mercredi 10 juillet 2019

Marie-Hélène a fêté son 90ème anniversaire


À Foi et Lumière, le 4 juillet est une grande date ! C’est en effet le jour de l’anniversaire de Marie-Hélène, une grande dame.
Messe d'action de grâce
Cette année, la fête était un peu spéciale car l’anniversaire était celui des 90 ans, et quand on change de dizaine, la fête est toujours plus éclatante. Mais cela se passait à peine deux mois après la mort de Jean Vanier, et nous ne pouvions pas l’oublier…
Nous fûmes nombreux, de Foi et Lumière, de l’OCH, de l’Arche, de sa famille, de ses amis à nous retrouver chez les Petites Sœurs de Pauvres, avenue de Breteuil, là où Marie-Hélène habite désormais, dans une résidence qui s’appelle "Ma Maison". Tout a commencé par une messe célébrée par le Père Christian Mahéas, aumônier de l’OCH et de l’Arche en France, et par le Père Jacques Cuche qui a fondé plusieurs communautés Foi et Lumière. Dans son homélie, le Père Christian a retracé l’aventure de Marie-Hélène, depuis la rencontre décisive de Suzanne en classe de cinquième jusqu’à ce jour anniversaire où elle mérite bien de prendre un peu de repos et de recul pour contempler et rendre grâce pour ce beau chemin parcouru et faire confiance à ceux qui ont pris la suite…



Photo de famille
Marie-Hélène et Pierre-Louis soufflent les bougies
Puis, par un chaud soleil d’été, nous nous sommes rendus dans le grand jardin des sœurs ou un buffet nous attendait. Nous étions comme une famille réunie autour de celle qui fêtait, dans la joie, une nouvelle étape de sa vie. Chacun retrouvait avec joie des amis qu’il n’avait pas revus depuis longtemps, on faisait la queue pour aller embrasser Marie-Hélène, se faire prendre en photo avec elle, lui dire quelques mots d’amitié…
Le cadeau
Et puis est venu le temps du gâteau et des bougies à souffler ; Pierre-Louis est venu aider Marie-Hélène et plusieurs discours ont permis de lui témoigner notre amitié et notre affection. Un beau cadeau lui a été remis : une mosaïque, faite par les ateliers de l’Arche à Trosly-Breuil, représentant l’emblème de Foi et Lumière. Une prière et un Notre Père dit en commun est venu clore cette belle soirée. Il était d’aller se reposer et rendre grâce pour la vie de Marie-Hélène.

mardi 7 mai 2019

À Dieu Jean !



Cher Jean, depuis très longtemps, j’ai toujours pensé que Dieu avait un plan pour moi… depuis au moins 35 ans.

Dans ce plan, je devais suivre une retraite à Tressaint : nous y sommes allés avec Isabelle début octobre 1983 et c’était toi qui prêchais cette retraite dont le thème était : "Jésus est le pauvre". Nous avons failli ne pas rester quand nous avons découvert que de nombreuses personnes ayant un handicap étaient présentes. Heureusement, nous sommes restés jusqu’au bout.


Dans ce plan, je devais être un de ceux, appelés anawim, qui allaient animer les groupes de partage pendant la retraite. Cela m’a valu de participer chaque matin à un temps de prière avec toi, et je me souviens très bien de ce jour où, pour dire le Notre Père, j'ai mis ma main dans la tienne.


Dans ce plan, il y avait l’accueil de Julie, née 4 ans et demi après cette retraite. Nous avons compris avec Isabelle que, au cours de cette retraite, tu avais préparé nos cœurs en nous parlant de Foi et Lumière.


Dans ce plan, il y avait une communauté Foi et Lumière qui nous attendait à Chaville, et nous avons rejoint la communauté "A Dieu Vat" quand Julie avait tout juste un an.
Dans ce plan, il y avait l’appel reçu pour fonder avec d’autres parents, une communauté de jeunes enfants ; ce fut fait en février 1991 et la jeune communauté "Graines de Moutarde" est partie joyeusement quelques semaines plus tard pour le pèlerinage du 20ème anniversaire à Lourdes. Une grande foule venue des quatre coins du monde m’a fait découvrir l’universalité du mouvement et la joie qui est le fruit de si belles rencontres.

Dans ce plan, il y a eu une deuxième retraite à Tressaint avec d’autres parents de notre communauté et notre premier entretien : j’avais demandé à te voir pour te dire mon histoire et te remercier. Dans mon enthousiasme, je t’avais dit combien j’aimais Foi et Lumière et que j’étais prêt à faire "plein de choses". Tu m’as répondu : « ça viendra, ça viendra ».

Dans ce plan, il y a eu cette invitation à participer à la rencontre internationale de Varsovie en 1994 ; j’y suis allé avec empressement et j’ai été émerveillé de découvrir des gens tous extraordinaires venus de tous les pays où Foi et Lumière était présent.

Dans ce plan, il y a eu en 1995 une proposition des responsables de ma province pour aller participer à une session de formation dans la province jumelle d’Afrique de l’Est, à Nairobi, avec des participants venus du Kenya, d’Ouganda, du Rwanda, du Burundi et du Zaïre. Je parlais anglais et c’était la seule condition… Cette proposition a été suivie par une deuxième l’année suivante : il s’agissait d’accompagner Marie-Hélène Mathieu pour une session de formation à Kigali (Rwanda). Un an plus tard, il fallait y retourner pour s’assurer que ces formations avaient donné de beaux fruits.

Dans ce plan, il y a eu cet appel à laisser mon nom pour des élections de zone. Ma famille était d’accord à condition que j’aie quelques vacances supplémentaires… Tremblant, je suis allé voir mon supérieur hiérarchique pour lui faire cette demande dont je devinais l’issue défavorable. Mais j’ai été surpris de l’entendre dire : « tu as besoin de combien de jours ? ». Dix, ai-je répondu, et il m’a donné son accord en me prévenant que je n’aurais pas moins de travail et que je devrais m’organiser en conséquence. Et en juillet 1998, à Québec, pendant la rencontre internationale, je suis devenu coordinateur de la zone Europe Atlantique Nord.

Dans ce plan, il y a eu de nombreuses réunions du conseil international, deux par an, où nous avons travaillé ensemble, depuis la première en 1999, au Liban, jusqu’à ce que tu nous dises un jour que tu allais bientôt avoir 75 ans et que nous ne te verrions plus. C’était il y a 15 ans et ces cinq années où nous avons passé beaucoup de temps à travailler ensemble m’ont laissé un souvenir impérissable. Ton calme mêlé à une énergie incroyable, ta douceur mêlée à une autorité sans pareil m’ont énormément marqué.

Dans ce plan, il y encore eu des appels pour accompagner Foi et Lumière dans d’autres continents. En 2003, je me souviens bien avoir été prier un matin à l’oratoire de la Ferme et j’ai demandé : « Envoie-moi là où tu veux que je serve ». L’après-midi même, Viviane et Roy me demandaient si je voulais bien devenir coordinateur de l’Afrique ! Et j’ai passé 5 ans à découvrir que Foi et Lumière en Afrique était un modèle pour tout le mouvement ; la joie, la prière, l’amitié, les grandes valeurs dont nous vivons tous étaient très vivantes dans tous ces pays.

Dans ce plan, il y a eu finalement cet appel à être le coordinateur international. C’était à Lourdes en 2008 ; tu n’étais pas présent, mais tu es arrivé le soir même et je me souviens très bien de tes encouragements qui avaient suivi ceux de Marie-Hélène. J’ai vécu dix années merveilleuses et je rends grâce à Dieu pour tout ce que j’ai vécu à Foi et Lumière dans ces années de responsabilité. Je ne quitte pas ma communauté et nous allons continuer avec Isabelle et Julie.
Merci Julie, je rends grâce à Dieu aussi pour toi. Je me souviens de ce que tu as dit un jour à Trosly alors que tout un groupe des Amériques était venu pour une retraite : « Quand Dieu m’a envoyée dans ma famille, j’étais comme un cadeau pour eux ». J’en ai été très ému.

Cher Jean, je te suis reconnaissant pour tout ce que j’ai reçu de toi pendant toutes ces années. Je rends grâce pour tout ce que j'ai reçu de Jésus et de Marie par ton intermédiaire. Je suis sûr que tu vas continuer - de là-haut - à veiller sur nous, à nous porter dans ta prière, à continuer à nous donner l’envie de mieux connaître Jésus à travers les plus petits. Je continuerai pour ma part à tenter de suivre fidèlement le plan de Dieu pour moi.

samedi 2 février 2019

Bonne fête de la Lumière


Ce matin-là, comme tous les jours, Syméon s’est mis à l’écoute de sa petite voix : "Seigneur, serait-ce aujourd’hui ?". Syméon a eu autrefois ce songe qu’il ne mourrait pas avant d’avoir rencontré le Messie du Seigneur, que ses yeux verraient le salut préparé pour les peuples, la lumière qui allait se révéler aux nations et donner gloire à son peuple ; malgré son grand âge, il attend dans l’espérance l’accomplissement de cette promesse. Chaque matin, sa demande reste sans réponse, mais ce jour-là, ô joie !, il entend qu’il doit partir avec empressement vers le Temple de Jérusalem.
Sur le chemin, il se pose bien des questions sur ce qui l’attend : verra-t-il une nuée recouvrir le Temple, une colonne de feu illuminer toute la ville de Jérusalem, et dans des éclairs et le tonnerre entendre la voix du Seigneur annoncer Son retour ? Il se rappelle que Moïse avait eu cet avertissement, en réponse à sa requête Je t’en prie, laisse-moi contempler ta gloire (Ex 33, 18) : un être humain ne peut pas me voir et rester en vie (Ex 33, 20). Il se dit alors que ce jour est sans doute le dernier de sa vie…
En arrivant dans le Temple, tout est calme et il cherche du regard vers qui aller ? Il aperçoit un jeune couple venu présenter son premier-né comme le veut la Loi du Seigneur, mais se dit en voyant qu’ils avaient préparé pour le sacrifice un couple de petites colombes : ce n’est pas vers cette famille que je dois aller, ce sont des pauvres. Mais, irrésistiblement, il se sent attiré vers ce petit enfant, né il y a 40 jours. Et l’Esprit-Saint, présent dans les colombes, lui dit : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie (Mt 3, 17). Alors il comprend et demande à Marie de prendre l’enfant dans ses bras et s’écrie d’une voix forte : Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples, lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël (Lc 2, 29-32).
La lumière attendue n'était pas une colonne de feu, mais une petite flamme vacillante vers laquelle on vient se réchauffer en famille, le salut espéré ne pouvait pas venir d’une force toute puissante, mais de cette fragilité que Syméon trouve à la fois en lui et dans ce petit enfant, faible et dépendant, la gloire de Dieu ne pouvait pas se manifester de manière triomphante, mais dans la petitesse. Il revivait l'histoire du prophète Elie sur l'Horeb : le Seigneur était présent comme dans le murmure d'une brise légère (1R 19, 12). Conscient que cette révélation, dont il venait d’être le bénéficiaire privilégié, allait à l’encontre de ce que le peuple d’Israël attendait, il ajouta des paroles plus dures à l’attention de Marie : cet enfant sera signe de contradiction et toi, ton âme sera traversée d’un glaive (Lc 2, 34-35).
Quand les communautés Foi et Lumière célèbrent cet événement que nous appelons la Fête de la Lumière, que célébrons-nous ? Nous nous rappelons la joie de la rencontre entre Marie, Joseph, Syméon et Anne autour de Jésus, qui étaient déjà comme une petite communauté. Nous nous réchauffons autour de la lumière qui se révèle aux nations au travers des plus petits d’entre nous, nous témoignons du salut que nous recevons de manière privilégiée quand nous reconnaissons que Jésus nous attend dans la fragilité. Notre prière le dit bien : apprends-nous à découvrir ton visage et ta présence en tous nos frères et sœurs, spécialement les plus faibles.
Nous devons témoigner sans relâche autour de nous que cette révélation faite à Syméon est destinée à tous. Dieu n’attend pas de nous que nous recherchions ce qui est grand et fort pour aller à sa rencontre, Il n’attend pas de nous que nous devenions des surhommes pour nous faire proches de lui, Il attend que nous nous mettions à son écoute, il nous apprendra alors à accueillir nos blessures et nos faiblesses, c’est par elles que se déploiera sa puissance. Cela ne nous évitera pas les épreuves, nos enfants ayant un handicap seront appelés également à être signes de contradiction, les parents auront eux aussi l’âme transpercée d’un glaive, mais ça ils le savent depuis longtemps…

mercredi 10 octobre 2018

Jean Vanier : le sacrement de la tendresse


Le projet est devenu réalité, le film sur Jean Vanier, réalisé par Frédérique Bedos, a été projeté en avant-première le 9 octobre !
Cette séance qui devait être unique a dû être dédoublée car la demande a explosé ! La salle pour la première séance était pleine à craquer, avec quelques têtes connues, mais aussi, signe très encourageant, de personnes qui ne connaissaient qu’à peine Jean Vanier. Un petit message personnel de Jean a été présenté avant le film : il nous encourage à parler du film autour de nous, pas tellement pour le messager, mais pour faire mieux connaître ce sacrement de la tendresse que nous proposent les personnes ayant un handicap mental.
Le film commence par une animation qui rappelle la vie de Jean depuis sa naissance à Genève en 1928 jusqu’à son installation définitive à Trosly-Breuil, en passant par les étapes de la Marine et de la philosophie. Il a été véritablement conquis par la simplicité, la bonté et même la beauté des personnes qui, il n’y a pas si longtemps encore –et même dans l’Église – étaient considérées comme le rebut de la société et enfermées dans des hôpitaux psychiatriques.
Pour ce qui concerne la beauté des amis de Jean Vanier qui se manifeste le plus souvent par le regard, il faut citer François Cheng qui écrit dans le livre "Cinq méditations sur la beauté" : la vraie beauté est justement conscience de la beauté et élan vers la beauté […]. La beauté du regard vient d’une lumière qui sourd de la profondeur de l’Être. Elle peut aussi venir d’une lumière venant de l’extérieur et qui l’éclaire, notamment lorsque le regard capte dans l’instant quelque chose de beau, ou qu’il rencontre un autre regard d’amour et de beauté. J’aime penser que le premier regard entre Jean et Raphaël ou Philippe a été de cette nature.
Le film montre de touchantes images d’archive, photos ou vidéos, où l’on voit Jean – avec quelques années de moins - dire avec force ses convictions de la valeur, de la grandeur et de la beauté de ceux qui viennent nous libérer de nos tentations de toute-puissance. Nous avons tous en nous cette soif d’être performant, meilleur que le voisin pour mieux réussir, ce qu’il dénonce comme étant le terrorisme de la normalité qui a pour conséquence logique, la mise à l’écart de ceux qui ne peuvent rentrer dans cette course.
Frédérique Bedos mêle des séquences de dialogue avec Jean où il redit le témoignage de sa vie, un éloge de la faiblesse, et des reportages filmés dans trois lieux emblématiques de l’Arche : Trosly-Breuil, Bethléem et Calcutta. On y voit des témoignages de personnes accueillies, toutes rayonnantes de joie, et d’assistants qui disent tous ce qu’on connaît bien, à l’Arche ou à Foi et Lumière : je suis venu pour aider, mais je réalise que je reçois bien plus que ce que tout ce que je peux donner. Ils apprennent aussi à faire confiance à ceux qu’ils accompagnent, à bien vérifier que ce qu’ils peuvent proposer est conforme aux attentes de l’autre. Les personnes ayant un handicap le disent très bien : je pense comme toi, mais différemment.
Dans la dernière partie, Jean se confie sur sa vie de personne de 90 ans. Il va lui aussi vers des situations de faiblesse et de fragilité, et il semble prêt pour cette grande rencontre qu’il dit toute proche : ce n’est juste qu’un voile qui nous sépare, et ce voile est très mince. Et on le voit marcher dans la forêt et s’éloigner petit à petit… Le livre qu’il a écrit avec François-Xavier Maigre "Un cri se fait entendre" fait écho à cette séquence par son dernier chapitre, Au bout du chemin… une attente, une promesse, qui se termine par une prière dont les derniers mots sont "viens Seigneur Jésus, viens !" Ce film confirme ce qu’on pouvait se dire à la lecture de ce livre : Jean a encore des choses à nous dire et il veut nous confier son testament spirituel ! Allez tous voir ce film, Jean a quelque chose d’important à vous dire !
Au passage d’une séquence, nous avons eu la joie de reconnaître Loïc Proffit, résident d’un foyer à Trosly, et qui fut avec son frère Thaddée et ses parents Gérard et Camille à l’origine de Foi et Lumière.
Vive l’Arche ! Vive Foi et Lumière ! Merci Jean et à la grâce de Dieu !

PS : le film sortira au cinéma en France à compter du 9 janvier 2019.
Toute personne ou organisme souhaitant soutenir la sortie du film dans le cinéma de sa ville, recevoir des dépliants, flyers et affiches du film, voire même intervenir lors d'un ciné-débat, peut contacter le distributeur, Jupiter Films, sur leur site internet : Jupiter-Films.com

Les intéressés peuvent aussi s'inscrire à la Newsletter de Jupiter Films pour être informés de la sortie au cinéma : https://www.jupiter-films.com/newsletter.php


mardi 11 septembre 2018

90 ans !


Cher Jean, depuis très longtemps, j’ai toujours pensé que Dieu avait un plan pour moi… depuis au moins 35 ans.
Dans ce plan, je devais suivre une retraite à Tressaint : nous y sommes allés avec Isabelle début octobre 1983 et c’était toi qui prêchais cette retraite dont le thème était : "Jésus est le pauvre". Nous avons failli ne pas rester quand nous avons découvert que de nombreuses personnes ayant un handicap étaient présentes. Heureusement, nous sommes restés jusqu’au bout.
Dans ce plan, je devais être un de ceux, appelés anawim, qui allaient animer les groupes de partage pendant la retraite. Cela m’a valu de participer chaque matin à un temps de prière avec toi, et je me souviens très bien de ce jour où, pour dire le Notre Père, j'ai mis ma main dans la tienne.

Dans ce plan, il y avait l’accueil de Julie, née 4 ans et demi après cette retraite. Nous avons compris avec Isabelle que, au cours de cette retraite, tu avais préparé nos cœurs en nous parlant de Foi et Lumière.
Dans ce plan, il y avait une communauté Foi et Lumière qui nous attendait à Chaville, et nous avons rejoint la communauté "A Dieu Vat" quand Julie avait tout juste un an.
Dans ce plan, il y avait l’appel reçu pour fonder avec d’autres parents, une communauté de jeunes enfants ; ce fut fait en février 1991 et la jeune communauté "Graines de Moutarde" est partie joyeusement quelques semaines plus tard pour le pèlerinage du 20ème anniversaire à Lourdes. Une grande foule venue des quatre coins du monde m’a fait découvrir l’universalité du mouvement et la joie qui est le fruit de si belles rencontres.
Dans ce plan, il y a eu une deuxième retraite à Tressaint avec d’autres parents de notre communauté et notre premier entretien : j’avais demandé à te voir pour te dire mon histoire et te remercier. Dans mon enthousiasme, je t’avais dit combien j’aimais Foi et Lumière et que j’étais prêt à faire "plein de choses". Tu m’as répondu : « ça viendra, ça viendra ».
Dans ce plan, il y a eu cette invitation à participer à la rencontre internationale de Varsovie en 1994 ; j’y suis allé avec empressement et j’ai été émerveillé de découvrir des gens tous extraordinaires venus de tous les pays où Foi et Lumière était présent.
Dans ce plan, il y a eu en 1995 une proposition des responsables de ma province pour aller participer à une session de formation dans la province jumelle d’Afrique de l’Est, à Nairobi, avec des participants venus du Kenya, d’Ouganda, du Rwanda, du Burundi et du Zaïre. Je parlais anglais et c’était la seule condition… Cette proposition a été suivie par une deuxième l’année suivante : il s’agissait d’accompagner Marie-Hélène Mathieu pour une session de formation à Kigali (Rwanda). Un an plus tard, il fallait y retourner pour s’assurer que ces formations avaient donné de beaux fruits.
Dans ce plan, il y a eu cet appel à laisser mon nom pour des élections de zone. Ma famille était d’accord à condition que j’aie quelques vacances supplémentaires… Tremblant, je suis allé voir mon supérieur hiérarchique pour lui faire cette demande dont je devinais l’issue défavorable. Mais j’ai été surpris de l’entendre dire : « tu as besoin de combien de jours ? ». Dix, ai-je répondu, et il m’a donné son accord en me prévenant que je n’aurais pas moins de travail et que je devrais m’organiser en conséquence. Et en juillet 1998, à Québec, pendant la rencontre internationale, je suis devenu coordinateur de la zone Europe Atlantique Nord.
Dans ce plan, il y a eu de nombreuses réunions du conseil international, deux par an, où nous avons travaillé ensemble, depuis la première en 1999, au Liban, jusqu’à ce que tu nous dises un jour que tu allais bientôt avoir 75 ans et que nous ne te verrions plus. C’était il y a 15 ans et ces cinq années où nous avons passé beaucoup de temps à travailler ensemble m’ont laissé un souvenir impérissable. Ton calme mêlé à une énergie incroyable, ta douceur mêlée à une autorité sans pareil m’ont énormément marqué.
Dans ce plan, il y encore eu des appels pour accompagner Foi et Lumière dans d’autres continents. En 2003, je me souviens bien avoir été prier un matin à l’oratoire de la Ferme et j’ai demandé : « Envoie-moi là où tu veux que je serve ». L’après-midi même, Viviane et Roy me demandaient si je voulais bien devenir coordinateur de l’Afrique ! Et j’ai passé 5 ans à découvrir que Foi et Lumière en Afrique était un modèle pour tout le mouvement ; la joie, la prière, l’amitié, les grandes valeurs dont nous vivons tous étaient très vivantes dans tous ces pays.
Dans ce plan, il y a eu finalement cet appel à être le coordinateur international. C’était à Lourdes en 2008 ; tu n’étais pas présent, mais tu es arrivé le soir même et je me souviens très bien de tes encouragements qui avaient suivi ceux de Marie-Hélène. J’ai vécu dix années merveilleuses et je rends grâce à Dieu pour tout ce que j’ai vécu à Foi et Lumière dans ces années de responsabilité. Je ne quitte pas ma communauté et nous allons continuer avec Isabelle et Julie.
Merci Julie, je rends grâce à Dieu aussi pour toi. Je me souviens de ce que tu as dit un jour à Trosly alors que tout un groupe des Amériques était venu pour une retraite : « Quand Dieu m’a envoyée dans ma famille, j’étais comme un cadeau pour eux ». J’en ai été très ému.
Bon anniversaire Jean ! Je te suis reconnaissant pour tout ce que j’ai reçu de toi pendant toutes ces années. J’espère que j’ai bien retenu tout ce que tu m’as appris, car dans un de ses derniers numéros, Famille Chrétienne m’a présenté (avec d’autres) comme un de tes enfants spirituels. Continue à nous porter dans ta prière, continue à nous donner l’envie de mieux connaître Jésus à travers les plus petits. Je continuerai pour ma part à tenter de suivre fidèlement le plan de Dieu pour moi.

vendredi 7 septembre 2018

Les étoiles de la victoire


En juillet 1998, deux événements importants ont eu lieu de manière quasi simultanée. Le 12 juillet, la France gagnait sa première étoile en remportant la coupe du monde football ! En même temps démarrait la grande rencontre de Foi et Lumière à Québec. Le rapport entre ces deux événements n’est pas évident, il n’y en a même aucun !
J’ai pu mesurer que la joie des uns peut côtoyer la tristesse des autres… Chargé d’animer la soirée d’ouverture ce soir-là avec Corinne Chatain, j’avais organisé une grande ola parmi les participants, mais j’ai vite compris que Foi et Lumière international comprenait presque autant de Brésiliens que de Français ! Et j’ai été touché par les larmes d’un jeune Brésilien qui se voyait déjà arborant une cinquième étoile pour son pays. Il a été un peu consolé en repartant avec le maillot de l’équipe de France que je lui ai offert.
En 1998, deux jours plus tard, je démarrais mes activités de service pour Foi et Lumière international en devenant coordinateur de la zone "Europe Atlantique Nord" (nord de la France et le Bénélux).

Les deux étoiles de la France
20 ans plus tard, en juillet 2018, nouvelle coïncidence… Foi et Lumière organise une rencontre internationale au Liban et la Russie organise la coupe du monde de football. En 2018, la finale a eu lieu deux jours après la célébration de l’envoi, un envoi qui ne me concernait plus car je venais de rendre mon tablier de service après ces vingt années passées, dont les dix dernières comme coordinateur international. C’est au tour de Raul Izquierdo et de Maria-Silvia de Jesus Tavares de prendre les rênes et je suis heureux de leur avoir transmis cette responsabilité. Mais j’avais noté cette coïncidence en me disant : "qui sait, les mêmes causes pourraient bien produire les mêmes effets ?" et j’avais imaginé que mes 20 années de service à Foi et Lumière auraient pu être bien encadrées si jamais la France gagnait sa deuxième étoile en Russie !
Marie et ses 12 étoiles 
J’aurais dû miser gros ! J’ai perdu une belle occasion de contribuer au financement de la rencontre au Liban.

Mais ces questions d’étoiles ne sont pas si importantes quand on voit comment Foi et Lumière a grandi depuis le grand pèlerinage à Lourdes en 1971. Notre-Dame de Lourdes a veillé sur les débuts de notre mouvement et elle continue à le faire encore aujourd’hui. Je revois toujours cette belle statue qui se trouve en face de la basilique dans le sanctuaire : Marie a les mains jointes un vêtement blanc, une ceinture bleue et une couronne sur la tête, une couronne avec 12 étoiles. Le pays qui peut arborer le plus d’étoiles sur un maillot de football ne peut en montrer que 5 !
Soyons fiers de nos 12 étoiles ! Continuons à parier sur les futures grandes victoires de Foi et Lumière, les plus fragiles seront toujours présents pour nous aider à bien marcher dans les pas de Jésus !

mercredi 25 juillet 2018

Les 25 ans de Foi et Lumière en Ukraine

Le livret de la journée

Le 28 juin 2018, 700 personnes venues de toutes les communautés d’Ukraine se sont rassemblées à Kiev pour fêter leur 25ème anniversaire. En 1992, simultanément et sans concertation, Zénia (à Lviv) et Edith (à Tyachiv et Khust en Transcarpathie) démarraient les premières communautés Foi et Lumière. Aujourd’hui, il y en a 36 réparties dans 26 villes du pays. Kiev n’est pas vraiment le centre de gravité du mouvement dans le pays, mais ils ont choisi de venir là en pèlerinage, pour être visible et montrer à tout le pays combien l’amitié avec les personnes ayant un handicap mental peut changer les cœurs.
Foi et Lumière en Ukraine montre un grand dynamisme et je suis témoin de la vigueur et de l’enthousiasme de tous ceux qui sont venus jusqu’à la cathédrale patriarcale de l'Eglise de la Résurrection, sur les bords du Dniepr. Foi et Lumière a donné de l’espérance à beaucoup et est devenu un lieu où se vivent l’amitié et la joie. Les différentes activités – camps d’été, retraites, pèlerinages – ont permis de révéler de nombreux talents, spécialement chez les jeunes amis : chants, musiciens, artistes, organisateurs… mais par-dessus tout, ce sont les relations d’amitié avec les personnes ayant un handicap dans le cœur de Jésus qui reste le plus important.
La photo de groupe dans la Cathédrale
Une grande messe a été célébrée dans la cathédrale patriarcale des grecs catholiques ukrainiens. Le célébrant, le père Martin Chomiw, aumônier provincial, a lu un message de Sa Béatitude Sviatoslav qui a félicité le mouvement "Foi et Lumière" en Ukraine pour son 25ème anniversaire. Il s’est adressé à chacun :
-         - Aux personnes ayant un handicap : à vous mes chers amis, et amis du Seigneur “Foi et Lumière” est le lieu où nous rencontrons un Dieu qui nous comble de son affection, de sa miséricorde, le Dieu d’amour qui nous a aimés dès avant notre naissance, même avant la création du monde. Et Sa beauté se manifeste en tout homme comme une oeubvre de Dieu (Ep 2,10).
-          -  Aux parents : "Foi et Lumière" vous donne la joie que votre enfant soit aimé de Dieu et de l'Église ; il y a toujours une place pour vos enfants dans l'Église. Votre amour inconditionnel et votre attitude patiente avec votre croix que vous portez chaque jour sont un grand témoignage de foi pour l'Église.
-         -  Aux amis : "Foi et Lumière" enseigne le véritable amour, celui que nous désirons tous, l’amour qui ne méprise pas, n’humilie pas, n’envie pas, mais accepte et se donne, et se réjouit, car en fait il n’y a pas de plus grand bonheur ! La communauté aime les jeunes et les jeunes trouvent facilement leur place auprès des parents et des amis. Le désir d'être ensemble est l'affirmation de l'amour.
Le message du pape François
-        -  Aux aumôniers : Vous êtes des ministres qui représentez Jésus, avec un cœur doux et humble. La communauté a besoin d'une figure paternelle. Il faut un "bon berger". Amis, parents, jeunes aiment beaucoup leurs aumôniers. Un tel service est exigeant, mais il indique clairement la Bonne Nouvelle que le Seigneur est proche de chacun. C'est beau quand un aumônier témoigne de l’affection envers une personne ayant un handicap, parce qu'il croit en son progrès spirituel - la capacité d'être avec Dieu. C'est beau quand l'aumônier aide les parents qui se sentent parfois coupables ou souffrent à cause du handicap de leur enfant, en leur montrant que le Seigneur leur a confié cet enfant en particulier.
-          Enfin le patriarche a commenté la devise du rassemblement : "La joie dans le Seigneur est notre force" (Néhémie 8, 9-10). Oui ! On peut reconnaître de loin les parents, les amis, les jeunes et les aumôniers de "Foi et Lumière" - ils sont heureux et souriants. Ils n'ont plus peur des difficultés dans le pèlerinage de la vie ; ils ne font plus attention à leurs douleurs, car ils voient le Seigneur, qui est présent dans chacun, en particulier les plus faibles, ceux qui Lui sont les plus proches. C'est seulement dans la joie que nous pouvons suivre le Jésus des Évangiles. C'est cette grâce qui nous aide à accepter l'invitation à le suivre. Non seulement vous avez accepté cette invitation, mais aussi depuis 25 ans, vous marchez avec le Christ, vous êtes avec Lui dans sa souffrance et avec Lui dans la joie de sa résurrection.
La graine est devenue un arbre
Après cette très belle liturgie, un repas a permis à chacun de prendre quelques forces pour un après-midi de feu ! Dans le grand hall, là où a eu lieu le concours de l’Eurovision 2017, des chants, des danses, présentés par toutes les communautés ont permis de montrer le dynamisme et la créativité de Foi et Lumière en Ukraine ! Sur la scène, un grand arbre avec des photos de chacune des 36 communautés dans ses branches montrait que la petite graine semée il y a 25 ans était devenue un grand arbre !
Et puis chacun est reparti le cœur plein de souvenirs et d’énergie pour continuer à faire grandir ce bel arbre qu’est devenu Bipa i Cʙiтʌo !
Saint Michel au Dôme d’or
Place Maidan
Avec ceux qui ne repartaient que le lendemain (ou qui étaient des deux communautés locales), nous avons visité le centre de la capitale de l’Ukraine : le monastère orthodoxe Saint Michel au Dôme d’or,mais aussi la célèbre place de l’indépendance, la place Maidan. J’ai été touché de cette visite que j’avais souhaité après avoir lu ce que disait Monseigneur Borys Gudziak, Évêque de l’Éparchie St Volodymir-le-Grand de Paris des Gréco-Catholiques Ukrainiens pour la France, le Bénélux et la Suisse, un grand ami de Foi et Lumière : les gens en Occident s’interrogent sur ce qui a changé en Ukraine depuis le Maidan, après le sacrifice colossal de la Centurie Céleste. Qu’est-ce qui peut changer dans une Ukraine aux prises avec l’expérience cruelle de la guerre ? On observe de multiples changements, même s’ils semblent peu perceptibles encore. Le changement principal réside dans le fait que les Ukrainiens ont quitté le pays de la peur et se dirigent vers la terre promise de la dignité. (Bulletin de l’Oeuvre d’Orient n° 778).

Biba i Cbatлo est un signe très important, pour l’Ukraine, et pour toute la famille de Foi et Lumière, un signe pour le monde ! Je souhaite le meilleur à Biba i Cbatлo pour les 25 prochaines années. Alors, l’arbre sera devenu une forêt !

L'album photo