jeudi 8 janvier 2015

Une visite à la grande mosquée de Koko à Korhogo


      Prêche de l’imam sur des valeurs morales communes au christianisme et à l’islam
La communauté les Hirondelles de Korhogo en Côte d’Ivoire est très isolée puisque c’est la seule de ce beau pays ! Mais elle n’est pas si isolée que ça puisqu’ils n’hésitent pas à aller tous ensemble à la rencontre des autres ! Après avoir rendu visite à la communauté de l’Arche de Bouaké en 2012, ils sont partis en pèlerinage jusqu’à la cathédrale de Korhogo en avril 2014. Début décembre, ils sont allés à la grande mosquée de Korhogo, la doyenne des mosquées de la ville. Les familles musulmanes ont été très heureuses et pour les familles chrétiennes, ce fut une belle ouverture. L'imam fut très accueillant et a béni tout le monde en arabe classique. En 2015, il y a le projet d’aller rendre visite à une église protestante.

Bénédiction finale
Ils sont toujours en recherche de lieux possibles qui permettent des expériences humaines fortes de fraternité et de spiritualité.



Les enfants et les jeunes

Les parents

Un temps de convivialité avant le goûter

lundi 5 janvier 2015

Agathe Kabakuzi attire du monde autour d'elle !

Au mois d’août dernier, après l’assemblée provinciale qui s’est tenue à Kigali, nous sommes allés rendre visite à Monseigneur Smaragde Mbonyintege, évêque de Kabgayi. Au cours de l’entretien, il nous a parlé d’une jeune fille de son diocèse, Agathe, qui souffre d’un handicap physique très sévère, puisqu’elle est née sans bras et sans jambes. Il a invité Foi et Lumière à l’accompagner jusque chez Agathe pour que chacun puisse constater le rayonnement incroyable de cette jeune femme. Cette visite a pu avoir lieu début décembre et six personnes (Godeberthe, Lin, Jeanne d’Arc, Léoncie, Yves-Bertin et Chemsa) ont accompagné l’évêque et le curé de la paroisse jusqu’à la colline où habite Agathe avec sa famille. Au retour de cette visite, l'idée de démarrer une communauté Foi et Lumière dans la paroisse d'Agathe a germé et le curé semble très partant pour cela !
Lin, vice-coordinateur provincial, raconte cette belle journée :
Agathe rayonne de joie au milieu de sa famille et des visiteurs

Suivant le calendrier de l`évêque, la date fut fixée au 2 décembre à 09h00. De l`évêché de Kabgayi, nous prîmes la direction de la centrale Jandari de la paroisse Kabacuzi à environ 30 km. L`équipe était composée de 9 personnes dont l`évêque, le curé de la paroisse et le président de la Centrale Catholique que nous avons retrouvé sur place, Godeberthe, coordinatrice provinciale, Jeanne d’Arc et moi, vice coordinateurs, Léoncie, Yves-Bertin ainsi que Chemsa, un enfant vivant avec un  handicap physique et mental qui représentait les autres enfants.
Chemsa, fatiguée, est portée par le curé de la paroisse
Après l’ascension d’une des collines rocailleuses de Ndiza, nous parvînmes à destination. La famille visitée est composée de la mère de famille (veuve depuis 1994), 4 filles (dont celle qui est handicapée et ainée de famille) et un jeune garçon encore en âge de scolarité (école des métiers).
En entrant, nous avons vu, en proéminence, la tête d’une personne couchée sur le ventre, dont le buste était couvert par une couverture. Son regard accueillant et plein de tendresse, nous invita à nous approcher d`elle, pour les salutations et encouragements. Le temps d`émotion et de compassion passé, il s’en est suivi les mots de présentation et d`échange avec la famille visitée. A son tour, la maman passa  à la présentation de la famille et à l`historique de sa fille handicapée. Née handicapée, des membres supérieurs et inférieurs fortement atrophiés ; handicap physique sévère difficile à décrire. En peu de mots, les deux bras à partir des épaules ainsi que les deux jambes à partir des hanches sont comme s’ils n`existaient pas. Les fémurs et les avant bras, sont trop minces, trop mal formés et inertes ; la colonne vertébrale, elle, est réduite à moins de 50 cm.

A côté de l’incapacité totale d`usage de ses membres, le Seigneur lui a fait un don phénoménal : Il lui a donné une intelligence et des facultés d`usage exceptionnel de la bouche et de la langue. Agathe, couchée en position ventrale sur sa natte (position presque permanente) ; crayon à la bouche, d`une écriture très lisible, écrit sur son cahier posé à portée de la bouche, des prières de son invention ou autre chose qui lui vient  en tête. De la même position, sans l`aide d`une règle, elle vous trace une ligne droite digne de ce nom.
Avec sa langue, elle fait beaucoup de choses. Comme elle écoute beaucoup Radio Maria, elle a près d’elle, un petit poste Radio qu`elle calibre avec sa langue. Elle fait bouger le bouton Tuning / Volume et change les canaux du poste Radio au moyen de sa langue. Sa langue fait beaucoup de choses, car, c`est avec elle, qu`elle mange ; qu`elle brode, etc.
A voir comment elle brode avec sa langue, en faisant des petites nattes avec les fils de sisal et comment elle fait  des nœuds avec ces fils fins, vous vous dites qu`il ya des secrets de Dieu, que l`homme ne pourra jamais déceler.
Lors de l`exposé sur la vie de sa fille handicapée, Primitive, sa maman nous révéla en plus de ce qu`elle nous avait raconté, comment un certain jour, leur fille devint alphabète. Un jour de mai 2002, pendant  que la famille vaquait aux travaux champêtres, cette fille de 5 ans, était restée avec sa  petite sœur de 4 ans comme garde malade. A leur  retour, ils trouvèrent les enfants entrain d`écrire sur de vieux cahiers. Pendant leur absence, ils n`ont jamais su ce qui s`était passé. A nos questions, ils nous ont répondu, qu`il n`y a pas d`école maternelle dans la région, et que même s`il y en avait, une leçon d`un jour n`aurait pas suffi, pour devenir alphabète. Ce fut un autre mystère qui s`ajouta à d`autres.
Après de nombreuses questions de curiosité, auxquelles Agathe et sa maman ont répondu, notre visite prit fin vers 14h30, après un repas partagé avec la famille et les voisins ainsi qu`une prière d`actions de grâce. 


Tous en marche avec l'évêque.
Nous remercions beaucoup l`évêque d’avoir tenu la rude épreuve des collines et de sa simplicité quant aux échanges  plein de tendresse tout au long du trajet et de nous avoir tenu compagnie.

En conclusion, nous remercions beaucoup Monseigneur l`évêque de Kabgayi, de nous avoir entretenu sur un cas de nos semblables et de nous avoir exhortés à nous rendre compte par nous-mêmes, (en nous rendant sur les lieux) de notre condition humaine qui fait cohabiter la joie et la douleur.
Cette visite nous aura donné l`occasion de méditer sur les secrets et la bonté de Dieu.
Quand nous ferons part de la visite à nos communautés, nous aurons plus de conviction dans nos  propos, en affirmant que Dieu qui  nous a façonnés à sa guise, nous aime. A nous de lui demander la force et le courage pour accepter sa volonté. La communauté en général, et plus particulièrement la famille proche, devrions faire preuve d’humanisme et d`amour envers les éprouvés, comme nous l`avons remarqué dans la famille où nous avons été.

Suggestions :
Comme la famille (socialement pauvre cohabite avec une charge de handicap sévère à vie), habite  dans un endroit inaccessible aux véhicules, même aux vélos ;(nous avons dû abandonner  les véhicules près d`un pont inutilisable et faire plus de 4 km à pied sur des collines escarpées, aux sentiers rocailleux), il serait souhaitable que, les autorités ecclésiastiques  du lieu, en collaboration avec les autorités étatiques locales, entrent en pourparler pour voir les voies et moyens pour, reloger cette famille à un endroit (umudugudu) où plus facile d’accès pour le transport en temps normal, et aussi pour des interventions en cas de maladie.
Il est vrai que le travail pour les jeunes gens, devient un problème épineux.

Serait il possible à la paroisse où aux connaissances, d`orienter la jeune fille ayant terminé les études dernièrement vers un emploi, pour qu`elle puisse venir en aide à sa maman, car celle-ci doit rester auprès de sa fille pour s’en occuper, car son genre d`handicap ne peut pas être facilement gérable et supporté par n`importe qui, si ce n`est quelqu`un de sa famille.

jeudi 25 décembre 2014

Des voeux en provenance de Bethléem

En ce jour de Noël,  je vous partage la lettre du père Hans Putman qui nous arrive de Bethléem. En union avec tous nos amis du Moyen-Orient, il me paraît important que notre souci de prier pour la paix retrouve sa source là où le Prince de la Paix est né dans la fragilité et la pauvreté. 
Joyeux Noël à vous tous !


Bethlehem – endroit de la naissance de Jésus


« Ton Créateur est ton Epoux »
Noel 2014 – Isaïe 54,5

                + Très chers amis,

                   Peut-on s’imaginer que l’amour de Dieu-Créateur pour son peuple est si grand qu’il vient l’épouser ? On dit en général que l’homme ne trouvera de repos qu’en Dieu ; mais peut-on croire que le coeur de Dieu ne trouvera de repos qu’en s’unissant à l’homme, sa créature ?
                   Ce mystère que nous appelons « Incarnation » a eu lieu dans ce village, Bethlehem, dans lequel je vis et travaille depuis Septembre 2013. Aussi je me sens bien privilégié, mais en même temps j’ai le coeur déchiré devant la violence et le manque de justice dans cette ‘Terre Sainte’ et un peu partout dans ce monde.
                   Bethlehem est entouré d’un ’mur de la honte’ [de 8 mètres de hauteur !] qui sépare Juifs et Arabes, Israéliens et Palestiniens. On peut se demander si St. Joseph aurait pu obtenir son ‘permis’ pour aller à Bethlehem. Les bergers dont on a confisqué les terres, ne savent que jeter des pierres pour exprimer leur frustration. Hérode, aidé par Isis et les Talibans, continue à tuer les ‘enfants innocents’. Et l’auberge est toujours fermée pour les centaines de milliers de réfugiés d’Iraq et de la Syrie.
Quel sens Noel peut-il bien avoir pour le monde d’aujourd’hui ? Quel
impact peut avoir le signe de l’enfant que Dieu nous donne comme preuve de sa présence ? Si moi, je ne prête pas main forte à Dieu aujourd’hui, va-t-il pouvoir construire un monde meilleur ? Si je n’ouvre pas à ce Dieu-Amour mon coeur, son Incarnation va-t-il avoir un sens ? Si mon regard ne reflète pas l’immense bonté de Dieu, jamais l’humanité va saisir le mystère d’Emmanuel, Dieu-avec-son-peuple.
                   Aussi mes vœux pour Noel et pour l’Année Nouvelle qui s’annonce sont :
Soyez réalistes sans perdre l’espérance ; croyez en la force de l’enfant ; que par vos mains Dieu puisse construire un monde plus juste ; ne cessez de renaître et de faire de chaque jour le premier jour du reste de vos vies. Alors Noel sera joyeux et le Nouvel An béni.
                     Avec mon affection la plus sincère et ma promesse de porter vos besoins aux pieds du nouveau-né de Bethlehem. Bien vôtre, Hans Putman sj.




lundi 8 décembre 2014

Marie Heurtin : l'histoire d'une âme

La "rencontre" !

Le film “Marie Heurtin”, sorti en France en novembre, raconte l’histoire de Marie, jeune fille sourde-muette et aveugle, qui est née en 1885 et a vécu 36 ans. Le film nous présente - de très belle manière - comment elle fut sortie de son enfermement par sœur Marguerite, une religieuse de l’institut de Larnay, où des jeunes filles sourdes sont prises en charge. Mais Marie n’est pas que sourde et entrer en relation avec elle se révèle extrêmement compliqué ! Ses parents, très modestes, étaient allés jusqu’au bout de ce qu’ils pouvaient faire avec leur amour et leur bonne volonté ; ils sentaient qu’ils devaient passer le relais à d’autres pour que leur fille puisse progresser et grandir. Un médecin leur avait conseillé de la faire interner, la jugeant “débile”, mais ils ont voulu pour elle ce qu’ils pensaient le meilleur, cet institut tenu par des religieuses. Mais la mère supérieure n’est pas loin de penser comme le médecin : « Cette petite est sourde et aveugle de naissance ; à force, son intelligence s’est certainement racornie ». Mais sœur Marguerite a eu une révélation : « aujourd’hui, j’ai rencontré une âme, une âme toute petite, toute fragile, une âme emprisonnée, mais une âme que j’ai vu briller de mille feux à travers les barreaux de sa prison ». Et elle réussit à vaincre les doutes de sa mère supérieure, sans “trop” aller à l’encontre de son vœu d’obéissance !

Marie n’aime pas ce “corps-prison” et n’aime pas la terre qui l’a formée ainsi. Elle ne réalise pas qu’elle porte en elle un trésor, “un trésor que nous portons comme dans des poteries sans valeur” (2Co 4, 7). Elle considère que cette poterie est fêlée. Mais à travers les fêlures, la lumière peut passer et c’est ainsi que sœur Marguerite peut réaliser le trésor que porte ce vase d’argile. Cette rencontre se passe dans un arbre, car Marie fuit la terre et essaie de se rapprocher de la lumière qu’elle peut sentir par la chaleur sur sa peau. Marie est aussi attirée par l’eau : on peut la voir danser au milieu des flocons de neige qui tombent du ciel ; on aurait pu certainement la voir réagir de la même manière sous la pluie.
Marie signe son premier mot : "couteau"
Sœur Marguerite, à force de volonté, voire d’obstination, réussit petit à petit à “apprivoiser” Marie et à lui apprendre, de manière empirique, une langue des signes qui passe par le toucher. Et au cours d’une visite de ses parents, elle est toute fière de pouvoir leur dire ce qu’elle n’avait jamais pu dire jusque là : « je vous aime ! ».
L’intelligence cognitive de Marie était prisonnière de ses handicaps, mais son intelligence intuitive lui a permis d’abord de créer une relation de confiance avec sœur Marguerite, et ensuite de libérer toutes ses capacités.
Marie se révolte violemment quand sœur Marguerite lui parle de Dieu : « je refuse un Dieu que je ne peux pas toucher ni sentir ! ». Et le film n’en dit pas plus… Je n’imaginais pas que la transformation de Marie ne se soit pas accompagnée d’une “vraie rencontre” avec notre Dieu qui se laisse toucher, sentir et goûter dans l’Eucharistie : “ Ce qui était depuis le commencement, |…] ce que nos mains ont touché du Verbe de vie, nous vous l’annonçons” (1Jn 1, 1). Et j’ai été heureux de trouver ce texte écrit par Marie Heurtin elle-même : “Je me rappelle souvent la grande joie que j’ai éprouvée le jour de ma 1ere Communion. Je suis heureuse de recevoir souvent le bon Jésus dans mon cœur, parce que je peux le prier pour les personnes qui m’ont fait du bien”.
Marie a aussi guéri sœur Marguerite d’un autre aveuglement, et cela par l’intermédiaire de la mère supérieure, celle-là même qui pensait que son intelligence s’était “racornie”. Sœur Marguerite est allée au bout de ses forces et elle est en train de mourir ; elle refuse que Marie la voie dans cet état et garde sa porte fermée, car elle est dans une grande angoisse de ce grand départ et ne veut pas que Marie découvre cette fragilité… Alors que l’on venait d’entendre au réfectoire la lecture des Actes des Apôtres sur l’aveuglement de Paul à son arrivée à Damas, c’est la mère supérieure qui va faire tomber les écailles des yeux de sœur Marguerite. Il faut dire qu’elle vient de faire la même rencontre que sœur Marguerite avec l’âme de Marie ; celle-ci est à nouveau dans un arbre et, du haut de son échelle, la mère supérieure étend sa main vers celle de Marie et leurs âmes se rencontrent ! Elle retourne prier sœur Marguerite d’accepter de revoir Marie : « Elle est prête, elle ! Plus que vous ! ». Et Marie, qui a compris que la terre peut donner des fruits bons et savoureux (on la voit dans le potager s’émerveiller des belles tomates !), peut accompagner jusque dans la mort celle qui l’avait si bien accompagnée dans la vie. Le dernier mot qu’elle entend de son éducatrice est : « vis ! ».
En 1908, Marie Heurtin est allée faire un pèlerinage à Lourdes et ce fut pour elle une très grande joie ! Elle en rend compte dans son journal :
« En partant de Poitiers mon cœur tressaillait d’allégresse en pensant que j’irai bientôt m’agenouiller au pied de la grotte de l’Immaculée Conception. Pendant que j’étais en chemin de fer, je priais en songeant à la Ste Vierge, j’attendais avec impatience l’arrivée à Lourdes. En arrivant mon cœur surabondait d’une joie inexprimable ; aussitôt j’ai eu le bonheur de communier dans l’église du Rosaire, le lendemain à la Basilique, puis à la Grotte.
Là je sentais la présence réelle de la Sainte Vierge et qu’elle me regardait avec bonté. Par obéissance je lui ai demandé la vue pour sa gloire ; mais elle ne me l’a pas obtenue, je reste aveugle, je ne suis pas triste, je suis aussi bien contente de faire la volonté du bon Dieu et de la Sainte Vierge avec l’espérance que je verrai mieux dans le ciel les splendeurs éternelles du bon Dieu et de la Sainte Vierge. J’ai beaucoup prié la Sainte Vierge pour ma sanctification et pour m’obtenir la grâce d’une bonne mort, […] pour les besoins spirituels et temporels de mes parents.
J’ai été très émue de compassion en voyant ces pauvres malades qui ne sont pas guéris. Ces malades étaient placés sur le passage du Très Saint Sacrement ; j’ai prié avec eux pour demander leur guérison pas la mienne. J’éprouvai une grande douce consolation au passage du Saint Sacrement. Quand il passait devant moi, je sentais que le bon Jésus me donnait des grâces de courage et de résignation pour supporter ma triple infirmité.
Marie me parlait intérieurement comme elle avait parle à Bernadette me disant de ne pas me rendre heureuse sur la terre, mais dans l’autre vie.
J’ai quitté la Grotte de Lourdes en pleurant et en disant à Marie que je la verrai bientôt dans le ciel. Je sais bien que Marie si bonne me protègera jusqu’à ma mort. Je conserverai toujours le souvenir de mon pèlerinage à Lourdes et des bontés de Marie pour moi »
En résumé, le film illustre très bien cett parole de l'Évangile de saint Jean : "Ni elle, ni ses parents n'ont péché. Mais c'était pour que les oeuvres de Dieu se manifestent en elle".

vendredi 5 décembre 2014

III° Congrès Mondial des mouvements ecclésiaux et des communautés nouvelles

Du 20 au 22 novembre, plus de 300 personnes, venues d’une quarantaine de pays et représentant une centaine de mouvements ou communautés, ont participé au III° Congrès Mondial des mouvements ecclésiaux et des communautés nouvelles, organisé par le Conseil pontifical pour les laïcs. Les précédentes rencontres s’étaient déroulées en 1998 à Rome avec Saint Jean-Paul II et en 2006 à Rocca di Papa avec Benoît XVI.
En 1998, le Saint Pape avait « rendu grâces au Seigneur pour ce printemps de l’Église suscité par la force rénovatrice de l’Esprit ». En 2006, Benoît XVI avait demandé : « Apportez la lumière du Christ dans tous les milieux sociaux et culturels dans lesquels vous vivez. L'élan missionnaire est la preuve de la radicalité d'une expérience de fidélité toujours renouvelée à son propre charisme, qui conduit à dépasser tout repli las et égoïste sur soi. Illuminez l'obscurité d'un monde bouleversé par les messages contradictoires des idéologies! »
L'audience avec le Pape François
A chaque congrès son pape ! Cette fois, nous avons été reçus en audience par le pape François qui nous a proposé quelques suggestions pour notre chemin de foi et de vie ecclésiale :« Pour atteindre la maturité ecclésiale, vous devez conserver la fraîcheur du charisme, respecter la liberté des personnes et chercher toujours la communion. Cependant, n’oubliez pas que pour atteindre cet objectif, la conversion doit être missionnaire : la force de surmonter les tentations et ses propres lacunes vient de la joie profonde que donne l’annonce de l’Evangile. Et c’est le fondement de vos charismes ».

Le pape est parti ; je n'ai pas pu le saluer...
Le congrès s’est tenu à Rome, dans le Collège Pontifical International Maria Mater Ecclesiae, et avait pour thème, quelques mois après la publication de l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium, « La joie de l’Évangile, une joie missionnaire... ». Avec les autres délégués de Foi et Lumière, le père Isaac, Paolo Tantaro et Bruno Galante, nous avons répondu à l’invitation du Conseil Pontifical pour les laïcs et avons revêtu nos habits de missionnaires de la joie ! Ces trois jours furent excellents, aussi bien par la qualité des présentations, par les temps de  prières ou les célébrations eucharistiques, que par les échanges avec les autres participants. Nous avons véritablement vécu ces journées dans l’esprit du cénacle comme nous y a invité le Cardinal Stanisław Ryłko, avec nos multiples charismes, mais avec le même Esprit (cf. 1Co 12, 4).

Des congressistes très attentifs
Je ne saurais citer tous les orateurs qui se sont succédé à la tribune, tellement ils ont tous été porteurs d’un message très riche, mais j’ai été plus particulièrement marqué par trois d’entre eux :
Fabrice Hadjadj (qui s’est présenté comme juif de nom arabe et de confession catholique) a été éblouissant pour nous parler de “la conversion missionnaire : sortir de soi-même pour se laisser provoquer par les signes des temps” (pour lire le texte de sa conférence). C’est impossible d’en faire un résumé, mais quand j’ai pu poser une question, j’ai repris une de ses formules : « Jésus envoie ses disciples non en les équipant, mais en les dépouillant ». Et j’ai abondé dans son sens en disant combien les personnes ayant un handicap mental nous dépouillaient pour nous ramener à l’essentiel de l’Évangile.
Monseigneur Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, nous a parlé sur le thème “Charismes : richesse pour les diocèses” : il était bien placé pour cela, car il a accueilli un grand nombre de communautés nouvelles dans son diocèse. Il a commencé en citant le Pape Benoît XVI : « les mouvements ecclésiaux et les communautés nouvelles ne sont pas un problème ou un risque de plus, qui s'ajoutent à nos charges déjà lourdes. Non ! Ils sont un don du Seigneur, une ressource précieuse pour enrichir avec leurs charismes toute la communauté chrétienne » (Benoît XVI, mai 2008). Puis il nous a donné sa propre “grille de lecture” pour accueillir, accompagner et réguler ces mouvements dans leur croissance. La responsabilité d’un évêque est d’accueillir en prenant conscience des charismes prophétiques, mais aussi de faire jouer la sollicitude du pasteur dans sa dimension de vérification et de discernement quant à la maturité du charisme ; il ne faut pas confondre le charisme du fondateur et celui du mouvement qui peuvent parfois diverger. Je crois que nous avons là (en espérant que le texte de la conférence sera disponible) un outil qui peut nous permettre de nous assurer que nous avons bien conservé la fraicheur de notre charisme.
Mary Healy a parlé du “génie féminin dans l’évangélisation”, et c’était génial ! En trois tableaux, l’annonciation et la visitation, la rencontre avec la Samaritaine et l’onction de Béthanie, nous avons été transportés deux mille ans en arrière et avons été les spectateurs émerveillés de ces trois épisodes racontés avec un enthousiasme exceptionnel ! (Pour lire le texte de sa conférence)

 Parmi les participants, il y avait de nombreux prêtres, évêques et cinq cardinaux ! et les pauses et repas étaient l’occasion de mieux se connaître ou se reconnaître : j’ai retrouvé Eileen Glass, vice-responsable internationale de l’Arche (que j’avais déjà retrouvée à l’aéroport Charles de Gaulle !), les délégués de l’Emmanuel ou des Foyers de Charité (le père Hervé Gosselin, du foyer de Tressaint, était accompagné de deux personnes des foyers de Kampala et de Bujumbura). J’ai aussi fait connaissance avec des Portugais, des Argentins, des Singapouriens, des Philippins, des Irlandais… j’ai fait la connaissance du Père Daniel-Ange que j’avais entendu lors d’une conférence alors qu’il revenait du Rwanda il y a plus de vingt ans, et du frère Alois de la communauté de Taizé, un homme vraiment chaleureux et proche de Foi et Lumière… Nous étions tous vraiment en communion les uns avec les autres !
Avec Paolo devant le stand
Nous avions aussi un petit stand avec des documents Foi et Lumière en français, en anglais et en italien, ce qui nous a permis de mieux nous faire connaître et de mettre déjà en pratique la joie missionnaire !

Pendant ce congrès, j’ai pu parler un moment avec le Cardinal Stanisław Ryłko et je lui ai remis une lettre que nous avions préparée avec Anne-Marie Pike après la publication des conclusions du synode extraordinaire sur la famille ; nous avions été heureux de voir que le texte final comprenait une phrase qui disait : « l’Église soutient les familles qui accueillent, élèvent et entourent de leur affection des enfants handicapés ». Mais nous aurions aimé que cet engagement aille encore plus loin et reconnaisse la mission d’évangélisation des plus petits ; je lui ai rappelé ce qu’il avait dit à Jean Vanier : « Vous avez créé une véritable révolution copernicienne, ce n’est plus vous qui faites du bien aux personnes qui ont un handicap, mais vous dites que ce sont elles qui vous font du bien ! ». Il m’a remercié et m’a dit que j’étais tout à fait dans ma mission en disant de telles choses et qu’il agirait dans le sens que nous demandions. Il a tenu  parole car il a répondu à notre lettre en disant qu’il avait « transmis notre requête au secrétaire du synode, le Cardinal Baldisseri, lui enjoignant de promouvoir la discussion sur ce thème lors du deuxième synode sur la famille. »

lundi 17 novembre 2014

Venez, les bénis de mon Père !

Le groupe des "bénis de mon Père"
L'abbaye Saint Martin de Mondaye
Pendant trois jours, une cinquantaine de “privilégiés” ont participé à une très belle retraite dans l’abbaye de Mondaye en Normandie. Cette abbaye, fondée au XIIIème siècle, abrite une communauté de chanoines réguliers de l’ordre de Prémontré fondé par Saint Norbert en 1121. La vie des chanoines allie la contemplation et l’apostolat : le Père Abbé, frère François-Marie, est lui-même l’aumônier national de Foi et Lumière en France. Il nous a invités à venir passer ces trois journées autour du 11 novembre, fête de Saint Martin, patron de l’abbaye. La formule d’invitation était belle : « Venez, les bénis de mon Père » (Mt 25.34). Il y eut beaucoup d’appelés et peu d’élus, car la capacité d’accueil de l’hôtellerie n’est malheureusement pas infinie…

Les trois jours passés l’ont été selon la tradition biblique : chaque jour commençait au début de l’après-midi et se terminait le lendemain après le déjeuner. Il y eut trois soirs, il y eut trois matins, et ces trois jours furent très bons ! Nous avons goûté la présence de Dieu ; nous avons appris à le (re)découvrir au fond de notre cœur, comme un don qui nous a été confié ; nous avons pris le temps de nous poser, de nous reposer pour mieux entendre l’appel de Dieu à marcher à sa suite. Après ces trois jours, nous avons été envoyés vers les autres, en mission, nous sommes devenus de véritables missionnaires de la joie !

Sur la route avec Marie
Chaque jour, nous avons entendu l’enseignement de frère François-Marie à deux reprises : il nous a dit beaucoup de choses très profondes avec des mots simples et accessibles à tous. Il nous a invités à devenir veilleurs, à être nous aussi des disciples, à nous laisser convertir comme les grands saints (Pierre, Paul, Martin) pour aller à la rencontre des autres et leur dire la bonne nouvelle de Foi et Lumière.
Le mime de la vie de Saint Martin
Nous avons partagé en petits groupes, nous avons prié avec les membres de la communauté de l’abbaye (laudes, messe, vêpres et vigiles), nous avons prié sur la route avec Marie, nous nous sommes lavé les pieds, nous avons adoré le Saint Sacrement, nous avons reçu le sacrement de réconciliation, nous avons préparé un mime pour partager la belle vie de Saint Martin, et finalement, après avoir goûté la présence de Dieu, nous avons aussi goûté les bonnes choses que chacun avait apportées de sa région d’origine ! Le dernier jour, pour nous entraîner à devenir missionnaires de la joie, nous avons distribué à la sortie de la messe de beaux signets avec l’image de Saint Martin et la prière de Foi et Lumière, de quoi donner l'envie et le désir de mieux nous connaître !

Je trouve que ce temps fut un temps béni, un temps important pour mieux connaître qui nous sommes et quelle est notre mission ! Elle a agi sur moi comme le révélateur permet de découvrir une belle image sur un papier photo ; il faut maintenant ne pas oublier le fixateur pour que cette image de Jésus dans mon cœur ne disparaisse pas avec le temps, pour ne pas oublier que pour être béni, il me faut commencer par bénir, que pour être évangélisé, il me faut commencer par évangéliser, car comme le dit Saint François « que je ne cherche pas tant à être consolé...qu'à consoler, à être compris...qu'à comprendre, à être aimé...qu'à aimer ; 
Car c'est en donnant...qu'on reçoit, c'est en s'oubliant ...qu'on trouve, c'est en pardonnant...qu'on est pardonné. »

Frère François-Marie, Père Abbé.
Merci à la communauté de l’abbaye de Mondaye et tout particulièrement au Père Abbé pour tout le temps qu’il nous a consacré : nous avons été heureux de fêter avec lui le premier anniversaire de sa bénédiction abbatiale ! Merci à tout ceux qui ont préparé cette belle retraite, il est très important qu’il y en ait d’autres, beaucoup d’autres !

Toutes les photos





jeudi 6 novembre 2014

Formation à Szeged

Le monastère franciscain de Szeged
Szeged est une ville du sud de la Hongrie, proche des frontières avec la Roumanie et la Serbie. Il y a un très beau monastère franciscain où, régulièrement, des événements de la province Danube sont organisés, notamment des retraites. Les moines sont installés là depuis le XVème siècle et les bâtiments d’architecture baroque sont superbes.
La très belle salle à manger !
C’est dans ce très impressionnant bâtiment que nous avons passé trois jours de formation avec une vingtaine de délégués venus de Hongrie, de Serbie et de Roumanie ; selon la manière dont je regarde les choses, je peux dire soit que c’était un groupe très peu nombreux pour une province forte d’une cinquantaine de communautés (le verre est à moitié vide), soit que c’était formidable d’avoir pu réunir un groupe de personnes dont beaucoup de têtes nouvelles, y compris deux personnes venues d’une nouvelle communauté en Roumanie hongroise (le verre est à moitié plein).
J’étais heureux de revenir dans cette province où je suis déjà venu une douzaine de fois (en comptant l’époque où c’était une zone) et que je connais donc bien. Mais j’étais un peu malheureux de voir que la vie de Foi et Lumière dans ces trois pays est bien difficile, qu’il y a peu de personnes qui acceptent des responsabilités, et que ceux qui les acceptent sont épuisés de devoir faire bien plus que ce qui devrait être nécessaire ! Si tous comprenaient l’importance du service pour que la vie des communautés soit rayonnante et pleine de joie et d’enthousiasme, cela serait bien plus facile pour tous !
Ma mission était donc difficile et j’ai essayé, du mieux que j’ai pu, de transmettre la flamme. Le feu ne demande qu’à reprendre car j’ai senti qu’il y avait une vraie attente, un grand désir de faire connaître notre joyeuse nouvelle !
Le contenu de la formation était simple : les fondamentaux de la communauté Foi et Lumière avec le thème : « voyez comme ils s’aiment ! ». L’amour que nous avons les uns pour les autres dans nos communautés est semblable à ce qui animait les premiers chrétiens et qui faisait s’exclamer ainsi Tertullien à la fin du deuxième siècle. Les conférences ont porté sur ce qu’est une communauté, qui sont les membres des communautés, comment porter la responsabilité, et une inévitable dernière partie sur les finances ! Le soir du deuxième jour, nous avons eu une célébration du lavement des pieds qui a été très belle et très recueillie. Le dernier jour, une séance de questions-réponses a permis de tenter d’éclaircir ce qui pouvait paraître sombre, et inévitablement, j’ai été questionné sur la manière dont je percevais leur province Danube ?

Des participants très attentifs.
Cela a pris le temps qu’il fallait et il est apparu qu’il était important de bien préparer l’assemblée provinciale de 2015. J’ai suggéré qu’un groupe de sages (et j’en connais un grand nombre !) constitué des anciens coordinateurs de la zone et de la province se réunisse pour définir les moyens pour que les communautés se sentent soutenues et accompagnées, pour que les futurs responsables se sentent portés par ceux qui les auront élus ! J’ai fait du mieux que j’ai pu pour les rassurer, pour leur dire que jamais personne n’est laissé (ou ne doit être laissé) seul dans sa responsabilité ; ils seront accompagnés dans cette démarche jusqu’à l’assemblée provinciale, je le leur ai promis !