lundi 22 octobre 2012

Reconnaissances !

Pendant les réunions du Conseil d’Administration, il y a une partie de l’ordre du jour réservée au Coordinateur International, et j’ai toujours beaucoup de joie à faire partager la vie des provinces et des communautés, j’ai toujours en tête, pendant le temps de mon rapport , les visages de ceux dont je parle avec enthousiasme !
Pendant la dernière réunion, j’ai proposé deux décisions au Conseil, deux décisions de reconnaissance. L’une concernait une province et l’autre une communauté, et je sais que ces deux décisions étaient très attendues ! Et les deux décisions ont été favorables ! Alleluia !

L'ancienne province Suisse pendant son pèlerinage de mai 2011

La province concernée était la Suisse. Je dis était car la province qui a été reconnue est un peu plus grande que le seul pays de Suisse… Depuis quelques temps, la communauté de Mont-Roland, dans le Jura Français, "flirtait" avec ses voisines helvétiques… Elle a participé au pèlerinage organisé à l’Ascension à Saint Maurice et les fiançailles se concrétisent maintenant, puisque, avec la bénédiction officielle de Raymonde Mouro, coordinatrice de la Province "France Est pétillante", la communauté a rejoint cette nouvelle province ! De plus, toute nouvelle communauté localisée dans le Diocèse de Saint Claude sera automatiquement rattachée à cette province. Quelques jours plus tard, ils étaient tous rassemblés près de Gruyères, et dans la célébration de cette reconnaissance tant espérée, ils se sont trouvé un nom de baptême (la province dans son nouveau périmètre ne pouvait plus s’appeler la Suisse…) : ₺Monts et Vallées sans Frontières₺, l’idée en revient aux membres de la communauté de Mont Roland (comme quoi, s’ouvrir sur l’extérieur apporte du sang neuf et de l’énergie nouvelle !) et les explications m’ont été données par Gabrielle Luchinger, coordinatrice provinciale par intérim jusqu'à l’assemblée fondatrice : ₺les MONTS, c'est bien, mais la réalité des VALLÉES, c'est le reflet de nos vies, avec des hauts et des bas, les ombres et les lumières, le retour au quotidien après l'enthousiasme des hauteurs... et les FRONTIÈRES, il n'y en a pas seulement sur les cartes géographiques, celles que nous construisons sont parfois les plus difficiles à franchir. Alors c'est bon de pouvoir gravir des monts ensemble, de là-haut on est capable de voir plus loin, sans frontières, peut-être d'avoir des visions... mais il est tout aussi bon d'en redescendre, fortifié, pour rejoindre ceux qui attendent notre présence. ₺ En plus, ils ont trouvé une chanson pour accompagner leur province… Bonne route à cette nouvelle province !

Là-haut sur la montagne est une nouvelle Province (bis)
Les Suisses et les Français se sont unis pour la créer
Là-haut sur la montagne est une nouvelle Province (bis)
Là-haut sur la montagne, un jour à Montbarry (bis)
En octobre un samedi, tous réunis, nouveaux amis
Là-haut sur la montagne, Mont et Vallées est né (bis)
Là-haut sur la montagne, il n’y a plus de frontière (bis)
La Foi et l’Amitié, ont tout gommé, tout effacé
Là-haut sur la montagne, il n’y a plus de frontière (bis)
Que brille le soleil, sur notre nouvelle Province (bis)
Et que sur nos communautés s’étende sa lumière
Que brille le soleil, sur notre nouvelle Province (bis)

Stefanie, coordinatrice de communauté par intérim
La communauté concernée est celle de Cayenne, en Guyane. C’est une communauté isolée, non encore rattachée à une province, et c’est pour cette raison que la décision de reconnaissance revenait au Conseil d’Administration. La communauté existe depuis quatre ans, mais personne n’était encore venu les voir. Tim et Maria-Cecilia les ont conseillés pendant leurs débuts et finalement, Loïc et Isabelle Lainé, anciens coordinateurs de province, sont venus en Guyane en juillet dernier ! Le questionnaire ₺Afin de mieux nous connaître₺ a été rempli et j’ai pu présenter la demande, accompagnée de très belles photos de la communauté aux membres du Conseil d’Administration. La décision a été positive, il n’y avait pas d’éléments qui pouvaient aller contre cette demande, mais nous avons eu le souci de voir cette communauté bien accompagnée. Il est sage et prudent de faire en sorte que personne à Foi et Lumière ne soit isolé et sans contacts… Alors, cette nouvelle communauté va pouvoir grandir et qui sait, peut-être aurons-nous un jour de nombreuses communautés en Guyane et dans les territoires francophones de cette partie du monde, une nouvelle province… ayons de l’ambition ! En attendant, la communauté "Cris de Joie" sera l’été prochain une étape incontournable sur la route des JMJ de Rio, l’évêque de Cayenne a demandé à Stéfanie Amaranthe, la coordinatrice par intérim de la communauté, d’accueillir les jeunes qui seront en chemin vers le Brésil voisin… Bonne route à cette nouvelle communauté !
La joie débordante de"Cris de Joie"

jeudi 18 octobre 2012

Quelques rencontres au Liban


En marge des réunions du Conseil d’Administration et de l’équipe du Carnet de Route, nous avons eu l’occasion de rencontrer de nombreux amis de Foi et Lumière au Moyen Orient, et c’est toujours une grande joie de voir les personnes qui, sur place, mettent pratiquement en œuvre ce qui est préparé pour eux, pour que la vie des communautés soit la plus belle possible.

Nous avons rencontré Carla, coordinatrice de la province ILA Trinity (Liban Nord, Iran et Arménie) et Rita, coordinatrice de la province Liban Sud et Jordanie, toutes deux accompagnées d’une partie de leur équipe provinciale : nous avons beaucoup échangé et elles nous ont partagé les expériences de leurs pèlerinages.
Rencontre avec les équipes provinciales libanaises
Carla était toute heureuse du super pèlerinage qui a eu lieu fin août à Ras Baalbeck : une grande participation des communautés de la province (mais personne n’a pu venir d’Iran), des délégations d’Egypte et d’Italie, de belles célébrations avec la participation d’un patriarche et de plusieurs évêques, un accueil extraordinaire de la population locale qui a reçu à dîner tous les messagers de la joie de Foi et Lumière… Tout cela devrait déboucher sur la création d’une communauté !



Rita était moins heureuse, car le pèlerinage qui avait été prévu au printemps 2011, sur le lieu du baptême de Jésus en Jordanie (ils avaient fait le choix d’aller là bas pour pouvoir mieux soutenir les communautés locales, moins nombreuses que celles du Liban), n’a pas pu avoir lieu… Cela s’est passé juste au moment du début des troubles en Syrie et les cars qui devaient traverser ce pays, sur le chemin de la Jordanie, n’ont pas eu les autorisations nécessaires… Tout le travail de préparation qui avait été entrepris par l’équipe projet n’a malheureusement pas pu se concrétiser…

A la communauté St Jean Baptiste, on danse avec joie
Nous avons eu la chance de rencontrer la communauté Saint Jean Baptiste à Beyrouth ! Toute la communauté nous attendait dans l’église et là, nous avons eu une vraie rencontre avec mime, chants, danses et prière. Nous nous sommes échangés quelques cadeaux et c’était déjà l’heure de repartir, mais la joie brillait sur tous les visages !

Photo de groupe avec la communauté St Jean Baptiste
 Nous avons rencontré, tout à fait par hasard, dans le sanctuaire Notre-Dame du Liban, la sœur Hoda, qui faisait partie d’une communauté à Minia en Égypte. Elle est maintenant de retour dans son pays, mais elle nous a donné des nouvelles de son ancienne province (Égypte Sud) qui est dans une situation de croissance exceptionnelle ! Ils travaillent sur le projet de multiplication de la province !

Plusieurs autres personnes sont passées nous voir sur le lieu de nos réunions, Michat, Antoinette, Graziella, "tante" Denise, et c’est toujours avec une grande joie que nous partageons les bons souvenirs ! Il est vrai que l’amitié qui naît dans Foi et Lumière est de celles qui durent !

Enfin, nous avons eu l’occasion de rencontrer un ami syrien venu nous parler de la situation des communautés Foi et Lumière dans son pays… Nous l’avons écouté, avec beaucoup d’attention et d’émotion, nous raconter ce qui se passait, et nous avons tous ressenti un grand décalage avec ce que nous disent les médias… Les communautés continuent à se rencontrer autant qu’elles le peuvent ; une communauté a du s’arrêter et les personnes handicapées ont été recueillies dans une autre ville où les amis sur place font le maximum pour qu’elles ne souffrent pas trop de ce déplacement ; quelques personnes, dans les lieux où les combats sont toujours très violents, doivent souvent descendre dans les caves pour se protéger… Tous n’aspirent qu’à un retour au calme, et personne ne souhaite quitter la Syrie qui reste leur pays. La solidarité fonctionne beaucoup, et l’argent que nous avions envoyé a été utilisé pour aider les personnes handicapées déplacées… Le lendemain matin, quand cet ami syrien nous a dit au revoir avant de repartir dans son pays, nous avions tous le cœur serré…


mardi 16 octobre 2012

A Dieu Abouna Daoud !


L'article de L'Orient-Le Jour
Les préparatifs allaient bon train pour la réunion du Conseil d’Administration prévue à partir du 7 octobre à Harissa, les dossiers et les valises étaient prêts. Tout était prêt également pour la réunion de l’équipe du carnet de route 2013-2014 qui allait suivre : Hoda avait invité une excellente équipe à laquelle le Père Daoud devait se joindre… Ce projet s’annonçait super bien ! Avant de partir, Hoda nous écrivait : « je l'ai vu mercredi à l'hôpital. Il m'a demandé des nouvelles du carnet de route : je lui ai demandé s'il avait lu les méditations. Il m'a dit non, ça fait 17 jours que je suis a l'hôpital… cette fois, je passe mon temps à prier et à méditer. Il va sortir samedi et m'a promis de nous rejoindre à Harissa si tout allait bien. »
Et puis, la veille de notre départ pour le Liban, Père Daoud nous a joué un tour… Il nous a quittés pour  "monter vers son Père et notre Père"… Nous sommes arrivés trop tard malheureusement pour la messe de funérailles qui a été célébrée dans la cathédrale maronite Saint Georges de Beyrouth ; cette messe fut "grandiose" selon les termes de l’article du journal L’Orient Le Jour paru le mardi 9 octobre. Ceux qui étaient présents ont pu nous donner beaucoup de détails sur cette cérémonie très émouvante… comme par exemple le départ du cercueil après une grande procession au cours de laquelle on l’a fait toucher l’autel, comme si l’autel voulait faire également son deuil d’un très bon ami.
J’ai rencontré le Père Daoud à plusieurs reprises, au cours des rencontres internationales de Rome et de Madrid, ou au Liban, notamment pendant ma dernière visite en 2009. Je me souviens de la veillée de prière sous la grande tente à Madrid, alors que les Libanais s’apprêtaient à repartir chez eux, inquiets du sort de leurs proches qui subissaient des bombardements hostiles de la part des Israéliens. Tous ceux qui ont assisté à cette soirée s’en souviennent encore avec beaucoup d’émotion… Je me souviens de cette soirée passée à Beyrouth en mars 2009, nous avions été au restaurant avec lui et nous étions ensuite promenés dans Beyrouth. Il avait toujours besoin de quelqu’un pour lui donner le bras, car il ne voyait quasiment plus, et je me souviens que j’avais trouvé drôle que ce prêtre, si bon accompagnateur, ait toujours besoin de quelqu’un pour le guider !


Au restaurant en mars 2009
 Le jour de sa mort, l’Évangile du jour (Lc 10, 17-24) nous parlait du retour des soixante-douze disciples et cela s’applique bien aussi au retour au Ciel de Père Daoud. Il y a retrouvé les disciples qui reviennent vers Jésus "tout joyeux" : je suis certain qu'il est aussi maintenant "tout joyeux" ! Et quand Jésus leur répond : "réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux.", je me dis que nous pouvons nous réjouir car le nom de Père Daoud est inscrit en grandes lettres dans les cieux ! Jésus poursuit pour proclamer : "Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits !" Oui, la mission de l’équipe du carnet de route est de se mettre, comme Père Daoud nous l'avait appris, à l'écoute des tout petits, ce sont eux qui sont nos maîtres ! Il va continuer à faire partie de l'équipe d'une manière toute particulière, il veillera sur nous et encouragera notre travail... il y aura beaucoup de beaux et bons fruits ! Le thème de ce carnet de route sera "Poursuivons l'aventure !". Père Daoud, tu seras toujours à nos côtés pour la belle aventure de Foi et Lumière ! Merci !!

lundi 17 septembre 2012

Bon anniversaire, Jean !

Bon anniversaire, Jean !
Ce 10 septembre 2012, nous sommes partis avec Marie-Hélène Mathieu pour un événement devenu traditionnel : un temps de partage autour d'un repas avec Jean Vanier et les reponsables internationaux de l'Arche. Mais ce jour là, deux choses n'étaient pas habituelles :

Avec Eileen et Patrick
- les responsables de l'Arche ont changé... Jean-Christophe Pascal et Christine McGrievy ont passé le relais et j'étais partagé entre la nostalgie des bons moments d'amitié vécus avec eux et la joie d'accueillir Patrick Fontaine et Eileen Glass, la joie aussi de voir que ces repas partagés allaient continuer !
- ce déjeuner se passait un 10 septembre, jour spécial pour Jean ! Comme la prophétesse Anne, Jean a maintenant 84 ans ! Nous lui avons dignement fêté cet anniversaire et au nom de toutes les communautés Foi et Lumière, nous lui avons offert un rosier à planter à côté de la maison Lazare où il habite maintenant et où il est très heureux. Ce rosier sent merveilleusement bon : Jean va en prendre soin et tous ces boutons, promesses de renouveau, espérances d'un avenir florissant, vont éclore : les belles roses qui vont apparaître seront le signe de la vitalité de notre mouvement !





mercredi 12 septembre 2012

Ciao, caro amico di Fede e Luce..

Le cardinal Carlo Mario Martini est décédé le vendredi 31 août ; il avait 85 ans et il a été pour Foi et Lumière en Italie un père attentif et chaleureux. Toutes les communautés d'Italie sont en deuil, et tout Foi et Lumière partage cette tristesse. Il avait rédigé une introduction pour la version italienne du livre de Marie-Hélène Mathieu : je vous invite à lire et méditer ce beau texte qu'il nous donne :

MAI PIU’ SOLI
Durant les années de mon épiscopat à Milan, j'ai eu l’occasion d’apprendre à connaître Foi et Lumière, en assistant à plusieurs reprises aux réunions du Conseil national, en cheminant avec eux, en partageant les questions, les joies et les soucis. Mais à chaque fois, j'ai été étonné qu'un «mouvement» de ce genre, une expérience humaine et de foi, si fragile et si belle, pouvait encore exister. Un miracle ? Peut-être, certainement une œuvre de l'Esprit.
Ces pages sont le récit de ce long voyage de quarante ans, un chiffre qui indique la plénitude biblique et la maturité, un voyage dont j'ai moi-même été le témoin, en Italie, mais pas seulement.
Je me souviens d’une rencontre avec des parents à l’occasion d’un pèlerinage à Assise en 1986, à partir de la question de l'Évangile de Jean: « pourquoi cet homme est-il né aveugle ? Est-ce lui qui a péché, ou bien ses parents ? », ainsi que de la formation des aumôniers à Milan dans les années 90 ; mais surtout, je conserve le souvenir du grand pèlerinage à Lourdes, à Pâques 1991, où à chaque instant j'ai eu la perception claire que ce qui se passait faisait partie d'une «histoire sainte». Sainte parce que, comme l'ont rappelé Jean Vanier et Marie-Hélène Mathieu, elle dit quelque chose à propos de Dieu, de l'humanité et de leur relation mutuelle.
Raconter cette histoire, c'est beaucoup plus que le souvenir d'une série d'événements et de transformations successives : il s'agit de reconnaître l'œuvre de Dieu dans l'histoire humaine avec les plus petits, avec les plus pauvres.
Il s'agit d'une partie essentielle du message de l'Évangile, qui nous rappelle que Dieu choisit toujours ce qui est méprisé dans le monde, qu’il cache la profondeur du mystère aux sages et aux savants pour la révéler aux tout-petits, qu’il promet le bonheur en invitant à demeurer chez lui les pauvres et les derniers.

Foi et Lumière est une page de l'Évangile que l’Esprit a écrite et qu’il écrit encore pour les hommes et les femmes de notre temps. Pourquoi ce sont les jeunes, les pauvres, les plus vulnérables qui révèlent Dieu et sa présence dans l'histoire, l'histoire humaine, l'histoire de Foi et Lumière.

Carlo Maria + card. Martini



J'étais au pèlerinage de Lourdes 1991 (où j'ai découvert la dimension internationale de Foi et Lumière, notre petite Julie avait tout juste trois ans à l'époque !) dont il parle et je me souviens qu'il avait participé le Lundi de Pâques au jeu scénique de la résurrection où il était invité par Jésus (représenté par une personne ayant un handicap mental) à partager la joie de la résurrection avec les représentants des autres traditions chrétiennes, un beau geste oecuménique ! A l'époque, il nous incitait déjà à être des messagers de la joie : "Vous avez à apporter davantage d'allégresse dans les églises et dans l'Église où parfois les chrétiens semblent manquer d'élan. Je pense que c'est vraiment votre don spécial de nous aider à retrouver le vrai sens de notre vie qui est la joie que Jésus nous donne."


 

samedi 1 septembre 2012

La province Pologne Centre-Est accueille l'Ile-de-France Ouest

Les deux provinces réunies !
Le pèlerinage a eu lieu là où s’était tenue la grande rencontre internationale de 1994 qui fut ma première expérience de Foi et Lumière International, et j’y ai retrouvé des lieux chargés de souvenirs et d’émotions. A notre arrivée, les Polonais ont chaleureusement accueilli les 46 pèlerins français, et il a fallu vite s’installer car la messe de la solennité de l’Assomption était le premier événement du pèlerinage, et l’archevêque de Varsovie, le cardinal Kazimierz Nycz présidait l’Eucharistie !
Apparition de Julie dans le miroir d'un ange !
Celui-ci nous a accueillis très chaleureusement et dans son homélie, il a évoqué de très belle manière la rencontre de Marie et d’Elisabeth, une rencontre qui fait jaillir la très belle prière du Magnificat ; c’est véritablement ce que j’avais envie de chanter, alors que nous nous étions mis en route avec la délégation de la province Ile-de-France Ouest pour aller rencontrer la province Pologne Centre-Est ! La soirée fut d’ailleurs magnifique et joyeuse, une soirée de salutations pour cette visitation, chaque province et chaque communauté partageant son répertoire de chants et de danses !
Le Père "Balon"
Le deuxième jour, Asia Koczot a avancé sa conférence pour pouvoir aller assister à la messe d’enterrement du Père Wieslaw Balewski (surnommé "Balon"), qui était décédé le 10 août à l’âge de 53 ans. Il avait été l’aumônier de la zone Pologne, puis de la Province Pologne Sud. Nous avons pu mesurer son immense rayonnement à la tristesse de nos amis polonais ! Il était très aimé. Il avait notamment un don merveilleux pour communiquer avec les personnes ayant un handicap mental. Ses sermons étaient toujours illustrés d’histoires de la vie quotidienne, et il avait souvent aussi des accessoires pour mieux se faire comprendre. Nous nous sommes joints par la prière à ceux qui sont allés jusqu’à Toruń ce jour-là.

Le grand coeur d'Asia !
Asia nous a parlé aussi avec des histoires de la vie quotidienne et avec des accessoires : des petites bougies pour illustrer notre fragilité, une boite pleine de « rubis » pour nous dire que nous étions tous précieux aux yeux de Dieu, un grand cœur pour montrer combien l’amitié était importante dans nos communautés ! Et sa conférence s’est terminée par un merveilleux mime de l’Annonciation : nous nous sommes sentis réellement transportés à Nazareth et avons été des témoins privilégiés de la vie quotidienne de Marie et de la visite de l’Ange Gabriel !
L’après-midi, nous avons entendu des témoignages de ceux qui avaient vécu l’histoire de Foi et Lumière : j’ai été notamment très touché d’entendre celui de Joasia, qui est, avec Marcin, à l’origine de Foi et Lumière à Varsovie. Pendant un séjour à Bruxelles où elle était jeune fille au pair, elle s’est trouvée devant une porte ouverte dans une rue où toutes les portes sont d’habitude fermées… et elle est entrée dans la communauté « le Toit » de l’Arche à Bruxelles ! Je suis allé la saluer à la fin pour la remercier et lui dire ma sympathie car son mari est mort en 2010 dans l’accident d’avion de Smolensk…

J’ai aussi retrouvé avec joie Marcin, qui est maintenant responsable d’une agence de presse catholique et qui a été très occupé pendant tout le temps du pèlerinage (ce qui ne l’a pas empêché de venir nous retrouver à plusieurs reprises) par la coordination de la communication pour la visite du Patriarche Cyrille de Moscou et de toutes les Russies, venu à Varsovie pour signer un accord historique avec l'archevêque Jozef  Michalik, chef de l'Eglise catholique polonaise. Cet accord appelle les peuples des deux pays à se réconcilier : "Nous empruntons la voie d'un dialogue sincère dans l'espoir qu'il nous aidera à guérir les plaies du passé et à surmonter les préjugés et l'incompréhension qui nous séparent". Nous avons pu apercevoir le Patriarche en route vers le Château Royal de Varsovie pour la signature de ce document le vendredi matin ! Ce jour-là, nous étions en train de visiter la très belle ville de Varsovie, le quartier du centre historique et la place du marché, et de là, nous sommes allés jusqu’au parc Lazienki avec son palais sur l’eau et ses écureuils… Nous avons eu une belle messe célébrée dans l’église Sainte Anne, toute proche du château royal et des remparts. Le soir, nous avons fait une procession aux flambeaux en méditant le chapelet avec les mystères de Foi et Lumière.
La tombe du Bienheureux Jerzy  Popiełuszko
Le samedi, j’ai eu l’honneur de faire une conférence sur l’identité de Foi et Lumière (avec l’aide précieuse de Julie !) et l’après-midi, nous sommes allés nous recueillir dans la paroisse du Bienheureux Père Jerzy Popiełuszko. Actif défenseur du Syndicat Solidarność, il est mort martyrisé le 19 octobre 1984, à l’âge de 37 ans, sous les coups de la police politique polonaise. Il était alors extrêmement populaire, car il n’avait pas peur de dénoncer publiquement dans ses homélies le pouvoir, tout en maintenant toujours son idée de « vaincre le mal par le bien ». Ces mots sont maintenant inscrits en grand sur le fronton de sa paroisse. Il est pour moi un modèle de résistance aux forces qui cherchent de plus en plus à s’attaquer à la vie !


Le soir de ce samedi fut un temps de bonheur avec le très beau concert d’AntoninaKrzyszton, une chanteuse dont les mélodies et les chansons ont résonné dans tous les cœurs ! Et c’était déjà la fin de ce beau pèlerinage… il a fallu faire les valises, fêter comme toujours à Foi et Lumière les anniversaires… et après la dernière messe, une photo de groupe a permis de rassembler une dernière fois tous les participants au pèlerinage… Merci à Renata et à tous ceux qui ont participé à la préparation et à l’animation de cet événement provincial : il y a beaucoup de force et d’énergie dans la province, je suis confiant que cet événement sera un temps fondateur.
Enfin, j'ai été très heureux d'avoir à mes côtés une très belle délégation de ma province, et je remercie plus particulièrement Isabelle, Albéric, Nicolas et Julie ! Ils ont été merveilleux !
Isabelle a 40 ans !
Une belle joie familiale

Pour les photos (et les vidéos)

vendredi 31 août 2012

De Kraków à Warszawa

L'icône de Marie Mère de Dieu

En repartant d’Ukraine, je devais rejoindre une délégation de ma province (Ile-de-France Ouest), invitée à participer au pèlerinage de la province Pologne Centre-Est, du 15 au 19 août à Varsovie. Ils étaient quarante-cinq, partis de Paris le dimanche 12 août, et le plan était de les retrouver le lundi matin à Cracovie. Avant de se rassembler avec les Polonais à Varsovie, notre délégation avait planifié un pèlerinage « sur les pas de Jean-Paul II », de Cracovie à Varsovie, en passant par Wadowice et Częstochowa.
J’ai donc pris le train de nuit le dimanche soir à la gare de Lviv et j’ai eu la bonne surprise de me retrouver seul dans un compartiment de trois couchettes : il y avait une belle couette, un lavabo, une bouteille d’eau… presque un wagon-lit ! Mis à part les contrôles (entre minuit et une heure du matin) effectués successivement par la police et la douane ukrainiennes et polonaises, la nuit fut calme et reposante. A l’arrivée à Cracovie, j’ai eu la joie de retrouver sur le quai Ula et Anna, venues me guider jusqu’à l’hôtel où se trouvait la délégation de ma province. Ils étaient bien là, en train de prendre leur petit-déjeuner. Joie des retrouvailles avec Isabelle et Julie, mais aussi avec Albéric et Nicolas, mes deux fils aînés, et avec une dizaine de personnes de ma communauté ! 
L'église Notre-Dame de l'Assomption

Mais il faut déjà partir visiter Cracovie, très belle ville, pleine de souvenirs du bienheureux Jean-Paul II : l’église Notre-Dame avec son magnifique retable (c'était aussi le jour où une nouvelle trompette allait jouer chaque heure le célèbre hejnal aux quatre coins du plus haut clocher de l'église), la colline Wawel avec le château et la cathédrale. Marguerite, notre guide polonaise nous explique toute l’histoire de la ville avec énormément de détails et nous l’écoutons tous avec beaucoup d’attention. Nous terminons la journée par la visite du quartier Nowa Huta, modèle de l’architecture socialiste… et nos aumôniers célèbrent une messe dans une chapelle de l’église de ce quartier. Comme cette chapelle est celle des confessions, nous sommes très heureusement surpris de voir, en ce jour de semaine, la longue file des personnes qui attendent de recevoir le sacrement de réconciliation.

Le mardi matin, il faut se lever tôt pour rejoindre Wadowice : nous jetons un dernier regard sur la ville de Cracovie, la Vistule qui va comme nous aller jusqu’à Varsovie et le sanctuaire de Sainte Faustine que nous ne verrons pas… il faudra revenir ! Mais nous voilà déjà à Wadowice, ville devenue célèbre pour avoir vu naître Karol Wojtyła. 

Le Bienheureux Jean-Paul II devant sa maison natale
Nous allons voir l’église paroissiale où il a été baptisé ; la maison natale est tout à côté, mais en travaux car elle va devenir un musée. Les pâtisseries proposent toutes le fameux gâteau à la crème, le Kremówki, que Karol appréciait tout particulièrement ! Et nous repartons pour apercevoir (sans descendre du car) les sinistres camps d’Auschwitz et de Birkenau… Il pleut et le paysage est lugubre, grand silence dans le car…. Nous sommes particulièrement émus de nous trouver là en ce jour de la fête de Saint Maximilien Kolbe…
Puis nous faisons route vers Częstochowa et la colline de Jasna Gora ; il faut se dépêcher car c’est le 14 août et de très nombreux pèlerins sont attendus dans le sanctuaire ! 

Nous avons la chance de pouvoir accéder assez vite à la chapelle où nous pouvons vénérer l’icône de Marie Mère de Dieu : elle a revêtu sa belle robe de diamants ! L’après-midi, nous assistons à une messe en polonais (concélébrée avec trente prêtres !), puis avec un petit groupe, nous retournons vers l’icône, avec la file de ceux qui font une démarche individuelle : les derniers mètres se font à genoux… 
Les pèlerins affluent pour les fêtes du 15 août

Puis, nous assistons à l’arrivée des délégations de pèlerins qui affluent pour la fête de l’Assomption ; c’est un défilé ininterrompu, les délégations se suivent et s’avancent pour recevoir une bénédiction du chapelain du sanctuaire. Certains viennent de très loin, et à pied ! Mais il faut déjà repartir et rejoindre Varsovie : une dernière nuit d’hôtel sur la route et nous voici à Varsovie, accueillis par les Polonais de la province sur le lieu du pèlerinage. Marguerite nous quitte pour retourner à Cracovie ; elle nous aura beaucoup appris sur l’histoire de son pays, sur la fierté et le courage du peuple polonais, sur les liens particuliers d’amitié qui unissent nos pays, sur les grands saints polonais, Saint Stanisław Kazimierczyk, Sainte Faustine Kowalska, Saint Maximilien Kolbe, le Bienheureux Jerzy Popiełuszko et bien sur notre cher et bienheureux Jean-Paul II !

Les photos