touchée par cette famille, ce fut très inspirant pour moi à Pâques de voir comment ils ont été capables de pardonner et d’appeler les autres à devenir des artisans de paix malgré toute leur grande douleur. Cette famille m’a aidé à comprendre Jésus sur la croix : malgré toute sa douleur, il a été capable de penser aux autres, à leur transmettre son amour, à les appeler à prendre soin les uns des autres.

Les mains ouvertes et en silence, je reçois la lumière de Jésus ressuscité.
Prie pour la Syrie, pour Alep, pour toutes les familles déplacées, et aussi pour moi.

Mirna Hayek
Syria-Aleppo

lundi 4 mai 2015

Un pèlerinage pour se souvenir de Pâques 1971

La porte de Brandebourg, centre de Berlin
Nous avons emmené nos enfants et trois petits enfants (sur cinq) à Berlin pendant une semaine fin avril. C’était pour leur faire découvrir une ville qu’aucun d’entre eux ne connaissait et où nous nous sommes rencontrés pour la première fois avec Isabelle.
Cela s’était passé pendant la semaine sainte de l’année 1971… A l’époque, j’étais étudiant à Paris et mon école avait proposé un voyage à Berlin auquel je m'étais inscrit. J’avais sans doute entendu des annonces dans ma paroisse invitant les jeunes à aller à Lourdes pendant la même période ? Je ne m’en souviens pas, mais si je les avais entendues, je pense que j’aurais eu la réaction de Jonas : partir dans la direction opposée !
Isabelle était étudiante à Paris et ses parents habitaient Berlin et elle était revenue passer les vacances de Pâques avec sa famille. Des amis communs nous ont présentés et pendant ces quelques jours, avec d’autres amis, nous avons eu – en plus des nombreuses activités programmées par mon école (découverte de la ville, de son histoire et de ses blessures) – quelques autres activités moins sérieuses : patinoire, pizzeria, concert à la Philharmonie… Au retour de Berlin, nous avons continué à nous voir et nous ne sommes plus quittés.
Pendant ce temps à Lourdes, un autre événement fondateur était en train de se passer ; nous n’y avons pas participé, mais nous avons rejoint le train en route vingt ans plus tard pour le pèlerinage de 1991, et nous ne l’avons plus quitté.
La barque de Foi et Lumière sur le mur de Berlin

En 2015, à Berlin, pour ce pèlerinage familial, nous avons retrouvé une ville profondément changée ! Plus de mur, mais les cicatrices restent tout de même très présentes : j'y ai retrouvé la barque de Foi et Lumière. Puisque nous disons qu'il vaut mieux construire des ponts que des murs, sachez qu'il y a à Berlin 1700 ponts, plus qu'à Venise. 
Nous avons retrouvé la pizzeria de 1971, et nous sommes retournés à la Philharmonie. De ce point de vue, rien n'a changé !